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19 Avril 2005
 

Le Motu proprio de Benoît XVI, oui... mais pour quoi ?

 

Le 04 avril 2008 - (E.S.M.) - Tel qu'il est aujourd'hui mis en oeuvre dans les diocèses de France, le Motu proprio Summorum pontificum de Benoît XVI aide-t-il au recentrage des fidèles autour de la liturgie de l'unique Église du Christ, ou sert-il à dissimuler la dispersion des fidèles dans de multiples "chapelles" particulières ? C'est une question qu'on peut se poser.

La forme "extraordinaire" du rite romain  -  Pour agrandir l'image: c'est ici

SUMMORUM PONTIFICUM ? OUI... MAIS POUR QUOI ?

Se réjouir de ce que le  Motu Proprio Summorum Pontificum par lequel a été libéralisée la forme extraordinaire du rite romain soit appliqué ici et là, c'est très bien. Néanmoins, se contenter de cette application en croyant ou en espérant qu'elle finira par régler les problèmes actuels que connaît la liturgie, c'est refuser de voir toute la réalité; c'est ne tenir compte que de la moitié de la situation véritable, celle qui, au fond, ne pose pas tellement de problèmes puisqu'elle ne touche qu'une minorité de pratiquants, la majorité se contentant des messes paroissiales habituelles, lesquelles ne sont pas "ordinaires" au sens où l'entend le Motu proprio de Benoît XVI, mais plutôt "quelconques".

Se réjouir de l'application - certes, encore insuffisante - du Motu proprio, c'est ignorer que telles que les choses sont faites, l'ouverture de sanctuaires réservés à la forme "extraordinaire" du rite romain permet essentiellement aux évêques de faire taire certains "râleurs" attachés au Missel "de Jean XXIII" sans pour autant corriger tout ce qui ne va pas dans la façon dont est actuellement célébrée la forme "ordinaire" de la liturgie.

Cette façon de se réjouir d'une application somme toute partiale du Motu proprio ne risque-t-elle pas, à plus ou moins long terme, d'aggraver la situation de la liturgie au lieu de la corriger ? C'est la question que l'on peut légitimement se poser.

Car enfin, avant le Motu proprio Summorum pontificum, il y a eu l'Exhortation post Synodale "Sacramentum Caritatis", de laquelle plus personne ne semble vouloir parler. Or dans ce document qui fait la synthèse de travaux menés par des évêques du monde entier, il a été rappelé par Benoît XVI que l'art de la célébration (l'ars celebrandi) découle de l'obéissance fidèle aux normes liturgiques dans leur totalité." (cf. n°38); que l'Évêque diocésain doit faire en faire en sorte "que les prêtres, les diacres et les fidèles comprennent toujours plus le sens authentique des rites et des textes liturgiques et qu'ils soient ainsi conduits à une célébration de l'Eucharistie active et fructueuse"; que les mêmes évêques doivent veiller à ce que les "célébrations liturgiques dans l'église cathédrale se déroulent dans le plein respect de l'ars celebrandi, afin qu'elles puissent être considérées comme le modèle pour toutes les églises présentes sur le territoire." (cf. n°39). Il est aussi rappelé que "l'ars celebrandi doit favoriser le sens du sacré et l'utilisation des formes extérieures qui éduquent à un tel sens, comme par exemple l'harmonie du rite, des vêtements liturgiques, de l'ameublement et du lieu sacré."

Il y a enfin ce passage de l'Exhortation Sacramentum Caritatis, où il est affirmé que "là où les prêtres et les responsables de la pastorale liturgique s'emploient à faire connaître les livres liturgiques et les normes liturgiques en vigueur, mettant en évidence les grandes richesses de la Présentation générale du Missel romain et de la Présentation des Lectures de la messe, la célébration eucharistique en tire profit." Or - et ce n'est sûrement ni le fruit du hasard ni le résultat d'une erreur commise par le Saint-Père - cet enseignement est repris en termes quasi identiques dans la Lettre accompagnant le Motu proprio Summorum pontificum, que Benoît XVI a adressée directement à tous les évêques et où il leur est une nouvelle fois rappelé que "la meilleure garantie pour que le Missel de Paul VI puisse unir les communautés paroissiales et être aimé de leur part est de célébrer avec beaucoup de révérence et en conformité avec les prescriptions; [car] c'est ce qui rend visible la richesse spirituelle et la profondeur théologique de ce Missel."

Il est donc évident - si l'on comprend bien Benoît XVI - que l'ouverture d'églises où peut être célébrée la forme extraordinaire du rite romain n'aura aucun effet positif si elle ne s'accompagne pas, en même temps, d'une volonté marquée de célébrer partout où l'on se prévaut du Missel de Paul VI avec "révérence et en conformité avec les prescriptions".

Or, sur ce dernier point, nous sommes, en France, très loin du compte (et quoi qu'en disent certains de nos Pasteurs diocésains). La preuve: il est interdit - oui, interdit! - en bien des endroits, de respecter les prescriptions du Missel romain actuel: de nombreux maîtres de choeurs, de nombreux organistes, de très nombreux fidèles, ne peuvent adresser aucune remarque à leur curé si celui-ci impose des façons de célébrer la messe ou des chants opposés aux normes données par le Missel romain. C'est le curé qui commande en liturgie: surtout pas le pape!

Le Motu proprio Summorum pontificum, ne devrait donc pas servir à dresser un cordon sanitaire séparant ceux qui respectent la forme extraordinaire de la liturgie de ceux qui ne respectent plus rien, mais devrait viser au rassemblement de tous les fidèles ayant le souci de restituer à la liturgie romaine toute sa dignité et son authenticité.

En octobre 2007, les évêques de France avaient adressé un message aux fidèles "traditionalistes" pour leur demander "un geste d'assentiment sans équivoque aux enseignements du magistère authentique de l'Église", c'est-à-dire "aussi bien aux textes qu'aux autorités légitimes". Pourquoi semble-t-on hésiter à adresser une demande identique à l'ensemble des fidèles y compris à tous les prêtres ? Dans le même temps, les évêques s'étaient déclarés fermement opposés à une liturgie livrée à la "seule subjectivité" des fidèles car, avait ajouté le Cardinal Ricard en leur nom, "une Église où chacun construirait sa chapelle à partir de ses goûts personnels, de sa sensibilité, de son choix de liturgie ou de ses opinions politiques ne saurait être encore l'Église du Christ."

Tel qu'il est aujourd'hui mis en oeuvre dans les diocèses de France, le Motu proprio Summorum pontificum de Benoît XVI aide-t-il au recentrage des fidèles autour de la liturgie de l'unique Église du Christ, ou sert-il à dissimuler la dispersion des fidèles dans de multiples "chapelles" particulières ? C'est une question qu'on peut se poser.

Denis CROUAN docteur en théologie, Pdt de Pro Liturgia
 

Sources :   PRO LITURGIA

Ce document est destiné à l'information; il ne constitue pas un document officiel

Eucharistie, sacrement de la miséricorde - (E.S.M.) 04.04.08 - T/M.P.

 

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