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19 Avril 2005
 

Les indulgences et le purgatoire? François les a mis au grenier

Le 29 décembre 2015 - (E.S.M.) - C’étaient des éléments constitutifs de tous les jubilés. Mais pas de celui-ci. Le pape n’en parle plus, comme s’ils faisaient de l’ombre à la primauté absolue de la miséricorde.

Les indulgences et le purgatoire? François les a mis au grenier

par Sandro Magister

Le 29 décembre 2015 - E. S. M. - Le jubilé est, par nature, un temps d’"indulgences". Et pourtant, jusqu’à présent, le pape François a soigneusement évité de prononcer ce mot.

Il ne l’a pas prononcé quand il a ouvert la première porte sainte à Bangui, en République Centrafricaine, ni quand il a ouvert celle de la basilique Saint-Pierre, le 8 décembre, jour du début officiel du jubilé, ni en ouvrant celle de Saint-Jean-de-Latran, la cathédrale de Rome. Pas plus qu’il ne l’a prononcé lors des deux catéchèses du mercredi qu’il a, jusqu’à présent, consacrées à expliquer l'année sainte.

Pour retrouver le mot "indulgence" il faut revenir à la bulle d’indiction du jubilé, la lettre apostolique "Misericordiae vultus" du 11 avril 2015, et à la lettre explicative du 1er septembre qui en est la suite.

On lit, dans le second de ces deux documents, que l'indulgence est accordée aux personnes qui franchissent une porte sainte, se confessent, reçoivent la communion, accomplissent une œuvre de miséricorde, récitent le "Credo" et s’unissent au pape dans la prière "pour le bien de l’Église et du monde entier".

Le document ajoute que "l'’indulgence jubilaire peut également être obtenue pour les personnes défuntes".

Mais, même dans ce texte, rien n’indique de manière précise ce qu’est l'indulgence. Le mot y apparaît comme synonyme du "pardon de Dieu pour nos péchés".

C’est seulement dans la bulle d’indiction du jubilé que l'indulgence est associée à quelque chose de plus spécifique. Même après le pardon sacramentel – y lit-on – "l’empreinte négative que les péchés ont laissée dans nos comportements et dans nos pensées subsiste". Et l'indulgence est justement l’acte par lequel Dieu, à travers l’Église, "atteint le pécheur pardonné et le libère de tout résidu de la conséquence du péché".

Mais, même ainsi, le concept reste très vague. Pour en savoir davantage, la seule chose à faire est d’ouvrir le Catéchisme de l’Église catholique aux paragraphes 1471 et suivants, à la fin du chapitre consacré au sacrement de la pénitence ou de la réconciliation.

Là, l'indulgence est définie comme "la rémission devant Dieu de la peine temporelle due pour les péchés, rémission que le fidèle bien disposé obtient à certaines conditions déterminées, par l’action de l’Église".

Et par "peine temporelle" on entend l'effet que tout péché, même après qu’il a été pardonné, laisse en celui qui l’a commis : "un attachement malsain aux créatures, qui a besoin de purification, soit ici-bas, soit après la mort, dans l’état que l’on appelle purgatoire".

C’est de cette peine purificatrice "temporelle" que l'indulgence libère. Et l’Église dispense cette indulgence en puisant dans l'incommensurable trésor de grâce accumulé par Jésus, par Marie et par les saints.

Les jubilés ont toujours été, justement, les moments où ces indulgences étaient accordées le plus abondamment, dans tout le monde catholique.

Il suffit, pour s’en rendre compte, de voir la place centrale que les indulgences ont occupée dans tous les jubilés de l’Histoire, y compris l’avant-dernier, celui de 2000, décidé et célébré par Jean-Paul II.

Non seulement la bulle d’indiction de celui-ci, publiée le 29 novembre 1998, expliquait en profondeur la signification de cet "élément constitutif de l'événement jubilaire", mais elle était accompagnée en annexe d’un décret de la Pénitencerie apostolique, qui déterminait avec précision "la discipline à observer pour obtenir l'indulgence jubilaire plénière ", à la fois pour les personnes qui se rendraient à Rome et pour celles qui se trouveraient en tout autre lieu de la terre  Bulle d'indiction du Grand Jubilé de l'an 2000

Dans le jubilé de la miséricorde décrété par François, en revanche, tout cela est pratiquement mis de côté et tout se passe comme si la Pénitencerie apostolique n’existait même pas. Le message que la pape transmet sans relâche est celui de la miséricorde et du pardon universels, de l’annulation totale du péché et il n’y a plus aucune référence explicite à la rémission de la peine qui en découle. Le mot "peine" fait également partie de ceux qui ont disparu. Dans la bulle d’indiction de ce jubilé et dans la lettre d’explication qui lui fait suite on ne la trouve, en tout et pour tout, que trois fois, de manière marginale : dans une citation du prophète Osée et dans deux références à la justice terrestre et à la situation des détenus.

Mais le concept de peine n’est pas le seul qui soit mis de côté dans la prédication consacrée au jubilé par le pape François  : il en est de même pour celui de jugement, comme on peut s’en rendre compte dans ce passage-clé de son homélie du 8 décembre :

"Que de tort est fait à Dieu et à sa grâce lorsqu’on affirme avant tout que les péchés sont punis par son jugement, sans mettre en avant, au contraire, qu’ils sont pardonnés par sa miséricorde ! Oui, c’est vraiment ainsi. Nous devons faire passer la miséricorde avant le jugement et, dans tous les cas, le jugement de Dieu sera toujours à la lumière de sa miséricorde".

François n’abroge rien de la doctrine traditionnelle, mais quand il remet en ordre – comme il se plaît souvent à le faire – la hiérarchie des vérités, il ne craint pas de laisser le silence tomber sur les articles de foi qu’il considère aujourd’hui comme marginaux.

La doctrine et la discipline des indulgences fait partie de ces articles de foi. La nouveauté de l’année sainte décrétée par le pape Bergoglio est qu’elle est le premier jubilé de l’Histoire qui fasse abstraction de cette doctrine et de cette discipline, afin de ne projeter aucune ombre, même minime, sur la vérité prioritaire de la miséricorde.

Ce qui a un effet collatéral non négligeable, toujours en matière de doctrine. Parce que, avec la mise de côté des indulgences et de la peine "temporelle" purificatrice, le purgatoire tend, aujourd’hui, à disparaître lui aussi.

Pour retrouver le sens et le mystère du purgatoire, il ne reste qu’à remonter à la période qui a précédé ce pontificat, pour se reporter à une catéchèse de Benoît XVI du 12 janvier 2011 et à un passage encore plus mémorable de son encyclique "Spe Salvi" du 30 novembre 2007  Le purgatoire existe. Et il brûle


La "somme" la plus complète du magistère de l’Église en matière d’indulgence se trouve dans cette exhortation apostolique de Paul VI en date du 1er janvier 1967  "Indulgentiarum doctrina"

Voici d’autre part la bulle d’indiction du jubilé de la miséricorde  "Misericordiae vultus"

Et la lettre d’explication qui l’a suivie  "À mon vénéré frère Mgr Rino Fisichella…"


 Traduction française par Charles de Pechpeyrou, Paris, France.


 

Source: Sandro Magister
Eucharistie sacrement de la miséricorde - (E.S.M.) 19.10.2015 - T/International

 

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