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19 Avril 2005
 

L'idéologie du genre

Le 26 février 2017 - (E.S.M.) - Lors de son dernier discours à l'occasion de la présentation des vœux de Noël à la Curie romaine, le pape Benoît XVI a voulu réfléchir sur l'affirmation de Simone de Beauvoir, « On ne naît pas femme, on le devient » : "Dans ces paroles, dit le pape Benoît XVI, se trouve le fondement de ce qui, aujourd'hui, sous le mot genre, est présenté comme une nouvelle philosophie de la sexualité."

"Homme et femme il les créa" (Gn 1, 27)

Dieu ou rien. Entretien sur la foi. Réponse à deux questions du journaliste Nicolas Diat, posées au Cardinal Robert Sarah.

Les écrans idéologiques et les sources de division sont-ils si importants dans l'Eglise ?

Le 26 février 2017 - E. S. M. - Benoît XVI avait l'habitude de dire que ce ne sont pas les idéologies qui sauvent le monde, mais les saints et leurs grandes lumières si douces. Les idéologies abrutissent, écrasent et détruisent les hommes, car elles ne sont pas intrinsèquement orientées vers leur bénéfice. Personnellement, j'ai connu en Guinée le communisme, si plein de promesses généreuses. Derrière des paravents frauduleux, il a conduit nombre de mes compatriotes à la mort. L'esprit idéologique est le contraire de l'esprit évangélique. C'est pourquoi les prêtres qui font le choix de suivre ou de propager des idées politiques font nécessairement fausse route, en sacralisant ce qui ne doit pas l'être. L'idéologie est par nature déconnectée de la réalité et elle est nécessairement source de division, puisqu'elle ne peut emporter durablement l'adhésion des hommes qui, bon an, mal an, sont toujours ancrés dans le réel.

À la suite du concile Vatican II, certains ont absolument voulu donner une lecture politique au travail des Pères conciliaires. Il s'agissait d'une grave erreur. Mais, hélas, ce phénomène n'était pas nouveau. À travers les siècles, l'Eglise a toujours eu à faire face à des idéologies ; les hérésies elles-mêmes étaient de nature idéologique. Il y a toujours un combat entre la lumière et les ténèbres, une confrontation entre l'Eglise, sa vision de l'homme et du monde, et les modes politiques qui s'émoussent. Jean-Paul II a osé combattre le communisme ; les historiens s'accordent à dire qu'il a eu un rôle prééminent dans la chute de l'empire soviétique.<

Je ne crains pas de dire que l'Église devra toujours se confronter à des mensonges idéologiques. Aujourd'hui, elle doit faire face à l'idéologie du genre, que Jean-Paul II n'hésitait pas à qualifier de « nouvelle idéologie du mal ». D'ailleurs, le genre, fruit de la réflexion des structuralistes américains, est un enfant difforme de la pensée marxiste. Dans son dernier livre, Mémoire et identité, Jean-Paul II écrivait déjà : « Je pense aux fortes pressions du Parlement européen pour que soient reconnues les unions homosexuelles comme une forme alternative de famille, à laquelle reviendrait aussi le droit d'adopter. On peut et on doit se poser la question de savoir s'il ne s'agit pas, ici encore, d'une nouvelle idéologie du mal, peut-être plus insidieuse et plus occulte, qui tente d'exploiter contre l'homme et contre la famille même les droits de l'homme. »

L'idéologie du genre véhicule un mensonge grossier puisque la réalité de l'être humain en tant qu'homme et femme est niée. Les lobbies et les mouvements féministes la promeuvent avec violence. Elle s'est rapidement transformée en combat contre l'ordre social et ses valeurs. Son objectif ne s'arrête pas seulement à la déconstruction du sujet ; elle s'intéresse surtout à la déconstruction de l'ordre social. Il s'agit de semer le trouble sur la légitimité des normes sociales et d'introduire un soupçon quant au modèle de l'hétérosexualité ; pour le genre, il faut abolir la civilisation chrétienne et construire un nouveau monde.

Je pense ainsi à la sociologue américaine Margaret Sanger qui a conduit une lutte avouée pour la déconstruction morale de l'Occident, La femme, dit-elle, doit pouvoir être maîtresse de son corps et de sa sexualité. En en étant propriétaire, elle doit pouvoir en disposer, jouir de la liberté de son corps et de ses droits, et contrôler sa vie. Elle doit librement choisir d'être mère ou non. Chaque enfant doit désormais être « voulu », « choisi », « planifié ». Aucune morale religieuse, aucun dogme, aucune tradition culturelle ne peuvent empêcher la femme de réaliser ses objectifs. Personne ne doit mettre d'obstacle ou interdire à la femme d'avoir accès à la contraception et à l'avortement.

De la même manière, Simone de Beauvoir comme Jean-Paul Sartre et l'existentialisme athée ont voulu libérer l'individu des conditions de l'existence telles que Dieu les a établies. Pour exercer ses droits, l'individu doit s'engager dans la négation de ce qui existe en dehors de lui, ou de ce qui est donné par la nature et la révélation divine. Féministe radicale, Simone de Beauvoir affirmait : « On ne naît pas femme, on le devient. » Dès lors, si la femme reste passive et se soumet aux traditions, elle devient « épouse » et « mère ». C'est ce que les théoriciens des gender studies appellent le stéréotype ou la construction sociale répressive qu'il faut « déconstruire ». À l'inverse, si la femme s'engage dans la construction d'elle-même de manière radicalement autonome des autres et de Dieu, elle se « libère » ; la femme devient elle-même et vit pour elle-même. Elle peut ainsi se posséder et contrôler sa destinée.

En décembre 2012, lors de son dernier discours à l'occasion de la présentation des vœux de Noël à la Curie romaine, Benoît XVI a voulu réfléchir sur l'affirmation de Simone de Beauvoir, « On ne naît pas femme, on le devient » : « Dans ces paroles, dit le pape Benoît XVI, se trouve le fondement de ce qui, aujourd'hui, sous le mot genre, est présenté comme une nouvelle philosophie de la sexualité. Le sexe, selon cette philosophie, n'est plus une donnée d'origine de la nature, une donnée que l'être humain doit accepter et remplir personnellement de sens, mais c'est un rôle social dont on décide de manière autonome, alors que jusqu'ici c'était à la société d'en décider. La profonde fausseté de cette théorie et de la révolution anthropologique qui y est sous-jacente est évidente. Simone de Beauvoir appelle l'être humain à contester sa nature et à décider qu'elle ne lui est pas donnée comme un fait préparé à l'avance, mais que c'est lui-même qui se la crée. Selon le récit biblique de la création, il appartient à l'essence de la créature humaine d'avoir été créée par Dieu comme homme et comme femme. Cette dualité est essentielle pour le fait d'être une personne humaine, telle que Dieu l'a faite. Justement, cette dualité comme donnée de départ est contestée. Ce qui se lit dans le récit de la création n'est plus valable : "Homme et femme il les créa" (Gn 1, 27). Non, maintenant, ce qui vaut, c'est que ce n'est pas lui qui les a créés homme et femme, mais c'est la société qui l'a déterminé jusqu'ici, et maintenant, c'est nous-mêmes qui décidons de cela. Homme et femme n'existent plus comme réalité de la création, comme nature de l'être humain. Celui-ci conteste sa propre nature. Il est désormais seulement esprit et volonté. La manipulation de la nature, qu'aujourd'hui nous déplorons pour ce qui concerne l'environnement, devient ici le choix fondamental de l'homme à l'égard de lui-même. »

Poursuivons notre réflexion sur le thème de la liberté orientée vers la vérité

Si nous suivons le raisonnement qui était celui de Benoît XVI, la liberté est menacée de n'être plus un choix mais une obligation, dans une forme d'écho à la parole du révolutionnaire Saint-Just : « Pas de liberté pour les ennemis de la liberté »...

Dieu a créé l'homme libre ; ce dernier possède la liberté car il vient de Dieu, qui est la source même de toute liberté. Saint Jean écrit d'ailleurs : « Si donc le Fils vous libère, vous serez réellement libres » (Jn 8, 36). Une personne vivant dans une condition de captivité possède encore une richesse que le plus cruel des dictateurs ne saura lui retirer, car Dieu a donné à chaque être la liberté intérieure.

Mais la liberté ne consiste pas en un affranchissement de toutes limites ou normes. Cette liberté est un mythe. Car la liberté doit toujours s'orienter vers la vérité ; elle est intrinsèquement liée à notre nature de créature. La liberté d'un individu doit en outre tenir compte de celle de son prochain. Aujourd'hui, je crois que la liberté des uns est imposée aux autres. Récemment, les grandes manifestations françaises contre une dénaturation du mariage ont pu le prouver. Cette fausse liberté est le prolongement d'un égalitarisme sans Dieu.

L'homme a le droit de s'exprimer selon sa conscience sans qu'il soit obligé de subir des pressions extérieures. Ainsi, la liberté intérieure doit absolument être une conquête et une construction constantes. La liberté sans vérité est mensongère ; l'absence de lien moral entre liberté et vérité ne peut produire qu'une forme d'anarchie. La liberté demeure réelle lorsqu'elle accomplit vraiment le bien suprême de l'existence humaine qui est de vivre dans la vérité de Dieu.

Aujourd'hui, toutes nos libertés sont menacées. Les pressions économiques, politiques et médiatiques ne cessent de rendre plus infime le lien entre la liberté et la vérité. Mais je crois aussi qu'il ne faut pas baisser les bras devant ce combat quotidien pour conquérir sa vraie liberté. Car l'homme, enchaîné et jeté dans une prison, matérielle ou symbolique, est un être libre. En captivité, il a un pouvoir prodigieux de se décider par lui-même, de choisir et d'orienter sa vie vers le bien. Il possède encore les capacités vertigineuses d'aimer ses tortionnaires ; tel est le message ineffable et éternel de l'Évangile. Mais la liberté exige une discipline intérieure, des choix et des renoncements pour conduire notre vie vers ce qui nous dispose à être au service des autres. Cette lutte est collective ; il n'est pas imaginable de livrer une bataille dans la solitude. L'homme a besoin de l'Église, de la prière personnelle et communautaire pour être porté vers la vérité.

L'évangéliste Jean exprime parfaitement ce problème en écrivant : « Jésus disait à ces Juifs qui maintenant croyaient en lui : "Si vous demeurez fidèles à ma Parole, vous êtes vraiment mes disciples ; alors vous connaîtrez la vérité, et la vérité vous rendra libres." Ils lui répliquèrent : "Nous sommes les descendants d'Abraham et nous n'avons jamais été les esclaves de personne. Comment peux-tu dire : 'Vous deviendrez libres' ?" Jésus leur répondit : "Amen, amen, je vous le dis : tout homme qui commet le péché est esclave du péché. L'esclave ne demeure pas pour toujours dans la maison ; le fils, lui, y demeure pour toujours. Donc, si c'est le Fils qui vous rend libres, vous serez vraiment libres. Je sais bien que vous êtes les descendants d'Abraham, et pourtant vous cherchez à me faire mourir, parce que ma Parole n'a pas de prise sur vous. Je dis ce que moi j'ai vu auprès de mon Père, et vous, vous faites aussi ce que vous avez entendu chez votre père." Ils lui répliquèrent : "Notre père, c'est Abraham." Jésus leur dit : "Si vous êtes les enfants d'Abraham, vous devriez agir comme Abraham. Et en fait vous cherchez à me faire mourir, moi qui vous ai dit la vérité que j'ai entendue de Dieu. Abraham n'a pas agi ainsi. Mais vous, vous agissez comme votre père." Ils lui dirent : "Nous ne sommes pas des enfants illégitimes ! Nous n'avons qu'un seul Père, qui est Dieu." Jésus leur dit : "Si Dieu était votre Père, vous m'aimeriez, car moi, c'est de Dieu que je suis sorti et que je viens. Je ne suis pas venu de moi-même ; c'est lui qui m'a envoyé" » (Jn 8, 31-42).

De son côté, saint Augustin témoigne avec force que l'entrave à la liberté de l'homme, c'est le péché. La liberté nous est donnée quand nous avons choisi Dieu librement.

Oui, Dieu a créé l'homme libre, doté d'un libre arbitre. Il peut choisir entre le bien et le mal. Pourtant, l'homme ne sera pleinement lui-même qu'en choisissant le bien et en se soumettant filialement à Dieu. Mais le Père a été écarté de cette « liberté des enfants de Dieu », comme dit saint Paul, par le péché originel.

Je pense souvent à cette réflexion réaliste de saint Augustin dans son étude sur le mensonge : « Les hommes sont tellement aveugles que, si nous leur accordions qu'il y a des mensonges exempts de péché, ils ne s'en contenteraient pas, et voudraient que dans certains cas il y eût péché à ne pas mentir. »

Toute la vie de l'homme est une lutte contre les entraves du mal, contre l'esclavage du péché, pour retrouver la vraie liberté.

Sources : Bayard -  E.S.M.
Ce document est destiné à l'information; il ne constitue pas un document officiel
Eucharistie sacrement de la miséricorde - (E.S.M.) 26 février 2017

 

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