Benoit XVI reçoit les Professeurs et
les Étudiants des Universités Pontificales Romaines |
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Le 19 novembre 2009 -
(E.S.M.)
- A 12h15 ce matin, dans la Salle Paul VI, le Saint-Père Benoît
XVI a reçu en Audience les Professeurs et les
Étudiants des Universités Pontificales Romaines
et les Participants à la 23e Assemblée Générale
de la Fédération Internationale des Universités
Catholiques
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Le pape Benoît XVI
Benoit XVI reçoit les Professeurs et
les Étudiants des Universités Pontificales Romaines
Synthèse du discours du Saint-Père - (Texte intégral en 2e partie)
Le 19 novembre 2009 - Eucharistie
Sacrement de la Miséricorde
- Le Pape Benoît XVI a reçu ce midi Salle Paul VI les universités
pontificales de Rome et les participants à l'assemblée générale de la
Fédération internationale des universités catholiques, rappelant d'emblée
que c'est le trentième anniversaire de la Constitution apostolique Sapientia
Christiana. Ce texte de Jean-Paul II soulignait déjà "la nécessité de
combler le fossé entre foi et culture et invitait à un plus grand effort
d'évangélisation dans la certitude que la Révélation est une force
transformatrice destinée à toucher le mode de penser et d'agir comme les
critères du jugement. En mesure d'éclairer, de purifier et de rénover le
comportement et le savoir des homme, elle doit être au cœur de
l'enseignement et de la recherche, constituer le mot d'ordre et la finalité
de toute faculté ecclésiastique".
Puis le Saint-Père a rappelé l'actualité des idées découlant de la Sapientia
Christiana, aujourd'hui plus que jamais dans une société "où le savoir
est de plus en plus spécialisé et fragmenté, et pour cela extrêmement
conditionné par le relativisme. C'est pourquoi il faut ouvrir la société à
la sagesse qui vient de l'Evangile. Sans Jésus-Christ, l'homme est incapable
de se comprendre et de comprendre le monde. Jésus-Christ seul en montre la
dignité, la vocation et le destin, seul en ouvre le cœur à l'espérance".
Enseignants et étudiants, a-t-il poursuivi, "ne peuvent perdre de vue que
leur fin est d'être instruments d'évangélisation. En outre, l'étude des
sciences religieuses ne doit pas être privée de la prière et de la
contemplation, du contact avec Dieu, d'autant que la réflexion sur les
mystères divins constitue un vaste domaine d'expérience intellectuelle".
S'adressant plus particulièrement à l'assemblée de la FIUC, le Saint-Père a
rappelé le soixantième anniversaire de ses statuts canoniques, encourageant
ses participants à raviver leur volonté de servir l'Eglise et saluant le
thème choisi (Sciat ut Serviat, savoir pour servir)
qui constitue un programme d'avenir. "Dans une culture qui manque de
sagesse et de réflexion, d'une pensée capable de synthèse et d'orientation,
les universités catholiques doivent rester fidèles à leur identité et faire
de l'inspiration chrétienne leur fer de lance. Elles sont appelées à
développer un nouvel humanisme, un savoir qui soit sagesse et foi, qui soit
en mesure de guider l'homme à la lumière des grands principes et de sa
finalité".
Discours du Saint-Père
Messieurs les cardinaux,
Vénérés frères dans l'épiscopat et dans le sacerdoce,
Illustres recteurs, autorité académiques et professeurs,
chers étudiants, frères et sœurs !
C'est avec joie que je vous accueille et que je vous remercie d'être venus
ad Petri Sedem, pour être confirmés dans votre importante et exigeante tâche
d'enseignement, d'étude et de recherche au service de l'Eglise et de la
société tout entière. Je remercie cordialement le cardinal Zenon
Grocholewski des paroles qu'il m'a adressées en ouvrant cette rencontre, au
cours de laquelle nous rappelons deux anniversaires particuliers : le 30e
anniversaire de la Constitution apostolique Sapientia christiana, promulguée
le 15 avril 1979 par le serviteur de Dieu Jean-Paul II et le 60e
anniversaire de la reconnaissance de la part du Saint-Siège du Statut de la
Fédération internationale des universités catholiques (FIUC).
Je suis heureux de rappeler avec vous ces anniversaires significatifs, qui
m'offrent l'occasion de souligner encore une fois le rôle irremplaçable des
facultés ecclésiastiques et des universités catholiques dans l'Eglise et
dans la société. Le Concile Vatican ii l'avait déjà bien souligné dans la
Déclaration Gravissimum educationis, lorsqu'il exhortait les facultés
ecclésiastiques à approfondir les divers secteurs des sciences sacrées, pour
avoir une connaissance toujours plus approfondie de la Révélation, pour
explorer le trésor de la sagesse chrétienne, favoriser le dialogue
œcuménique et interreligieux, et pour répondre aux problèmes naissants dans
le domaine culturel (cf. n.11). Ce même
document conciliaire recommandait de promouvoir les universités catholiques,
en les répartissant dans les différentes régions du monde et, surtout, en
soignant leur niveau qualitatif pour former des personnes qui se passionnent
pour la connaissance, prêtes à témoigner de leur foi dans le monde et à
exercer des rôles de responsabilité dans la société (cf.
n. 10). L'invitation du Concile a trouvé un vaste écho dans
l'Eglise. En effet, aujourd'hui il y a plus de 1300 universités catholiques
et environ 400 facultés ecclésiastiques, présentes sur tous les continents,
un grand nombre d'entre elles étant nées au cours des dernières décennies,
témoignant d'une attention croissante des Eglises particulières pour la
formation des ecclésiastiques et des laïcs à la culture et à la recherche.
La Constitution apostolique Sapientia christiana, dès ses premières lignes,
relève l'urgence, encore actuelle, de surmonter le fossé existant entre foi
et culture, en invitant à un plus grand engagement d'évangélisation, dans la
ferme conviction que la Révélation chrétienne est une force transformatrice,
destinée à imprégner les modes de penser, les critères de jugement, les
règles d'action. Celle-ci est en mesure d'illuminer, de purifier et de
renouveler les coutumes des hommes et leurs cultures (f.
Préambule, 1) et elle doit constituer le point central de
l'enseignement et de la recherche, ainsi que l'horizon qui illumine la
nature et la finalité de chaque faculté ecclésiastique. Dans cette
perspective, alors qu'est souligné le devoir des chercheurs des disciplines
sacrées de rejoindre, avec la recherche théologique, une connaissance plus
profonde de la vérité révélée, sont encouragés, dans le même temps, les
contacts dans les autres domaines du savoir, pour un dialogue fructueux, en
particulier dans le but d'offrir une précieuse contribution à la mission que
l'Eglise est appelée à exercer dans le monde. Après trente ans, les lignes
de fond de la Constitution apostolique Sapientia christiana conservent
encore toute leur actualité. Dans la société actuelle, où la connaissance
devient toujours plus spécialisée et sectorielle, mais est profondément
marquée par le relativisme, il apparaît même encore davantage nécessaire de
s'ouvrir à la « sagesse » qui vient de l'Evangile. En effet, l'homme
est incapable de se comprendre pleinement lui-même et de comprendre le monde
sans Jésus Christ : Lui seul illumine sa véritable dignité, sa vocation, son
destin ultime et ouvre le cœur à une espérance solide et durable.
Chers amis, votre engagement de servir la vérité que Dieu nous a révélée
participe de la mission évangélisatrice que le Christ a confiée à l'Eglise :
c'est donc un service ecclésial. Sapientia christiana cite, à cet égard, la
conclusion de l'Evangile selon Matthieu : « Allez donc ! De toutes les
nations faites des disciples, baptisez-les au nom du Père et du Fils, et du
Saint Esprit ; et apprenez-leur à garder tous les commandements que je vous
ai donnés » (Mt 28, 19-20). Il est
important pour tous, professeurs et étudiants, de ne jamais perdre de vue
l'objectif à poursuivre, c'est-à-dire celui d'être un instrument de
l'annonce évangélique. Les années des études ecclésiastiques supérieures
peuvent être comparées à l'expérience que les Apôtres ont vécue avec Jésus :
en étant avec Lui, ils ont appris la vérité, pour ensuite en devenir partout
les annonciateurs. Dans le même temps, il est important de rappeler que
l'étude des sciences sacrées ne doit jamais être séparée de la prière, de
l'union avec Dieu, de la contemplation - comme je l'ai rappelé dans les
récentes catéchèses sur la théologie monastique médiévale -, autrement les
réflexions sur les mystères divins risquent de devenir un vain exercice
intellectuel. Chaque science sacrée, à la fin, renvoie à la « science des
saints », à leur intuition des mystères du Dieu vivant, à la sagesse, qui
est un don de l'Esprit Saint, et qui est l'âme de la « fides quaerens
intellectum » (cf.
Audience générale, 21 octobre 2009).
La Fédération internationale des universités catholiques (FIUC)
est née en 1924 à l'initiative de plusieurs recteurs et elle fut reconnue 25
ans plus tard par le Saint-Siège. Chers recteurs des universités
catholiques, le 60e anniversaire de l'érection canonique de votre Fédération
est une occasion plus que jamais propice pour dresser un bilan de l'activité
accomplie et pour tracer les lignes des engagements futurs.
Célébrer un anniversaire signifie rendre grâce à Dieu qui a guidé nos pas,
mais c'est également puiser à sa propre histoire un élan supplémentaire pour
renouveler la volonté de servir l'Eglise. En ce sens, votre devise est un
programme également pour l'avenir de la Fédération : « Sciat ut serviat
», savoir pour servir. Dans une culture qui manifeste un « manque de
sagesse, de réflexion, de pensée capable de réaliser une synthèse directrice
» (Enc.
Caritas in Veritate, n. 31), les universités catholiques,
fidèles à leur identité qui fait de l'inspiration chrétienne une qualité
particulière, sont appelées à promouvoir une « nouvelle synthèse
humaniste » (ibid., n. 21), un savoir qui
soit « sagesse capable de guider l'homme à la lumière des principes
premiers et de ses fins dernières » (ibid., n. 30),
un savoir illuminé par la foi.
Chers amis, le service que vous accomplissez est précieux pour la mission de
l'Eglise. Alors que je présente à tous des vœux sincère pour l'année
académique qui vient de commencer et pour le plein succès du Congrès de la
FIUC, je confie chacun de vous et les institutions que vous représentez à la
protection maternelle de la Très Sainte Vierge, Siège de la Sagesse, et je
donne avec plaisir à vous tous ma Bénédiction apostolique.
(ZF09112012)
Texte original du
discours du Saint Père
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Sources : www.vatican.va
091119 (390)
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E.S.M.
Ce document est destiné à l'information; il ne constitue pas
un document officiel
Eucharistie sacrement de la miséricorde -
(E.S.M.) 19.11.2008 -
T/Benoît XVI |