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Africae munus, Exhortation apostolique post-synodale sur l'Église en Afrique de Benoît XVI

Le 20 novembre 2011 - (E.S.M.) - Africae munus: Exhortation apostolique post-synodale sur l'Église en Afrique au service de la réconciliation, de la justice et de la paix (19 novembre 2011)

EXHORTATION APOSTOLIQUE
POST-SYNODALE
AFRICAE MUNUS
DU PAPE
BENOÎT XVI
À L’ÉPISCOPAT, AU CLERGÉ,
AUX PERSONNES CONSACRÉES
ET AUX FIDÈLES LAÏCS
SUR L'ÉGLISE EN AFRIQUE
AU SERVICE DE LA RÉCONCILIATION,
DE LA JUSTICE ET DE LA PAIX


« Vous êtes le sel de la terre...
Vous êtes la lumière du monde »
(Mt 5, 13.14)

 

TABLE

INTRODUCTION

PREMIÈRE PARTIE
«VOICI, JE FAIS L'UNIVERS NOUVEAU» (Ap 21, 5)

CHAPITRE I
AU SERVICE DE LA RÉCONCILIATION, DE LA JUSTICE ET DE LA PAIX

I. Authentiques serviteurs de la Parole de Dieu

II. Le Christ au cœur des réalités africaines: source de réconciliation, de justice et de paix

A. «Laissez-vous réconcilier avec Dieu» (2 Co 5, 20b)
B. Devenir justes et construire un ordre social juste

1. Vivre de la justice du Christ
2. Créer un ordre juste dans la logique des Béatitudes

C. L'amour dans la vérité: source de paix

1. Service fraternel concret
2. L'Église comme une sentinelle

CHAPITRE II
LES CHANTIERS POUR LA RÉCONCILIATION, LA JUSTICE ET LA PAIX

I. L’attention à la personne humaine

A. La metanoia: une authentique conversion
B. Vivre la vérité du Sacrement de la Pénitence et de la Réconciliation
C. Une spiritualité de communion
D. L'inculturation de l'Évangile et l'évangélisation de la culture
E. Le don du Christ: l'Eucharistie et la Parole de Dieu

II. Vivre ensemble

A. La famille
B. Les personnes âgées
C. Les hommes
D. Les femmes
E. Les jeunes
F. Les enfants

III. La vision africaine de la vie

A. La protection de la vie
B. Le respect de la création et l'écosystème
C. La bonne gouvernance des États
D. Les migrants, déplacés et réfugiés
E. La mondialisation et l'aide internationale

IV. Le dialogue et la communion entre les croyants

A. Le dialogue œcuménique et le défi des nouveaux mouvements religieux
B. Le dialogue interreligieux

1. Les religions traditionnelles africaines
2. L’Islam

C. Devenir «sel de la terre» et «lumière du monde»

DEUXIÈME PARTIE
« À CHACUN LA MANIFESTATION DE L'ESPRIT EST DONNÈE EN VUE DU BIEN COMMUN » (1 Co 12, 7)

CHAPITRE I
LES MEMBRES DE L'ÉGLISE

I. Les Évêques

II. Les prêtres

III. Les missionnaires

IV. Les diacres permanents

V. Les personnes consacrées

VI. Les séminaristes

VII. Les catéchistes

VIII. Les laïcs

CHAPITRE II
PRINCIPAUX CHAMPS D'APOSTOLAT

I. L'Église comme présence du Christ

II. Le monde de l'éducation

III. Le monde de la santé

IV. Le monde de l'information et de la communication

CHAPITRE III
« LÈVE-TOI, PRENDS TON GRABAT ET MARCHE ! » (Jn 5, 8)

I. L'enseignement de Jésus à la piscine de Bethesda

II. La parole de Dieu et les Sacrements

A. Les Saintes Écritures
B. L'Eucharistie
C. La Réconciliation

III. La Nouvelle Évangélisation

A. Porteurs du Christ «Lumière du monde»
B. Témoins du Christ Ressuscité
C. Missionnaires à la suite du Christ

CONCLUSION : « AIE CONFIANCE ! LÈVE-TOI,
IL T'APPELLE ! » (Mc10, 49)

INTRODUCTION

1. L’engagement de l’Afrique pour le Seigneur Jésus-Christ est un trésor précieux que je confie, en ce début de troisième millénaire, aux Évêques, aux prêtres, aux diacres permanents, aux personnes consacrées, aux catéchistes et aux laïcs de ce cher continent et des îles voisines. Cette mission porte l’Afrique à approfondir la vocation chrétienne. Elle l’invite à vivre, au nom de Jésus, la réconciliation entre les personnes et les communautés, et à promouvoir pour tous la paix et la justice dans la vérité.

2. J’ai désiré que la deuxième Assemblée spéciale pour l’Afrique du Synode des Évêques qui s’est déroulée du 4 au 25 octobre 2009, se situe dans la continuité de l’Assemblée de 1994 qui s’est « voulue une manifestation d’espérance et de résurrection, au moment même où les événements semblaient pousser l’Afrique au découragement et au désespoir ».[1] L’Exhortation apostolique post-synodale Ecclesia in Africa de mon prédécesseur, le bienheureux Jean-Paul II, recueillait les orientations et les options pastorales des Pères synodaux pour une nouvelle évangélisation du continent africain. Il convenait, au terme de la première décennie de ce troisième millénaire, que se fassent vives notre foi et notre espérance pour contribuer à construire une Afrique réconciliée, par les voies de la vérité et de la justice, de l’amour et de la paix (cf. Ps 85, 11) !
Avec les Pères synodaux, je rappelle que « si le Seigneur ne bâtit la maison, en vain peinent les bâtisseurs » (Ps 127, 1).

3. Une vitalité ecclésiale exceptionnelle et le développement théologique de l’Église comme Famille de Dieu,[2] ont été les résultats les plus visibles du Synode de 1994. Pour donner à l’Église de Dieu se trouvant sur le continent africain et dans les îles adjacentes, une impulsion nouvelle chargée d’espérance et de charité évangéliques, il m’a semblé nécessaire de convoquer une seconde Assemblée synodale. Soutenues par l’invocation quotidienne de l’Esprit Saint et la prière d’innombrables fidèles, les sessions synodales ont produit des fruits que je souhaiterais transmettre par ce document à l’Église universelle, et particulièrement à l’Église en Afrique,[3] afin qu’elle soit véritablement « sel de la terre » et « lumière du monde » (cf. Mt 5, 13.14).[4] Animée par une « foi opérant par la charité » (cf. Ga 5, 6), l’Église désire apporter des fruits de charité : la réconciliation, la paix et la justice (cf. 1 Co 13, 4-7). C’est là sa mission spécifique.

4. La qualité des interventions des Pères synodaux et des autres personnes qui sont intervenues durant les assises, m’a impressionné. Le réalisme et la clairvoyance de leur contribution ont démontré la maturité chrétienne du continent. Ils n’ont pas eu peur d’affronter la vérité et ils ont cherché sincèrement à réfléchir à des solutions possibles aux problèmes qu’affrontent leurs Églises particulières, et même l’Église universelle. Ils ont constaté aussi que les bénédictions de Dieu, Père de tous, sont innombrables. Dieu n’abandonne jamais son peuple. Il ne me semble pas nécessaire de m’appesantir sur les différentes situations sociopolitiques, ethniques, économiques ou écologiques que vivent quotidiennement les Africains et qui ne peuvent être ignorées. Les Africains savent mieux que quiconque combien, trop souvent malheureusement, ces situations sont difficiles, troublées voire même tragiques. Je rends hommage aux Africains et à tous les chrétiens de ce continent qui les affrontent avec courage et dignité. Ils désirent, avec raison, que cette dignité soit reconnue et respectée. Je puis les assurer que l’Église respecte et aime l’Afrique.

5. Face aux nombreux défis que l’Afrique souhaite relever pour devenir toujours plus une terre de promesses, l’Église pourrait être tentée, comme Israël, par le découragement, mais nos ancêtres dans la foi nous ont montré la juste attitude à avoir. Ainsi Moïse, le serviteur du Seigneur, « par la foi … comme s’il voyait l’Invisible, tint ferme » (Hb 11, 27). L’auteur de la Lettre aux Hébreux nous le rappelle : « La foi est la garantie des biens que l’on espère, la preuve des réalités qu’on ne voit pas » (11, 1). J’exhorte donc l’Église entière à poser sur l’Afrique ce regard de foi et d’espérance. Jésus-Christ, qui nous a invités à être « le sel de la terre » et « la lumière du monde » (Mt 5, 13. 14), nous offre la puissance de l’Esprit pour réaliser toujours mieux cet idéal.

6. Dans ma pensée, la Parole du Christ : « Vous êtes le sel de la terre [… ] vous êtes la lumière du monde », devait être le fil conducteur du Synode et aussi celui de la période post-synodale. En m’adressant à Yaoundé à l’ensemble des fidèles africains, j’avais dit :« À travers Jésus, il y a deux mille ans déjà, Dieu a apporté lui-même le sel et la lumière à l’Afrique. Depuis lors, la semence de sa présence est enfouie dans les profondeurs des cœurs de ce cher continent et elle germe peu à peu au-delà et à travers les aléas de l’histoire humaine de votre continent ».[5]

7. L’Exhortation Ecclesia in Africa a fait sienne « l’idée-force de l’Église-Famille de Dieu », et les Pères synodaux « y ont vu une expression particulièrement appropriée de la nature de l’Église pour l’Afrique. L’image, en effet, met l’accent sur l’attention à l’autre, la solidarité, la chaleur des relations, l’accueil, le dialogue et la confiance ».[6] L’Exhortation invite les familles chrétiennes africaines à devenir des « églises domestiques »[7] pour aider leurs communautés respectives à reconnaître qu’elles appartiennent à un seul et même Corps. Cette image est importante non seulement pour l’Église en Afrique, mais aussi pour l’Église universelle, à l’heure où la famille est menacée par ceux qui veulent une vie sans Dieu. Priver de Dieu le continent africain, ce serait le faire mourir peu à peu en lui enlevant son âme.

8. Dans la tradition vivante de l’Église, en réponse à la sollicitation de l’Exhortation Ecclesia in Africa,[8] voir l’Église comme une famille et une fraternité, c’est restaurer un aspect de son patrimoine. Dans cette réalité où Jésus-Christ, « l’aîné d’une multitude de frères » (Rm 8, 29), a réconcilié tous les hommes avec le Dieu Père (cf. Ep 2, 14-18) et a donné le Saint-Esprit (cf. Jn 20, 22), l’Église devient à son tour porteuse de cette Bonne Nouvelle de la filiation divine de toute personne humaine. Elle est appelée à la transmettre à toute l’humanité, en proclamant le salut réalisé pour nous par le Christ, en célébrant la communion avec Dieu et en vivant la fraternité dans la solidarité.

9. La mémoire de l’Afrique garde le souvenir douloureux des cicatrices laissées par les luttes fratricides entre les ethnies, par l’esclavage et par la colonisation. Aujourd’hui encore, le continent est confronté à des rivalités, à des formes d’esclavage et de colonisation nouvelles. La première Assemblée Spéciale l’avait comparé à la victime des bandits, laissée moribonde au bord du chemin (cf. Lc 10, 25-37). C’est pourquoi on a pu parler de la « marginalisation » de l’Afrique. Une tradition née sur cette terre africaine identifie le bon Samaritain au Seigneur Jésus lui-même et invite à l’espérance. Clément d’Alexandrie écrivait en effet : « Qui, plus que lui, a eu pitié de nous, qui étions pour ainsi dire mis à mort par les puissances du monde des ténèbres, accablés d’une multitude de blessures, de craintes, de désirs, de colères, de chagrins, de mensonges et de plaisirs ? L’unique médecin de ces blessures, c’est Jésus ».[9] Il y a alors de nombreux motifs d’espérance et d’action de grâce. Ainsi par exemple, malgré les grandes pandémies – comme le paludisme, le sida, la tuberculose, etc.- qui déciment sa population et que la médecine cherche toujours plus efficacement à éradiquer, l’Afrique maintient sa joie de vivre, de célébrer la vie qui provient du Créateur dans l’accueil des naissances pour que s’agrandisse le cercle de la famille et de la communauté humaine. Je vois également un motif d’espérance dans le riche patrimoine intellectuel, culturel et religieux dont l’Afrique est dépositaire. Elle désire le préserver, l’explorer davantage et le faire connaître au monde. Il s’agit là d’un apport essentiel et positif.

10. La deuxième Assemblée synodale pour l’Afrique s’est penchée sur le thème de la réconciliation, de la justice et de la paix. La riche documentation qui m’a été remise après les Assises – les Lineamenta, l’Instrumentum laboris, les rapports rédigés avant et après les discussions, les interventions et les comptes rendus des groupes de travail –, invite à « transformer la théologie […] en pastorale, c’est-à-dire en un ministère pastoral très concret, dans lequel les grandes visions de l’Écriture Sainte et de la Tradition sont appliquées à l’œuvre des évêques et des prêtres à un moment et en un lieu déterminés ».[10]

11. C’est donc par souci paternel et pastoral que j’adresse ce document à l’Afrique d’aujourd’hui qui a connu les traumatismes et les conflits que nous savons. L’homme est pétri par son passé, mais il vit et chemine aujourd’hui. Il regarde l’avenir. Comme le reste du monde, l’Afrique vit un choc culturel qui porte atteinte aux fondements millénaires de la vie sociale et rend parfois difficile la rencontre avec la modernité. Dans cette crise anthropologique à laquelle le continent africain est confronté, il pourra trouver des chemins d’espérance en instaurant un dialogue entre les membres des composantes religieuses, sociales, politiques, économiques, culturelles et scientifiques. Il lui faudra alors retrouver et promouvoir une conception de la personne et de son rapport à la réalité fondée sur un renouveau spirituel profond.

12. Dans l’Exhortation Ecclesia in Africa, Jean-Paul II faisait remarquer qu’« en dépit de la civilisation contemporaine du “village global”, en Afrique comme ailleurs dans le monde, l’esprit de dialogue, de paix et de réconciliation est loin d’habiter le cœur de tous les hommes. Les guerres, les conflits, les attitudes racistes et xénophobes dominent encore trop le monde des relations humaines ».[11] L’espérance qui caractérise la vie authentiquement chrétienne, rappelle que l’Esprit Saint est à l’œuvre partout, sur le continent africain aussi, et que les forces de vie, qui naissent de l’amour, l’emportent toujours sur les forces de la mort (cf. Ct 8, 6-7). C’est pourquoi, les Pères synodaux ont vu que les difficultés rencontrées par les pays respectifs et les Églises particulières en Afrique, ne représentaient pas des obstacles empêchant d’avancer, mais défiaient plutôt ce qu’il y a de meilleur en nous : notre imagination, notre intelligence, notre vocation à suivre sans concession les pas de Jésus-Christ, à rechercher Dieu, « Amour éternel et Vérité absolue ».[12] Avec tous les acteurs de la société africaine, l’Église se sent donc appelée à relever ces défis. C’est, en quelque sorte, comme un impératif de l’Évangile.

13. Par ce document, je désire donner les fruits et les encouragements du Synode, et j’invite tous les hommes de bonne volonté à poser sur l’Afrique un regard de foi et de charité, pour l’aider à devenir par le Christ et par l’Esprit Saint, lumière du monde et sel de la terre (cf. Mt 5, 13. 14). Un précieux trésor est présent dans l’âme de l’Afrique où je perçois « le poumon spirituel pour une humanité qui semble en crise de foi et d’espérance »,[13] grâce aux richesses humaines et spirituelles inouïes de ses enfants, de ses cultures aux multiples couleurs, de son sol et de son sous-sol aux immenses ressources. Cependant, pour se tenir debout avec dignité, l’Afrique a besoin d’entendre la voix du Christ qui proclame aujourd’hui l’amour de l’autre, même de l’ennemi, jusqu’au don de sa propre vie, et qui prie aujourd’hui pour l’unité et la communion de tous les hommes en Dieu (cf.
Jn 17, 20-21).

PREMIÈRE PARTIE

« VOICI, JE FAIS L'UNIVERS NOUVEAU » (Ap 21, 5)

14. Le Synode a permis de discerner les axes majeurs de la mission pour une Afrique désireuse de réconciliation, de justice et de paix. Il revient aux Églises particulières de traduire ces axes en « fermes propos et en lignes d’action concrètes ».[14] En effet, c’est « dans les Églises locales que peuvent se fixer les éléments concrets d’un programme – objectifs et méthodes de travail, formation et valorisation du personnel, recherche des moyens nécessaires – qui permette à l’annonce du Christ d’atteindre les personnes, de vivifier les communautés, et d’agir en profondeur par le témoignage des valeurs évangéliques sur la société et sur la culture »[15] africaines.

Lire la suite ►Africae munus: Exhortation apostolique post-synodale sur l'Église en Afrique au service de la réconciliation, de la justice et de la paix (19 novembre 2011)
 

Sources : www.vatican.va  -  E.S.M.
© Copyright 2011 - Libreria Editrice Vaticana
Eucharistie sacrement de la miséricorde - (E.S.M.) 20.11.2011 - T/Benoît XVI

 

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