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19 Avril 2005
 

Motu Proprio Summorum Pontificum de Benoît XVI

 

Le 07 décembre 2008 - (E.S.M.) -  Le Cardinal Ratzinger n'a pas changé de discours depuis qu'il est devenu Benoît XVI, et son Motu proprio ne vise nullement à généraliser la forme extraordinaire de la liturgie romaine.

La liturgie dite "tridentine" - Pour agrandir l'image Cliquer

Summorum Pontificum : comment bien utiliser le Motu Proprio

Le 07 décembre 2008 -  Eucharistie Sacrement de la Miséricorde - Depuis la publication du Motu Proprio Summorum Pontificum, de nombreux fidèles traditionalistes, c'est-à-dire fermement attachés à la forme extraordinaire du rite romain - se réclament de Benoît XVI. Malheureusement, certains d'entre eux en arrivent à trahir la pensée du Souverain Pontife, essentiellement lorsqu'ils se mobilisent pour un retour généralisé ou exclusif de la liturgie dite "tridentine" (dont la forme actuelle est davantage un héritage du XVIIème siècle revisité par le XIXème siècle que le legs du concile de Trente).

Trahison de la pensée de Benoît XVI, en effet, quand on cherche à faire croire ou quand on pense que la forme extraordinaire du rite romain pourrait devenir, à l'avenir, une façon habituelle de célébrer la liturgie dans les paroisses.

S'adressant au Professeur Lothar Barth, le Cardinal Ratzinger avait écrit: "Je crois que dans l'avenir, l'Église romaine ne devra avoir qu'un seul rite; l'existence de deux rites est difficilement "gérable" pour les évêques et les prêtres. Le rite romain de l'avenir devrait être un seul rite, célébré en latin ou en langue populaire, mais basée entièrement dans la tradition du rite ancien." On remarquera que dans cette lettre écrite en 2003, le Cardinal Ratzinger parle encore de "deux rites", selon la terminologie de cette époque, alors que par la suite et dans le Motu proprio Summorum pontificum, il emploiera l'expression "deux formes de l'unique rite romain". (1)

Dans cette même lettre au Professeur Barth, le Cardinal Ratzinger poursuit: "Si vous vous engagez ainsi pour la question liturgique, vous ne serez pas seul et vous préparez "l'opinion publique de l'Église" à des mesures éventuelles en faveur d'un usage plus large des manuels liturgiques anciens. Il faut cependant être prudent quant à l'excitation des espoirs trop grands, maximaux, auprès des fidèles attachés à la tradition."

Il est ici clairement dit que la prudence s'impose... pour un usage "plus large" - et non pas "généralisé" - des livres liturgiques anciens.

Remarquons bien que le Cardinal Ratzinger n'a pas changé de discours depuis qu'il est devenu Benoît XVI, et son Motu proprio ne vise nullement à généraliser la forme extraordinaire de la liturgie romaine. Il suffit, pour s'en convaincre, de lire attentivement la
Lettre que le Souverain Pontife a adressée aux évêques pour leur expliquer la portée du Motu proprio : "Le nouveau Missel restera certainement la forme ordinaire du Rite romain, non seulement en raison des normes juridiques, mais aussi à cause de la situation réelle dans lesquelles se trouvent les communautés de fidèles." Mais Benoît XVI ajoute aussitôt après - et c'est ce que beaucoup oublient - que "les deux formes d'usage du Rite romain peuvent s'enrichir réciproquement (...). Dans la célébration de la Messe selon le Missel de Paul VI, pourra être manifestée de façon plus forte que cela ne l'a été souvent fait jusqu'à présent, cette sacralité qui attire de nombreuses personnes vers le rite ancien." Et enfin : "La meilleure garantie pour que le Missel de Paul VI puisse unir les communautés paroissiales et être aimé de leur part est de célébrer avec beaucoup de révérence et en conformité avec les prescriptions; c'est ce qui rend visible la richesse spirituelle et la profondeur théologique de ce Missel."

C'est bien le missel "de Paul VI", correctement mis en oeuvre - et non comme il est actuellement utilisé dans la majorité des paroisses -, qui sera l'agent de l'unité des communautés paroissiales, en tant qu'il possède une incontestable "richesse spirituelle" doublée d'une véritable "profondeur théologique".

Les communautés ou les groupes de fidèles qui disent autre chose, qui critiquent ou refusent le Missel romain actuel, adoptent une attitude peu "catholique" qui risque de les marginaliser, avec toutes les conséquences que cela peut avoir à plus ou moins long terme.

Mais alors, demandera-t-on, pourquoi le Motu proprio Summorum pontificum et la possibilité de rétablir la forme qu'avait la liturgie avant le Concile ?

La réponse à cette question nous est donnée par le P. Aidan Nichols o.p. dans un ouvrage remarquable sur la pensée de Benoît XVI (2) : "Durant les dernières années de son office à la tête de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, Joseph Ratzinger a noblement défendu la liberté qu'ont les fidèles de célébrer la liturgie romaine traditionnelle, connue sous le nom de saint Pie V ou encore de rite tridentin. Il n'a cependant pas jugé souhaitable un retour généralisé à cette liturgie. Ce qui est désirable - et même en fait, indispensable -, c'est une vie liturgique apte à exprimer les précieuses vérités contenues dans l'ancienne liturgie."

Il est donc clair que la possibilité de célébrer la liturgie romaine selon sa forme extraordinaire doit être comprise non comme une fin, mais comme un moyen de redonner à la forme ordinaire du rite l'apparence que souhaitait lui donner la Constitution Sacrosanctum Concilium de Vatican II. C'est de cette apparence dont parle le Cardinal Ratzinger lorsqu'il écrit que "grâce au "Mouvement liturgique", puis de façon plus nette lors du concile Vatican II, la fresque fut dégagée, et pendant un instant, nous restâmes fascinés par la beauté de ses couleurs et de ses motifs." (3)

Ne pas chercher à comprendre ces différents aspects du problème actuel conduit autant à utiliser le Motu proprio Summorum pontificum pour aller dans une impasse qu'à falsifier le véritable enseignement de Vatican II. C'est en tout cas prendre, d'un côté comme de l'autre, le risque de faire capoter tous les efforts faits en vue d'une authentique et urgente "réforme de la réforme de la liturgie".

(1) Denis Crouan, Tradition et Liturgie, éd. Téqui, Paris, 1985; Réflexions sur la Liturgie, éd. Téqui, Paris, 1987.
(2) P. Aidan Nichols, La pensée de Benoît XVI; introduction à la théologie de Joseph Ratzinger, éd. Ad Solem, Genève
(CH), 2008.
(3) Cardinal Joseph Ratzinger, Der Geist der Liturgie, Verlag Herder, Freiburg
(D), 2000.

 

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Sources : Proliturgia

Ce document est destiné à l'information; il ne constitue pas un document officiel
Eucharistie sacrement de la miséricorde - (E.S.M. sur Google actualité)  07.12.2008 - T/Motu proprio

 

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