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19 Avril 2005
 

Entretien avec Mgr Livio Melina, Recteur de l’Institut Pontifical Jean Paul II

 

Rome, le 04 Juin 2008 - (E.S.M.) - L’Agence Fides a eu un entretien avec le Président de L’institut Jean Paul II, Monseigneur Livio Melina, et lui a posé les questions suivantes sur la crise de la famille en Europe.

Monseigneur Livio Melina 

Entretien avec Mgr Livio Melina, Recteur de l’Institut Pontifical Jean Paul II pour les Études sur le Mariage et la Famille

L’Institut Pontifical pour les Études sur le Mariage et la Famille a été fondé en 1981 par le Pape Jean Paul II, pour donner à toute l’Église une contribution de réflexion philosophique, théologique et pastorale, sur la vérité concernant la personne, le mariage et la famille, avec l’aide des différentes sciences humaines.

L’Institut prépare des prêtres, des religieux et des laïcs à exercer leur profession en milieu ecclésial et civil. On propose actuellement les cours suivants : Licence en théologie du mariage et de la famille, doctorat en théologie avec spécialisation en théologie du mariage et de la famille ; Master en Sciences du mariage et de la famille : cycle normal et cycle spécial ; Master en Bioéthique et Formation ; Diplôme en pastorale de la famille. L’Institut Pontifical Jean Paul II n’a pas seulement son siège à Rome, mais aussi au Mexique, au Brésil, aux Etats-Unis, en Espagne, en Afrique, en Inde et en Australie.

L’Agence Fides a eu un entretien avec le Président du L’institut Jean Paul II, Monseigneur Livio Melina, et lui a posé les questions suivantes sur la crise de la famille en Europe :

Monseigneur Melina, chaque vingt-cinq secondes, il y a un avortement en Europe, qui fait plus de victimes que les maladies du coeur, que les maladies cardiovasculaires, que les accidents de la route et que les suicides. La croissance naturelle de la population est à peine supérieur à 1,1% ; le nombre des divorces, ces 15 dernières années, a augmenté de 50%, et a touché 21 millions d’enfants. D’après vous, à quoi peut-on attribuer ces résultats ?

Il s’agit de phénomènes complexes qui appartiennent à un même fonds socioculturel, tout en ayant des dynamiques indépendantes. Pour ce qui concerne l’avortement, on se réfère parfois à la nécessité d’introduire une contraception de masse pour l’éviter ; mais, en réalité, l’observation comparative de la situation française et de la situation italienne montre comment cette connexion n’est pas pertinente. En France, en effet, face à une contraception très répandue, on rencontre une croissance de l’avortement. En Italie, en revanche, où la contraception est moins pratiquée, il y a une baisse du nombre des avortements. Cela veut dire que la cause profonde de la contraception et de l’avortement est le manque d’une culture de la famille et d’une conception de la sexualité séparée de l’amour.

Et également pour ce qui concerne le divorce, il se répand quand manque la capacité d’un engagement fort et fidèle vis-à-vis du conjoint et des enfants, et quand manque la capacité d’affronter les difficultés et les sacrifices que comportent la vie avec une autre personne.

Dans la « Proposition pour une stratégie de l’Union Européenne pour le soutien aux couples et au mariage », rédigée par le Secrétariat de la COMECE (Commission des Épiscopat de la Communauté Européenne), et présentée le 5 novembre 2007 à Bruxelles, on lit : « Le document n’entend pas mettre en discussion l’accord actuel dans l’U.E. sur les compétences des États membres en matière de droit de la famille et de politiques de la famille. Elle entend au contraire lancer un débat sur tout ce que peuvent faire les institutions communautaires dans le cadre de leurs propres compétences ». Que peuvent faire concrètement pour la famille, à votre avis, les Institution Communautaires

Je crois que la famille, fondée sur la mariage stable entre une homme et une femme, a besoin d’être reconnue comme élément de base du bien commun d’une société, et donc protégée du point de vue juridique, et aidée par les politiques adéquates dans le domaine de l’éducation, du travail, de la maison, de la santé, et de l’organisation générale de la vie sociale.

En effet, seule la famille, qui se consacre de manière stable à l’éducation des enfants et au bien de ses membres, continue à assurer à la société ce « capital social » qui lui est indispensable, à savoir, cette réserve de comportements, d’attitudes et de valeurs partagées sur lesquelles se fondent les relations sociales plus quotidiennes et nécessaire.

Les Institutions Communautaires devraient reconnaître ce rôle essentiel de la famille, fondée sur la mariage stable entre un homme et une femme, et qui est conforme au sentiment des peuples et de nos traditions, et en conséquence, de l’aider.

A votre avis, n’est-il pas urgent d’organiser une grande campagne pour la natalité, en Europe ?

Certainement, l’hiver démographique dans lequel se trouvent de nombreuses Nations en Europe, est un sujet de grande préoccupation pour le bien-être de la société. Je ne crois pas, toutefois, qu’il puisse être résolu par de simples appels, mais plutôt par une reprise culturelle de l’espérance dans l’avenir, qui devrait, naturellement, être soutenue aussi par des mesures sociales adéquates en faveur de la maternité et de la famille. Les politiques, dans ce sens, menées dans plusieurs Nations européennes lors des dix dernières années, montrent qu’il est possible d’invertir une tendance, et de surmonter les conséquences d’une attitude pessimiste et repliée sur elle-même, dans laquelle se trouvent trop souvent des populations européennes.

Il s’agit de sortir d’une situation dans laquelle les jeunes sont découragés de s’engager à former une famille, en raison aussi de la précarité de la vie dans laquelle ils se trouvent, et dans laquelle aussi, les jeunes familles qui désireraient pourtant s’ouvrir à la vie, sont laissées seules et empêchées de mille et mille manières dans leur désir généreux et spontané.

Quels sont, pour les familles, les effets du vieillissement de la population ?

Je ne suis pas un sociologue, mais il me semble qu’un vieillissement de la population, au-delà des aspects de caractère économique, comme la difficulté d’assurer les retraites et le soutien adapté des personnes âgées et malades, comporte avant tout un manque d’espérance et d’élan vers l’avenir

C’est précisément le thème de l’espérance que le Pape Jean Paul II a développé dans son document post-synodal sur l’Église en Europe
(Ecclesia in Europa), et que, en particulier, le Pape Benoît XVI a abordé dans sa récente Encyclique «
Spe Salvi ».

Bien commun et identité chrétienne de l’Europe. Quelles sont vos observations à ce sujet

La possibilité de regarder avec espérance vers l’avenir, dépend de la certitude que l’on possède sur la valeur de sa propre identité historique et de sa propre mémoire, une espérance fondée peut s’enraciner seulement dans la mémoire. On notre souvent en Europe une tendance à nier ses propres racines chrétiennes qui, avec d’autres facteurs culturels, constituent l’ADN qui peut permettre de se tourner vers l’avenir dans une attitude de confiance et de dialogue avec les autres peuples.

Un peuple sans identité est plus facilement manipulable par le pouvoir : ne sachant qui il est, il ne sait pas où aller, et il ne trouve pas de raisons suffisantes pour édifier une vie commune fière de sa propre histoire et ouverte au dialogue avec les autres.

Dans un contexte culturel où se perd une identité commune, prévaut alors la dérive vers la satisfaction immédiate de désirs, et vers l’individualisme, en sorte que l’on ne trouve plus les raisons de la vie en commun, et s’évanouit alors l’idée même qu’il puisse exister un bien commun pour lequel il faut travailler et se sacrifier. Pour cela, je crois que seule la récupération d’une mémoire sereine et forte de sa propre identité chrétienne puisse permettre de retrouver les raisons de la vie sociale, et l’élan vers l’avenir


Dossier réalisé par  D.Q. - Agence Fides 26/4/2008; Directeur Luca de Mata

Le pape Benoît XVI dénonce une "sorte de conspiration du silence" - 04.06.08
La première partie du Dossier  : "La crise de la famille en Europe" - 28.04.08

Table : La famille fondée sur le mariage

 

Sources :  www.vatican.va - E.S.M.

Ce document est destiné à l'information; il ne constitue pas un document officiel

Eucharistie, sacrement de la miséricorde - (E.S.M.) 04.06.08 - T/Famille

 

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