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19 Avril 2005
 

Motu Proprio de Benoît XVI, réflexions autour d'un Missel

 

Le 11 octobre 2007 - (E.S.M.) - Benoît XVI est pape et théologien de la charité. Il faut souhaiter qu'en cette réception du Motu proprio, nous adoptions la vue de sagesse théologale qui est celle de notre pape.

Abbaye Sainte Marie de Lagrasse-  Pour agrandir l'image: Cliquez

Motu Proprio de Benoît XVI, réflexions autour d'un Missel

De la dignité d'un livre

Est-ce un paradoxe qu'en notre société du multimédia, du virtuel et de l'image, un Missel, un livre ancien donc, soit l'objet de tant d'attentions, de réflexions, voire de controverses ? Ou s'agit-il d'un événement significatif, ébauche d'une réponse à la crise du sens, à celle aussi des «formes » qu'évoquait Jean-Paul II en son encyclique Ecclesia De Eucharistia (n. 52). [ (...) en raison d'un sens mal compris de la créativité et de l'adaptation les abus n'ont pas manqué, et ils ont été des motifs de souffrance pour beaucoup. Une certaine réaction au « formalisme » a poussé quelques-uns, en particulier dans telle ou telle région, signalait le pape Jean-Paul II, à estimer que les « formes » choisies par la grande tradition liturgique de l'Église et par son Magistère ne s'imposaient pas, et à introduire des innovations non autorisées et souvent de mauvais goût (...) ]

L'historien Jean Sévillia soulignait récemment le caractère périssable du livre contemporain : des centaines de milliers d'exemplaires d'ouvrages, rédigés à la veille des élections présidentielles par les candidats, furent mis au pilon dès le mois de mai après leur échec électoral, symbolisant cette destinée « fugace » de l'écrit moderne. Le livre comme le magazine vivent au rythme d'un temps fugitif où triomphe l'image virtuelle informatique et passagère.

Pérennité du Missel. Tout autre est la destinée du livre dont nous devons parler : ce Missel traverse les époques et nous rejoint, enrichi dans ce long parcours. Comme la Bible, il est vénéré, porté en procession, encensé. Il n'appartient plus au monde des objets profanes.

Dans cette crise qui est aussi celle du rite, avec la suprématie du subjectivisme et de l'émotionnel, le Missel peut nous offrir une réponse: il donne forme rituelle et opérante à nos gestes, à nos voix, à nos prières, il les ordonne en une action sacrée et les rattache à une tradition antique. Toujours l'esprit humain a eu besoin d'une forme extérieure par laquelle sa richesse pouvait se communiquer: ce Missel vénérable, dans son édition du bienheureux Jean XXIII, nous la donne de façon éminente.

Le rite, ensemble culturel et héritage sacré, vit par lui. Par sa médiation, dirigeant la voix et le geste du célébrant, nous advient le mystère du Christ toujours vivant.

Par le missel peut être évitée la rupture que constituerait ce que Benoît XVI nomme l' « obligation de la créativité », qui a tant dévalorisé le Missel comme livre, comme instance normative et continuité culturelle.

"Plus-que-moderne". Le pape Benoît XVI, en sa Lettre aux évêques du 7 juillet 2007, évoque ces fidèles « attachés à cet usage du Rite romain ». Mais à quoi sont-ils attachés ? Font-ils preuve de « nostalgie » envers une forme antique de la prière liturgique ? Ou manifestent-ils de l'attrait pour la richesse des symboles que ce Missel véhicule ? Parfois unies, ces deux lignes d'analyse ne sont cependant pas réductibles l'une à l'autre.

Nous employons à dessein le terme de « nostalgie », si péjoratif pourtant sous la plume de tant de modernes. Car la tradition contient des formes positives et dogmatiques de la « nostalgie » chrétienne, bien étudiées par exemple par le théologien F. Giardini. Le passé évangélique illumine l'espérance du baptisé. Ainsi la liturgie doit célébrer Celui qui est tant espéré mais doit revenir à l'Orient, "de la même manière que nous l'avons vu s'élever dans le ciel" (Ac 1, 11).

Durant le dernier Congrès liturgique du CIEL à Rome, Mgr Meeking décrivait l'« archaïque comme ce qui n'est plus d'usage ordinaire mais que l'on conserve à des fins particulières ». Et, pouvait-t-il ajouter, beaucoup de catholiques contemporains « n'ont pas compris que l'archaïque, dans un sens sociologique, peut être tout aussi contemporain que la physique nucléaire; dans ce sens, l'archaïque n'a rien à voir avec l'obsolète ». Ainsi, la prière liturgique vers l'Orient peut bien apparaître comme archaïsante, elle n'est pas obsolète.

Bien plus, oserions-nous dire en retournant une formule du directeur du périodique La Vie, les « archaïsmes » du Missel de 1962 seront désormais jugés « plus-que-modernes ». Car le symbolisme n'est pas obsolète : il donne à voir et projette vers la présence du Christ mort et ressuscité, vivant devant nous dans le rite sacré, et introduisant à l'Au-delà.

C'est pourquoi tant de jeunes apprécient dans le Missel de 1962 ce symbolisme, instrument d'une «forme de rencontre avec le Mystère de la Très Sainte Eucharistie » rappelle le pape Benoît XVI dans la lettre qui accompagne le Motu Proprio Summorum Pontificum. Ils ne sont pas « nostalgiques », au sens journalistique; mais au sens chrétien liturgique évoqué plus haut, ils sont « plus-que-modernes ».

La charité qui unit. Le liturgiste D. Sartore avait évoqué « une crise liturgique que l'on ne peut nier [...] qui est avant tout une crise du symbolisme liturgique ». Nul ne le contestera. Mais le danger serait d'y vouloir répondre en déplaçant le champ symbolique vers ce que Mgr Mannion appelait une « subjectivisation de la réalité ». L'individu (ou le petit groupe) se poserait alors comme réfèrent pour le sens symbolique. Ce sens pourrait alors devenir fluctuant et immanent à la communauté. En revanche, le Missel du bienheureux Jean XXIII nous appelle à « objectiviser » la présence sacramentelle de Dieu. Comme livre, sa médiation unit, au-delà de toute expérience subjective des fidèles.

Paradoxalement, ce sens objectif - quoique mystérique - du symbolisme, ramène la liturgie à être « dominée par la pensée et non par le sentiment », ainsi que l'écrivait R. Guardini. C'est ainsi qu'elle est unifiante. Mais la liturgie se doit alors d'être une action mue par la charité, dans le mouvement théologal de l'acte rituel.

Car, malheur à la liturgie sans charité ! Le Père Dehau remarquait que, dans les communautés où ne régnait pas la charité, la liturgie devenait vite l'occasion de divisions. Benoît XVI est pape et théologien de la charité. Il faut souhaiter qu'en cette réception du Motu proprio, nous adoptions la vue de sagesse théologale qui est celle de notre pape.

Mgr Emmanuel-Marie
Abbé des chanoines réguliers de la Mère de Dieu (abbaye de Lagrasse)
 

Sources:  Abbatiale

Ce document est destiné à l'information; il ne constitue pas un document officiel

Eucharistie, sacrement de la miséricorde - (E.S.M.) 11.10.2007 - BENOÎT XVI - T/M.P.

 

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