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19 Avril 2005
 

Benoît XVI demande de promouvoir la dignité de la femme

 

Cité du Vatican, le 12 février 2008  - (E.S.M.) - Le pape Benoît XVI a reçu les participants au congrès international intitulé "Femme et homme, l'Humanum dans sa plénitude", et organisé par le Conseil pontifical pour les laïcs à l'occasion du vingtième anniversaire de la publication de la Lettre apostolique Mulieris Dignitatem.

Le pape Benoît XVI - Pour agrandir l'image Cliquer

Benoît XVI demande de promouvoir la dignité de la femme

Synthèse du discours du Saint-Père - texte intégral en 2e partie

Le pape Benoît XVI a reçu ce matin les participants au congrès international intitulé "Femme et homme, l'Humanum dans sa plénitude", et organisé par le Conseil pontifical pour les laïcs à l'occasion du vingtième anniversaire de la publication de la Lettre apostolique Mulieris Dignitatem.

Le Pape a d'abord souligné que "la relation homme-femme dans sa spécificité, réciprocité et complémentarité constitue sans aucun doute un point central de la question anthropologique aussi décisive dans la culture contemporaine". Il a ensuite rappelé les nombreux documents que l'Eglise a dédié à ce thème comme « Mulieris Dignitatem » ou la Lettre aux femmes du même Jean-Paul II (1995), sans oublier la Lettre aux évêques de l'Eglise catholique sur la collaboration de l'homme et de la femme dans l'Eglise et dans le monde, de la Congrégation pour la doctrine de la foi.

Le Saint-Père a ensuite rappelé "les vérités anthropologiques fondamentales de l'homme et de la femme, leur égale dignité et l'unité des deux, la radicale et profonde diversité entre le masculin et le féminin et leur vocation à la réciprocité et à la complémentarité, à la collaboration et à la communion". "Cette unité-dualité -a t-il poursuivi- se base sur le fondement de la dignité de chaque personne, créée et imaginé à la ressemblance de Dieu, que "homme et femme, il les créa" en évitant une uniformité indistincte et une plate égalité et appauvrie tout autant qu'une différence abyssale et conflictuelle. Pourtant, lorsque l'homme et la femme prétendent être autonomes et totalement auto-suffisants -a averti Benoît XVI- ils risquent de rester enfermés dans une auto-réalisation qui considère comme une conquête de la liberté, le dépassement de tout lien naturel, social ou religieux, alors qu'elle les réduit en réalité à une oppressante solitude".

Le Saint-Père a ensuite insisté sur la nécessité d'"une recherche anthropologique renouvelée qui, sur la base de la grande tradition chrétienne, incorpore les nouvelles avancées scientifiques et les sensibilités culturelles actuelles, pour contribuer à approfondir non seulement l'identité féminine mais aussi l'identité masculine dont il n'est pas rare qu'elle soit l'objet elle aussi de réflexions partiales et idéologiques". Benoît XVI a également rappelé que lors de la  Ve Conférence générale de l'épiscopat latino-américain et caraïbe (2007), il avait été fait mention de "la persistance d'une mentalité machiste qui ignore la nouveauté du christianisme, lequel reconnaît et proclame l'égale dignité et responsabilité de l'homme et de la femme".

"Il existe des lieux et des cultures où la femme fait l'objet de discrimination ou est sous-estimée par le seul fait d'être une femme -a rappelé le Pape-, où l'on recourt à des arguments religieux où aux pressions familiales, sociales et culturelles, pour soutenir la disparité des sexes, où sont commis des actes de violence à l'égard de la femme en la rendant objet de mauvais traitements et d'exploitation publicitaire... Face à des phénomènes aussi graves et persistant, - a ajouté le Saint-Père - l'engagement des chrétiens est encore plus urgent pour qu'ils deviennent partout les promoteurs d'une culture qui reconnaisse à la femme, dans le droit et dans la réalité des faits, la dignité qui lui revient".

Le Pape a poursuivi en affirmant que "Dieu a confié à l'homme et à la femme. une vocation spécifique et une mission dans l'Eglise et dans le monde", et a cité la famille comme "communauté d'amour ouvert à la vie, cellule fondamentale de la société", où "la femme et l'homme accomplissent ensemble un rôle irremplaçable face à la vie".

"Depuis leur conception - a encore ajouté Benoît XVI -, les enfants ont le droit de pouvoir compter sur leur père et sur leur mère qui prennent soin d'eux et les accompagnent dans leur croissance. L'Etat, quant à lui, doit appuyer sur des politiques sociales adéquates tout ce qui promeut la stabilité et l'unité du mariage, la dignité et la responsabilité des conjoints, leur droit et devoir irremplaçable d'éducateurs d'enfants".

Le Saint-Père a conclu en invoquant l'intercession de la Vierge Marie "pour qu'elle aide les femmes d'aujourd'hui à réaliser leur vocation et leur mission dans la communauté ecclésiale et civile".


Texte intégral du discours du Saint-Père

Chers frères et sœurs,

Je suis très heureux de vous accueillir et de vous saluer, vous qui participez au congrès international sur le thème : « Femme et homme, l'humanum dans son intégralité », organisé à l'occasion du XXe anniversaire de la publication de la Lettre apostolique « Mulieris Dignitatem ». Je salue le cardinal Stanislaw Rylko, Président du Conseil pontifical pour les laïcs, et je le remercie de s'être fait l'interprète des sentiments de tous. Je salue le secrétaire, Mgr Josef Clemens, les membres et les collaborateurs du dicastère. Je salue de manière particulière les femmes qui sont ici en majorité, et qui ont enrichi les travaux du congrès de leur expérience et de leurs compétences.

Le thème sur lequel vous réfléchissez est d'une grande actualité : depuis la deuxième moitié du XXe siècle jusqu'à nos jours, le mouvement de valorisation de la femme dans les différentes instances de la vie sociale a suscité de nombreuses réflexions et débats, et a vu se multiplier les initiatives que l'Eglise catholique a suivies et souvent accompagnées avec un grand intérêt. La relation homme-femme dans leur spécificité, réciprocité et complémentarité respective, constitue sans aucun doute un point central de la « question anthropologique », particulièrement décisive dans la culture contemporaine. De nombreuses interventions et documents pontificaux ont abordé la réalité naissante de la question de la femme. Je me limite à rappeler ceux de mon bien-aimé prédécesseur Jean-Paul II qui, en juin 1995, voulut écrire une Lettre aux femmes, et qui le 15 août 1988, il y a exactement vingt ans, publia la Lettre apostolique Mulieris dignitatem. Ce texte sur la vocation et la dignité de la femme, d'une grande richesse théologique, spirituelle et culturelle, a, à son tour, inspiré la Lettre aux évêques de l'Eglise catholique sur la collaboration de l'homme et de la femme dans l'Eglise et dans le monde, de la Congrégation pour la doctrine de la foi.

Dans Mulieris dignitatem, Jean-Paul II a voulu approfondir les vérités anthropologiques fondamentales de l'homme et de la femme, l'égale dignité et l'unité des deux, la diversité enracinée et profonde entre l'homme et la femme et leur vocation à la réciprocité et à la complémentarité, à la collaboration et à la communion (cf. n. 6). Cette unité-dualité de l'homme et de la femme se base sur le fondement de la dignité de toute personne, créée à l'image et à la ressemblance de Dieu qui « les créa homme et femme » (cf. Gn 1, 27), évitant aussi bien une uniformité indistincte et une égalité aplatie et appauvrie qu'une différence abyssale et conflictuelle (cf. Jean-Paul II, Lettre aux femmes, 8). Cette unité-dualité porte en elle, inscrite dans les corps et dans les âmes, la relation avec l'autre, l'amour pour l'autre, la communion interpersonnelle qui indique « dans la création de l'homme a été inscrite aussi une certaine ressemblance de la communion divine » (n. 7). Par conséquent, lorsque l'homme et la femme prétendent être autonomes et entièrement autosuffisants, ils risquent de s'enfermer dans une autoréalisation qui considère comme une conquête de liberté le dépassement de tout lien naturel, social ou religieux, mais qui de fait les réduit à une solitude opprimante. Pour favoriser et soutenir la réelle promotion de la femme et de l'homme, on ne peut pas ne pas tenir compte de cette réalité.

Nous avons assurément besoin d'une recherche anthropologique renouvelée qui, sur la base de la grande tradition chrétienne intègre les nouveaux progrès de la science et les données concernant les sensibilités culturelles d'aujourd'hui, contribuant ainsi à approfondir non seulement l'identité féminine mais aussi masculine qui est également souvent l'objet de réflexions partiales et idéologiques. Face à des courants culturels et politiques qui cherchent à éliminer ou au moins à voiler et confondre les différences sexuelles inscrites dans la nature humaine, les considérant une construction culturelle, il est nécessaire de rappeler le dessein de Dieu qui a créé l'être humain homme et femme, avec une unité et dans le même temps une différence originelle et complémentaire. La nature humaine et la dimension culturelle s'intègrent dans un processus ample et complexe qui constitue la formation de l'identité, où les deux dimensions, féminine et masculine, correspondent l'une à l'autre et se complètent.

En ouvrant les travaux de la Ve Conférence générale de l'épiscopat latino-américain et des Caraïbes, en mai dernier au Brésil, j'ai eu l'occasion de rappeler combien persiste encore une mentalité machiste, qui ignore la nouveauté du christianisme qui reconnaît et proclame l'égale dignité et responsabilité de la femme par rapport à l'homme. Il y a des lieux et des cultures où la femme est discriminée et sous-évaluée pour le seul fait d'être femme, où l'on a même recours à des arguments religieux et à des pressions familiales, sociales et culturelles pour soutenir la disparité des sexes, où sont perpétrés des actes de violence à l'égard de la femme, faisant d'elle un objet de mauvais traitements et d'exploitation dans la publicité et dans l'industrie de la consommation et du divertissement. Face à des phénomènes aussi graves et persistants, l'engagement des chrétiens apparaît encore plus urgent, afin qu'ils deviennent partout les promoteurs d'une culture qui reconnaisse à la femme, dans le droit et dans la réalité des faits, la dignité qui lui revient.

Dieu confie à la femme et à l'homme, selon leurs spécificités, une vocation et une mission particulière dans l'Eglise et dans le monde. Je pense ici à la famille, communauté d'amour ouverte à la vie, cellule fondamentale de la société. Dans la famille, la femme et l'homme, grâce au don de la maternité et de la paternité, exercent ensemble un rôle irremplaçable à l'égard de la vie. Dès le moment de leur conception, les enfants ont le droit de pouvoir compter sur le père et la mère qui prennent soin d'eux et les accompagnent dans leur croissance. L'Etat, quant à lui, doit soutenir, par des politiques sociales appropriées, tout ce qui promeut la stabilité et l'unité du mariage, la dignité et la responsabilité des conjoints, leur droit et leur devoir irremplaçable d'éducateurs de leurs enfants. Par ailleurs, il est nécessaire que la femme ait également la possibilité de collaborer à la construction de la société, en valorisant son « génie féminin » caractéristique.

Chers frères et sœurs, je vous remercie encore une fois de votre visite et, tout en souhaitant beaucoup de succès aux travaux du congrès, je vous assure de mon souvenir dans la prière, invoquant l'intercession maternelle de Marie, afin qu'elle aide les femmes de notre époque à réaliser leur vocation et leur mission dans la communauté ecclésiale et civile. Avec ces vœux, je vous accorde à vous ici présents et à ceux qui vous sont chers, une bénédiction apostolique spéciale.

Texte original du discours du Saint Père Italien

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SSources:  www.vatican.va  080212 (680) - (© traduction E.S.M.)

© Copyright 2007 du texte original - Libreria Editrice Vatican

Eucharistie sacrement de la miséricorde - (E.S.M.) 12.02.2008 - BENOÎT XVI

 

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