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19 Avril 2005
 

Ce que le pape Benoît XVI a vraiment fait

 

Le 15 juillet 2007 - (E.S.M.) - À écouter la presse ou le poste, l’Église entrerait dans une « ère glaciaire » mettant un terme au « dégel » provoqué par le concile Vatican II... Le pape Benoît XVI aurait de nouveau autorisé la « Messe en latin » (comme si elle avait jamais été interdite) !

Ce joyau de culture et de religion  -  Pour agrandir l'image: Cliquer

Ce que le pape Benoît XVI a vraiment fait

L'ÉGLISE RETOURNE-T-ELLE EN ARRIÈRE...!?

On doit être reconnaissant aux médias français de leur constante impéritie en matière religieuse; elle offre au moins une certitude: qu’il ne faut pas leur demander, sur ce sujet, faits objectifs ou éclaircissements sensés ! Nous en avons une nouvelle fois la preuve ces jours-ci, à l’occasion de la publication de deux documents pontificaux à caractère sensible : une Lettre apostolique du pape Benoît XVI sur la liturgie, et une réponse de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi à quelques questions concernant la doctrine sur l'Église.

À écouter la presse ou le poste, l’Église entrerait dans une « ère glaciaire » mettant un terme au « dégel » provoqué par le concile Vatican II... Le pape aurait de nouveau autorisé la « Messe en latin » (comme si elle avait jamais été interdite) ! L’Église réaffirmerait avec arrogance sa prétention à détenir la vérité (quand jamais autant qu’avec Benoît XVI le dialogue œcuménique n’a été poussé et récompensé par des fruits visibles) ! Ainsi, l’heure de la revanche aurait sonné pour les traditionalistes, et les jeunes troupes catholiques identitaires auraient enfoncé le front tenu par les vétérans essoufflés du progressisme chrétien (comme si la vie de l’Église – par une comparaison maligne avec les rapports de force politiques régnant en France – consistait en l’affrontement permanent de tendances et de sensibilités !).

Alors, gardons raison, lisons ce que vient d’écrire le pape Benoît XVI, et demandons-nous ce qu’il veut signifier à l’Église de notre temps.

Le "Motu Proprio Summorum Pontificum"

Prenons d’abord connaissance du Motu Proprio du 7 juillet dernier.

Ce que le pape a vraiment fait...
La décision est claire et frappante : le pape étend de manière extrêmement large la possibilité de célébrer la Messe et les sacrements comme on le faisait dans l’Église romaine juste avant les décennies 1960-1970, qui virent la mise en œuvre de la réforme liturgique demandée par le concile Vatican II (1962-1965). Qu’est-ce que cela signifie, sur le fond comme en pratique ?

Un principe fondamental
Le pape Benoît XVI commence par rappeler un principe essentiel : toujours et partout, l’Église a la mission de veiller à l’harmonie entre la Foi et son expression publique dans la liturgie, permettant ainsi, selon l’adage traditionnel, que la lex credendi (la règle de ce qu’il faut croire) soit ancrée toujours dans la lex orandi (la règle de ce qu’il faut dire dans la prière).
Cet art de prier en parfaite harmonie avec la foi a atteint en Occident une forme achevée dans le rite romain, ce joyau de culture et de religion qui, depuis quinze siècles, « a été un stimulant pour la vie spirituelle d’innombrables saints », qui « a affermi beaucoup de peuples par la religion et fécondé leur piété ».

Un brin d’histoire...
La liturgie romaine s’est enrichie et propagée au cours des âges sous l’impulsion des papes qui, pour certains, l’ont marquée d’une empreinte profonde, tels saint Léon le Grand et saint Grégoire le Grand au tout début du moyen-âge, saint Pie V, Clément VIII et Urbain VIII à l’époque classique, et, au cœur du Mouvement liturgique qui a parcouru le XXe s., les papes « liturges » que furent saint Pie X, Benoît XV et Pie XII. Enfin, à l’approche du concile Vatican II, le bienheureux Jean XXIII approuva, en 1962, une nouvelle édition du Missel Romain présentant les rites de cette antique liturgie.
Quelques années plus tard, à la suite du concile Vatican II, « le souverain Pontife Paul VI approuva en 1970 des livres liturgiques restaurés et partiellement rénovés de l’Église latine; ceux-ci, traduits partout dans le monde en de nombreuses langues modernes, ont été accueillis avec plaisir par les Évêques comme par les prêtres et les fidèles. » Ce Missel est utilisé habituellement dans nos paroisses pour la célébration eucharistique. Édité en latin, il peut être employé indifféremment dans cette langue sacrée (ainsi qu’on peut l’entendre quotidiennement à Rome, dans de nombreux monastères ou... à Saint-Raphaël par exemple) ou bien, comme c’est le cas le plus fréquent, dans ses traductions en langue vivante.

Du neuf à partir de l’ancien...
Depuis l’entrée en vigueur de ce Missel de Paul VI (1969), l’usage de la liturgie de 1962 (le « Missel du bienheureux Jean XXIII») était considéré comme exceptionnel. Il semblait clair, en effet, que le Missel de 1969 avait pris naturellement la suite de celui de 1962 comme livre de la liturgie romaine, à la manière dont une réforme constitutionnelle aurait modifié la Constitution pour l’adapter aux besoins du temps, sans pour autant changer de République ! L’Église avait « fait du neuf à partir de l’ancien ».
Dès lors, sauf situation d’exception, le Missel de 1962 n’avait plus théoriquement de raison d’être, puisqu’on le disait assumé et intégré dans le Missel restauré par Paul VI, lequel missel – répétons-le parce que toutes les apparences, unies aux bêlements médiatiques, conspirent à suggérer le contraire – n’excluait en aucune façon la langue latine, ni le chant grégorien, ni le hiératisme des cérémonies, ni même l’utilisation des anciens autels tournés vers l’abside.

Deux formes de l’unique rite romain

Voici pourtant que, dans son Motu Proprio du 7 juillet, Benoît XVI présente les choses d’une manière très nouvelle, et sans doute est-ce la principale surprise de cette Lettre apostolique, qui a totalement échappé à nos fabricants d’information !
Le pape explique que « le Missel romain promulgué par Paul VI est l’expression ordinaire de la « lex orandi » de l’Église catholique de rite latin. Le Missel romain promulgué par saint Pie V et réédité par le bienheureux Jean XXIII doit être considéré comme l’expression extraordinaire de la même « lex orandi » de l’Église et être honoré en raison de son usage vénérable et antique. Ces deux expressions de la « lex orandi » de l’Église sont en effet deux mises en œuvre de l’unique rite romain. Il est donc permis de célébrer le Sacrifice de la Messe suivant l’édition type du Missel romain promulgué par le bienheureux Jean XXIII en 1962 et jamais abrogé, en tant que forme extraordinaire de la Liturgie de l’Église. »
Sont ensuite édictées les dispositions pratiques encadrant la célébration de la liturgie romaine dans sa « forme extraordinaire » – celle de 1962 – dispositions d’une extrême libéralité puisque la faculté en est accordée à tout prêtre catholique pour son usage privé, et aussi à la requête d’un groupe stable de fidèles qui le désirent, tant pour la Messe que pour les sacrements.

Vraiment pas une question de latin !

Apparaît alors la vraie question, qui n’est pas, c’est évident, celle du latin ! Si le Missel de 1969 se présente comme la continuation homogène de la liturgie traditionnelle, pour quelle raison redonner vie à sa forme immédiatement antérieure, telle que l’a fixée le «bon pape Jean» juste avant le Concile ? S’il s’agissait de rendre leur dignité à des célébrations modernes passablement appauvries, ne suffisait-il pas d’inviter les prêtres à célébrer la Messe de Paul VI en respectant plus exactement la tradition, en conservant les parties latines essentielles comme le demandait le Concile lui-même, en cessant de reléguer le chant grégorien dans les rayons de la FNAC et les trésors de l’art liturgique dans les musées du patrimoine ?
Pourquoi affirmer – chose vraiment nouvelle – que l’unique rite de l’Église romaine peut être désormais célébré de manière tantôt ordinaire, tantôt extraordinaire, suivant l’un ou l’autre missel ? Y aurait-il des chrétiens, ou des prêtres, ou des situations ordinaires, et d’autres, extraordinaires ? La forme ordinaire, héritée du Concile, ne se suffirait-elle pas à elle-même ?

Le pape s’explique…

Le Saint-Père, très conscient des réactions confuses que susciterait sa décision, a pris soin de l’accompagner d’une longue Lettre personnelle, adressée aux évêques du monde entier. Cette lettre s’articule en deux parties: une partie « négative » où le pape entend dissiper une double inquiétude, et une partie « positive » où il donne la raison profonde de sa décision pastorale.

Une situation nouvelle
La première inquiétude qui pouvait surgir était « la crainte d’amenuiser ainsi l’autorité du Concile Vatican II, et de voir mettre en doute une de ses décisions essentielles : la réforme liturgique. Cette crainte n’est pas fondée. » En effet, il doit être clair que le Missel de Paul VI demeure la forme normale du rite romain.
Surtout, le pape Benoît XVI invite à mesurer une réalité pastorale qui était peu prévisible au moment où la liturgie restaurée par Vatican II est entrée en vigueur, et qui reste peu connue des chrétiens « ordinaires » : « Il s’est vite avéré que beaucoup de personnes restaient fortement attachées à cet usage [antérieur] du Rite romain, qui leur était devenu familier depuis l’enfance. » Et de préciser d’une manière éclairante que « ceci s’est produit avant tout dans les pays où le mouvement liturgique avait donné à de nombreuses personnes une remarquable formation liturgique, ainsi qu’une familiarité profonde et intime avec la forme antérieure de la célébration liturgique ».
Benoît XVI ajoute encore un élément au tableau : « Aussitôt après le Concile Vatican II, on pouvait supposer que la demande de l’usage du Missel de 1962 aurait été limitée à la génération plus âgée, celle qui avait grandi avec lui, mais entre-temps il est apparu clairement que des personnes jeunes découvraient également cette forme liturgique, se sentaient attirées par elle et y trouvaient une forme de rencontre avec le mystère de la Très Sainte Eucharistie qui leur convenait particulièrement. » À cette situation nouvelle, le droit liturgique de l’Église devait s’adapter : c’est chose faite avec ce Motu Proprio qui entend pourvoir du mieux possible au bien des âmes.
En second lieu « a été exprimée la crainte qu’une plus large possibilité d’utiliser le Missel de 1962 puisse porter à des désordres, voire à des fractures dans les communautés paroissiales. Cette crainte ne me paraît pas non plus réellement fondée. L’usage de l’ancien Missel présuppose un minimum de formation liturgique et un accès à la langue latine ; ni l’un ni l’autre ne sont tellement fréquents. De ces éléments préalables concrets découle clairement le fait que le nouveau Missel restera certainement la Forme ordinaire du Rite Romain, non seulement en raison des normes juridiques, mais aussi à cause de la situation réelle dans lesquelles se trouvent les communautés de fidèles. »

Surtout, une œuvre de réconciliation...
Ayant dissipé les fausses inquiétudes, Benoît XVI peut livrer son intention profonde et la gravité de son motif : « Il s’agit de parvenir à une réconciliation interne au sein de l’Église. » On ne doit pas oublier, en effet, que l’Église est blessée depuis 1988 par une division « perçue de façon toujours plus douloureuse » : la fracture occasionnée par l’acte schismatique de Mgr Marcel Lefebvre, consacrant des évêques sans le mandat du pape et entraînant à sa suite, dans une critique radicale de « l’Église conciliaire », de nombreux prêtres et fidèles.
Les chrétiens, plus que jamais épris d’unité œcuménique, oublient souvent ces baptisés-là, engagés certes sur une voie périlleuse de désunion, mais appelés eux aussi à la pleine communion, intérieure et extérieure, avec l’Église. Le pape, lui, ne veut pas les oublier ; il en fait une question vitale pour l’unité du Corps du Christ : « En regardant le passé, les divisions qui ont lacéré le corps du Christ au cours des siècles, on a continuellement l’impression qu’aux moments critiques où la division commençait à naître, les responsables de l’Église n’ont pas fait suffisamment pour conserver ou conquérir la réconciliation et l’unité ; (...) Ce regard vers le passé nous impose aujourd’hui une obligation : faire tous les efforts afin que tous ceux qui désirent réellement l’unité aient la possibilité de rester dans cette unité ou de la retrouver à nouveau. »
Notre évêque, Mgr Rey, commente à ce sujet que « certaines personnes n’ont pas compris la réforme liturgique. On ne l’a pas suffisamment expliquée et mise en œuvre avec pédagogie. Il y a eu des abus dans l’application. Dans la lettre aux évêques qui accompagne le Motu Proprio, Benoît XVI parle des “déformations de la liturgie, à la limite du supportable, et je parle d’expérience...” Ces désordres ont favorisé ou entretenu des crispations et des raidissements qui ont parfois entraîné à des rejets du Concile Vatican II, et donc conduit au schisme.» Et il conclut : « Ce Motu Proprio s’inscrit dans la volonté d’établir une vraie communion avec les chrétiens attachés à la liturgie ancienne qui doivent trouver leur place dans l’Église conciliaire. »
Voilà le sens de la décision pontificale : attester devant ceux que la « crise liturgique » post-conciliaire a fragilisés dans leur attachement à l’Église, que leur « passion des formes liturgiques précédentes » peut et doit être vécue comme une fidélité à la lex credendi et à la lex orandi, à la Foi inchangée de l’Église, célébrée ordinairement par le Missel de 1969, et extraordinairement par celui du bienheureux Jean XXIII.

... mais aussi un appel au progrès liturgique
En outre, Mgr Rey ajoute que « ce Motu Proprio n’a pas seulement pour but de résoudre une crise schismatique. Il entend répondre à des aspirations légitimes de mettre en valeur la richesse de la Messe tridentine, qui fait partie du patrimoine liturgique de l’Église.» La démarche du pape comprend donc aussi un volet prospectif : le mutuel enrichissement des deux formes désormais clairement identifiées du rite romain, afin de parvenir à une célébration toujours plus belle, digne et intérieure du mystère eucharistique.
Ainsi s’exprime le Saint-Père : « Les deux formes d’usage du rite romain peuvent s’enrichir réciproquement : dans l’ancien Missel pourront être et devront être insérés les nouveaux saints, et quelques-unes des nouvelles préfaces. (...) Dans la célébration de la Messe selon le Missel de Paul VI, pourra être manifestée de façon plus forte que cela ne l’a été souvent fait jusqu’à présent, cette sacralité qui attire de nombreuses personnes vers le rite ancien. » En effet, achève-t-il, «ce qui était sacré pour les générations précédentes reste grand et sacré pour nous, et ne peut à l’improviste se retrouver totalement interdit, voire considéré comme néfaste. Il est bon pour nous tous, de conserver les richesses qui ont grandi dans la foi et dans la prière de l’Église». C’est le principe même de la Tradition ecclésiale !

Laissons à notre évêque le mot de la fin: « Ce Motu Proprio peut-être une chance pour la communion. Son application nécessitera des conversions, de sortir des préjugés et des anathèmes, dans la fidélité aux acquis de Vatican II. »

Thomas Diradourian, vicaire

Table : Motu Proprio

Texte intégral du Motu Proprio: Publication du "Motu Proprio Summorum Pontificum"
Motu Proprio Summorum Pontificum (doc. word)

Lettre explicative:
Lettre du pape Benoît XVI aux évêques
Lettre du pape Benoît XVI accompagnant le motu proprio (doc. word)


Pour les érudits qui veulent en savoir plus: 777 MISSALE ROMANUM

Constitution apostolique : Le Missel romain restauré. (3 avril 1969)

784 La Prière eucharistique
785 L'Ordinaire de la messe
786 Les lectures
787 Autres modifications
 

Sources: Thomas Diradourian, diocèse St Raphaël -   - E.S.M.

Ce document est destiné à l'information; il ne constitue pas un document officiel

Eucharistie, sacrement de la miséricorde - (E.S.M.) 15.07.2007 - BENOÎT XVI - Table Motu Proprio

 

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