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19 Avril 2005
 

Mgr Gilles Wach commente le Motu proprio de Benoît XVI

 

Le 15 septembre 2007 - (E.S.M.) - Le Motu proprio Summorum Pontificum qui fera date dans l'histoire de l'Église, dès son « incipit », rappelle que ce texte qu'on a présenté comme une œuvre très personnelle du pape Benoît XVI, est aussi et surtout, un texte qui s'inscrit dans la continuité de l'enseignement magistériel, après Jean-Paul II, Paul VI, Jean XXIII, saint Pie V, de saint Grégoire le Grand, etc

Mgr Gilles Wach - Pour agrandir l'image Cliquer

Mgr Gilles Wach commente le Motu proprio de Benoît XVI

Un souci d'unité et de vérité

Le Motu proprio publié le 7 juillet dernier, comme vous pouvez l'imaginer, a suscité dans notre Institut, comme en de nombreux endroits, un grand élan de gratitude envers le pape Benoît XVI, et le Te Deum que nous avons entonné, tant dans notre Maison Généralice à Gricigliano que dans nos divers apostolats dans le monde, n'était certes pas de pure forme ! Summorum Pontificum qui fera date dans l'histoire de l'Église, dès son « incipit » (les Pontifes Romains ont toujours eu le soin...) rappelle que ce texte qu'on a présenté, non sans raison sans doute, comme une œuvre très personnelle du pape régnant, est aussi et surtout pourrais-je dire, un texte qui s'inscrit dans la continuité de l'enseignement magistériel : si Benoît XVI est successeur de Jean-Paul II, l'auteur du Motu proprio Ecclesia Dei Adflicta, il est tout autant celui de Paul VI, du bienheureux Jean XXIII, de saint Pie V, de saint Grégoire le Grand, etc. ; c'est le successeur de Pierre qui parle, et ce document n'est pas l'œuvre de Joseph Ratzinger, mais de Pierre lui-même. Un authentique acte magistériel donc, qui s'inscrit parfaitement dans la ligne ininterrompue des pontifes romains depuis saint Pierre.

D'autre part, quoiqu'une lecture hâtive ait pu suggérer à l'un ou l'autre une impression de retour en arrière ou de revanche, ce texte est inspiré du grand souci d'unité et de vérité qui anime le magistère actuel.

Vérité tout d'abord. Cela ressort explicitement du Motu Proprio'' et de la Lettre destinée aux évêques que le pape a pris soin de leur adresser afin de faire taire les scrupules qui pouvaient les animer: ce texte n'est pas un texte de rupture, mais d'unité par la vérité.
Vérité par le rappel explicite de la nature profonde de la liturgie, nature peut-être souvent ignorée aujourd'hui, même chez les tenants de la liturgie antérieure à 1965 : elle est « le culte digne, offert à la Divine Majesté, par l'Église du Christ, à la Gloire de son Nom, et pour le bien de toute la Sainte Eglise ».

En rappelant que la liturgie que nous célébrons, désormais rite « extra-ordinaire », n'a jamais été abrogée, et que sa conservation, sa défense et son usage sont légitimes, le Souverain Pontife ôte tout argument susceptible de provoquer des difficultés, des incompréhensions ou des conflits: désormais toute ambiguïté est levée par l'Autorité Suprême, qui par là même, montre que dans la Sainte Église, il ne peut y avoir ni rupture, ni opposition, mais uniquement, de la part du Magistère, développement et éclaircissement.

Trop de nos contemporains, même dans nos « milieux », agissent animés par l'esprit du monde, animés d'une pensée dialectique, étrangère à l'authentique esprit chrétien qui est un esprit de Vérité et de Charité, cette vertu qui est « le lien de la perfection », selon la parole de l'Apôtre.

C'est ce qui motive l'action du Pasteur commun : en un monde qui ignore Jésus-Christ, où le démon, plus que jamais, trouve un terrain favorable à son action mensongère et homicide, il est de première nécessité de rétablir l'Unité, autour du successeur de Pierre, vicaire du Christ, gardien divinement établi de la Foi, dont - il le rappelle lui-même dans le texte du Motu proprio -, le rapport avec le culte et la liturgie est évident — « lex credendi statuât lex supplicandi ».

Du haut du Trône de Pierre, il met en œuvre ce que saint François de Sales donnait comme conseil aux religieuses de la Visitation à Annecy: « marchez toujours selon la partie supérieure ». Au naturalisme ambiant, le pape oppose une vision surnaturelle, la vision d'en-haut, qui seule permet d'avoir une appréciation juste et vraie de ce monde déchristianisé.

En réponse, il faut donc que les chrétiens se retrouvent autour du Père commun des fidèles, comme des disciples recevant du Maître la Parole qui sauve et sanctifie, afin de la mettre docilement en pratique : « A qui irions-nous, Maître, vous avez les paroles de la vie éternelle? »

Trop souvent, stigmatisant les insuffisances des hommes d'Église, on a agi selon l'esprit du monde, un esprit imprégné des doctrines naturalistes et révolutionnaires: à telle pensée révolutionnaire de gauche, on a opposé une pensée tout aussi révolutionnaire... mais de droite! N'a-t-on pas vu de très jeunes clercs se prendre déjà pour le pape ? J'entends par là des « Magistères ambulants » qui lancent des jugements et des sentences à tous propos suivis par des laïcs qui confondent l'Église enseignante et l'Église enseignée.

L'esprit chrétien n'est pas révolutionnaire, l'esprit catholique n'est pas un esprit de dialectique d'opposition. Ni à droite, ni à gauche : au-dessus !

C'est un esprit de paix, de charité et de justice: qu'on oppose une résistance face aux dérives imposées par tel ou tel apparatchik ecclésiastique, certes, qu'on s'oppose au Magistère, à l'Église et au pape, non. Le cardinal Ricard le dit fort bien dans sa lettre de présentation du Motu proprio: « le pape veut promouvoir la réconciliation entre les catholiques et favoriser une plus grande communion entre eux».

C'est cet esprit non seulement chrétien, mais catholique, que nous avons hérité du cardinal Siri, et de nos maîtres romains, que nous souhaitons conserver et transmettre aux prêtres de l'Institut du Christ Roi Souverain Prêtre.

C'est dans cet esprit que nos séminaristes sont formés, que nos prêtres agissent dans les divers apostolats qui leur sont confiés, en France, mais aussi dans le reste du monde où les évêques, cum Petro, sub Petro, œuvrent à la sanctification du peuple qui leur est confié par « celui qui préside à la Charité » (saint Ignace d'Antioche) : le pape.

Agissons donc tous en conformité aux exigences de nos devoirs d'états respectifs : au pape le soin de guider le troupeau vers le bercail, aux clercs de se soumettre et d'enseigner ce que le pape Benoît XVI demande, à tous les chrétiens de vivre en parfaite charité dans le corps mystique du Christ: l'Église.

Que la Très Sainte Vierge Marie, Mère de l'Église, protège notre pape et nous rende docile à son enseignement.

Mgr Gilles Wach •
Prieur général de l'Institut
du Christ Roi Souverain Prêtre


Table : Motu Proprio

Sources: La Nef

Ce document est destiné à l'information; il ne constitue pas un document officiel

Eucharistie sacrement de la miséricorde - (E.S.M.) 15.09.2007 - BENOÎT XVI - Motu Proprio

 

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