Benoît XVI s'adresse aux professeurs
et étudiants pour l'inauguration de l'année académique |
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Cité du Vatican, le 11 novembre 2008 -
(E.S.M.)
- Pour l'inauguration de l'année académique, le pape Benoît XVI
s'est adressé aux professeurs et étudiants des universités
ecclésiastiques romaines. Le Vatican publie le discours du Saint-Père :
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Le pape Benoît XVI aux
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DISCOURS DU PAPE BENOÎT XVI
AUX PROFESSEURS ET AUX ÉTUDIANTS DES
UNIVERSITÉS ECCLÉSIASTIQUE ROMAINES
POUR L'INAUGURATION DE L'ANNÉE ACADÉMIQUE 2008/2009
Basilique Vaticane
Messieurs les cardinaux,
Vénérés frères dans l'épiscopat et dans le sacerdoce,
chers frères et sœurs!
Cette rencontre traditionnelle avec les universités ecclésiastiques romaines
au début de l'année académique est toujours pour moi un motif de joie. Je
vous salue tous avec affection, à commencer par le cardinal Zenon
Grocholewski, préfet de la Congrégation pour l'éducation catholique, qui a
présidé la Messe et que je remercie des paroles avec lesquelles il s'est
fait l'interprète de vos sentiments. Je suis heureux de saluer les autres
cardinaux et prélats présents, ainsi que les recteurs, les professeurs, les
responsables et les supérieurs des séminaires et des collèges, et
naturellement vous, chers étudiants, qui de différents pays êtes venus à
Rome pour suivre vos études.
En cette année, au cours de laquelle nous célébrons le jubilé bimillénaire
de la naissance de l'apôtre Paul, je voudrais m'arrêter brièvement avec vous
sur un aspect de son message qui me semble particulièrement adapté pour
vous, chercheurs et étudiants, et que j'ai abordé également hier dans la
catéchèse au cours de l'Audience générale. J'entends faire référence à
ce que saint Paul écrit sur la sagesse chrétienne, en particulier dans sa
première Lettre aux Corinthiens, communauté dans laquelle des rivalités
entre les disciples avaient éclaté. L'apôtre affronte le problème de ces
divisions dans la communauté, en indiquant dans celles-ci un signe de la
fausse sagesse, c'est-à-dire d'une mentalité encore immature car charnelle
et non spirituelle (cf. 1 Co 3, 1-3). Faisant ensuite référence à sa propre
expérience, Paul rappelle aux Corinthiens que le Christ l'a envoyé pour
annoncer l'Évangile "sans avoir recours à la sagesse du langage humain, ce
qui viderait de son sens la croix du Christ" (1, 17).
C'est à partir de là que commence une réflexion sur la "sagesse de la
Croix", c'est-à-dire sur la sagesse de Dieu, qui s'oppose à la sagesse
de ce monde. L'apôtre insiste sur l'opposition existant entre les deux
sagesses, dont une seule est véritable, la sagesse divine, alors que l'autre
n'est en réalité que "folie". Or, la nouveauté stupéfiante, qui exige
d'être toujours redécouverte et écoutée, est le fait que la sagesse divine
nous a été donnée, nous a été communiquée dans le Christ. A la fin du
chapitre 2 de la Lettre mentionnée, se trouve une expression qui résume
cette nouveauté et qui, précisément pour cette raison, ne finit jamais de
surprendre. Saint Paul écrit: "La pensée du Christ, c'est nous qui l'avons"
(2, 16). Cette
opposition entre les deux sagesses ne doit pas être identifiée avec la
différence entre la théologie, d'une part, et, de l'autre, la philosophie et
les sciences. Il s'agit, en réalité, de deux attitudes fondamentales. La
"sagesse de ce monde" est une façon de vivre et de voir les choses en
excluant Dieu et en suivant les opinions dominantes, selon les critères du
succès et du pouvoir. La "sagesse divine" consiste à suivre l'esprit du
Christ - c'est le Christ qui nous ouvre les yeux du cœur pour suivre la voie
de la vérité et de l'amour.
Chers étudiants, vous êtes venus à Rome pour approfondir vos connaissances
dans le domaine théologique et, même si vous étudiez d'autres matières
différentes de la théologie, par exemple le droit, l'histoire, les sciences
humaines, l'art, etc., la formation spirituelle selon la pensée du Christ
reste cependant pour vous fondamentale; telle est la perspective de vos
études. Ces paroles de l'apôtre Paul et celles que nous lisons immédiatement
après, toujours dans la première Lettre aux Corinthiens, sont donc
importantes pour vous: "Qui donc, parmi les hommes, sait ce qu'il y a dans
l'homme ? Seul l'esprit de l'homme le sait, lui qui est dans l'homme. De
même, personne ne connaît ce qu'il y a en Dieu, sinon l'Esprit de Dieu. Et
nous, l'esprit que nous avons reçu, ce n'est pas celui du monde, c'est celui
qui vient de Dieu, et ainsi nous avons conscience des dons que Dieu nous a
faits" (2, 11-12). Nous voici encore à l'intérieur du schéma d'opposition
entre la sagesse humaine et la sagesse divine. Pour connaître et comprendre
les choses spirituelles, il faut être des hommes et des femmes spirituels,
car si l'on est charnel on retombe inévitablement dans la folie, même si
l'on étudie beaucoup et que l'on devient des "sages" et "des raisonneurs
d'ici-bas" (1, 20).
Nous pouvons voir dans ce texte paulinien un rapprochement plus que jamais
significatif avec les versets de l'Évangile qui rapportent la bénédiction de
Jésus adressée à Dieu le Père, car - dit le Seigneur - "ce que tu as caché
aux sages et aux savants, tu l'a révélé aux tout-petits"
(Mt 11, 25). Les
"sages" dont parle Jésus sont ceux que Paul appelle les "sages de ce monde".
Alors que les "petits" sont ceux que l'apôtre qualifie de "fous", de
"modestes", de "méprisés" pour le monde
(1, 27-28), mais qui en réalité,
s'ils accueillent "le langage de la Croix"
(1, 18), deviennent les vrais
sages. Au point que Paul exhorte ceux qui se considèrent comme sages selon
les critères du monde à "devenir fous", pour devenir vraiment sages devant
Dieu (3, 18). Il ne s'agit pas d'une attitude anti-intellectuelle, d'une
opposition à la "recta ratio". Paul - à la suite de Jésus - s'oppose à un
certain type d'orgueil intellectuel, où l'homme, tout en ayant de grandes
connaissances, perd la sensibilité pour la vérité et la disponibilité à
s'ouvrir à la nouveauté de l'action divine.
Chers amis, cette réflexion paulinienne n'entend en aucun cas sous-évaluer
l'engagement humain nécessaire pour la connaissance, mais elle se place sur
un autre plan: Paul désire souligner - et il le fait de manière directe - ce
qui est vraiment valable pour le salut et ce qui, en revanche, peut mener à
la division et à la perte. L'apôtre dénonce le venin de la fausse sagesse,
qui est l'orgueil humain. En effet, ce n'est pas la connaissance en soi qui
peut faire du mal, mais la présomption, "s'enorgueillir" de ce que l'on est
arrivé - ou que l'on croit être arrivé - à connaître. C'est précisément de
là que découlent ensuite les divisions et les discordes au sein de l'Église
et, de façon analogue, dans la société. Il s'agit donc de cultiver la
sagesse non selon la chair, mais selon l'Esprit. Nous savons bien que saint
Paul, à travers les paroles "chair, charnel" ne se réfère pas au corps, mais
à une façon de vivre seulement pour soi-même et selon les critères du monde.
C'est pourquoi, selon saint Paul, il est toujours nécessaire de purifier son
propre cœur du venin de l'orgueil, présent en chacun de nous. Nous aussi
nous devons donc nous écrier avec saint Paul: "Qui nous délivrera ?" (cf. Rm
7, 24). Et nous aussi pouvons recevoir la réponse avec lui: la grâce de
Jésus Christ, que le Père nous a donnée à travers l'Esprit Saint
(cf. Rm 7,
25). La "pensée du Christ", que nous avons reçue par la grâce, nous purifie
de la fausse sagesse. Et nous accueillons cette "pensée du Christ" à travers
l'Église et dans l'Église, en nous laissant porter par le fleuve de sa
tradition vivante. L'iconographie qui représente Jésus-Sagesse dans le sein
de sa Mère Marie, symbole de l'Église, l'exprime très bien: In gremio Matris
sedet Sapientia Patris: dans le sein de Marie siège la Sagesse du Père,
c'est-à-dire le Christ. En restant fidèles à ce Jésus que Marie nous offre,
au Christ que l'Église nous présente, nous pouvons nous engager intensément
dans le travail intellectuel, intérieurement libres de la tentation de
l'orgueil et en nous ventant toujours et seulement dans le Seigneur.
Chers frères et sœurs, tel est le vœu que je vous adresse au début de la
nouvelle année académique, en invoquant sur vous la protection maternelle de
Marie, Sedes Sapientiae, et de l'Apôtre Paul. Que vous accompagne également
mon affectueuse Bénédiction apostolique.
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Le pape Benoît XVI commente la sagesse de Dieu devant les étudiants
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Discours du Pape Benoît XVI aux étudiants des Universités Pontificales
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Sources : www.vatican.va -
E.S.M.
© Copyright 2008 - Libreria Editrice Vaticana - 30.10.08
Eucharistie sacrement de la miséricorde -
(E.S.M.) 11.11.2008 -
T/Benoît XVI |