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19 Avril 2005
 

 Le Fils de l'homme, explique Benoît XVI, est le futur royaume du salut

 

Le 20 janvier 2008  - (E.S.M.) - Benoît XVI nous explique d'entrée que « Fils de l'homme » - cette expression énigmatique est le titre que Jésus utilise le plus fréquemment, quand il parle de lui-même. Dans le seul Évangile de Marc « Fils de l'homme » apparaît 14 fois dans la bouche de Jésus.

Crois-tu au Fils de l’homme ?, Jean 9, 35-41  - Pour agrandir l'image  C'est ici

 Le Fils de l'homme, explique Benoît XVI, est le futur royaume du salut

Chapitre 10, les affirmations de Jésus sur Lui-même (pages 347 à 383)
1) Les titres attribués à Jésus Benoît XVI  
2) Le Fils de l'homme (1er partie)

Consacrons-nous maintenant aux deux « titres » que Jésus a utilisés pour lui-même d'après les Évangiles.

1. Le Fils de l'homme

Benoît XVI nous explique d'entrée que « Fils de l'homme » - cette expression énigmatique est le titre que Jésus utilise le plus fréquemment, quand il parle de lui-même. Dans le seul Évangile de Marc « Fils de l'homme » apparaît 14 fois dans la bouche de Jésus. Et si l'on prend la totalité du Nouveau Testament, cette expression ne se trouve que dans la bouche de Jésus, à la seule exception de la vision d'Etienne mourant, à qui il est donné de voir les cieux ouverts : « Voici que je contemple les cieux ouverts : le Fils de l'homme est debout à la droite de Dieu » (Ac 7, 56). À l'instant de sa mort, Etienne voit ce que Jésus avait annoncé lors de son procès devant le sanhédrin : « Vous verrez le Fils de l'homme siéger à la droite du Tout-Puissant, et venir parmi les nuées du ciel » (Mc 14, 62). Ici, Etienne « cite » des paroles de Jésus, dont il a pu voir la réalité à l'heure de son martyre.

Ce constat est essentiel. La christologie des auteurs du Nouveau Testament comme des évangélistes eux-mêmes n'est pas fondée sur le titre de Fils de l'homme, mais sur les titres en usage dès le début de la vie de Jésus : « Messie » (Christ), Kyrios (« Seigneur »), « Fils de Dieu ». L'emploi du prédicat « Fils de l'homme » est caractéristique des propres paroles de Jésus. Son contenu est transféré sur les autres titres dans la prédication apostolique, sans que le titre lui-même soit repris. Il s'agit vraiment d'un constat parfaitement clair. Or il a donné lieu à un énorme débat dans l'exégèse moderne. Quiconque s'aventure sur ce terrain tombe sur un cimetière d'hypothèses contradictoires. Les discuter n'entre pas dans les intentions de ce livre. Il est néanmoins indispensable que nous considérions leurs lignes maîtresses.

Les utilisations de l'expression « Fils de l'homme » sont généralement subdivisées en trois groupes.

Le premier regrouperait les occurrences de l'expression désignant le Fils de l'homme à venir, que Jésus utiliserait non pour se qualifier lui-même, mais pour distinguer de lui-même cette figure à venir. Le deuxième groupe serait constitué d'affirmations sur l'activité terrestre du Fils de l'homme, tandis que le troisième parlerait de sa Passion et de sa Résurrection. La tendance exégétique dominante est de considérer que seul le premier groupe, si toutefois il y en a un, est celui des paroles authentiques de Jésus. Ce point de vue correspond à l'interprétation de la prédication de Jésus en termes d'imminence eschatologique. Le deuxième groupe, dont fait partie ce qui est dit de la toute-puissance du Fils de l'homme en matière de pardon des péchés, du fait qu'il est le maître du sabbat et qu'il n'a ni bien ni patrie, se serait constitué au sein de la tradition palestinienne, si on en croit une des lignes directrices de ces théories. En ce sens, il serait d'origine très ancienne, mais on ne saurait l'attribuer à Jésus lui-même. Le plus récent regrouperait les affirmations sur la Passion et la Résurrection du Fils de l'homme, qui rythment justement la montée de Jésus à Jérusalem dans l'Évangile de Marc et qui pourraient donc avoir été créées - peut-être même par l'évangéliste Marc en personne - après les événements eux-mêmes.

Ce découpage des occurrences de l'expression « Fils de l'homme » procède d'une logique distribuant très soigneusement les diverses acceptions d'un prédicat, et cette logique correspond au modèle rigoureux d'une pensée professorale, qui n'a rien à voir avec la diversité du vivant dans lequel une totalité complexe se fait entendre. Or le critère fondamental pour ce type d'exégèse est de savoir de quoi on estime Jésus capable, compte tenu de ses conditions de vie et de son horizon culturel. Apparemment son crédit est mince ! De vraies réflexions sur la gloire et la Passion ne s'accordent pas avec lui. Une sorte d'attente apocalyptique tiède, comme elle circulait à l'époque, peut être mise à son « crédit » - apparemment pas plus. Mais ce n'est pas ainsi qu'on peut rendre justice à la puissance de l'événement Jésus. Dans nos réflexions sur l'exégèse des paraboles que propose Jülicher, nous avions été obligé de dire que personne ne saurait être condamné à la croix pour des formulations moralisantes aussi modestes.

Pour qu'on en vienne à ce choc radical, note Benoît XVI, pour qu'on recoure à l'extrémité qui consistait à livrer Jésus aux Romains, il avait bien fallu que se produise et que se dise quelque chose de dramatique. Ce qu'il y a de scandaleux et de grand se situe justement au commencement, et l'Église naissante a dû faire un long chemin pour en mesurer toute la grandeur, pour la saisir progressivement dans un processus de « remémoration » réflexive. On crédite la communauté anonyme d'un génie théologique surprenant. Mais quelles furent donc les grandes figures capables d'une telle inventivité ? Non, ce qu'il y a de grand, de nouveau et de scandaleux est justement le fait de Jésus. Tout cela se développe dans la foi et la vie de la communauté, mais ce n'est pas là que cela est créé. Oui, la « communauté » ne se serait pas d'abord constituée et n'aurait pas survécu, si une réalité extraordinaire ne l'avait pas précédée.

L'expression « Fils de l'homme », utilisée par Jésus pour cacher son mystère et en même temps le livrer progressivement, était nouvelle et surprenante. Ce n'était pas un titre courant de l'espérance messianique. Elle convient parfaitement au style de prédication de Jésus, qui parle par énigmes et paraboles, essayant ainsi de rapprocher petit à petit ses auditeurs du mystère qui ne peut être réellement déchiffré qu'après, quand on le suit. En gros, l'expression « Fils de l'homme » signifie d'abord simplement « homme » dans l'usage linguistique hébreu et araméen. Le glissement entre le simple mot « homme » et l'énigmatique évocation d'une nouvelle conscience missionnaire dans l'expression « Fils de l'homme » apparaît dans une réflexion sur le sabbat que nous rencontrons dans les synoptiques. Voici la version de Marc : « Le sabbat a été fait pour l'homme, et non pas l'homme pour le sabbat. Voilà pourquoi le Fils de l'homme est maître, même du sabbat » (Mc 2, 27-28). Chez Matthieu et chez Luc, la première phrase manque. Chez eux, Jésus dit simplement : « Le Fils de l'homme est maître du sabbat » (Mt 12, 8 ; Le 6, 5). Peut-être peut-on ajouter que Matthieu et Luc ont écarté la première phrase parce qu'ils craignaient qu'elle soit détournée de son sens. Quoi qu'il en soit, il est évident que chez Matthieu et chez Luc les deux phrases vont ensemble et s'interprètent l'une par l'autre.

Que le sabbat soit fait pour l'homme et non pas l'homme pour le sabbat, n'est pas simplement l'expression d'une position moderne et libérale, comme nous le pensons spontanément à première lecture, explique Benoît XVI. En réfléchissant sur le Sermon sur la montagne, nous avons vu que ce n'était sûrement pas la bonne façon de comprendre l'enseignement de Jésus. Dans le « Fils de l'homme », l'homme se révèle comme il devrait être en réalité. A l'aune du « Fils de l'homme », à l'aune de Jésus, l'homme est libre et sait faire un bon usage du sabbat en tant que jour de la liberté venant de Dieu et pour Dieu. « Le Fils de l'homme est maître du sabbat » - toute la grandeur de l'ambition de Jésus, qui interprète la Loi de sa pleine autorité parce qu'il est lui-même le Verbe originel de Dieu, cette grandeur transparaît ici. Ce qui révèle aussi quel genre de liberté nouvelle est octroyée à l'homme en général, une liberté qui n'a rien à voir avec la simple gratuité. L'essentiel de ce commentaire du sabbat est l'interpénétration des deux, « homme » et « Fils de l'homme ». Nous voyons comment le terme en soi générique devient désormais l'expression de la dignité particulière de Jésus.

Le titre de « Fils de l'homme » n'existait pas en tant que titre à l'époque de Jésus. Mais, précise Benoît XVI, on peut sans doute en voir l'esquisse dans la vision de l'histoire universelle relatée par le Livre de Daniel avec les quatre bêtes et le « Fils d'homme ». Le visionnaire voit la succession des grands empires du monde dans l'image de quatre bêtes énormes sortant de la mer, venues « d'en bas », elles représentent un pouvoir reposant avant tout sur la violence, un pouvoir de nature « bestiale ». Daniel dresse donc un tableau sombre et extrêmement inquiétant de l'histoire du monde. Certes, la vision n'est pas seulement négative. La première bête est un lion avec des ailes d'aigle, à qui l'on arrache les ailes. Puis « elle fut soulevée de terre et dressée sur ses pieds, comme un homme, et un cœur d'homme lui fut donné » (Dn 7, 4). L'humanisation du pouvoir est possible, même en notre temps. Le pouvoir peut avoir un visage humain. Ce salut, pourtant, est relatif, l'histoire, pour le reste, continue et elle deviendra par la suite plus sombre encore.

Mais après ce pic extrême, qui voit culminer le pouvoir du mal, se produit quelque chose de tout à fait différent. Le visionnaire aperçoit, comme de loin, le vrai maître du monde sous la forme d'un vieillard qui met fin à l'apparition : « Et je voyais venir, avec les nuées du ciel, comme un Fils d'homme ; il parvint jusqu'au Vieillard, et on le fit avancer devant lui.

« Et il lui fut donné domination, gloire et royauté ; tous les peuples, toutes les nations et toutes les langues le servirent. Sa domination est une domination éternelle, qui ne passera pas, et sa royauté, une royauté qui ne sera pas détruite » (Dn 7, 13-14). Face aux bêtes venues des profondeurs se dresse l'homme venu d'en haut. De même que les bêtes des profondeurs incarnent les empires qui se sont succédé dans le monde, de même l'image du « Fils d'homme » qui arrive « sur les nuées du ciel » annonce un royaume absolument nouveau, un royaume d'« humanité », du pouvoir véritable venant de Dieu lui-même. Par ce royaume se manifeste la véritable universalité, la figure ultime de l'histoire, sa figure positive, qui a toujours été désirée en secret. Le « Fils d'homme », qui vient d'en haut, est ainsi celui qui se dresse en face des bêtes venues des profondeurs de la mer. En tant que tel, il ne symbolise pas une figure individuelle, mais il est la représentation du « royaume » dans lequel le monde parviendra à son but.

Beaucoup d'exégètes supposent qu'il pourrait y avoir derrière ce texte une version où le « Fils d'homme » était aussi une figure individuelle, mais, quoi qu'il en soit, nous ne connaissons pas cette version et elle demeure une hypothèse. Les textes souvent cités de IV Esdras 13 et de l'Éthiopien Hénoch, dans lesquels le Fils de l'homme est représenté comme une figure individuelle, sont plus récents que le Nouveau Testament et ne peuvent donc être considérés comme une de ses sources. Il était naturellement facile de relier la vision du Fils de l'homme avec l'espérance messianique et la figure du Messie, mais nous ne disposons pas, pour ce faire, de texte antérieur à l'activité de Jésus, En tout cas, c'est le futur royaume du salut qui est représenté par cette image du Fils de l'homme, vision que Jésus pouvait reprendre, mais à laquelle il a donné une nouvelle forme en reliant cette attente à lui-même et à son activité. (à suivre ...)

( à suivre )

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Sources:  www.vatican.va- E.S.M.

Ce document est destiné à l'information; il ne constitue pas un document officiel

Eucharistie sacrement de la miséricorde - (E.S.M.) 20.01.2008 - BENOÎT XVI - T/J.N.

 

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