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19 Avril 2005
 

Catéchèse de Benoît XVI: 23 août 2006

Rome, le 23.08.2006 - Aujourd'hui, des milliers de pèlerins d'Italie et du monde entier ont pris part à l'Audience Générale du Pape Benoît XVI dans la Salle Paul VI. Le saint-Père en continuant sa réflexion sur les apôtres, nous a invités à vivre dans l'espérance qui nous permet de nous abandonner sereinement à Dieu.

Le pape Benoît XVI - audience du 23 août

Catéchèse de Benoît XVI sur la persécution

L'Eglise est aujourd'hui victime d’incompréhensions et d’hostilités

Benoît XVI a affirmé que l’Eglise, aujourd’hui victime "d’incompréhensions et d’hostilités", ne méritait pas ces souffrances. Lors de l’audience générale du 23 août au Vatican, le pape a centré sa catéchèse hebdomadaire sur l’apôtre Jean, auteur de l’Apocalypse, ainsi que sur les différentes persécutions infligées à l’Eglise.

Les larmes de Jean dans l’Apocalypse, a déclaré le pape en italien devant quelque 7000 pèlerins dans la salle Paul VI, “expriment probablement le trouble des Eglises d’Asie devant le silence de Dieu face aux persécutions auxquelles elles étaient exposées à cette époque“. Jean, a expliqué Benoît XVI, a invité ces populations “déconcertées“ à “demeurer fermes dans la foi et à ne pas s’identifier avec le monde“.

Selon Benoît XVI, “c’est un trouble dans lequel peut bien se réfléchir notre effroi devant les graves difficultés, les incompréhensions et les hostilités dont l’Eglise souffre aussi aujourd’hui en diverses parties du monde“. “Il s’agit de souffrances que l’Eglise ne mérite pas, a-t-il estimé, tout comme Jésus ne méritait pas son supplice“. Cependant, pour le pape, ces souffrances “révèlent soit la méchanceté de l’homme quand il s’abandonne aux suggestions du mal, soit la conduite supérieure des événements par Dieu“.

Evoquant ensuite les “visions“ de l’Apocalypse, le souverain pontife a souligné que l’image de la femme qui accouche d’un garçon, dans le dernier livre biblique, représentait “Marie, la mère du Rédempteur, mais aussi l’Eglise qui accouche encore du Christ avec une grande douleur dans le monde“.

Benoît XVI a rappelé que Jean, “appelé aussi ‘le voyant de Patmos’ en raison des discussions qui ont porté, déjà au troisième siècle, sur la véritable identité de l’auteur de ce livre“, proposait dans l’Apocalypse “des images fortes et parfois difficiles“ visant à dévoiler “le sens de l’histoire humaine à partir de la mort et de la résurrection de Jésus“.

Appel au courage et à l'espérance des chrétiens

La victoire du Christ contre la mort, a encore expliqué le pape aux fidèles, “doit remplir les chrétiens de courage et d’espérance au milieu des difficultés, dans la joyeuse attente de la venue du Seigneur“. Benoît XVI a conclu par une prière, souhaitant que l’apôtre Jean puisse “nous aider à maintenir vive en nous cette attente, au-delà de toutes les épreuves que nous pouvons nous-mêmes avoir à affronter“.

En français, Benoît XVI a salué les pèlerins francophones et, plus particulièrement, un groupe de quelque 90 jeunes cyclistes qui lui ont répondu avec des cris de joie et des chants. “Que le Christ, vainqueur du mal et de la mort, a souhaité le pape en français, soutienne votre foi et ravive votre espérance, afin que vous soyez des témoins joyeux de l’Evangile au milieu des difficultés de ce monde“.

Arrivé à 10h dans la salle Paul VI, le pape est resté plus d’1h30 en présence des fidèles. Au terme de l’audience, il a salué certains prélats dont un membre de la section française de la Secrétairerie d’Etat au terme de son service au Saint-Siège, puis de nombreuses personnes handicapées, un groupe de prêtres de Taiwan et des membres de l’école de formation du service forestier de l’Etat. Benoît XVI devait ensuite rejoindre sa résidence estivale de Castel Gandolfo à bord de l’hélicoptère prêté par l’armée de l’air italienne.

Texte intégral:

Chers frères et sœurs,

Dans la dernière catéchèse, nous étions arrivés à la méditation sur la figure de l'Apôtre Jean. Nous avions tout d'abord cherché à voir ce que l'on peut savoir de sa vie. Puis, dans une deuxième catéchèse, nous avions médité le contenu central de son Evangile, de ses Lettres: la charité, l'amour. Et aujourd'hui, nous revenons encore une fois sur la figure de l'Apôtre Jean, en prenant cette fois en considération le Voyant de l'Apocalypse. Et nous faisons immédiatement une observation: alors que le Quatrième Evangile, et les Lettres attribuées à l'Apôtre ne portent jamais son nom, l'Apocalypse fait référence au nom de Jean, à quatre reprises (cf. 1, 1.4.9; 22, 8). Il est évident que l'auteur, d'une part, n'avait aucun motif pour taire son propre nom et, de l'autre, savait que ses premiers lecteurs pouvaient l'identifier avec précision. Nous savons par ailleurs que, déjà au IIIe siècle, les chercheurs discutaient sur la véritable identité anagraphique du Jean de l'Apocalypse. Quoi qu'il en soit, nous pourrions également l'appeler « le Voyant de Patmos », car sa figure est liée au nom de cette île de la Mer Egée, où, selon son propre témoignage autobiographique, il se trouvait en déportation «à cause de la Parole de Dieu et du témoignage pour Jésus » (Ap 1, 9). C'est précisément à Patmos, « le jour du Seigneur... inspiré par l'Esprit » (Ap 1, 10), que Jean eut des visions grandioses et entendit des messages extraordinaires, qui influencèrent profondément l'histoire de l'Eglise et de la culture occidentale tout entière. C'est par exemple à partir du titre de son livre — Apocalypse, Révélation — que furent introduites dans notre langage les paroles « apocalypse, apocalyptique », qui évoquent, bien que de manière inappropriée, l'idée d'une catastrophe imminente.

Le livre doit être compris dans le cadre de l'expérience dramatique des sept Eglises d'Asie (Ephèse, Smyrne, Pergame, Thyatire, Sardes, Philadelphie, Laodicée), qui vers la fin du Ier siècle durent affronter des difficultés importantes — des persécutions et également des tensions internes — dans leur témoignage au Christ. Jean s'adresse à elles en faisant preuve d'une vive sensibilité pastorale à l'égard des chrétiens persécutés, qu'il exhorte à rester solides dans la foi et à ne pas s'identifier au monde païen si fort. Son objet est constitué en définitive par la révélation, à partir de la mort et de la résurrection du Christ, du sens de l'histoire humaine. La première vision fondamentale de Jean, en effet, concerne la figure de l'Agneau, qui est égorgé et pourtant se tient debout (cf. Ap 5, 6), placé au milieu du trône où Dieu lui-même est déjà assis. Jean veut ainsi tout d'abord nous dire deux choses: la première, que Jésus, bien que tué par un acte de violence, au lieu de s'effondrer sur le sol, se tient paradoxalement bien fermement sur ses pieds, car à travers la résurrection il a définitivement vaincu la mort ; la deuxième, que Jésus, précisément en tant que mort et ressuscité, participe désormais pleinement au pouvoir royal et salvifique du Père. Telle est la vision fondamentale. Jésus, le Fils de Dieu, est sur cette terre un agneau sans défense, blessé, mort. Et toutefois, il se tient droit, il est debout, il se tient devant le trône de Dieu et participe du pouvoir divin. Il a entre ses mains l'histoire du monde. Et ainsi, le Voyant veut nous dire: Ayez confiance en Jésus, n'ayez pas peur des pouvoirs opposés, de la persécution ! L'Agneau blessé est mort, il vainc ! Suivez l'Agneau Jésus, confiez-vous à Jésus, prenez sa route ! Même si dans ce monde, il n'est qu'un Agneau qui semble faible, c'est Lui le vainqueur !

L'une des principales visions de l'Apocalypse a pour objet cet Agneau en train d'ouvrir un livre, auparavant fermé par sept sceaux que personne n'était en mesure de rompre. Jean est même présenté en train de pleurer, car l'on ne trouvait personne digne d'ouvrir le livre et de le lire (cf. Ap 5, 4). L'histoire reste indéchiffrable, incompréhensible. Personne ne peut la lire. Ces pleurs de Jean devant le mystère de l'histoire si obscur expriment probablement le sentiment des Eglises asiatiques déconcertées par le silence de Dieu face aux persécutions auxquelles elles étaient exposées à cette époque. C'est un trouble dans lequel peut bien se refléter notre effroi face aux graves difficultés, incompréhensions et hostilités dont souffre également l'Eglise aujourd'hui dans diverses parties du monde. Ce sont des souffrances que l'Eglise ne mérite certainement pas, de même que Jésus ne mérita pas son supplice. Celles-ci révèlent cependant la méchanceté de l'homme, lorsqu'il s'abandonne à l'influence du mal, ainsi que le gouvernement supérieur des événements de la part de Dieu. Et bien, seul l'Agneau immolé est en mesure d'ouvrir le livre scellé et d'en révéler le contenu, de donner un sens à cette histoire apparemment si souvent absurde. Lui seul peut en tirer les indications et les enseignements pour la vie des chrétiens, auxquels sa victoire sur la mort apporte l'annonce et la garantie de la victoire qu'ils obtiendront eux aussi sans aucun doute. Tout le langage fortement imagé que Jean utilise vise à offrir ce réconfort.

Au centre des visions que présente l'Apocalypse, se trouvent également celles, très significatives, de la Femme qui accouche d'un Fils, et la vision complémentaire du Dragon désormais tombé des cieux, mais encore très puissant. Cette Femme représente Marie, la Mère du Rédempteur, mais elle représente dans le même temps toute l'Eglise, le Peuple de Dieu de tous les temps, l'Eglise qui, à toutes les époques, avec une grande douleur, redonne sans cesse le jour au Christ. Et elle est toujours menacée par le pouvoir du Dragon. Elle apparaît sans défense, faible. Mais alors qu'elle est menacée, persécutée par le Dragon, elle est également protégée par le réconfort de Dieu. Et à la fin, cette Femme l'emporte. Ce n'est pas le Dragon qui gagne. Voilà la grande prophétie de ce livre qui nous donne confiance. La Femme qui souffre dans l'histoire, l'Eglise qui est persécutée, apparaît à la fin comme une Epouse splendide, figure de la nouvelle Jérusalem, où il n'y a plus de larmes, ni de pleurs, images du monde transformé, du nouveau monde, dont la lumière est Dieu lui-même, dont la lampe est l'Agneau.

C'est pour cette raison que l'Apocalypse de Jean, bien qu'imprégnée de références continues aux souffrances, aux tribulations et aux pleurs — la face obscure de l'histoire —, est tout autant imprégnée de fréquents chants de louange, qui représentent comme la face lumineuse de l'histoire. C'est ainsi, par exemple, que l'on lit la description d'une foule immense, qui chante presque en criant: « Alléluia! le Seigneur notre Dieu a pris possession de sa royauté, lui, le Tout-Puissant. Soyons dans la joie, exultons, rendons-lui gloire, car voici les noces de l'Agneau. Son épouse a revêtu ses parures » (Ap 19, 6-7). Nous nous trouvons ici face au paradoxe chrétien typique, selon lequel la souffrance n'est jamais perçue comme le dernier mot, mais considérée comme un point de passage vers le bonheur et elle est déjà même mystérieusement imprégnée par la joie qui naît de l'espérance. C'est précisément pour cela que Jean, le Voyant de Patmos, peut terminer son livre par une ultime aspiration, vibrant d'une attente fervente. Il invoque la venue définitive du Seigneur: « Viens, Seigneur Jésus! » (Ap 22, 20). C'est l'une des prières centrales de la chrétienté naissante, également traduite par saint Paul dans la langue araméenne: « Marana tha ». Et cette prière, « Notre Seigneur, viens! » (1 Co 16, 22), possède plusieurs dimensions. Naturellement, elle est tout d'abord l'attente de la victoire définitive du Seigneur, de la nouvelle Jérusalem, du Seigneur qui vient et qui transforme le monde. Mais, dans le même temps, elle est également une prière eucharistique: « Viens Jésus, maintenant! ». Et Jésus vient, il anticipe son arrivée définitive. Ainsi, nous disons avec joie au même moment: « Viens maintenant, et viens de manière définitive ! ». Cette prière possède également une troisième signification: « Tu est déjà venu, Seigneur ! Nous sommes certains de ta présence parmi nous. C'est pour nous une expérience joyeuse. Mais viens de manière définitive ! ». Et ainsi, avec saint Paul, avec le Voyant de Patmos, avec la chrétienté naissante, nous prions nous aussi: « Viens, Jésus ! Viens, et transforme le monde ! Viens dès aujourd'hui et que la paix l'emporte ! ». Amen !

© Copyright du texte original en italien : Libreria editrice vaticana

Synthèse de la catéchèse en langue française:

Chers frères et soeurs,
Continuant nos réflexions sur l'enseignement de l'apôtre Jean, nous examinons maintenant le livre de la révélation. On accorde le voyant de Patmos, identifié avec l'apôtre, une série de visions censées pour rassurer les chrétiens de l'Asie lors des persécutions et les épreuves de la fin du premier siècle. La vision centrale de Jean est celle de l'agneau une fois massacré, qui se tient maintenant victorieusement avant le trône de Dieu, partageant dans le kingship du père et la puissance (5:6ff.). Lui seul peut ouvrir le livre mystérieux fermé avec sept joints et l'indiquer, à la lumière de sa propres persécution de triomphe et mort finies, la signification finale de l'histoire dans le plan providentiel de Dieu. Le certain déploiement de la victoire de Dieu est vu en visions de John de la femme qui donne à naissance à un fils destiné à la règle les nations (12:1ff.), la défaite finale du dragon, et Jérusalem merveilleux, préparées en tant que jeune mariée ornée pour le régal de mariage (21:2ff.). Pendant que son livre dessine à une extrémité, Jean invite les chrétiens de chaque fois et l'endroit pour faire confiance dans la victoire de l'agneau et pour espérer venir du royaume de Dieu : "Venu, Seigneur Jésus!" (22:20).
Je suis heureux de saluer tous les visiteurs qui parlent anglais aux assistances d'aujourd'hui, y compris les pélerins Taiwan, du Japon et des Etats-Unis d'Amérique. Mai votre visite vers Rome remplacent votre foi dans l'église, la jeune mariée du Christ, et peuvent la victoire définitive du seigneur sur toute la suffisance mauvaise vous avec l'espoir et le courage. J'appelle sur vous les bénédictions de Dieu de la joie et de la paix.

Benoît XVI s'adresse aux pèlerins anglophones:

Je suis heureux de saluer tous les visiteurs présents ici aujourd'hui qui parlent anglais, y compris les pèlerins de Taiwan, du Japon et des Etats-Unis d'Amérique. Puisse votre visite à Rome renforcer votre foi dans l'église, épouse du Christ, et puisse le Seigneur vous rendre victorieux sur toute influence du mal  avec espoir et courage. J'appelle sur vous les bénédictions de Dieu de joie et de paix.

Benoît XVI s'adresse aux pèlerins de langue espagnole:

Salutations cordiales aux visiteurs de langue espagnole, spécialement aux Religieuses servantes de Marie, aux malades, aux fidèles de différentes paroisses et aux différentes associations d'Espagne, ainsi qu'aux autres pèlerins d'Amérique latine. Que votre pèlerinage sur les tombes des Apôtres Pierre et Paul vous confirme dans la foi et dans la charité, et vous aide à dépasser avec espoir les difficultés et les contrariétés douloureuses pour rendre témoignage au Christ. Que Dieu vous bénisse !

Benoît XVI s'adresse aux pèlerins de langue allemande:

Avec une joie cordiale, je souhaite la bienvenue à tous les participants germanophones présents à cette audience. Je salue particulièrement aujourd'hui les groupes de pèlerins du col/Passau avec leur municipalité partenaire italienne de Scurcola Marsicana. La vue sur Jérusalem céleste que la révélation de Jean nous accorde, nous apporte consolation, espoir et confiance, de manière souvent difficile dans l'histoire et dans notre vie. Nous attendons le Seigneur et savons qu'Il est aussi au milieu de nous aujourd'hui déjà. Par conséquent, nous demandons à la vieille église avec une prière que nous trouvons chez Paul, dans la révélation grecque : "viens, Seigneur Jésus!" (Offb 22, 20) Nous lui demandons qu'il vienne définitivement et transforme le monde. Nous lui demandons toutefois qu'il vienne aujourd'hui et renouvelle le monde et contribue à la paix et à la victoire. A vous à tous ma bénédiction apostoliques!

Benoît XVI s'adresse aux pèlerins de langue portuguaise:

J'adresse une salutation particulière aux pèlerins de langue portugaise ici réunis, principalement aux nombreux groupes du Portugal et les visiteurs du Brésil. Je formule des voeux pour que ce passage à Rome "pour voir Pierre" renforce la foi elle-même dans l'Église établie par le Christ, et anime en vous un plus grand engagement de proposition et d'action par la diffusion de son royaume dans ce monde.

Benoît XVI s'adresse aux pèlerins polonais:

Je salue les polonais ici présents. ".Maintenant le salut est arrivé, et la puissance, et le règne de notre Dieu, et l'autorité de son Christ; car il a été précipité, " (Ap 12, 10). Ces mots de l'Apocalypse nous accompagnent aujourd'hui. Il est un aveu de la foi des martyres que l'Église conserve fidèlement depuis les temps apostoliques. La visite aux tombeaux de Saint Pierre et de Saint Paul  ravive en vous cette foi dans la victoire de Christ. Que Dieu vous bénisse !

 

 

Eucharistie sacrement de la miséricorde - 23.08.2006 - BENOÎT XVI

 

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