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19 Avril 2005
 

A Rome Benoît XVI a prié pour le père Ragheed, martyr

 

ROME, le 5 Juin 2007 - (E.S.M.) - L’Eglise chaldéenne les a aussitôt pleurés comme des martyrs. A Rome Benoît XVI a prié. Le père Ragheed était l’un des prêtres qui donnaient le témoignage d’une vie chrétienne avec le plus de clarté et de courage, dans un des pays les plus ravagés.

Le père Ragheed   -  Pour agrandir l'image: C'est ici (vous devrez cliquer à nouveau sur la petite photo)

A Rome Benoît XVI a prié pour le père Ragheed, martyr

La dernière messe du père Ragheed, martyr de l'Eglise Chaldéenne
Ils l'ont tué à Mossoul, avec trois des ses sous-diacres. Dans un Irak ravagé, c'était un homme et un chrétien qui témoignait de sa foi avec clarté et courage. Voici un portait écrit par quelqu'un qui le connaissait bien

par Sandro Magister

Ils l’ont tué le dimanche suivant la Pentecôte, après qu’il a célébré la messe dans l’église de sa paroisse consacrée à l’Esprit Saint, à Mossoul.

Ils ont tué le père Ragheed Ganni, un prêtre catholique chaldéen, ainsi que les trois sous-diacres qui étaient avec lui, Basman Yousef Daud, Wahid Hanna Isho, Gassan Isam Bidawed. Les assaillants ont éloigné la femme de ce dernier et ont abattu les quatre hommes de sang froid. Puis, ils ont placé des véhicules remplis d’explosifs autour de leurs corps pour que personne n’ose s’approcher. C’est seulement tard dans la soirée que la police de Mossoul est parvenue à désamorcer les engins et à recueillir les corps.

L’Eglise chaldéenne les a aussitôt pleurés comme des martyrs. A Rome Benoît XVI a prié. Le père Ragheed était l’un des prêtres qui donnaient le témoignage d’une vie chrétienne avec le plus de clarté et de courage, dans un des pays les plus ravagés.

Il était né à Mossoul il y a 35 ans. Ingénieur diplômé de l’université de Mossoul en 1993, il avait étudié, de1996 à 2003, la théologie à Rome à l’Angelicum, l’Université Pontificale Saint Thomas d’Aquin, où il avait obtenu la licence en théologie œcuménique. Il parlait couramment, en plus de l’arabe, l’italien, le français et l’anglais. Il était le correspondant de l’agence internationale "Asia News", de l’Institut Pontifical des Missions Etrangères.

Le jour suivant son martyre "Asia News" en a publié ce portrait:

"L’Eucharistie nous rend la vie que les terroristes essaient de nous ôter"

"Sans la messe du dimanche, sans l’eucharistie, les chrétiens ne peuvent pas vivre en Irak": le père Ragheed racontait ainsi l’espoir de sa communauté, habituée à voir chaque jour la mort en face, cette même mort qui l’attendait hier après-midi, au retour de la messe.

Après avoir nourri ses fidèles du corps et du sang du Christ, il a offert aussi son propre sang, sa vie, pour l’unité de l’Irak et l’avenir de son Eglise.

Ce jeune prêtre avait choisi, tout à fait consciemment, de rester à côté de ses fidèles, dans sa paroisse consacrée à l’Esprit Saint, à Mossoul, la ville considérée comme la plus dangereuse en Irak après Bagdad. La raison est simple: sans lui, sans son pasteur, le troupeau se serait égaré. Dans la barbarie des kamikazes et des bombes une chose au moins était certaine et donnait la force de résister: "Le Christ – disait Ragheed – avec son amour sans limites défie le mal, nous garde unis, et nous donne, à travers l’Eucharistie, la vie que les terroristes essaient de nous ôter".

Il est mort hier, massacré par une violence aveugle. Que Benoît XVI a qualifié de "meurtre insensé". Il a été abattu en revenant de l’église, où les fidèles, de moins en moins nombreux, de plus en plus désespérés et effrayés, continuaient cependant à se réunir comme ils le pouvaient.

"Les jeunes – c’est ce que Ragheed racontait il y a quelques jours – organisent la surveillance après les attentats déjà subis par la paroisse, après les enlèvements et les menaces permanentes qui visent les religieux. Les prêtres célèbrent la messe parmi les ruines causées par bombes. Les mères voient avec inquiétude leurs enfants défier les dangers et se rendre au catéchisme avec enthousiasme. Les vieux confient à Dieu leurs familles qui fuient l’Irak, ce pays qu’ils ne veulent pas quitter, solidement enracinés dans ces maisons qu’ils ont construites pendant des années à la sueur de leur front et qu’il n’est pas question d’abandonner".

Ragheed était comme eux, comme un père fort qui veut protéger ses enfants: "Notre devoir est de ne pas désespérer. Dieu écoutera nos supplications pour la paix en Irak".

En 2003, après ses études à Rome, il avait décidé de revenir dans son pays, "parce que ma place est là- bas". Il était aussi rentré pour participer à la reconstruction de sa patrie, à la reconstruction d’une "société libre". Il parlait d’un Irak plein d’espoir, avec son sourire attachant: "Saddam est tombé, nous avons élu un gouvernement, nous avons voté une Constitution!". Il organisait des cours de théologie pour les laïques à Mossoul; il consolait les familles en difficulté. Ce mois-ci il était en train de faire soigner à Rome un enfant avec des graves problèmes de vue.

Son témoignage est celui d’une foi vécue avec enthousiasme. Il était l’objet de menaces répétées et de tentatives d’attentat depuis 2004, il avait vu des parents souffrir et des amis partir. Il avait cependant continué jusqu’à la fin de rappeler que cette souffrance, ce massacre, cette anarchie de la violence avaient aussi un sens: il fallait les offrir.

Après l’attaque contre sa paroisse le 1er avril, dimanche des Rameaux, il disait: "Nous nous sommes sentis semblables à Jésus quand il entre à Jérusalem, sachant que la conséquence de Son amour pour les hommes sera la Croix. Nous avons également offert notre souffrance, pendant que les projectiles transperçaient les vitres de l’église, comme signe d’amour pour Jésus".

Il racontait encore il y a quelques semaines: "Nous attendons chaque jour l’attaque décisive mais nous n’arrêterons pas de célébrer la messe. Nous le ferons aussi sous terre, où nous sommes plus à l’abri. Je suis encouragé par mes paroissiens à suivre cette décision. Il s’agit de guerre, de vraie guerre, mais nous espérons porter cette Croix jusqu’à la fin avec l’aide de la Grâce divine".

Et parmi les difficultés quotidiennes il s’étonnait lui-même de réussir ainsi à comprendre d’une façon plus profonde "la grande valeur du dimanche, jour de la rencontre avec Jésus ressuscité, jour de l’unité et de l’amour entre tous, du soutien et de l’entraide".

Ensuite les voitures remplies d’explosifs se sont multipliées; les enlèvements de prêtres à Bagdad et à Mossoul sont devenus de plus en plus fréquents; les sunnites ont commencé à demander un impôt aux chrétiens qui voulaient rester dans leurs maisons, sous peine de les voir confisquées par des miliciens. L’eau, l’électricité, continuent à manquer, les liaisons téléphoniques sont difficiles. Ragheed commence à être fatigué, son enthousiasme faiblit. Jusqu’à admettre, dans son dernier mail à "Asia News", le 28 mai dernier:"Nous sommes sur le point de nous écrouler". Il parle de la dernière bombe qui est tombée sur l’église du Saint Esprit, juste après les célébrations du jour de la Pentecôte, le 27 mai; de la "guerre" qui a éclaté une semaine plus tôt, avec 7 voitures et 10 engins explosifs en quelques heures; du couvre-feu qui pendant trois jours "nous a gardés prisonniers dans nos propres maisons", sans pouvoir célébrer la fête de l’Ascension, le 20 mai.

Il se demande dans quelle direction son pays se dirige: "Dans un Irak sectaire et confessionnel, quelle place sera attribuée aux chrétiens? Nous n’avons pas de soutien, aucun groupe ne se bat pour notre cause, nous sommes seuls dans ce désastre. L’Irak est déjà divisé et ne sera plus jamais le même. Quel avenir pour notre Eglise?".

Mais il confirme aussitôt la force de sa foi, éprouvée mais intacte: "Je peux me tromper, mais une chose, une seule chose, j’ai la certitude qu’elle est vraie, pour toujours: l’Esprit Saint continuera à illuminer des personnes afin qu’elles œuvrent pour le bien de l’humanité, dans ce monde si plein de mal".

Cher Ragheed, avec ton cœur qui crie de douleur, tu nous laisses ton espoir et ta certitude. En te frappant, ils ont voulu anéantir l’espoir de tous les chrétiens en Irak. Cependant, avec ton martyre, tu nourris et tu donnes une nouvelle vie à ta communauté, à l’Eglise en Irak et à l’Eglise universelle aussi. Merci, Ragheed !

Traduction française par Charles de Pechpeyrou, Paris, France.

Benoît XVI exhorte à rejeter toute forme de haine et de violence : Télégramme de condoléances du Saint Père pour le meurtre d'un prêtre catholique et de trois diacres à Mossoul Benoît XVI
 

Sources:  La chiesa.it - E.S.M.

Ce document est destiné à l'information; il ne constitue pas un document officiel

Eucharistie, sacrement de la miséricorde - (E.S.M.) 05.06.2007 - BENOÎT XVI - International/Irak

 

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