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19 Avril 2005
 

  LE JOUR DU SEIGNEUR

 

AIMER LE JOUR DU SEIGNEUR COMME ON AIME DIEU LUI-MÊME – Gilles Ménard

LETTRE APOSTOLIQUE -   DIES DOMINI – 31 mai 1998

Homélie de Benoît XVI : Redécouvrir la « joie du dimanche chrétien " - 29 mai 2005

Sans le dimanche, nous, chrétiens, nous ne pouvons pas vivre

Autant Jean-Paul II que Benoît XVI: " l’Heure de la messe.", 12.06.2006

 

     

 

AIMER LE JOUR DU SEIGNEUR COMME ON AIME DIEU LUI-MÊME

 

L’Évangile, et la foi chrétienne qui en découle, est un appel à la sainteté. «Dieu nous a créés pour être saints et sans péché devant sa face, grâce à son amour.» (Ep 1 , 4) ou encore «Soyez parfaits comme votre Père céleste est parfait.» (Mt 5 , 48 ).   Mais la sainteté n’est jamais atteinte, elle est toujours à refaire et à parfaire. À l’instar de notre vie biologique qui est assujettie aux cycles et aux rythmes des lois de la nature, cet appel à la sainteté a besoin d’être relancé périodiquement . C’est pourquoi Dieu, qui sait et qui désire ce qu’il y a de meilleur pour les créatures sorties de ses mains, a dit: «Tu sanctifieras le Jour du Seigneur ».

 

En 1998 le Pape Jean-Paul II a lancé aux catholiques du monde entier un vibrant appel à la sainteté en rapport avec notre façon de vivre le Jour du Seigneur. Malheureusement cette exhortation à redécouvrir le sens profond du dimanche n’a pas connu la diffusion qu’elle méritait. Mais fidèle à sa ligne de conduite et en dépit de l’opposition ou de l’indifférence d’une grande proportion de baptisés endormis, Jean-Paul II n’a pas peur de lancer des appels à la sainteté, y compris aux jeunes, comme on peut le constater lors des Journées Mondiales de la Jeunesse.

 

« Tu sanctifieras le Jour du Seigneur ». Combien de baptisés ont purement et simplement effacé de leur mémoire cette Parole de Vie. Et combien d’autres l’ont réduit à une maigre participation à une messe de routine. Pourtant, comme dit Jean-Paul II, la sanctification du Jour du Seigneur, faisant partie des dix Paroles qui décrivent les piliers de la vie morale, ... est une expression ... indispensable du rapport avec Dieu. C’est un élément déterminant de l’identité chrétienne et il a une valeur irremplaçable.

 

Le Jour du Seigneur est saint parce que Dieu l’a rendu saint : c’est le jour où il a contemplé l’œuvre de sa création, le jour où il nous a recréé par la résurrection du Christ, le jour où il nous invite   à   franchir déjà le seuil de son éternité. Aussi il nous faut entrer en dimanche comme on entre dans un véritable sanctuaire: le sanctuaire du Temps de Dieu . C’est le jour où le temporel cède la place à l’éternel. Si ce jour n’est pas respecté et sanctifié, il est impossible de faire nôtre la demande du Christ: «Cherchez d’abord le Royaume des cieux et sa justice.» (Mt 6, 33)

 

Notre Dieu n’est pas solitude mais communion: il est Père, Fils et Esprit Saint. Créés à son image, nous aussi sommes faits pour la communion. Notre identité fondamentale n’est pas fonctionnelle mais relationnelle. C’est pourquoi notre tâche primordiale ne consiste pas à   faire des choses mais d’être en relation et en harmonie avec Dieu, avec les autres et avec la nature. L’existence même du Jour du Seigneur repose sur cette relation à Dieu et aux autres. Le dimanche nous est donné pour nous permettre de vivre, périodiquement, une expérience d’intense communion.

 

Seigneur, parfois inconsciemment, nous avons contribué à détruire le sanctuaire du Temps de Dieu: le dimanche. Nous l’avons utilisé à nos propres fins comme un jour ordinaire. Donne-nous la force de le reconstruire dans notre vie personnelle, dans notre famille, dans notre communauté chrétienne.

 

LE JOUR DU SEIGNEUR POSSÈDE UN COEUR

 

Le JdS possède un cœur et un corps: son cœur est le rassemblement eucharistique, son corps est composé de repos, de prière, d’intimité familiale et de charité. Un corps sans cœur est sans vie et un cœur sans corps ne sert à rien.

 

Oui le JdS est le jour qui fait exister l’Église et c’est d’abord par le rassemblement eucharistique où les fidèles peuvent communier au Corps du Christ lui-même, notre Sauveur et notre Dieu. Il est donc important qu’ils se réunissent pour exprimer pleinement l’identité même de l’Église, l’ekklesia, l’assemblée convoquée par le Seigneur ressuscité ... . Comme le dit merveilleusement Alain Faucher, faisons du dimanche «une journée consacrée au bonheur collectif d’être le peuple de Dieu».

 

Puissent les hommes et les femmes du troisième millénaire rencontrer le Christ ressuscité lui-même en voyant l’Église qui , chaque dimanche, célèbre dans la joie le mystère où elle puise tout sa vie... .

Mais nous ne pouvons pas réduire la sanctification du dimanche à la participation à une courte messe, souvent entendue dans la routine. Au lieu de sanctifier ce jour ce serait plutôt s’en débarrasser en 40 minutes. Ce serait comme fabriquer un cœur pour le mettre dans un pot de verre. On aurait un cœur sans corps: ni pieds, ni mains, ni visage.

 

LE JOUR DU SEIGNEUR POSSÈDE UN CORPS

 

Il faut être conscient que nous vivons dans une société grandement sécularisée qui s’organise de plus en plus sans aucune référence à Dieu et à ce qu’il attend de nous. Un paganisme moderne émerge où les idoles ne sont plus des êtres mythiques mais des choses comme les biens de consommation, le plaisir, le divertissement. Ce paganisme ambiant nous a envahi au point de nous faire perdre de vue ce qui est proprement chrétien et ce qui ne l’est pas. Comme les démons expulsés par Jésus dans l’Évangile, nous devrons secouer notre esprit avec violence pour faire sortir ce paganisme de nos habitudes et de notre vie personnelle et communautaire. Cette perte de sensibilité chrétienne a conduit à l’abandon d’une composante essentielle de la sanctification du dimanche, à savoir la nécessité de faire de ce jour un jour de repos et de non consommation. Cette composante constitue un   préalable indispensable si nous voulons être fidèles   à   l’esprit de ce jour.

 

«Observe le jour du sabbat pour le sanctifier, comme te l’a commandé Yahvé ton Dieu. Pendant six jours tu travailleras et tu feras ton ouvrage, mais le septième jour est un sabbat pour Yahvé ton Dieu.» (Dt 5 ,12)

 

Cette parole de vie nous invite à rythmer notre vie sur le tempo du ciel. En effet, l’alternance du travail et du repos, inscrite dans la nature humaine, est voulue par Dieu lui-même, comme le montre le récit de la création dans le livre de la genèse (cf. Gn 2 , 2-3; Ex 20 , 8-11).

 

Le repos est une attitude obligée du JdS si on veut prendre du recul et contempler les sens des choses. Il est nécessaire de se dégager des occupations ordinaires pour s’adonner à la prière, favoriser les relations familiales et amicales, pour être libre et donner une attention aux aînés, aux malades, aux personnes seules. L’expérience prouve sans équivoque que l’absence de repos périodique transforme les êtres humains en machines qui perdent de vue le but même de leur action et le sens des valeurs.

 

Le repos du dimanche nous libère de l’esclavage de la consommation et de l’emprise des mass-média. Il est nécessaire pour vivre personnellement et communautairement une vie d’amour gratuit avec Dieu. Comme les amoureux arrêtent tout et prennent du temps ensemble, ainsi les chrétiens sont appelés à prendre le repos du dimanche à cause de Dieu et avec lui, montrant ainsi à la face du monde qu’ils sont en amour avec lui.

 

À notre époque, il reste nécessaire de faire effort pour que tous puissent connaître la liberté, le repos et la détente nécessaires à leur dignité d’hommes, avec les exigences religieuses, familiales, culturelles, interpersonnelles qui s’y rattachent et qui peuvent difficilement être satisfaites, si l’on ne réserve pas au moins un jour par semaine où il sera possible de jouir ENSEMBLE de la faculté de se reposer dans une atmosphère de fête.

C’est à cette liberté nécessaire au maintien de notre relation à Dieu et aux autres que le Christ pense quand il dit: «Le Sabbat est fait pour l’homme ...».

 

Comme le dit Jean-Paul II : «Le jour du repos est donc tel, d’abord parce qu’il est le jour béni par Dieu et sanctifié par lui, autrement dit séparé des autres jours pour être, entre tous, le Jour du Seigneur. ... il est une garantie contre la servitude totalitaire du travail (et de la consommation) par une assimilation à Dieu ... Il est non seulement signe perpétuel rendant l’homme et son rythme de travail à l’image de Dieu, mais un signe sanctifiant unissant à Dieu Cette définition est très forte, c’est presque celle que l’on donne d’un sacrement. Le Saint Père nous exhorte avec insistance à redécouvrir le sens du dimanche, la valeur de sa célébration, sa signification pour l’existence humaine et chrétienne.

 

REDONNER À DIEU LE JOUR QUE NOUS LUI AVONS VOLÉ

 

Le curé d’Ars souffrait beaucoup de voir certains de ses paroissiens profaner le Jour du Seigneur. Il disait: «Le dimanche le bon Dieu nous ouvre ses trésors, à nous d’y puiser à pleines mains... . La profanation du dimanche conduit à l’indifférence... . Le dimanche c’est le bien du bon Dieu. De quel droit touchez-vous à ce qui ne vous appartient pas ? Vous savez que le bien volé ne profite jamais... . Le jour que vous volez au Seigneur ne vous   profitera pas non plus.»

 

Avec le curé d’Ars je n’hésite pas à dire que le vol le plus odieux de l’histoire a été commis par des chrétiens. En effet une grande proportion d’entre eux ont volé Dieu: ils lui ont volé son Jour, le dimanche, pour en faire un jour de commerce et de consommation comme les autres. Mais en volant à Dieu son Jour ils ont perdus le temps de vivre. Un commis de Rona nous disait: «Si le gouvernement ordonnait de fermer le dimanche, j’en serais le premier content. Je n’ai plus de vie familiale. J’ai congé le vendredi, ma femme le lundi. Il est presque impossible d’être ensemble avec les enfants. » Au contraire le temps donné au Christ , dit Jean-Paul II, n’est jamais un temps perdu, mais plutôt un temps gagné pour l’humanisation profonde de nos relations et de notre vie ... .

 

Seigneur garde-moi de prendre part à ce vol.

 

DIRE NON À LA CONSOMMATION POUR DIRE OUI À LA COMMUNION

 

À Satan qui lui suggère de changer des pierres en pain Jésus répond: «L’Homme ne vit pas seulement de pain mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu.» (Mt, 4,4) Comme l’exprime merveilleusement   Charles Journet «cette parole est devenue une lumière suprême pour l’humanité... Elle prophétisait que partout où serait proclamé le primat du temporel et de l’économique, c’est le pain lui-même, chez les hommes devenus sans cœur, qui commencerait de se changer en pierres.»

 

C’est exactement ce qui se passe aujourd’hui sous nos yeux pour de nombreuses familles et dans la société en général (vie à fleur de peau,   violence, suicides de jeunes, dégradation des relations) parce que l’on se refuse un temps d’arrêt, de gratuité, d’intériorité comme Dieu nous le demande solennellement de le faire en son Jour.

 

Seigneur, autrefois dans le temple, tu as chassé les vendeurs en disant: « Ne faites pas de la maison de mon Père une maison de trafic car c’est une maison de prière. » Aujourd’hui tu nous dirais certainement: « Ne faites pas de mon Jour un jour de trafic et de consommation, car mon Jour doit être un jour de communion. »

 

De même qu’il n’est pas possible de se sanctifier sans le savoir mais seulement en faisant des choix conscients et en posant des gestes concrets, de la même façon il n’est pas possible de sanctifier le JdS sans faire des choix conscients et sans poser des gestes précis: pour sanctifier le JdS il faut organiser sa semaine (son temps et ses priorités) en conséquence. Sanctifier le JdS nous conduit jusque là.

Par une décision libre et par amour pour le JdS,   n’encouragez pas le dimanche païen. Librement ne vous permettez pas de faire du dimanche un jour de commerce et de consommation. Abstenez-vous de faire des achats en ce jour. Pour cela développez un réflexe de prévoyance pendant la semaine. Encourager le commerce et le magasinage le dimanche, c’est contribuer à la dégradation du tissu familial et social et c’est travailler, en pratique, à la destruction du dimanche chrétien en soi et chez les autres . Comme le dirait certainement Élie,   Ezéchiel ou un des grands prophètes: «Ne prostituez pas le Jour du Seigneur !» (Je rêve du jour où on ne vendra pas de biens de consommation dans les sous-sols d’églises le dimanche.)

 

Quand vous verrez des propriétaires de commerce chrétiens afficher «Fermé le Jour du Seigneur.» vous pourrez dire comme Siméon: «Maintenant Seigneur tu peux laisser s’en aller en paix ton serviteur, car mes yeux ont vu que ton Église renaît.» Quelle immense tristesse de voir un chrétien trouver la moindre joie dans la consommation des biens matériels le Jour du Seigneur.

 

«Nul ne peut servir deux maîtres: ou il haïra l’un et aimera l’autre, ou il s’attachera à l’un et méprisera l’autre ...»   (Mt 6 ,24). En paraphrasant à peine on peut compléter en disant: «Nul ne peut à la fois sanctifier le Jour du Seigneur et s’adonner à la consommation en ce jour.»

 

Quand on y regarde de près on voit que l’absence de repos et l’incitation à la consommation nous empêchent de faire ce que le Christ nous dit que nous pouvons faire le dimanche, i.e. «faire le bien » : le bien à notre âme, à notre famille, à notre communauté chrétienne.

 

TÉMOIGNER ENSEMBLE DE L’ABSOLU DE DIEU

 

Le dimanche acquiert naturellement aussi une valeur de témoignage et d’annonce ...

 

Pour la communauté chrétienne et l’Église universelle la façon dont les fidèles vivent le JdS revêt une valeur capitale de témoignage. C’est le jour où, ensemble, les membres de la communauté chrétienne témoignent publiquement de la résurrection du Christ et de l’Absolu de Dieu. C’est pourquoi, à l’inverse, la profanation du dimanche par des chrétiens devient un contre-témoignage extrêmement grave. La visibilité du Peuple de Dieu passe par la sanctification du dimanche; c’est par elle que les païens et non croyants voient que le Peuple de Dieu existe. En s’abstenant de faire certaines choses et en en faisant d’autres en ce jour, les chrétiens témoignent publiquement de l’Absolu de Dieu.

 

Quand vos amis verront que vous organisez votre semaine pour être en mesure de sanctifier correctement le JdS, ils sauront que vous faites partie de ceux et celles qui aiment Dieu plus que tout. Aimer Dieu plus que tout c’est aussi aimer son jour plus que tout. Et d’ailleurs comment prétendre aimer plus que tout Dieu que nous ne voyons pas si nous n’aimons pas plus que tout son Jour que nous voyons.

 

Notre Père qui es aux cieux, que ton Nom soit sanctifié et que ton Jour le soit aussi !

 

QUE FAIRE POUR SANCTIFIER LE JOUR DU SEIGNEUR EN PLÉNITUDE ?

 

Méditez sur le sens profond du dimanche jusqu’à ce que vous le ressentiez intensément comme un temps sacré qui appartient à Dieu. Alors vous comprendrez que vous ne pouvez pas faire n’importe quoi en ce jour et de ce jour.

Dans toutes les actions que vous ferez le dimanche mettez une touche d’éternité.

 

Si votre métier ou profession font partie d’un service essentiel (soins des malades, sécurité publique, restauration, transport en commun) et que vous soyez en service un dimanche, que votre charité soit supérieure en ce jour. Mais demandez aux responsables de l’organisation du travail de pouvoir travailler un dimanche sur trois ou au pire sur deux pour ne pas perdre le sens du repos dominical.

 

Si vous êtes pris, pour l’instant, dans l’engrenage du dimanche païen et que vous êtes requis pour travailler dans un commerce le dimanche: ne vous permettez pas de faire des achats, priez pour les pauvres chrétiens qui utilisent ce jour comme un jour ordinaire, faites ce qui est en votre pouvoir pour vous libérer graduellement de cette contrainte en contradiction avec l’esprit du dimanche chrétien.

 

Pour que ce jour ait un cœur, mais aussi des pieds, des mains et un visage:

 

Organisez un Dimanche au goût de Dieu !

Sanctifiez-le du matin jusqu’au soir.

Refusez de faire du Dimanche un jour ordinaire.

Engagez-vous à le respecter sans aucune compromission.

Participez joyeusement à l’Eucharistie !

Luttez avec force contre l’esclavage de la consommation.

Ne faites pas de commerce, ne magasinez pas en ce jour.

Consacrez le Jour du Seigneur au repos, à la prière, à l’intimité familiale et à la charité.

 

Remettons à Dieu le Jour que nous lui avons volé.

Redonnons à Dieu SON Jour que nous avons prostitué.         

 

Le Jour du Seigneur est un jour auquel l’Église ne peut renoncer. Il agit comme une boussole spirituelle qui, chaque semaine, permet de nous réaligner dans la direction voulue par Dieu. Dieu seul est un absolu et toute notre vie doit tendre vers lui.

 

À un moment de l’histoire où l’abandon du JdS est à son comble il faut que la sainteté du petit reste soit aussi à son comble: là se trouve le seul espoir de salut, là réside le seul moyen de hâter le retour des fils prodigues.

 

Le Dimanche est le Jour du Seigneur,

c’est pourquoi il est le «seigneur des jours».

 

 

 

Homélie de Benoît XVI : Redécouvrir la « joie du dimanche chrétien »

 

ROME, Dimanche 29 mai 2005 ( ZENIT.org ) – Le pape Benoît XVI invite les fidèles à redécouvrir « la joie du dimanche chrétien ». Il a rappelé l’importance vitale du dimanche pour les premiers chrétiens, qui l’ont vécu au prix de leur vie, comme les martyrs d’Abitène.

 

Dans son homélie pour la conclusion du congrès eucharistique italien sur le thème « Sans le dimanche, nous ne pouvons pas vivre », le pape Benoît XVI a rappelé certains aspects essentiels du dimanche et de l’Eucharistie dominicale.

 

L’histoire et la culture du peuple italien

Il disait tout d’abord: « Glorifie le Seigneur, Jérusalem, loue ton Dieu, ô Sion » (Refrain du psaume). L’invitation du psalmiste qui trouve un écho également dans la Séquence, exprime très bien le sens de cette célébration eucharistique : nous sommes rassemblés ici pour louer et bénir le Seigneur. C’est la raison qui a poussé l’Eglise italienne à se retrouver ici, à Bari, pour le Congrès eucharistique national. Moi aussi j’ai voulu m’unir aujourd’hui à vous tous pour célébrer avec un relief particulier la solennité du Corps et du Sang du Christ, et rendre ainsi hommage au Christ dans le Sacrement de son amour et en même temps renforcer les liens de communion qui me lient à l’Eglise en Italie et à ses pasteurs.

 

Le privilège de participer à l’Eucharistie

« Chers amis venus à Bari de différentes régions d’Italie pour célébrer ce congrès eucharistique, nous devons redécouvrir la joie du dimanche chrétien, invitait le pape. Nous devons redécouvrir avec fierté le privilège de pouvoir participer à l’Eucharistie qui est le sacrement du monde nouveau. La résurrection du Christ est advenue le premier jour de la semaine, qui est pour les Juifs le jour de la création du monde. C’est justement pour cela que le dimanche était considéré comme le jour où a commencé le jour nouveau celui dans lequel, par la victoire du Christ sur la mort, a commencé la création nouvelle. En nous réunissant autour de la table eucharistique, la communauté se formait comme nouveau peuple de Dieu. Saint Ignace d’Antioche appelait les chrétiens « ceux qui sont arrivés à l’espérance nouvelle » et il les présentait comme des personnes « vivant selon le dimanche » ("iuxta dominicam viventes"). Dans cette perspective, l’évêque d’Antioche se demandait: « Comment pourrions nous vivre sans Lui, que les prophètes aussi ont attendu? (Lettre aux Magnésiens, 9,1-2). « Comment pourrions nous vivre sans Lui? » nous entendons ces paroles de saint Ignace résonner dans l’affirmation des martyres d’Abitène "Sine dominico non possumus". C’est justement de là que jaillit notre prière: que les Chrétiens d’aujourd’hui aussi redeviennent conscients de l’importance décisive de la célébration dominicale et qu’ils sachent tirer de la participation à l’Eucharistie l’élan nécessaire à un nouvel engagement dans l’annonce au monde du Christ « notre paix » (Ep 2,14) ».

 

Les martyrs d’Abitène.

« Ce congrès eucharistique qui se conclut aujourd’hui, rappelait le pape, entendait représenter le dimanche comme la « Pâque hebdomadaire », expression de l’identité de la communauté chrétienne et centre de sa vie et de sa mission. Le thème choisi « Sans le dimanche nous ne pouvons pas vivre », nous ramène à l’année 304, lorsque l’empereur Dioclétien interdit aux chrétiens, sous peine de mort, de posséder les Ecritures, de se réunir le dimanche pour célébrer l’Eucharistie et de construire des lieux pour leurs assemblées. A Abitène, petite localité de la Tunisie actuelle, 49 chrétiens furent surpris un dimanche tandis que, réunis dans la maison d’Octave Félix, ils célébraient l’Eucharistie en défiant les interdits impériaux. Arrêtés, ils furent conduits à Carthage, pour être interrogés par le Proconsul Anulinus. Entre autres, la réponse qu’Eméritus a donnée au proconsul qui lui demandait pourquoi ils avaient transgressé l’ordre de l’empereur, était significative. Il dit: "Sine dominico non possumus": sans nous réunir en assemblée le dimanche, pour célébrer l’Eucharistie, nous ne pouvons pas vivre. Nous manquerions de forces pour affronter les difficultés quotidiennes et pour ne pas succomber. Après des tortures atroces, les 49 martyrs d’Abitène furent tués. Ils confirmèrent ainsi leur foi, par l’effusion du sang. Ils moururent mais en vainqueurs: nous faisons maintenant mémoire d’eux dans la gloire du Christ ressuscité ».

 

Il n’est pas facile de vivre en chrétien aujourd’hui .

Le pape Benoît XVI commentait ainsi le récit du martyre des chrétiens d’Abitène: « C’est une expérience à laquelle nous devons réfléchir nous aussi, chrétiens du XXIe s. Pour nous non plus, ce n’est pas facile de vivre en chrétiens. D’un point de vue spirituel, le monde dans lequel nous nous trouvons, marqué si souvent par une consommation effrénée, par l’indifférence religieuse, par une sécularisation fermée à la transcendance, peut sembler être un désert non pas moins dur que le (désert) « grand et épouvantable » (Dt 8,15) dont parle la première lecture tirée du Deutéronome. Au peuple juif en difficulté, Dieu vient en aide par le don de la manne, pour lui faire comprendre que « l’homme ne vit pas seulement de pain, mais de toute parole qui sort de la bouche du Seigneur » (Dt 8,3). Dans l’évangile d’aujourd’hui, Jésus nous a expliqué à quel pain, Dieu, par le don de la manne, voulait préparer le peuple de la Nouvelle Alliance. En faisant allusion à l’Eucharistie, il a dit: « Ce pain est le pain descendu du ciel non comme celui que vos pères ont mangé et ils sont morts. Qui mange de ce pain vivra à jamais » (Jn 6,58). Le Fils de Dieu, fait chair, pouvait devenir pain et être ainsi nourriture pour son peuple en chemin vers la terre promise du Ciel ».

 

L’énergie nécessaire pour le chemin à parcourir.

Le pape actualisait ce commentaire en ajoutant à propos du précepte dominical: « Nous avons besoin de ce pain pour affronter les fatigues et les lassitudes du voyage. Le dimanche, Jour du Seigneur, est l’occasion propice pour puiser la force en lui, qui est le Seigneur de la vie. Le précepte de la fête n’est donc pas simplement un devoir imposé de l’extérieur. Participer à la célébration dominicale et se nourrir du Pain eucharistique est un besoin pour le chrétien qui peut ainsi trouver l’énergie nécessaire pour le chemin à parcourir. Un chemin qui n’est d’ailleurs pas arbitraire: la route que Dieu indique par sa Loi va dans la direction inscrite dans l’essence même de l’homme. La suivre signifie pour l’homme se réaliser lui-même; la perdre revient à s’égarer soi-même ».

 

On préfère un Dieu « lointain ».

Mais le pape insistait aussi sur la « présence » véritable (et pas seulement symbolique) du Christ dans l’Eucharistie en disant: « Le Seigneur ne nous laisse pas seuls sur ce chemin. Il est avec nous; plus encore, il désire partager notre sort jusqu’à s’immerger en nous. Dans le colloque que rapporte l’Evangile, il dit: « Qui mange ma chair et boit mon sang demeure en moi et moi en lui » (Jn 6, 56). Comment ne pas nous réjouir d’une telle promesse? Nous avons entendu à cette première annonce que les gens, au lieu de se réjouir, ont commencé à discuter et à protester: « Comment celui-ci peut-il nous donner sa chair à manger? (Jn 6, 52). En vérité, cette attitude s’est répétée souvent au cours de l’histoire. On dirait qu’au fond les gens ne veulent pas avoir Dieu si proche, si à portée de main, si participant de leur histoire. Les gens le veulent grand, et en définitive, plutôt loin d’eux. On soulève alors des questions voulant démonter qu’une telle chose est finalement impossible. Mais les paroles que le Christ a prononcées justement en cette circonstance demeurent dans leur clarté vigoureuse: « En vérité, en vérité, je vous le dis, si vous ne mangez pas la chair du Fils de l’Homme, et ne buvez son sang, vous n’aurez pas la vie en vous » (Jn 6,53). Face au murmure de protestation, Jésus aurait pu se replier sur des paroles rassurantes: « mes amis, aurait-il pu dire, ne vous inquiétez pas! J’ai parlé de chair, mais il s’agit seulement d’un symbole. Ce que j’entends est seulement une communion profonde de sentiments ». Mais Jésus n’a pas eu recours à de tels adoucissements. Il a maintenu fermement son affirmation, même face à la défection de nombreux de ses disciples (cf. Jn 6, 52). Au contraire, il s’est montré disposé à accepter jusqu’à la défection de ses apôtres mêmes pour ne rien changer du caractère concret de son discours: « Peut-être voulez-vous vous aussi vous en aller? » (Jn 6, 67), a-t-il demandé. Mais grâce à Dieu, Pierre a donné une réponse que nous faisons nôtre nous aussi, aujourd’hui, en pleine conscience: « Seigneur à qui irions nous? Tu as les paroles de la vie éternelle » (Jn 6, 68) ». La foule assemblée à Bari répondait à cette affirmation du pape par des acclamations et des applaudissements nourris.

 

Les résistances de saint Augustin, sous l’influence de Platon.

Le pape poursuivait son commentaire serré de ce « discours du pain de vie » de l’évangile selon saint Jean en s’appuyant sur saint Augustin: « Dans l’Eucharistie, le Christ est réellement présent parmi nous. Ce n’est pas une présence statique. C’est une présence dynamique qui nous saisit pour nous faire siens, pour nous assimiler à Lui. Augustin l’avait bien compris lui qui, venant d’une formation platonicienne, avait eu beaucoup de mal à accepter la dimension « incarnée » du christianisme. Il réagissait tout particulièrement face à la perspective du « repas eucharistique » qui lui semblait indigne de Dieu: dans les repas communs en effet, l’homme semble le plus fort, dans la mesure où c’est lui qui assimile la nourriture en en faisant un élément de sa réalité corporelle. Ce n’est que dans un second temps qu’Augustin comprit que les choses allaient exactement dans le sens inverse : le centre, c’est le Christ, qui nous attire à lui pour faire de nous une seule chose avec lui (cf. Confessions, VII,10,16). De cette façon, il nous introduit dans la communauté des frères ».

 

 

« Sans le dimanche, nous, chrétiens, nous ne pouvons pas vivre »

 

Allocution du pape à l’Angélus du   Dimanche 5 juin 2005 ( ZENIT.org ) Texte intégral

Chers frères et sœurs,

L’Année de l’Eucharistie, voulue par le bien-aimé pape Jean-paul II pour raviver toujours davantage dans les consciences des croyants la stupeur devant ce grand sacrement, se poursuit. En ce temps eucharistique unique, l’un des thèmes récurrents est celui du Dimanche, le Jour du Seigneur , thème qui a également été au centre du récent Congrès eucharistique italien qui s’est déroulé à Bari.
J’ai moi-même souligné, au cours de la célébration de clôture, que la préparation à la messe dominicale doit être ressentie par le chrétien non comme quelque chose d’imposé et un poids, mais comme un besoin et une joie . Se réunir avec nos frères, écouter la Parole de Dieu, et se nourrir du Christ, immolé pour nous, est une expérience qui donne sens à la vie, qui communique la paix du cœur. Sans le dimanche, nous les chrétiens, nous ne pouvons pas vivre .

C’est pour cette raison que les parents sont appelés à faire découvrir à leurs enfants la valeur et l’importance de la réponse à l’invitation du Christ qui convoque toute la famille chrétienne à la messe dominicale. Dans ce cheminement éducatif, la Première Communion est une étape particulièrement significative, une vraie fête pour la communauté paroissiale qui accueille pour la première fois ses enfants les plus petits à la table du Seigneur. Pour souligner l’importance de cet événement pour la famille et pour la paroisse, le 15 octobre prochain, s’il plaît à Dieu, je tiendrai au Vatican une rencontre spéciale de catéchèse avec les enfants, en particulier de Rome et du Latium, qui ont reçu la première communion au cours de cette année. Ce rassemblement festif tombera presque à la fin de l’année de l’Eucharistie, et pendant le déroulement de l’assemblée ordinaire du synode des évêques centrée sur le mystère eucharistique. Ce sera une belle occasion de rappeler le rôle essentiel que le sacrement de l’Eucharistie revêt pour la formation et la croissance spirituelle des enfants.

Je confie d’ores et déjà cette rencontre à la Vierge Marie, afin qu’elle nous enseigne toujours plus à aimer Jésus, dans la méditation constante de sa parole et dans l’adoration de sa présence eucharistique et pour qu’elle nous aide à faire découvrir aux jeunes générations la « perle précieuse » de l’Eucharistie qui donne à la vie un sens vrai et plénier .

 

 

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