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19 Avril 2005
 

 

Le pontificat de Benoît XVI face à l'Amérique latine.

 

  le cardinal Francisco Javier Errázuriz Ossa

Rome, jeudi 24 février 2006 - Benoît XVI a reçu jeudi en audience particulière, le président et le secrétaire du Conseil Épiscopal Latino-américain (CELAM) dans le cadre de la préparation de la cinquième Conférence générale de cet épiscopat qui coïncidera avec la visite du Pape Benoît XVI à Aparecida (Brésil), en mai 2007.

Le pape Benoît XVI a reçu le président et le secrétaire du Conseil Épiscopal Latino-américain.

Comme l'a révélé le Bureau d'Information du  Saint-Siège, le cardinal Francisco Xavier Errázuriz, archevêque de Santiago du Chili, et l'évêque de Reconquista (Argentine), Mgr. Andrés Stanovnik , respectivement  président et secrétaire général du CELAM ont participé à la rencontre.

Benoît XVI a manifesté son intention d'inaugurer la Ve Conférence Générale de l'Épiscopat Latino-américain et des Caraïbes, qui réunira les évêques qui représentent 43 % des catholiques du monde entier. (pour plus d'informations: http://www.celam.info )
 

 Notre-Dame de Aparecida

Près du Sanctuaire brésilien Notre-Dame de Aparecida, le grand rendez-vous de l'Église tournera autour du sujet approuvé en juillet passé par le pape Benoît XVI : " Les Disciples et les missionnaires de Jésus-Christ pour que nos peuples  aient en Lui la vie. Je Suis le Chemin, la Vérité et la Vie " (Jean 14,6).

Le pontificat de Benoît XVI face à l'Amérique latine.

Comme l’élection du nouveau pape Benoît XVI est assez récente, nous pouvons seulement chercher dans le passé ce que fut l’attitude du cardinal Josef Ratzinger face à la situation latino-américaine et sa conception de l’Église en général. Nous devons d’abord noter que ses tâches dans la Congrégation pour la doctrine de la foi se limitèrent à un rôle de définition théologique plus que de responsabilité directe dans la politique ecclésiastique.

En tant que théologien, de formation très professionnelle, il aborda presque tous les aspects de la doctrine et de la morale. Ses positions se sont caractérisées par une forte résistance à ce qu’il estimait être des déviances, consécutives au Concile Vatican II. Il agit spécialement dans trois domaines : la théologie, la conception de l’Église et la morale familiale. Sa conception de la théologie ne lui permit pas d’accepter le courant de théologie contextuelle, au contraire d’autres théologiens allemands comme J.B. Metz, B. Häring ou Hans Kung. Cette perspective estime que toute pensée théologique doit être comprise dans son contexte historique et culturel. Au contraire, la pensée théologique de Benoît XVI, très proche de celle de Jean Paul II, souligne le caractère absolu de la théologie, qu’elle tiendrait de son origine dans la révélation divine et qui ne supporte par conséquent aucune déviance . La hiérarchie a pour fonction d’assurer la transmission authentique de cette pensée.

Cette théologie se manifeste dans tous les aspects, depuis le contenu de la foi jusqu’à la doctrine sociale, en passant par la théologie de l’Église et la lecture du rôle de Jésus Christ. Dans une logique très stricte, la foi catholique est conçue comme la seule foi pleine et véritable. La mission de l’Église est par conséquent une mission d’évangélisation et de lutte contre le sécularisme ; la personne de Jésus est reconnue comme le seul sauveur, et l’organisation hiérarchique de l’Église comme étant d’inspiration divine. Sur le plan moral, cette théologie se concentre sur la morale familiale. Depuis le début de son pontificat, Benoît XVI a réaffirmé ses positions, soutenant en particulier les évêques italiens et espagnols dans leurs combats contre de nouvelles législations dans ce domaine .

Pour ce qui est du continent latino-américain, le cas de la Théologie de la libération occupa particulièrement le préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi. Cela vaut la peine de voir un peu plus en détails comment il a agi sur ce point.

En mars 1983, le cardinal Ratzinger envoya à l’épiscopat péruvien « dix observations » sur la théologie de Gustavo Gutiérrez. Le document romain signalait en premier lieu que les catholiques du Continent étaient très séduits par l’auteur. Mais, disait le cardinal, la théologie de Gutiérrez se caractérise par une ambiguïté extrême. D’une part, elle porte son attention en priorité à la misère des masses mais, d’autre part, elle adopte sans critique l’interprétation marxiste de la société. À travers ce canevas, Gustavo Gutiérrez réinterprète le message chrétien, par le biais d’une relecture sélective et réductrice, dans laquelle l’exploité d’aujourd’hui est assimilé au pauvre de la Bible et des événements comme l’Exode (l’histoire de Moïse qui guida le peuple juif hors d’Égypte) se transforment en libération politique. Le cardinal reproche aussi à la position du théologien péruvien de tomber dans un messianisme temporel, qui confond la croissance du Royaume de Dieu et le progrès de la justice.

Le cardinal dit également que l’influence du marxisme est prouvée par la prédominance donnée par la Théologie de la libération à l’orthopraxis [pratique cohérente] sur l’orthodoxie. Prétendre que l’expérience de la lutte pour la libération signifie une rencontre avec le Seigneur et qu’elle manifeste la présence de l’Esprit Saint, c’est attenter contre la transparence de la Révélation, contre sa valeur normative, et contre le caractère spécifique de la foi théologale. De plus, dit le document romain, ces positions portent nécessairement à penser que la lutte des classes traverse aussi l’Église et que l’opposition entre les hommes d’Église proches du pouvoir d’un côté, et l’Église des pauvres de l’autre, signifie logiquement, pour cette partie de l’Eglise, un rejet de la hiérarchie et de sa légitimité.

Une telle lecture des textes de Gutiérrez est évidemment partielle. On ne trouve pas dans ces textes un tel réductionnisme. Il apparaît clairement dans l’esprit de Josef Rarzinger une double préoccupation : sauvegarder une conception historique et métaphysique de la théologie et conserver le rôle exclusif du magistère ecclésiastique (pape et évêques) pour la production de sens religieux.

Dans un autre document de la même année, le cardinal Ratzinger condamna de façon très dure la Théologie de la libération, à cause de son interprétation marxiste de la réalité, faisant un amalgame entre analyse marxiste et athéisme. Pour lui, utiliser l’analyse sociale du marxisme mène inéluctablement à la perte de la foi. Évidemment, plusieurs théologiens de la libération répondirent à ces assertions. Ce fut le cas des frères Boff au Brésil. Face à la situation réelle des masses latino-américaines, utiliser le concept de libération signifie une lecture « des signes du temps » comme le disait Jean XXIII. Cette conception inclut la dimension transcendantale de la foi, la libération du pêché et la communion gratuite avec Dieu. Quant à l’analyse marxiste, disent les frères Boff, elle constitue un outil d’analyse du réel, dangereux peut-être, mais « le meilleur que nous ayons pour rendre compte des situations vécues ».

Pendant les années 80 et 90, le cardinal Ratzinger continua à écrire dans ce sens et mit en marche un processus de répression qui commença en réduisant au silence plusieurs théologiens en Amérique latine et en leur interdisant d’enseigner, et qui alla jusqu’à l’excommunication du Père Tissa Balasuriya du Sri Lanka. C’est sous son influence que les lieux de formation théologique ou pastorale contrôlés par l’Église catholique se virent interdits d’enseigner la Théologie de la libération.

On dit qu’avec son changement de fonction, le Pape Benoît XVI pourrait adopter des positions plus nuancées, étant donné qu’il n’est pas le mieux placé pour jouer le rôle de gardien de l’orthodoxie. En outre, pour être élu, il avait besoin des votes d’un grand nombre de cardinaux, certainement conservateurs mais pas nécessairement aussi réactionnaires que lui, ce qui signifie qu’il lui a fallu faire des concessions. L’avenir dira dans quelle mesure cela se réalisera. Cependant, il est très difficile de croire que le pape Benoît XVI changera des positions qui sont le fruit de convictions profondes et d’une position théologique basée sur l’absolu, qui ne permet pas de concessions.

Nous pouvons penser que l’orientation de son pontificat sera de continuer un processus de restauration, peut-être moins explicitement politique, mais plus systématique, et que la rénovation du catholicisme latino-américain, dans un processus social et politique hémisphérique de résistance au néolibéralisme, restera confiné dans une semi-clandestinité institutionnelle. François Houtart , prêtre, professeur émérite de l'Université catholique de Louvain (Belgique)

Autre document:

LETTRE DU PAPE BENOÎT XVI AU PRÉSIDENT DU CONSEIL ÉPISCOPAL LATINO-AMÉRICAIN À L'OCCASION DU 50ème ANNIVERSAIRE DE LA FONDATION DU CONSEIL   50ème anniversaire

Réseau d'information et de solidarité avec l'Amérique latine
  Eucharistie, Sacrement de la Miséricorde. 24.02.2006 - BENOIT XVI

 

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