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19 Avril 2005
 

Entretien sur la foi

Le 25 février 2017 - (E.S.M.) - Il ne faut donc pas s'étonner, disait Benoît XVI, en 2008, dans une Lettre au Diocèse de Rome, qu'aujourd'hui nous doutions « de la valeur de la personne humaine, de la signification même de la vérité et du bien, et, en dernier ressort, de la bonté de la vie ».

Le Cardinal Sarah 

Le 25 février 2017 - E. S. M. - QUESTIONS DU MONDE POSTMODERNE - Dieu ou rien. Entretien sur la foi. Réponse à deux questions du journaliste Nicolas Diat, posées au Cardinal Robert Sarah

« On ne comprend absolument rien à la civilisation moderne si l'on n'admet pas d'abord qu'elle est une conspiration universelle contre toute vie intérieure. »    Georges Bernanos, La France contre les robots

NICOLAS DIAT (1) à la fin de l'article : Un certain nombre de penseurs considèrent que l'Eglise doit maintenant faire face à la conjonction des deux défis représentés par l'athéisme de la philosophie des Lumières et le libéralisme moral issu de la révolution sociale des années I960. Comment jugez-vous ce que le philosophe Alberto Methol Ferré,(2) à la suite de l'article ami du pape François, appelait l'athéisme libertin ?

L'Occident a décidé de prendre ses distances par rapport à la foi chrétienne sous l'influence des philosophes des Lumières et des courants politiques qui en sont issus. S'il existe des communautés chrétiennes toujours vivaces et missionnaires, la plus grande partie des populations occidentales ne voit plus en Jésus qu'une forme d'idée, mais non un événement, et encore moins une personne que les apôtres et de nombreux témoins de l'Evangile ont rencontrée, aimée et à laquelle ils ont consacré toute leur vie.

cardinal robert sarah : Aujourd'hui, l'Occident vit comme si Dieu n'existait pas. Comment des pays d'anciennes traditions chrétiennes et spirituelles ont-ils pu se couper de leurs racines à ce point ? Les conséquences apparaissent tellement dramatiques qu'il est indispensable de comprendre l'origine de ce phénomène.

L'éloignement de Dieu n'est pas le fait d'un raisonnement mais d'une volonté de se détacher de Lui. L'orientation athée d'une vie est presque toujours une option de la volonté. L'homme ne veut plus réfléchir à son rapport à Dieu, car il entend devenir Dieu lui-même. Son modèle est Prométhée, ce personnage mythologique de la race des Titans qui déroba le feu sacré pour le communiquer aux hommes ; l'individu est entré dans une logique d'appropriation de Dieu, et non plus d'adoration. Avant le mouvement dit des « Lumières », si l'homme a tenté de prendre la place de Dieu, d'être son égal ou de l'éliminer, il s'agissait de phénomènes individuels minoritaires.

L'athéisme trouve son origine principale dans l'individualisme exacerbé de l'homme européen. L'individu-roi, qui aspire toujours davantage à une forme d'autonomie ou d'indépendance absolue, tend vers l'oubli de Dieu. Sur le plan moral, cette recherche de la liberté absolue implique progressivement un rejet sans distinction des règles et principes éthiques. L'univers individualiste devient uniquement centré sur la personne qui n'admet plus aucune contrainte. Dès lors, Dieu est considéré comme celui qui crée des obstacles pour enfermer notre volonté en imposant des lois ; Dieu devient l'ennemi de l'autonomie et de la liberté. Se voulant totalement libre, l'homme refuse ce qu'il considère comme une contrainte et va même jusqu'à repousser toute forme de dépendance à l'égard de Dieu. Il rejette l'autorité de Dieu qui nous a pourtant créés libres afin que, par l'exercice raisonnable de notre liberté, nous puissions dépasser nos impulsions sauvages et maîtriser tout ce qu'il y a d'instinctif en nous, en assumant pleinement la responsabilité de notre existence et de notre croissance.

L'athéisme représente ainsi une volonté d'ignorer la raison qui nous rapporterait à notre Créateur, lumière véritable qui devrait nous éclairer, nous orienter et nous montrer les chemins de la vie. Dans cette logique, certains philosophes ne parlent plus de Dieu comme d'un Père mais comme un grand architecte de l'univers.

Le rejet de Dieu prend sa place dans un mouvement de conquête scientifique et technique qui marque l'Europe au sortir du XVIIIe siècle. L'homme entend dominer la nature et prendre son indépendance. La technique lui donne l'impression d'être le maître du monde. Il devient donc le seul régent d'un espace sans Dieu. La science ne devrait pourtant pas éloigner l'homme de Dieu. Au contraire, elle devrait rapprocher l'homme de l'amour divin.

Certes, le grand mystère du mal peut pousser certaines personnes au doute et à l'athéisme. En effet, si Dieu est notre Père, comment peut-Il permettre que tant de personnes innocentes souffrent ? Il est superflu d'insister sur la quantité insondable de maux dont l'humanité est affligée. En Afrique, nous avons, hélas, payé un lourd tribut aux guerres, aux famines, et aux épidémies. À Cor unum, j'ai été le témoin de tant de souffrances que nous essayons d'apaiser avec des moyens dérisoires par rapport à l'ampleur des besoins.

Je ne pourrai jamais oublier le travail que nous avons réalisé à Haïti. Comment Dieu a-t-il pu permettre que des gens déjà si pauvres, dépourvus de tout, puissent subir malheur sur mal heur, tel ce gigantesque tremblement de terre de 2010, suivi d'inondations et d'épidémies ? Comment pourrais-je effacer de ma mémoire les camps de réfugiés de Jordanie, et le visage de tant de femmes qui avaient perdu leurs maris, leurs maisons, leurs biens ? Elles devaient prendre toujours plus soin de leurs enfants, et de leurs équilibres affectifs si malmenés.

La question du mal, qui traverse les âges, reste la même : comment Dieu peut-Il accepter que des épreuves et des souffrances aussi horribles soient imposées à des innocents ? À ce propos, j'aime citer Albert Camus. En philosophe, il cherchait des certitudes raisonnables pour vivre. Il voyait dans la foi le « saut dans l'irrationnel » qui détourne l'esprit de la réalité, où l'homme nie sa raison, sa « conscience lucide ». Mais ce qui rendait encore plus ferme la position du penseur dans son athéisme, c'était l'existence du mal qu'il ne parvenait pas, en suivant les Lumières, à associer à la toute-puissance et à la sagesse divines. Il ne savait accepter « le paradoxe d'un Dieu tout-puissant et malfaisant, ou bienfaisant et stérile », comme il le décrit dans L'Homme révolté. Comment croire en Dieu alors que des enfants innocents souffrent ?

Pourtant, nous ignorons à quel point nous provoquons la plus grande quantité des maux de cette terre. Combien de guerres et de tueries pourraient être évitées ? Bien souvent, les pays occidentaux, qui se targuent de titres d'artisans et de promoteurs de paix, sont les premiers producteurs ou les plus importants trafiquants d'armes de destruction massive. Avec une hypocrisie cynique, ils les vendent aux pauvres et les troquent contre leurs ressources minières ou pétrolières. Le monde d'aujourd'hui est envahi de haines, de violences et de barbarie, et tant d'innocents paient un lourd tribut à cause de ceux qui détiennent le pouvoir.

Observez le chaos et le désastre en Irak, en Syrie, en Libye, en Palestine, en Israël, en Egypte, en Afghanistan, en République démocratique du Congo, au Mali... L'Angola a connu trente ans durant une situation similaire. Mais dans de vastes régions du monde, la souffrance n'a pas fait perdre la foi. Au contraire, Dieu est une lumière qui permet à des hommes qui n'ont plus rien de continuer à espérer. Je vois encore les visages paisibles et la voix sereine de Philippins me confiant en 2013 : « Le typhon Haiyan a tout écrasé, tout détruit sur son passage, sauf notre foi qui demeure fermement plantée comme un rocher au milieu d'une mer agitée ! »

            Les affirmations brutales de Nietzsche, dans Le Gai Savoir, résument le problème de l'athéisme que je viens de décrire. Il met en scène un insensé qui, en plein jour, une lanterne à la main, parcourt la ville en criant : « Je cherche Dieu. Où donc est Dieu ?... Je vais vous le dire ! Nous l'avons tué, vous et moi ! Nous sommes tous ses assassins ! Mais comment avons-nous fait cela ? Comment avons-nous pu vider la mer ? Qui nous a donné l'éponge pour effacer l'horizon tout entier ? Qu'avons-nous fait à désenchaîner cette Terre de son Soleil ? Vers où roule-t-elle à présent ?... N'errons-nous pas comme à travers un néant infini ? Ne sentons-nous pas le souffle du vide ? Ne fait-il pas plus froid ? Ne fait-il pas nuit sans cesse et de plus en plus nuit ? Ne faut-il pas allumer les lanternes dès le matin ? N'entendons-nous rien encore du bruit des fossoyeurs qui ont enseveli Dieu ? Ne sentons-nous rien encore de la putréfaction divine ? Les dieux aussi se putréfient. Dieu est mort ! Dieu reste mort ! Et c'est nous qui l'avons tué ! » Friedrich Nietzsche achève son récit en écrivant : « On raconte encore que ce même jour, l'homme insensé serait entré dans différentes églises où il aurait entonné son Requiem aeternam Deo. Jeté dehors et mis en demeure de s'expliquer, il n'aurait cessé de repartir : "À quoi bon ces églises, si elles ne sont que les caveaux et les tombeaux de Dieu ?" »

Puisque nous prétendons avoir célébré les funérailles de Dieu, comment s'étonner qu'un monde sans présence divine soit devenu un enfer ? La morale, l'amour, la liberté, la technique et la science ne sont rien sans Dieu. L'homme peut construire les plus belles œuvres, elles ne seront que châteaux de sable et chimères instables si elles ne se rapportent à Dieu. Nietzsche avait vingt ans quand il écrivit son poème au Dieu inconnu : « Je veux te connaître, inconnu, toi qui es au tréfonds de moi... »

Vous semblez induire dans votre réflexion que la philosophie athée serait par nature militante et combattante?

Aujourd'hui, dans des pays riches et puissants, l'éclipsé de Dieu conduit l'homme vers un matérialisme pratique, une consommation désordonnée ou abusive, et la création de fausses normes morales. Le bien matériel et la satisfaction immédiate deviennent l'unique raison de vivre. Au bout de ce processus, il ne s'agit même plus de combattre Dieu ; le Christ et le Père sont ignorés. La cause est entendue : Dieu n'intéresse plus personne. Il est mort et son départ nous laisse indifférents. Nous sommes passés d'un matérialisme athée à un new âge liquide. Les tenants de ce monde ne pensent plus avoir besoin de combattre ; ils sont parvenus à une autre étape qui consiste essentiellement à créer l'homme nouveau. Certains chercheurs parlent même d'un « transhumanisme », un passage technologique qui irait « au-delà » de l'homme être humain. Quelle orgueilleuse chimère !

 Pour l'Eglise et les chrétiens, le danger devient donc plus menaçant encore. L'homme occidental semble avoir pris son parti ; il s'est libéré de Dieu, il vit sans Dieu. La nouvelle règle consiste à oublier le Ciel pour que l'homme soit pleinement libre et autonome. Mais la mort de Dieu entraîne l'enfouissement du bien, du beau, de l'amour et de la vérité ; si la source ne coule plus, si même cette eau est transformée par la boue de l'indifférence, l'homme s'effondre. Le bien devient le mal, le beau est laid, l'amour consiste en la satisfaction de quelques instincts sexuels primaires, et les vérités sont toutes relatives. Il ne faut donc pas s'étonner, disait Benoît XVI, en 2008, dans une Lettre au Diocèse de Rome, qu'aujourd'hui nous doutions « de la valeur de la personne humaine, de la signification même de la vérité et du bien, et, en dernier ressort, de la bonté de la vie ».

L'athéisme moderne, héritier d'un mouvement agressif contre Dieu et le christianisme, cherche désormais à ignorer Dieu, pour rendre le monde ignorant de Lui. Les lois du Père, la parole de l'Evangile sont cachées sous des montagnes d'artifices qui cherchent cyniquement à étourdir l'homme. Avec une hypocrisie consommée, les mêmes qui veulent détourner l'homme de son Créateur disent crânement : Dieu n'écoute pas nos souffrances, II est absent, cette terre est une vallée de larmes où chacun ne peut compter que sur lui-même...

Qu'il soit militant ou encore à l'état de larve, l'athéisme aboutit toujours aux mêmes conséquences. L'homme est traité comme un objet, coupé de ses racines spirituelles et aveuglé par les lumières artificielles des biens ou des succès matériels. Finalement, tout athéisme cherche à changer la nature même de l'homme. Les persécutions ne sont plus celles des camps de concentration des anciens pays communistes, ces prisons horribles où mon prédécesseur à Conakry, Mgr Tchidimbo, avait été isolé, torturé, humilié, en n'ayant pas même le droit de célébrer la messe pendant les cinq premières années de sa détention. Désormais, la persécution a gagné en subtilité.

Dans le monde postmoderne, Dieu est devenu une hypothèse superflue, de plus en plus éloignée des différentes sphères de la vie. Je pense que les hommes qui veulent garder la présence de Dieu dans leur existence doivent être conscients des subtilités qui peuvent les conduire si facilement vers l'athéisme pratique et le dessalement de la foi ; ils pourraient devenir, eux aussi, comme les païens d'autrefois, ces hommes « sans espérance et sans Dieu dans ce monde », décrits par saint Paul pour les chrétiens d'Ephèse (Ep 2, 12). Aujourd'hui, nous pouvons ne pas avoir conscience de la façon dont Dieu est systématiquement rejeté dans l'obscurité ; anesthésiés, les hommes montent dans une barque qui les conduit toujours plus loin du Ciel.

Le meilleur exemple de la disparition des combats frontaux du passé reste l'Eglise orthodoxe russe. Après tant de violences, tant de destructions, elle est désormais au centre des débats. À rebours du mouvement d'athéisme insidieux qui a emporté pratiquement toute l'Europe de l'Ouest, l'orthodoxie a permis à la nation russe de déjouer les pièges pour être aujourd'hui un pays qui laisse à Dieu et à la foi une belle place.

Face à toutes les difficultés, il faut revenir aux fondements de l'espérance chrétienne et affirmer que la vie sur cette terre n'est qu'une partie de notre existence, qui connaîtra son prolongement et son achèvement dans l'éternité. À temps et à contretemps, l'Eglise doit rappeler que la vie ne peut se résumer à la satisfaction de plaisirs matériels, sans règles morales. Au bout d'un chemin sans Dieu, il n'y a que le malheur d'un enfant privé de ses parents. Oui, l'espérance réside en Dieu seul !


 (1) " Journaliste, chroniqueur au site d'information Atlantico, Nicolas Diat est considéré comme un des meilleurs spécialistes du Vatican."

(2) Alberto Methol Ferré serait à l'origine du jugement que le pape François porte sur le monde d'aujourd'hui

D'après Sandro Magister,, c’est surtout un philosophe qui est à l'origine du jugement que Bergoglio porte sur le monde d'aujourd’hui :

Il s’appelait Alberto Methol Ferré. Il était uruguayen, vivait à Montevideo et traversait fréquemment le Rio de la Plata pour aller rendre visite, à Buenos Aires, à son ami l’archevêque. Il est mort en 2009, à l’âge de 80 ans, mais un livre-interview paru en 2007, qui est d’une importance capitale pour comprendre non seulement sa vision du monde mais aussi celle de son ami devenu pape par la suite, a été réédité en Argentine et vient de l’être aussi en Italie :

Lorsque Bergoglio présenta ce livre à l’occasion de la publication de sa première édition, à Buenos Aires, il en fit l’éloge en disant que c’était un texte d’une "profondeur métaphysique". Et en 2011, ce même Bergoglio, préfaçant un livre écrit par un de leurs amis communs – Guzman Carriquiry Lecour, Uruguayen, secrétaire de la commission pontificale pour l'Amérique latine, le laïc qui a le plus haut grade au Vatican –exprima sa reconnaissance au "génial penseur du Rio de la Plata" parce qu’il avait mis à nu la nouvelle idéologie dominante, après la chute des athéismes messianiques d'inspiration marxiste.

Cette nouvelle idéologie est celle que Methol Ferrè appelait "athéisme libertin". Et que Bergoglio décrivait de la manière suivante :

"L'athéisme hédoniste et ses suppléments d’âme néo-gnostiques sont devenus la culture dominante, avec une projection et une diffusion mondiales. Ils constituent l'atmosphère du temps où nous vivons, le nouvel opium du peuple. Non seulement la 'pensée unique' est socialement et politiquement totalitaire, mais, en plus, elle a des structures gnostiques : elle n’est pas humaine, elle propose à nouveau les différentes formes de rationalisme absolutiste sous lesquelles s’exprime l'hédonisme nihiliste décrit par Methol Ferré. Ce qui domine, c’est le 'théisme nébulisé', un théisme diffus, sans incarnation historique ; dans le meilleur des cas, créateur de l'œcuménisme maçonnique".

Dans son livre-interview qui est réédité aujourd’hui, Methol Ferré soutient que le nouvel athéisme "a radicalement changé d’aspect. Il n’est pas messianique, mais libertin. Il n’est pas révolutionnaire au sens social, mais complice du statu quo. Il s’intéresse non pas à la justice, mais à tout ce qui permet de cultiver un hédonisme radical. Il n’est pas aristocratique mais il s’est transformé en un phénomène de masse".

Mais peut-être l'élément le plus intéressant de l'analyse que fait Methol Ferré se trouve-t-il dans la réponse qu’il donne au défi qui est lancé par la nouvelle pensée hégémonique :

"C’est ce qui s’est passé dans le cas de la réforme protestante, puis dans celui des Lumières séculières, et ensuite dans celui du marxisme messianique. On parvient à l’emporter sur un ennemi en prenant le meilleur de ses intuitions et en allant plus loin".

Et, à votre avis, quelle est la vérité de l'athéisme libertin ?

"La vérité de l'athéisme libertin est la perception du fait que l'existence a une destination intime de plaisir, que la vie elle-même est faite pour une satisfaction. En d’autres termes : le noyau profond de l'athéisme libertin est un besoin caché de beauté ".

Certes, l'athéisme libertin "pervertit" la beauté, par ce qu’il "la sépare de la vérité et du bien, et donc de la justice". Mais – avertit Methol Ferré – "on ne peut pas récupérer le noyau de vérité de l’athéisme libertin par une démarche d’argumentation ou de dialectique et moins encore en créant des interdictions, en lançant des alertes, en dictant des règles abstraites. L'athéisme libertin n’est pas une idéologie, c’est une pratique. À une pratique il faut opposer une autre pratique ; une pratique consciente d’elle-même, bien entendu, et donc intellectuellement bien équipée. Historiquement, l’Église est le seul sujet présent sur la scène du monde contemporain qui puisse affronter l'athéisme libertin. À mon avis, seule l’Église est véritablement postmoderne".

Il y a une concordance impressionnante entre ces idées de Methol Ferré et le programme de pontificat de son disciple Bergoglio, qui refuse "la transmission inorganisée d’une multitude de doctrines qu’il faudrait imposer avec insistance" et qui insiste sur la nécessité d’une Église qui soit capable de "rendre les cœurs brûlants", de soigner toutes les sortes de maladie ou de blessure et de redonner le bonheur

 

Sources : Édition Fayard -  E.S.M.
Ce document est destiné à l'information; il ne constitue pas un document officiel
Eucharistie sacrement de la miséricorde - (E.S.M.) 25 février 2017

 

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