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19 Avril 2005
 

Une vie avec Ratzinger

Le 22 décembre 2014 - (E.S.M.) - Cadeau de Noël!! Une longue et belle interview du Père Horn un religieux salvatorien, ex-doctorant et ex-assistant du Professeur Ratzinger à Ratisbonne, et aujourd'hui, entre autre, président du Schülerkreis.

27 février 1977, au monastère de Weltenburg (Bavière) - le prof. Ratzinger avec Karl Rahner, l'abbé et les doctorants de Ratisbonne (archive Institut Papst Benedikt, Ratisbonne)

PÈRE HORN, UNE VIE AVEC RATZINGER

Le 22 décembre 2014 - E. S. M. - Il y a des rencontres qui changent la vie. Ce fut le cas pour le Père Stephan Otto Horn, religieux salvatorien, quand en 1970, il fit la connaissance du prof. Joseph Ratzinger, devenu très vite «père d'une famille théologique et même spirituelle».
Le Père Horn, qui a été étudiant et assistant universitaire de Ratzinger à Ratisbonne et qui est maintenant chargé de protéger le travail et la pensée du pape émérite à travers l'engagement dans les diverses institutions qui portent son nom, définit cette rencontre et l'entrée dans le Cercle des étudiants comme «une des plus grandes grâces que j'ai reçues dans ma vie»
Dans cette interview - que nous offrons à nos lecteurs dans l'imminence de Noël - le Père Horn, professeur émérite de théologie fondamentale, fait revivre les souvenirs des années universitaires, la naissance du Schülerkreis, et s'arrête sur l'héritage théologique de Benoît XVI.

* * *

- Père Horn, comment avez-vous rencontré le prof. Ratzinger?
« J'ai effectué mes études à Passau, une belle ville sur la frontière [de l'Allemagne] avec l'Autriche, où étudiaient les salvatoriens, la congrégation à laquelle j'appartiens. Mon professeur de théologie dogmatique pensait que je pourrais être son successeur ... Quand je suis allé à Ratisbonne rencontrer pour la première fois le prof. Ratzinger, il ne savait pas qu'à Munich, j'avais été doctorant chez Michael Schmaus, celui qui avait fait d'énormes difficultés, pour l'empêcher d'obtenir son habilitation de professeur d'université. Cela a été une des grandes crises dans la vie du jeune Ratzinger, qui désirait depuis toujours être professeur. Mais ensuite, il a réussi et il a même rétabli une bonne relation avec Schmaus. Quand je suis allé chez Ratzinger, je n'étais pas au courant de toutes ces choses, je me suis présenté et nous avons parlé de ma thèse.

- En quelle année était-ce?
« C'était au début de 1970. Il était arrivé à Ratisbonne à l'automne 1969. Il m'a accepté sans problème, avec beaucoup de bienveillance, bien que je vienne d'une théologie différente. Et c'était pareil pour les 25 étudiants qui avaient l'intention de faire leur thèse avec lui. Nous nous rencontrions toutes les deux à trois semaines, pas à l'université, mais au séminaire et nous avions l'impression qu'en lui, la théologie et la spiritualité étaient unies. La rencontre commençait par une messe, au cours de laquelle notre professeur, ou l'un d'entre nous, prononçait l'homélie. Après quoi, nous discutions tous ensemble. Il craignait qu'il pût s'avérer problématique pour nous de ne pas être guidés personnellement, mais à travers ces réunions, où chacun présentait son étude, puis discutait avec une grande liberté, mais également intensément. Lorsque nous avancions quelque propositions, Ratzinger ne donnait pas une réponse immédiate, mais ensuite, il pouvait résumer nos discours mieux que nous n'aurions pu le faire nous-mêmes, en ajoutant ses réflexions. Lui, pourtant, ne s'imposait pas: il avait une pensée extrêmement claire, mais on discutait toujours librement. Il voulait juste s'assurer de la vérité et tout se passait avec une grande simplicité. Il a toujours été un peu timide, mais avec nous cette timidité ne se ressentait pas.

- Quel était le sujet de votre thèse?
« Ma thèse pour l'habilitation comme professeur d'université portait sur Léon le Grand et le Concile de Chalcédoine, d'un point de vue ecclésiologique, traitant donc de la relation entre le successeur de Pierre et un Concile. J'enquêtais sur un fait historique, mais aussi sur la relation entre Rome et Constantinople, entre Rome et l'Eglise d'Orient, et donc un thème œcuménique. Le Concile de Chalcédoine montre comment ce que le successeur de Pierre dit s'accorde avec ce que les autres évêques présents à un Concile peuvent faire. Un thème historique, donc, mais en même temps utile, en particulier pour le dialogue entre l'Eglise catholique et l'Orthodoxie.

- Et après votre habilitation?
« Deux ans après notre première rencontre, le prof. Ratzinger m'a appelé pour être son assistant, un rôle que j'ai rempli de 1972 à 1977, quand il alla à Münich comme archevêque. Je suis resté là, même après, pour une courte période, et lui, comme archevêque, venait de temps en temps pour suivre ses derniers doctorants. Plus tard ont commencé les réunions annuelles du Schülerkreis, le Cercle des étudiants.

- C'est à ce moment-là qu'est né le Schülerkreis?
« Non, il est né plus tard, en 81, vers la fin de son ministère de cardinal archevêque de Münich. En réalité, il est difficile de donner une date précise: d'abord il y avait eu des réunions et des discussions avec les étudiants. Au début de 1978, quelques mois après son ordination épiscopale et la nomination comme cardinal, nous avons rassemblé tout le monde, pas seulement les doctorants de Ratisbonne, mais aussi ceux de Bonn, Münster et Tübingen, puisque dans chaque université où il avait enseigné, il avait son groupe. Ça, c'était la première fois, puis quelques années plus tard, nous avons commencé à le faire régulièrement. Déjà à Tübingen, puis à Ratisbonne, Ratzinger organisait une réunion de ses étudiants, avec un autre professeur, impliquant de grands théologiens comme Hans Urs von Balthasar et Karl Barth et d'autres. À la fin de chaque année universitaire, une rencontre se tenait dans un endroit différent, à laquelle il invitait un autre grand théologien à tenir des conférences, afin que nous puissions discuter avec des professeurs protestants, des philosophes, ... De cette expérience sont nés les colloques avec lui, auxquels il invitait toujours un professeur, et au cours desquels on priait, étudiait et discutait, à chaque fois sur un thème différent.

- Combien étiez-vous, tous les doctorants, en 1978?
« A Ratisbonne, nous étions environ 25 entre doctorants et habilitants. À la naissance du Schülerkreis au total, nous étions plus que 50.

- Quels sont les points fondamentaux de la théologie de Ratzinger?
« Nous avons toujours eu l'impression que Ratzinger était un théologien dogmatique et un professeur de théologie fondamentale, mais en même temps un exégète, qui a étudié et beaucoup médité la Parole de Dieu, l'Ancien et le Nouveau Testament. Pour nous, c'était l'exemple d'un théologien dans la ligne du Concile Vatican II, selon laquelle l'Ecriture Sainte est le fondement et l'âme de toute la théologie, en particulier à la lumière des premiers Pères de l'Église: la Parole de Dieu et l'Eglise ont été étroitement liés dans sa pensée. La théologie est fondée sur la Sainte Écriture, mais l'Écriture est aussi interprétée depuis le centre de la foi de l'Eglise. Ce n'est pas une exégèse isolée de l'Église, mais qui vit dans l'Église et qui est interprétée en elle. En outre, selon Ratzinger, les premiers théologiens sont les saints, qui n'étudient pas la parole de Dieu, mais l'assument avec tout leur cœur et toute leur vie. Ils sont les premiers exégètes et les théologiens doivent donc se fonder sur la science des saints. C'est sa ferme conviction. La théologie, par conséquent, doit toujours être liée à une vraie spiritualité.

- Il y a des penseurs qui ont influencé le développement de la théologie de Ratzinger?
« Certaines grandes pensées, il les avait prises de saint Augustin, sur lequel il avait fait sa première thèse, développant également une théologie de l'Eucharistie: le centre de l'Église est l'Eucharistie, c'est le Christ qui nous attire à Lui quand Il se donne à nous, nous sommes tous attirés par Lui, et nous sommes unis en Lui. Et donc l'Église n'est pas seulement le peuple de Dieu, mais c'est le peuple de Dieu comme corps du Christ, parce que nous sommes unis dans le Christ. Le Christ est le centre de l'Eglise et nous transforme en Lui-même et ainsi, l'Eglise grandit dans l'Eucharistie. Donc, l'Eucharistie est le centre de l'Eglise - ceci est une conviction fondamentale - et ainsi entre en dialogue avec les théologiens orthodoxes qui ont une ecclésiologie eucharistique. Mais pour eux, chaque Eglise est complète en elle-même, alors que pour Ratzinger l'Eucharistie célébrée dans l'Église locale rend l'Église pleinement présente lorsque l'Eglise locale est unie à l'Eglise universelle. C'est une différence notable et nous essayons de développer les relations entre l'Eglise catholique et l'Orthodoxie à travers une théologie eucharistique approfondie.
Une autre grande pensée dérive de Bonaventure: la révélation n'est pas seulement une somme de vérités qui se transmettent au fil du temps, mais c'est l'autorévélation de Dieu à nous, et donc une histoire entre Dieu et l'homme. Dieu nous parle et nous recevons la révélation et celle-ci s'achève seulement dans la foi: la révélation est dans le cœur qui s'ouvre à Dieu qui se révèle à l'homme. Donc, c'est un dialogue, peut-on dire. Schmaus pensait que c'était du subjectivisme: quand Dieu se révèle à l'homme, chacun le reçoit à sa manière et c'est une grande difficulté. Selon Ratzinger, pourtant, cette révélation n'est pas destinée seulement à une personne, mais au peuple de Dieu, à l'Eglise, qui est le sujet de la révélation et le subjectivisme est donc exclu.

- Dans votre vie, Père Horn, y a-t-il un avant et un après Ratzinger?
« Comme jeune étudiant, je nourrissais le désir de comprendre la théologie et j'ai eu un grand professeur, Alois Winkllhofer, qui, avant le Concile, nous a ouvert la voie pour le Concile. Vatican II, pour moi, n'a pas été une rupture, mais une évolution. Et puis avec Ratzinger est venu pour moi un nouveau développement. Avec lui, tout a été très intense, nourrissant amour pour l'Eglise et amitié entre nous tous. Une expérience de vie, sans laquelle je n'aurais jamais pu être professeur: là est venue la vraie joie d'être un théologien. En 77, je suis rentré à la maison, chez les salvatoriens, et pendant un semestre, j'ai été professeur à Passau. Puis, je suis allé à Augusta (ndt: Augsbourg?), en 81, comme professeur de théologie dogmatique et en 86 à nouveau à Passau, comme professeur de théologie fondamentale.

- Et aujourd'hui, vous êtes émérite de Théologie fondamentale ...
« Oui, depuis 99, je suis vieux ...

- Mais ainsi, vous avez pu mieux vous acquitter de votre implication dans les différentes réalités de la diffusion de l'œuvre et de la pensée du théologien Ratzinger ... Pouvez-vous nous l'illustrer, ainsi que les diverses initiatives que vous réalisez?
« Je voudrais d'abord dire un mot sur les réunions du Schülerkreis. Moi et le professeur Siegfried Wiedenhofer, derniers assistants de Ratzinger, nous avons préparé les premières réunions du Schülerkreis, chaque année dans un endroit différent, en particulier en Bavière, mais aussi dans d'autres parties de l'Allemagne. Mais devenant progressivement un engagement trop lourd pour le cardinal Ratzinger, nous avons commencé à nous rencontrer près de Ratisbonne, durant la période de ses vacances, fin Août ou début Septembre, et lui venait au colloque depuis son domicile de Pentling. Quand il a été élu pape, il nous a invités une fois à Castel Gandolfo. Nous lui avons un peu forcé la main, et nous lui avons demandé de le faire chaque année, comme avant ...

- Et cela continue?
« Dans un sens, oui, parce que nous nous trouvons à Castel Gandolfo, puis nous le rencontrons au Vatican, non seulement pour la messe, mais aussi pour un moment personnel: tout le monde peut le saluer et il parle à tout le monde. C'est une grande joie pour nous, mais aussi pour lui, car il se sent comme le père d'une famille théologique et même spirituelle.

- Combien êtes-vous aujourd'hui, dans le Cercle?
« Certains sont morts, d'autres sont malades ou trop vieux et ne peuvent pas intervenir. Ceux qui ont la possibilité de participer sont environ 30-35, mais le plus souvent il manque quelqu'un.

- Revenons aux différentes institutions qui diffusent la théologie et la spiritualité du théologien Ratzinger.
« Déjà avant son élection comme pape, nous voulions faire en sorte que sa théologie reste vivante et nous avons décidé de créer une Fondation. Cela s'est produit en 2007, avec la Joseph Ratzinger Papst Benedikt XVI -Stiftung, à Münich. En réponse à la nécessité de chercher de jeunes théologiens qui étudient la théologie de Ratzinger, en 2008, nous avons ensuite fondé un autre Cercle d'étudiants, auquel nous avons donné le nom de Nouveau Schülerkreis. Ils ont un nom similaire, et donc ils se voient pris dans cette famille, même s'ils ne sont pas des ex-élèves, mais des élèves d'une autre manière. Ils se réunissaient également à Castel Gandolfo, mais quand Papa Ratzinger nous rejoignait pour discuter de théologie, il préférait que sa famille théologique reste seule avec lui, et ils discutaient séparément. Mais aujourd'hui, après la renonciation du Saint-Père, nous nous sommes réunis pour les discussions théologiques, même s'ils ont un jour pour eux-mêmes, tout comme nous en avons un. Nous faisons un échange d'expériences théologiques, spirituelles, pastorales et donc pas seulement de théologie, mais aussi de vie. Enfin le dimanche, nous rencontrons le Saint-Père pour l'Eucharistie.

- Quel est le thème de cette année (ndt: pour la rencontre de 2015)?
« Normalement, le Schülerkreis, lors de la réunion à Castel Gandolfo, propose trois arguments et les noms de plusieurs personnalités pour l'année suivante. Après la rencontre, je vais voir le Saint-Père pour les lui présenter. Cette fois, après une réflexion ultérieure, fin Novembre, le Pape émérite Benoît a choisi le thème «Comment parler aujourd'hui de Dieu», en invitant le professeur Tomás Halík, un prêtre tchèque, un homme spécial, avec différentes expériences du monde moderne.

- Comment opèrent les divers instituts que vous avez évoqués?
« Le cardinal Ratzinger a toujours voulu que tous ces instituts qui travaillent pour sa théologie et sa spiritualité n'agissent pas isolément et pas non plus l'un contre l'autre, parce que d'une certaine manière ils sont unis. Par conséquent, nous - la Fondation de Münich - sommes en relation avec l'Institut Papst Benedikt XVI de Ratisbonne, qui s'occupe de la publication de ses œuvres complètes et organise chaque année un colloque sur le livre qui est publié. Nous travaillons avec eux, certains d'entre nous sont insérés dans cet institut et le nouvel évêque de Ratisbonne, d'une certaine façon fait partie de notre Fondation. Ainsi, les deux instituts sont liés. Ils voulaient aussi que l'un de nous fasse partie du conseil d'administration de la Fondation du Vatican et j'ai été élu, parce que je parle italien et que je représente la Stiftung, avec un autre collègue. Nous sommes également en relation avec la fondation de la ville où est né le Saint-Père, Marktl am Inn, dénommée Stiftung Geburtshaus Joseph Ratzinger, qui chaque année promeut un symposium auquel nous participons.

- Quelle est la relation avec la Fondation vaticane Joseph Ratzinger - Benoît XVI?
« Nous sommes reconnaissants à la Fondation vaticane, en particulier parce qu'elle nous a beaucoup aidé dans l'organisation de deux colloques en Afrique, les deux sur le "Jésus de Nazareth". Ces deux rencontres ont obtenu d'excellents résultats. La première a eu lieu au Bénin, en Septembre 2013, en français. Ce fut un grand événement, au cours de l'Année de la Foi. Cette année, nous sommes allés à Morogoro (Tanzanie), en mars, dans une université fondée par ma Congrégation pour les religieux qui ne pouvaient pas étudier dans les séminaires, car ils étaient pleins. Un colloque en anglais avec près de 500 participants et parmi eux cinq évêques et beaucoup de religieux et de sœurs. Au Bénin, le cadre était plus scientifique, plus pastoral en Tanzanie, avec un niveau accessible à tous. En Afrique, normalement, il n'y a pas la possibilité de lire beaucoup de Ratzinger, les livres sont chers ... Nous avons offert une introduction à sa théologie en vue de la grande œuvre qu'est le "Jésus de Nazareth" et ils l'ont accueilli avec une immense joie. L'enthousiasme était vraiment remarquable, parce qu'ils ne connaissaient pas encore la théologie de Ratzinger, avec sa grande richesse, également spirituelle et cela a ouvert les cœurs. Nous ressentons donc le devoir et l'engagement de travailler davantage dans cette ligne. Nous voulons à présent préparer, si possible, un colloque à Berlin, sur les grandes questions sociales et politiques, les discours importants du Saint-Père à Ratisbonne, Berlin, Paris, Londres et d'autres ... Ceci est un grand défi, qui aura peut-être lieu l'année prochaine.

- Vous venez de fêter vos 80 ans ...
« Cela fut une grande surprise pour moi quand à la fin de la Rencontre de cette année, après l'Eucharistie avec le Saint-Père, on m'a donné un livre, je ne savait pas ... Un livre réalisé par le Nouveau Schülerkreis avec d'autres, parmi lesquels le cardinal Koch et le cardinal Schönborn, qui a écrit l'introduction. Il s'intitule "Dienst und Einheit" (Unité et Service), et recueille des études sur la primauté de Pierre, sous l'aspect œcuménique. Le fil rouge de l'ouvrage - qui a été édité par Michaela C. Hastetter et Christoph Ohly, porte-parole du Nouveau Schülerkreis - est l'étude de la théologie de l'office pétrinien développée par Joseph Ratzinger.

- Après une existence consacrée à la théologie et à la prière, que comprend-on de la vie et de la foi? Qu'avez-vous envie de dire aux jeunes, et plus généralement aux hommes ordinaires?
« Ce que je voudrais dire? Jeune théologien, j'ai considéré comme très utile, voire nécessaire, d'avoir trouvé un professeur qui a été pour moi un guide personnel. Un jeune théologien a peut-être beaucoup de questions et aussi beaucoup d'obscurités, et pouvoir parler à des hommes qui sont un exemple sacerdotal et de vrai théologien a été pour moi un grand bénéfice. Pour nous, élèves de Ratzinger, en outre, avoir trouvé des amis qui vivent dans une certaine fraternité a été une vraie, une très grande grâce, et je pense que pour les jeunes d'aujourd'hui, il est encore plus nécessaire d'avoir des amis qui d'un côté discutent de théologie, mais de l'autre ont une expérience de vie commune, de vie spirituelle. Aujourd'hui, en Allemagne aussi il y a des jeunes qui cherchent une relation étroite avec l'Eucharistie et qui désirent des moments de silence et d'adoration, et ensuite une relation personnelle avec Jésus. Il me semble opportun qu'il existe de telles possibilités d'entrer dans la foi, c'est-à-dire des rencontres au cours desquelles on illustre le centre de la foi, on peut poser des questions et parler de la foi et des difficultés qui s'y rattachent, et avec l'Église. Nous devons offrir ces possibilités aux jeunes, afin qu'ils puissent grandir. Mais aussi des moments de silence devant le Christ eucharistique, suivis d'un échange d'opinions. Ces expériences sont très utiles, peut-être plus que dans notre temps. Naturellement la théologie peut présenter des difficultés pour la foi: il y a tellement de théologiens et de diversité de pensées. Mais trouver un grand théologien qui est à la fois un homme d'église et un homme de spiritualité et étudier une théologie comme celle du Pape Benoît ou de théologiens semblables à lui, peut vraiment être d'une grande aide pour un jeune. Théologie et spiritualité, théologie et Eglise: quand tout cela va ensemble, c'est une grande aide.
Comme jeune théologien, j'ai peu faire partie de ce Cercle d'étudiants qui ont accompli des recherches théologiques; mais là sont également nées des amitiés et moi qui suis un religieux, j'ai aussi ma famille religieuse. Mais ces deux éléments de ma vie n'ont jamais été opposés, l'un a soutenu l'autre, et cela m'a beaucoup aidé dans mon existence. Bien sûr, l'une des plus grandes grâces que j'ai reçues dans ma vie est d'avoir rencontré Ratzinger d'une manière si forte.

- Concluons justement avec un souvenir de votre relation avec le prof. Ratzinger ...
« Nous avons entretenu des discours amicaux, il s'est toujours intéressé à mon activité et à celle du Schülerkreis ... Mais je me souviens que lorsque j'étais son assistant, je m'occupais aussi des étudiants étrangers, provenant peut-être d'un autre continent. Il voulait que je noue des relations avec eux, que je connaisse leurs difficultés. Il s'intéressait également aux moyens financiers de les soutenir. Une fois, un étudiant ne voulait pas accepter d'aide et Ratzinger lui a dit: «Celui qui ne veut pas accepter, ne devrait pas donner». Celui qui n'est pas assez humble pour accepter quelque chose d'un autre, ne peut pas donner quelque chose aux autres. Si je suis prêt à recevoir un don de l'autre, alors, dans cette humilité du 'recevoir', je peux aussi donner. L'étudiant qui m'a raconté cette histoire n'a jamais oublié la leçon.

Luca Caruso
 

Sources : www.fondazioneratzinger.va Traduction benoit-et-moi
Ce document est destiné à l'information; il ne constitue pas un document officiel
Eucharistie sacrement de la miséricorde - (E.S.M.) 17.22.2014

 

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