ACCUEIL

BENOÎT XVI

L'EVANGILE DU JOUR

LA FAMILLE

TEXTES DU VATICAN

JEAN PAUL II

CHRIST MISERICORDIEUX

ACTUALITE DE L'EGLISE

CATECHESES

LITURGIE

LES JEUNES

FIDELES LAICS

JOUR DU SEIGNEUR

SERVANTS DE MESSE

SPIRITUALITE

THEOLOGIE

VOCATIONS

VOYAGE APOSTOLIQUE

GALERIE PHOTOS

TV VATICAN

MEDITATIONS

BREVES

QUI SOMMES NOUS

NOUS CONTACTER
 
BIBLIOTHEQUE
FORUM
ESCHATOLOGIE
LIENS
.
STATISTIQUES
 
Ouverture du site
19 Avril 2005
 

Benoît XVI : de quoi est-il question quand on parle de salut ?

 

Le 11 novembre 2008 - (E.S.M.) - Joseph Ratzinger/Benoît XVI se sentit obligé de demander aux architectes du document, majoritairement français : Dans ces conditions, de quoi est-il question quand on parle de salut ? Que peut donc bien signifier pour l'homme sa totalité, s'il peut parfaitement être défini sans elle, et qu'on puisse ainsi en faire un portrait juste et satisfaisant ?

La foi des simples - Pour agrandir l'image Cliquer

La Sainte Famille visitée par sainte Elisabeth, Zacharie et saint Jean-Baptiste - Jacques Stella (1596-1657)

J. Ratzinger craignait que le "renouveau" serait tenu pour synonyme de "dilution et banalisation"

La quatrième session - (Page précédente : Troisième session)

Le 11 novembre 2008 -  Eucharistie Sacrement de la Miséricorde - Vint enfin la quatrième et dernière session du concile, dont l'œuvre principale allait être Gaudium et Spes, la constitution pastorale sur l'Église dans le monde « de ce temps ». Comme il ressort clairement du commentaire de Joseph Ratzinger, c'est à ce moment que commença à s'effondrer l'alliance entre francophones et germanophones parmi les théologiens et les évêques, alliance qui avait été si vitale pour le succès des travaux sur les trois précédentes constitutions dogmatiques - sur la liturgie, sur la révélation divine, sur l'Église. Les choses allaient de telle façon qu'il fut inévitable que J. Ratzinger se tînt à distance. L'ébauche du texte de Gaudium et Spes, dans son désir louable de s'adresser au monde moderne par delà les murs des facultés de théologie, avait complètement manqué sa cible. Ses auteurs avaient

malencontreusement tiré hors de l'enceinte protectrice de la faculté de théologie ce genre d'affirmations que la théologie partage de toute façon avec n'importe quelle vision tant soit peu spirituelle et éthique de l'homme ; par contre, ils avaient laissé de côté, dans un congélateur conceptuel, ce qui est propre à la théologie : le discours sur le Christ et sur son œuvre, faisant apparaître cela comme inintelligible et démodé par contraste avec la partie plus aisément compréhensible. (Die letzte Sitzungsperiode, p. 34.)

Joseph Ratzinger se sentit obligé de demander aux architectes du document, majoritairement français :

Dans ces conditions, de quoi est-il question quand on parle de salut ? Que peut donc bien signifier pour l'homme sa totalité, s'il peut parfaitement être défini sans elle, et qu'on puisse ainsi en faire un portrait juste et satisfaisant ? (ibidem.)

Ou bien la foi dans le Christ touche au cœur de l'existence humaine, et alors quiconque a cette foi ne peut décrire l'homme autrement que sur cette base; ou bien elle appartient à quelque autre monde, et elle finira alors tôt ou tard par être démasquée et tenue pour ce qu'elle est : une idéologie. J. Ratzinger critiqua aussi la façon dont le projet de constitution forgeait son propre mode de dialogue avec le monde. Il s'agissait

d'un langage où la foi apparaît comme une sorte de philosophie obscure qui traite de choses sur lesquelles à vrai dire l'homme ne sait rien, alors qu'il désirerait - et même devrait - en savoir quelque chose, puisque, après tout, ces choses concernent son propre destin. (Idem, p. 35-36.)

Or, l'essence de la foi, protesta J. Ratzinger, consiste à fournir aux gens le terrain solide sur lequel ils peuvent se tenir et vivre, précisément en ces matières où les autres voies de connaissance aboutissent au mieux à des probabilités. Le texte risquait donc de faire douter du contenu de la foi plutôt que de son contraire, et de plus il formulait des exigences, émettait des ordres sur des questions toutes profanes, là même où, en fait, la certitude est rarement vue d'un bon œil. J. Ratzinger s'opposa aussi à l'utilisation dans ce contexte du terme « peuple de Dieu ». Cela donnait l'impression que ceux qui sont dans l'Église comprennent les problèmes humains par pure empathie, et non parce qu'ils appartiennent eux-mêmes à l'espèce humaine ! En outre, il semblait qu'ils dussent se conduire comme n'importe quel groupe sociologique cherchant à établir des liens avec ses voisins ; c'était rabaisser les exigences de la foi à un niveau tout à fait inapproprié à leurs dimensions réelles.  (Voir J. RATZINGER, « The Dignity of thé Human Person », in Commentary, op. cit., vol. 5, p. 115-163.) En d'autres termes, l'ecclésiologie sous-jacente à ce texte était à la fois trop « haute » d'un côté, et trop « basse » de l'autre. Tout ce que l'on pouvait dire pour la défense de l'approche générale du document - car Joseph Ratzinger était tout à fait favorable à certaines de ses affirmations, comme par exemple le personnalisme accru de son enseignement sur le mariage, ou son souci de limiter les conflits et, dans la mesure du possible, d'humaniser la guerre -, c'est que ses artisans manquaient de modèles. Jusqu'alors, les conciles avaient mesuré leurs formulations à l'aune des grands Credo. C'étaient des explorations autorisées du monde de la foi ; ce n'étaient pas de joviales ouvertures aux non-croyants. J. Ratzinger était d'accord sur l'importance de trouver une manière ecclésiale et cependant « non autoritaire » de s'adresser au monde séculier, mais demandait qu'on le dispense de croire que cette manière, en l'occurrence, fût la bonne. Il s'opposait en particulier à la présence d'un teilhardisme vulgarisé pour lequel progrès humain et espérance chrétienne, libération technologique et rédemption chrétienne sont placés sur une ligne de continuité linéaire, quand ils ne sont pas tout simplement tenus pour synonymes.

En dernière analyse, il est toujours vrai que le monde est sauvé par l'amour, et non par la technique. [...] Le service que la technologie peut rendre est christianisé lorsqu'il se soumet à une éthique qui n'a d'autre but que de rendre l'homme plus humain, et qu'il se voue au service de l'amour. (Ergebnisse und Problème der dritten Konzilsperiode, p. 42.)

Les deux dernières discussions du concile traitaient des missions et de la prêtrise. En ce qui concerne les premières, Joseph Ratzinger rappela que l'« idée missionnaire » était entrée dans une phase de crise. Il fit remarquer qu'un facteur significatif de cette évolution, en l'occurrence une ouverture optimiste aux religions du monde, montrait que « parmi les vogues intellectuelles de la théologie moderne, toutes ne sont pas de bout en bout bibliques » (Die letzte Sitzungsperiode, p. 60.) Sur la question, soulevée par des évêques d'Amérique du Sud, de l'ordination d'hommes mariés au presbytérat, Joseph Ratzinger était d'avis que le climat de sensationnalisme qui enveloppait désormais le concile, ainsi que l'inquiétude qui saisissait bien des catholiques au delà de l'enceinte conciliaire, n'offraient pas « les conditions requises pour un débat paisible sur un problème aussi difficile ». (idem, p. 67.) L'« épilogue » de J. Ratzinger résonne de plus d'une note sombre. Ici et là, pensait-il, et peut-être plus fréquemment qu'on ne pourrait s'y attendre, « renouveau » serait tenu pour synonyme de « dilution et banalisation de l'ensemble ». Ici et là le plaisir de l'expérimentation liturgique finirait par « déprécier et discréditer » la réforme du culte. Ici et là les gens rechercheraient la modernité, et non plus la vérité, et feraient de ce qui est contemporain la mesure de tous leurs actes. Déjà, notait-il, les fidèles se plaignaient de prédicateurs dont les sermons étaient bâtis sur le schème : « Depuis longtemps on vous a dit - eh bien moi je vous dis... » (idem, p. 75.) II sentait qu'au milieu de la joie des nombreuses réalisations évangéliques du concile, on ne pouvait négliger de tels signes avertisseurs.

Par-dessus tout, nous ne devons pas oublier que l'Église demeure l'Église de tous les âges. En chacune de ses générations, on peut trouver la voie de l'Évangile, et de fait, on la trouve. (1)

Il cite, dans le dernier paragraphe, un livre du luthérien Friedrich Heiler qui, après avoir dit un certain nombre de choses déplaisantes sur les méthodes et les dogmes de l'Église de Rome, rappelait à ses lecteurs que des millions d'êtres humains voyaient dans cette Église « une mère spirituelle [...] au sein de laquelle ils trouvaient un abri pour leur vie et pour leur mort ». Joseph Ratzinger réalisa que c'était peut-être parce qu'il n'avait lui-même que peu d'expérience de la mort de chrétiens que cette remarque de Heiler le frappa si fortement, et put l'aider à mettre en perspective la signification nécessairement limitée d'une chose telle qu'un concile. Finalement, l'Église vit, à n'importe quelle époque, de la foi des simples : c'est en Zacharie, Élisabeth, Joseph, Marie que l'Ancien Testament parvient à son achèvement, et que le Nouveau Testament commence sa voie glorieuse et pourtant cachée.

(1)
Idem, p. 49. Comme confirmation de la place centrale qu'occupé Gaudium et Spes dans l'attitude de Joseph Ratzinger/Benoît XVI vis-à-vis du concile, on peut consulter sa contribution, « Der Weltdienst der Kirche. Auswirkungen von Gaudium et spes im letzten Jahrzehnt » dans l'ouvrage dirigé par M. SEY-BOLD, Zehnjahre Vaticanum II, Pustet, Ratisbonne, 1976; traduction française : « L'Église et le monde : à propos de la réception du deuxième concile du Vatican », in J. RATZINGER, Les principes de la théologie catholique. Esquisse et matériaux, Téqui, Paris, 1985, p. 423-440. Dans cet article, Joseph Ratzinger demande si l'on doit considérer Gaudium et spes comme le sommet du concile, et donc comme la base d'interprétation de tout le reste, ou s'il ne faut pas plutôt lui accorder une place plus modeste, comme tentative d'exposer, à un moment charnière de l'histoire, la vision de la foi chrétienne émanant des trois constitutions dogmatiques des sessions précédentes.
 

Nouveau: conseils aux personnes qui désirent recevoir les actualités ou consulter le site régulièrement:  ICI


Sources : Introduction à la théologie de Joseph Ratzinger -  (E.S.M.)
Ce document est destiné à l'information; il ne constitue pas un document officiel
Eucharistie sacrement de la miséricorde - (E.S.M. sur Google actualité)  11
.11.2008 - T/Théologie

 

 » Sélection des derniers articles  
page précédente haut de page page suivante