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19 Avril 2005
 

 

 Le P.Wojciech Giertych

Le P.Wojciech Giertych, op, nouveau théologien de la Maison pontificale


ROME, Jeudi 1er décembre 2005  – Le pape Benoît XVI a nommé le P.Wojciech Giertych, op, théologien de la Maison pontificale .

 

ROME, Jeudi 1er décembre 2005  – Le pape Benoît XVI a nommé le P.Wojciech Giertych, op, théologien de la Maison pontificale.

En effet, le cardinal Georges Marie Cottier théologien de la Maison pontificale de Jean-Paul II, a atteint la limite d’âge : le Dominicain suisse, né en 1922, est âgé de 83 ans.

Par tradition, le théologien de la Maison pontificale est un Dominicain et le prédicateur de la Maison pontificale un capucin, actuellement, le R.P. Raniero Cantalamessa.

Le nouveau Théologien de la Maison pontificale, le Wojciech Giertych est né en 1951, il a 54 ans.

Il est né à Londres dans une famille polonaise. Spécialisé en histoire, il est aussi titulaire d’un doctorat en Théologie de l’Angelicum. Il était jusqu’ici professeur de théologie morale à la même université pontificale saint Thomas d’Aquin et au Studium des Dominicains de Cracovie.

Il connaît non seulement l’anglais et le polonais, mais le français, l’italien, l’espagnol, l’allemand et le russe. (1)

ZF05120107  (ZENIT.org)

La révélation du Christ, principe normatif fondamental de la théologie
Commission théologique internationale

ROME, Jeudi 1er décembre 2005 
 La révélation du Christ est le principe normatif fondamental de la théologie catholique, explique Benoît XVI.

Pour ce qui est de la méthode théologique catholique, deuxième thème abordé par la Commission théologique internationale, Benoît XVI a affirmé que la théologie « ne peut naître que de l’obéissance à l’impulsion de la vérité et de l’amour qui désire mieux connaître celui qu’il aime », c’est-à-dire Dieu lui-même, qui, « dans son infinie bonté, s’est fait connaître, surtout dans son Fils unique ».

« La révélation du Christ, a-t-il ajouté, est par conséquent le principe normatif fondamental de la théologie ».

« Elle s’exerce toujours dans l’Eglise et pour l’Eglise, continuait le pape, dans la fidélité à la Tradition apostolique. Le travail du théologien doit par conséquent s’accomplir en communion avec le Magistère vivant de l’Eglise et sous son autorité ».

« Considérer la théologie comme une affaire privée du théologien signifie méconnaître sa nature même, faisait observer Benoît XVI. C’est seulement à l’intérieur de la communauté ecclésiale, dans la communion avec les pasteurs légitimes de l’Eglise, que le travail théologique a un sens: il requiert certes la compétence scientifique mais surtout l’esprit de foi et l’humilité de qui sait que le Dieu vivant et vrai, objet de sa réflexion, dépasse infiniment les capacités humaines. Ce n’est que par la prière et la contemplation que l’on peut acquérir le sens de Dieu et la docilité à l’action de l’Esprit Saint, qui rendront la recherche théologique féconde, pour le bien de toute l’Eglise ».

« On pourrait objecter, reprenait le pape: mais, une théologie ainsi définie est encore une science, et en conformité avec notre raison? »

« Oui, répondait Benoît XVI, la rationalité, le caractère scientifique, et penser dans la communion de l’Eglise non seulement ne s’excluent pas, mais vont ensemble. L’Esprit Saint introduit l’Eglise dans la plénitude de la vérité, l’Eglise est au service de la vérité et sa direction est éducation à la vérité ».

ZF05120105  (ZENIT.org)

 

(1)  LE FRERE WOJCIECH GIERTYCH, SOCIUS DU MAITRE DE L’ORDRE POUR LA VIE APOSTOLIQUE, ENSEIGNE AUSSI LA THEOLOGIE A L’UNIVERSITE DE L‘ANGELICUM. IL EST FILS DE LA PROVINCE DOMINICAINE DE POLOGNE.

Voici une jolie page du Fr. Wojciech Giertych OP

IMPORTANCE DE L’ÉTUDE DE LA THÉOLOGIE DANS LA TRADITION DOMINICAINE

Tout d’abord, je voudrais faire référence à une remarque faite par Fr Damian Byrne O.P. lors d’une de ses visites en Pologne. A l’époque, j’étais assistant du maître des étudiants pour la formation d’un grand nombre d’étudiants dominicains. L’un des frères a demandé au Maître de l’Ordre pourquoi nous n’avons pas de tradition concernant la direction spirituelle individuelle. (Beaucoup de congrégations religieuses et de séminaires diocésains insistent sur la direction spirituelle individuelle, d’après le modèle jésuite.) Dans sa réponse, Damian a dit que certaines personnes préfèrent être guidées par des contacts réguliers avec un directeur spirituel. Dans la tradition dominicaine, nous n’avons pas cela, mais à la place nous avons deux éléments très importants : une vie communautaire exigeante et une grande tradition théologique. Dans la vie communautaire (avec notre tradition de chapitres, rencontres communautaires et gouvernement démocratique), nous nous frottons les uns aux autres et l’apport de nos frères est un facteur important de notre maturation. Dans l’étude de notre tradition théologique, nous voyons les principes, nous avons une vision, nous sommes incités à réfléchir, à construire une synthèse cohérente de la foi, du raisonnement, de notre conscience des besoins du monde et de l’Église autour de nous, et de nos propres décisions, réponses, affectivité et vue du monde. Cependant, si notre vie communautaire cesse d’être exigeante (et cela arrive quelque fois dans nos communautés, spécialement dans les communautés d’hommes, où nous glissons facilement vers l’individualisme), et si nous ne faisons pas l’effort d’étudier la théologie, nous devenons impuissants et notre vie spirituelle et notre vocation finissent par capoter.

L’étude de la théologie est vitale pour la formation d’une synthèse intérieure nécessaire à notre maturation humaine et spirituelle. (Je peux aussi ajouter que réduire l’importance de la direction spirituelle et insister sur la séparation entre la vie spirituelle et le gouvernement, est essentiel pour notre démocratie. Quand cette distinction n’est pas faite, comme cela arrive dans certains ordres religieux et communautés nouvelles, où l’on ne sépare pas ce qui relève du for interne de ce qui relève du for externe, il y a place pour de terribles manipulations et abus d’autorité !) En outre, je pense que l’étude de la théologie (pour les hommes comme pour les femmes) est de plus en plus importante aujourd’hui. Autrefois, quand un jeune homme, ou une jeune fille, entrait dans la vie religieuse en provenance d’un milieu catholique traditionnel, souvent rural, avec peu de contacts avec la culture contemporaine, la formation reçue dans la vie religieuse (même si elle était superficielle) rencontrait un support et offrait normalement plus que ce que le (ou la) candidat(e) avait reçu à la maison. Aujourd’hui, quand les gens entrent dans la vie religieuse en ayant déjà un diplôme universitaire ou, même s’ils n’ont pas de diplômes, ils ont été confrontés aux films, à la télévision, aux nouvelles, à Internet, etc… il y a tout un bagage dans l’esprit et l’imagination qui a besoin d’être organisé à l’intérieur de la personne, selon les principes de l’Évangile. Un jeune homme, ou une jeune fille, qui a pu découvrir la foi et la vocation dominicaine par l’intermédiaire d’un groupe de prière, ou d’une journée mondiale de la jeunesse, ou du mouvement charismatique, et qui entre ensuite dans la vie religieuse, cette personne a besoin de quelque chose de plus que l’expérience religieuse, même très enthousiaste ou sentimentale, qui l’a conduite vers l’Ordre. Tout le mode de pensée doit être ordonné afin que foi et vocation ne soient pas basés sur les méandres de l’affectivité. La foi doit pénétrer dans la vie de l’intellect et dans la sphère du libre arbitre. Cela veut dire que les idées, concepts, positions intellectuelles, idéologies, décisions, modes et engouements, doivent être reconsidérés (de manière positive, sans dénier les bonnes choses qu’ils ont pu apporter) à la lumière d’une grande tradition intellectuelle. Il ne suffit pas de dire à un jeune débutant dans la vie religieuse : "Tiens, prends le chapelet et la Liturgie des Heures et ça te suffira !" Si les candidats au sacerdoce doivent étudier un minimum de six ans la philosophie et la théologie, ce n’est pas d’abord en vue de leur futur apostolat. C’est en fonction d’eux-mêmes, de leur identité humaine et chrétienne. On peut dire la même chose pour les religieuses. Elles ont le même besoin de formation théologique. Si l’on offre une formation professionnelle à des religieuses en vue de leur futur travail (par exemple, l’enseignement de la biologie à l’école), elles ont besoin de recevoir une formation théologique de même niveau pour leur maturité religieuse personnelle.

La formation intellectuelle donnée dans la vie religieuse devrait conduire à l’initiation à la pensée d’un grand maître, qui a laissé une oeuvre importante, qui a été confirmé par l’Église, et qui peut être le fondement d’une synthèse intellectuelle et spirituelle personnelle. Ce maître peut être quelqu’un comme St Thomas d’Aquin ou Ste Catherine de Sienne ou Ste Thérèse de Lisieux ou l’un des Pères de l’Église. Il faut du temps pour entrer dans la pensée de St Thomas d’Aquin ou de St Augustin ou de Ste Thérèse d’Avila ! Cela demande une lecture approfondie de la théologie contemporaine, laquelle montre la validité des principes du grand auteur pour les questions soulevées aujourd’hui. La familiarité avec l’héritage théologique d’un maître peut fournir les bases de nombreuses années de prédication, d’enseignement et de service dans l’Église, et cela est important pendant les principales années d’une vie adulte. Beaucoup de congrégations religieuses peuvent avoir tendance à dire qu’elles ont la figure de leur Mère Fondatrice et qu’elle peut être un maître spirituel et théologique pour les soeurs. C’est peut-être vrai, mais seulement jusqu’à un certain point. La fondatrice n’a pas forcément laissé d’oeuvres théologiques et spirituelles sérieuses. Elle a peut-être laissé quelques écrits qui révèlent la formation intellectuelle qu’elle a reçue au XIXe siècle. Mais cet héritage doit être relu et adapté aux besoins du XXIe siècle. Pour cela il faut une vision plus large qui s’appuie sur une plus ancienne tradition et qui est ouverte aux développements contemporains dans l’Église.

LE RÔLE DES FEMMES DANS LA PENSÉE DE L’ÉGLISE

Il fut un temps où il n’était pas question pour une femme d’être docteur de l’Église. Heureusement, nous somme sortis de cette période et nous devenons de plus en plus conscients de l’aspect spécifiquement féminin de l’approche des divins mystères, ce qui est un grand service et un grand don pour l’Église. J’aime interpréter cela à l’aide d’une distinction (faite par St Thomas d’Aquin) entre l’intellectus et la ratio. L’intellect est le pouvoir d’intuition de l’esprit, la capacité de saisir directement la réalité. La raison et le pouvoir d’assembler les choses, de voir leurs relations, d’arriver à une conclusion à l’aide d’un syllogisme. L’esprit masculin et l’esprit féminin possèdent tous les deux l’intellect et la raison. Mais l’esprit féminin est plus intellectuel (au sens intuitif) et l’esprit masculin est plus rationnel. Dans de nombreuses langues, on utilise le même verbe pour décrire la fonction de l’esprit et celle de la main (saisir, to grasp, capire, chwycié). Normalement, la main masculine est plus grande, plus forte, capable de saisir un objet lourd, tandis que la main féminine est plus délicate, plus petite, capable de transmettre quelque chose quand elle se pose sur une épaule dans un geste de compréhension et de sympathie. Si nous appliquons maintenant cette observation au travail des théologiens qui ont essayé de décrire le mystère de la présence de la grâce divine dans l’âme humaine, nous constatons une notable différence entre les oeuvres des hommes et celles des femmes. Thomas d’Aquin est typiquement masculin dans son mode de pensée. Avec la précision d’un ingénieur en sainteté, il spécifie clairement le fonctionnement des facultés, habitudes et actes, dans leur dimension naturelle et surnaturelle. La longue description des passions variées, de leur manifestation en vertus naturelles et surnaturelles, des apports de la raison, de l’intellect, de la volonté, de la mémoire, de l’imagination et bien sûr de la grâce, peut parfois être irritante par sa précision. Si l’on compare cela avec les oeuvres de Ste Catherine de Sienne ou de Ste Faustine Kowalska, ou d’autres mystiques féminines, on voit une approche différente. L’approche des femmes est moins rationnelle, plus intuitive, plus descriptive et poétique. Leur présentation n’est pas aussi précise que celle de Thomas d’Aquin, mais elle est fascinante par son charme. Elle a quelque chose des mots de l’ami assis à côté de vous, qui vous prend par le coude et vous dit : "Regarde !" Quelle est la théologie dont nous avons besoin, la théologie rationnelle des hommes ou la théologie intuitive des femmes ? Nous avons besoin des deux ! Certainement nous, les hommes, nous avons besoin des deux. Si nous ne profitons pas de l’approche féminine, notre théologie devient raide et sèche. Elle devient trop conceptuelle et n’invite pas dans le mystère. Pourquoi y a-t-il si peu de saints parmi les thomistes ? L’Église nous invite constamment à étudier St Thomas, mais elle ne canonise pas les théologiens thomistes ! (À l’exception des thomistes qui – comme St Jean de la Croix ou Ste Edith Stein – ont puisé aussi à d’autres sources, des sources qui sont plus humaines, plus touchantes, plus directement centrées sur l’expérience directe de Dieu.)

Pour répondre à la question soulevée, j’aimerais dire que, dans mon itinérance théologique, j’ai essayé de m’appuyer sur les maîtres. J’ai toujours pensé qu’il valait mieux lire un bon ouvrage, écrit il y a plusieurs siècles, que des oeuvres contemporaines qui seront démodées dans quelques années. Pour parler personnellement, je peux dire que j’ai deux maîtres : St Thomas et Thérèse de Lisieux. Pourquoi Thérèse et pas Catherine ? Eh bien, je ne saurais dire. J’ai trouvé que Thérèse m’inspirait davantage. Catherine est pour moi trop lointaine, elle parle un langage métaphorique qui n’est pas particulièrement signifiant pour moi. Peut-être que je n’ai pas rencontré suffisamment de catherinistes intéressants ? Il y a plus de thomistes dans l’Église que de catherinistes !

Pendant des années, j’ai lu St Thomas – pas seulement ses écrits, mais aussi quantités de livres et de commentaires sur sa théologie. J’ai fondé mon enseignement sur son oeuvre, mais en même temps j’ai réalisé qu’il est nécessaire d’écouter les questions contemporaines. Nous devons être attentifs à ce qui se passe dans notre église locale. Non seulement nous devons écouter les questions des gens, mais nous-mêmes devons soulever des questions qui viennent d’une lecture plus profonde de la Parole de Dieu et de notre tradition théologique. J’ai beaucoup aimé le commentaire du Fr Yves Congar qui, alors qu’il était mal compris et mis en question dans les années 1950, a dit : "Peut-être que mes réponses sont incorrectes, mais les questions sont réelles !" Nous devons entendre les questions et, avec elles à l’esprit, aborder la tradition théologique. Notre théologie ne peut pas être seulement une théologie de formules apprises par coeur et répétées comme un perroquet (comme cela a été le cas pendant des siècles dans la tradition moderne). Elle doit être une théologie de questions, comme celle de St Thomas. Alors seulement elle devient intéressante.

Quand j’ai découvert Thérèse, j’ai lu toute ses oeuvres. J’ai trouvé chez elle un magnifique complément à la théologie de St Thomas. Thérèse écrit dans un langage beaucoup plus proche du nôtre. Sa théologie est directe, concrète, concise. On voit le travail de la grâce à travers le prisme de sa propre expérience, manifestée dans ses écrits. Ce qu’elle décrit dans un langage simple se trouve dans la synthèse sèche de St Thomas. La lecture de Thérèse m’a énormément aidé à mieux comprendre St Thomas.

Fr. Wojciech Giertych OP

Pour obtenir le texte en pdf, cliquez:  http://www.op.org/dsi/Activos/Frances/Wojciech_fr.pdf.

 

 

 

 

 

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