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19 Avril 2005
 

Sainte Faustine - Héléna Kolwaska
Le Petit Journal


édition numérique par Anne Speeckaert et www.JesusMarie.com
Petit Journal de Sœur Faustine

817. 16. XII. 36. J’offre ce jour pour la Russie. J’offre pour ce pauvre pays toutes mes souffrances et mes prières. Après la Sainte Communion Jésus me dit : « Je ne peux plus tolérer ce pays. Ne me lie pas les mains, ma fille ! »
Je compris que, si ce n’étaient les prières des âmes agréables à Dieu, toute cette nation serait déjà anéantie. Oh ! Comme je souffre pour ce pays qui a chassé Dieu de ses frontières !

818. Ô Source inaltérable de miséricorde divine qui coulez sur nous il n’y a pas de frontière pour Votre bonté ! Fixez, ô Seigneur, la force de Votre Miséricorde à la mesure du gouffre de ma misère, car Votre pitié n’a pas de limites ! Votre miséricorde qui étonne les esprits humains et angéliques est étrange et inaccessible.

819. Mon Ange Gardien me recommanda de prier pour une âme et le matin j’appris que c’était un homme, qui justement était entré en agonie. Jésus me fait connaître d’une façon étrange quand quelqu’un a besoin de ma prière. Je reconnais en particulier quand c’est une âme qui entre en agonie. Maintenant cela m’arrive plus souvent qu’autrefois.

820. Jésus me fit connaître qu’une âme, qui vit pour la volonté Divine, Lui est très agréable et Lui rend ainsi une très grande gloire.

821. Aujourd’hui je compris que, même si je ne parvenais pas à accomplir ce que Dieu exigeait, je sais que je serai récompensée comme si j’avais tout accompli. Car Il voit l’intention avec laquelle je commence. Et même s’Il me reprenait aujourd’hui, Son œuvre ne pourrait en souffrir, car Lui seul est le Souverain Maître de l’œuvre et de celui qui agit. Il dépend de moi de L’aimer à la folie. Toutes les épreuves ne sont un rien devant Lui. L’amour a une grande force, une signification et un mérite. Il a ouvert dans mon âme de grands horizons. L’amour comble les abîmes.

822. 17. XII. 1936. J’ai offert ce jour pour les prêtres, j’ai souffert plus que jamais intérieurement et extérieurement. Je ne savais pas qu’on pouvait tant souffrir en un jour. Je tâchais de faire l’Heure Sainte, pendant laquelle mon esprit goûta l’amertume du Jardin des Oliviers. Je lutte toute seule, soutenue par Son bras contre toutes les difficultés qui se dressent comme des murs infranchissables devant moi. Cependant j’ai confiance dans la force de Son Nom et je n’ai peur de rien.

823. Dans cet isolement Jésus est mon Maître. C’est Lui qui m’élève et m’enseigne. Je sens que je suis l’objet de Son action particulière. Pour Ses intentions incompréhensibles et Ses verdicts insondables Il m’unit à Lui d’une façon spéciale et me permet de pénétrer dans ses mystères inconcevables. Il y a un Mystère, qui m’unit au Seigneur, que personne ne peut savoir, même pas les anges. Même si je voulais le formuler, je ne saurais comment le dire. Cependant je vis de cela et je vais le vivre dans les siècles. Ce mystère me distingue des autres âmes ici, sur terre, et dans l’Eternité.

824. Ô jour magnifique où se réaliseront tous mes souhaits ! Ô jour vivement désiré, qui sera le dernier de ma vie ! Je me réjouis du trait que le divin Artiste posera sur mon âme, qui lui donnera une beauté particulière et qui me distinguera de la beauté des autres âmes. Ô grand jour, dans lequel se fixera l’amour divin en moi. En ce jour, pour la première fois, je chanterai devant le ciel et la terre le chant de l’insondable miséricorde divine. C’est mon œuvre et la mission que Dieu m’a destinée depuis la fondation de la terre. Pour que le chant de mon âme soit agréable à la Sainte Trinité, dirigez et formez mon âme Vous-même, ô Esprit Divin ! Je m’arme de patience et j’attends Votre venue, Jésus miséricordieux, dans les terribles douleurs et les affres de l’agonie ! A ce moment, plus que jamais j’ai confiance dans le gouffre de Votre miséricorde et je vous rappelle, Christ miséricordieux, doux Sauveur, toutes les promesses que Vous m’avez faites.

825. Ce matin, j’ai eu une mésaventure : ma montre s’était arrêtée et je ne savais pas quand me lever. C’eût été dommage d’omettre la Sainte Communion. Il faisait nuit et je ne pouvais pas savoir quand il faudrait me lever. Je m’habillai, je fis la méditation et je suis allée à la chapelle, mais tout était fermé et le silence régnait partout. Je me mis à prier surtout pour les malades. Maintenant je sais combien les malades ont besoin de prières. Enfin la chapelle fut ouverte, la prière me venait avec peine, car je me sentais exténuée. Et après la Sainte Communion, je revins tout de suite dans ma solitude. Alors je vis le Seigneur qui me dit : « Sache, Ma fille, que l’ardeur de ton cœur M’est agréable. Comme tu désires ardemment t’unir avec Moi dans la Sainte Communion, Moi aussi Je désire Me donner complètement à toi. Et comme récompense pour ton ardeur repose-toi près de Mon Cœur ! » A cet instant mon âme se noya dans Son Etre, comme une goutte d’eau dans un océan sans fond. Je me noie en Lui comme dans mon unique trésor. J’ai reconnu ainsi que le Seigneur permet certaines difficultés pour Sa plus grande gloire.

826. 18. XII. 1936. Aujourd’hui j’ai ressenti quelque peine, car il y a une semaine que personne n’est venu me voir. Comme je m’en plaignais au Seigneur, Il me répondit : « Est-ce que cela ne te suffit pas que Je te visite chaque jour ? » J’ai demandé pardon au Seigneur et ma peine a disparu. Ô mon Dieu, ma force, Vous me suffisez !

827. Le soir, j’ai perçu qu’une âme avait besoin de ma prière. Je fis une ardente prière, mais je sentais que c’était trop peu, donc je suis restée plus longtemps en prière. Le lendemain, j’appris qu’à ce moment-là justement, commença l’agonie d’une personne qui dura jusqu'au matin.
Je reconnus par quelles dures luttes elle était passée ! D’une façon étrange, le Seigneur Jésus me fait connaître qu’une âme agonisante a besoin de ma prière. Je sens cet esprit qui me demande la prière vivement et distinctement. Je ne savais pas qu’il y avait une telle union entre les âmes. Et souvent aussi mon Ange Gardien me parle.

828. Le petit Enfant-Jésus pendant la Sainte Messe fait la joie de mon âme. Souvent, la distance n’existe pas, je vois un prêtre qui Le fait venir. J’attends Noël avec grande impatience, je partage cette attente avec la Très Sainte Vierge.

829. Ô Lumière éternelle, qui venez sur cette terre, illuminez mon esprit et fortifiez ma volonté pour que je ne succombe pas dans les moments de dure épreuve ! Que la lumière disperse toutes les ombres du doute ! Que Votre Toute-Puissance agisse par moi ! J’ai confiance en Vous, ô Lumière qui n’avez pas été créée ! Ô Enfant-Jésus, Vous m’êtes un modèle, pour accomplir la volonté de Votre Père ! Vous qui avez dit : « Je viens pour accomplir fidèlement Votre Volonté, » faites que moi aussi je sache accomplir la volonté divine en toutes choses. Ô Divin Enfant, donnez-moi cette grâce !

830. Ô mon Jésus, mon âme languissait vers les jours d’épreuves ! Dans le trouble de mon âme ne me laissez pas seule mais tenez-moi fortement près de vous ! Postez une sentinelle auprès de ma bouche ! Que le parfum de mes souffrances soit connu de Vous seul et qu’il Vous soit agréable !

831. Ô Jésus miséricordieux avec quel désir Vous Vous hâtiez vers le Cénacle pour consacrer l’hostie que je vais recevoir dans ma vie ! Vous désirez, Jésus, demeurer dans mon cœur et que Votre Sang vivant s’unisse au mien ! Qui comprendra cette étroite union ? Mon cœur renferme le Tout-Puissant, l’Infini. Ô Jésus, donnez-moi Votre vie divine ! Que Votre Sang pur et noble palpite de toute sa force dans mon cœur ! Je Vous donne tout mon être. Changez-moi en Vous-même et rendez-moi capable d’accomplir en tout Votre sainte volonté et de Vous aimer ! Ô mon doux époux, Vous savez que mon cœur ne connaît personne d’autre que Vous ! Vous avez ouvert dans mon cœur une profondeur inassouvie d’amour envers Vous. Dès le premier moment où je Vous ai connu, mon cœur Vous a aimé et s’est noyé en Vous comme dans son objet. Que Votre amour pur et tout-puissant me pousse aux actes. Qui concevra et comprendra cette profondeur de miséricorde qui a jailli de Votre Cœur ?

832. J’ai éprouvé combien il y a de jalousie, même dans la vie spirituelle. Je reconnais qu’il y a peu d’âmes vraiment assez grandes, pour piétiner tout ce qui n’est pas Dieu. Ô âme, en dehors de Dieu, tu ne trouveras pas de beauté ! Oh ! Combien est fragile la base chez les âmes pour qu’elles se haussent en écrasant les autres ! Quelle perte !


833. 19. XII. 1936. Ce soir, je sentis dans mon âme qu’une personne avait besoin de ma prière. J’ai tout de suite commencé à prier. Soudain, je reconnus intérieurement et je sentis l’esprit qui me le demandait. Je priai jusqu’au moment ou je me tranquillisai. Ce chapelet est une aide puissante pour les mourants. Souvent je prie pour une intention intérieurement précisée. Je prie toujours jusqu’au moment où je sens dans mon, âme que ma prière a été efficace.

834. Surtout ici, depuis que je suis dans cet hôpital, j’éprouve un lien avec les agonisants qui, en entrant en agonie, me demandent de prier. Dieu me donne une étrange correspondance avec les mourants. Quand cela arrive, le plus souvent, j’ai même la possibilité de vérifier l’heure.

Aujourd’hui, à onze heures du soir, je fus soudain éveillée et je sentis distinctement qu’il y avait auprès de moi, un esprit qui demandait ma prière ; une force me contraint tout simplement à la prière. Ma vision est purement spirituelle, par une soudaine lumière qu’en cet instant Dieu m’accorde. Je prie jusqu’au moment où je sens la paix en mon âme. La durée n’est pas toujours la même. Il arrive parfois qu’avec un seul Ave Maria je sois tranquillisée, et alors je dis le « De profondis ». Parfois il arrive que je dise le chapelet tout entier, et seulement alors j’éprouve un apaisement.

Et ici aussi j’ai constaté que, si je suis forcée à la prière pendant un temps plus long, c'est-à-dire si j’éprouve une inquiétude intérieure, c’est que l’âme soutient une plus grande lutte et a une plus lourde agonie. C’est ainsi que j’ai vérifié l’heure : j’ai une montre et je regarde l’heure. Le lendemain, quand on me parle de la mort de telle personne, je demande l’heure, qui s’accorde toujours en ce qui concerne l’agonie. On me dit : « telle personne a lutté très fort », d’autres fois on me dit : « Aujourd’hui telle personne est morte. Mais elle s’est endormie vite et tranquillement. » Il arrive que la personne mourante soit dans la seconde ou la troisième baraque, mais pour l’esprit la distance n’existe pas. Il arrive que j’aie cette même connaissance à quelques centaines de kilomètres. C’est arrivé plusieurs fois, à l’égard de ma famille et de personnes apparentées, mais aussi à l’égard de mes Sœurs en religion et même pour des âmes que je n’ai pas connues durant ma vie.

Ô Dieu, plein d’insondable miséricorde, qui me permettez par une prière indigne de porter apaisement et aide aux mourants, soyez béni autant de fois qu’il y a de milliers d’étoiles dans le ciel et de gouttes d’eau dans l’océan ! Que Votre miséricorde s’étende à tout le globe terrestre. Que le culte de cette miséricorde monte jusqu’au pied de Votre trône, louant le plus grand de Vos attributs, c’est-à-dire Votre inconcevable miséricorde ! Ô Dieu, cette miséricorde insondable introduit les âmes saintes et tous les esprits célestes dans un nouveau ravissement. Tous les purs esprits se plongent dans un profond étonnement, adorant cette inconcevable miséricorde Divine qui les introduit dans un nouveau ravissement. Leur adoration est parfaite. Ô Dieu Eternel, comme je désire ardemment adorer Votre plus grand attribut, c’est-à-dire Votre infinie miséricorde ! Je vois toute ma petitesse. Et je ne peux pas m’égaler avec les habitants du Ciel qui dans une sainte admiration glorifient la miséricorde du Seigneur. Mais moi aussi, j’ai trouvé une manière d’adorer cette inconcevable et parfaite miséricorde Divine.

835. Ô très doux Jésus, Vous avez daigné m’admettre, moi misérable, à la connaissance de cette insondable miséricorde ! Ô très doux Jésus, qui avez gracieusement exigé de moi que je parle de Votre inconcevable miséricorde au monde entier, voici qu’aujourd’hui, je prends en mains ces deux rayons, qui ont jailli de Votre Cœur miséricordieux : le Sang et l’Eau, et je les répands sur tout le globe terrestre, pour que toute âme éprouve Votre miséricorde, et l’ayant éprouvée, Vous adore pendant l’éternité. Ô Très Saint Jésus, qui avez daigné dans Votre inconcevable bienveillance unir mon cœur misérable à Votre Cœur très miséricordieux, c’est par Votre propre Cœur que j’adore Dieu, notre Père, d’une façon telle qu’aucune âme ne l’a encore adoré.

836. 21. XII. 1936. La radio joue tout l’après-midi, donc je ressens le manque de silence. Jusqu’à midi, de continuelles conversations et du bruit. Mon Dieu, je me réjouissais d’être en silence, de parler seulement avec le Seigneur et ici c’est tout le contraire. Mais maintenant rien ne me trouble, ni les conversations, ni la radio. En un mot, rien. La grâce de Dieu a fait que, quand je prie, je ne sais même pas où je suis. Je sais seulement que mon âme est unie au Seigneur et ainsi se passent mes journées à l’hôpital.

837. J’admire toutes les humiliations, et toutes les souffrances que ce prêtre accepte pour cette cause. Je le vois à certains moments, et je le soutiens par mon indigne prière. C’est seulement Dieu, qui peut donner un tel courage, car autrement l’âme se lasserait. Mais je vois avec joie que toutes ces contrariétés, contribuent à augmenter la gloire Divine. Le Seigneur n’a pas beaucoup d’âmes de cette trempe à Son service.

Ô éternité infinie, tu révèleras les efforts des âmes héroïques. Pour ces efforts la terre ne paye que par l’ingratitude et la haine. Car de telles âmes n’ont pas d’amis, elles sont solitaires. Et dans cette solitude, elles deviennent plus fortes. Elles puisent leur force seulement en Dieu. Et avec humilité, mais aussi avec courage, elles s’opposent à tous les orages qui les frappent. Comme des chênes élevés, elles ne se laissent pas troubler. Et à cela il n’y a qu’un secret : elles puisent en Dieu cette force et tout ce dont elles ont besoin, pour elles et pour les autres. Elles portent leur fardeau, mais elles savent et sont capables de prendre sur elles les fardeaux des autres. Ce sont des colonnes de lumière sur les chemins divins, qui vivent dans la lumière et illuminent les autres. Elles vivent elles-mêmes sur les hauteurs et savent les indiquer aux autres et les aider à les atteindre.

838. Mon Jésus, Vous voyez, que non seulement je ne sais pas écrire, mais en plus, je n’ai même pas une bonne plume ! Et souvent j’écris si mal, et parfois c’est si difficile, que je dois écrire lettre après lettre pour former les phrases. Et encore ce n’est pas tout. Car j’ai cette difficulté que je note certaines choses en secret, devant les Sœurs. Et souvent à chaque instant je dois fermer le cahier et écouter patiemment le récit de l’une d’elles. Et ainsi passe le temps qui était destiné à écrire. Et le cahier à force d’être fermé en hâte, devient gribouillé. J’écris avec la permission de la Supérieure et sur ordre de mon confesseur. C’est une chose étrange que j’écrive parfois passablement et parfois, vraiment, j’ai de la peine à me relire moi-même.

839. 23.XII. 1936. Je passe le temps avec la Divine Mère et me prépare pour le moment solennel de la venue du Seigneur Jésus. La Sainte Vierge m’apprend cette vie intérieure de l’âme avec Jésus, surtout dans la Sainte Communion. Quel grand mystère la Sainte Communion accomplit en nous ! Nous le saurons seulement dans l’éternité. Ô moments les plus précieux de la vie !

840. Ô mon Créateur, je languis après Vous ! Vous me comprenez, ô mon Seigneur ! Tout ce qui est sur terre me paraît un pâle reflet. Je Vous désire et Vous exige, quoique Vous fassiez incompréhensiblement beaucoup pour moi. Car Vous me visitez Vous-même, d’une façon particulière. Cependant ces visites n’apaisent pas les blessures de mon cœur, mais m’excitent à une plus grande langueur pour Vous, Seigneur ! Oh ! Prenez-moi avec Vous, si telle est Votre volonté ! Vous savez que je meurs et je meurs de langueur pour Vous et je ne puis mourir. Mort, où es-tu ? Vous m’attirez dans l’abîme de Votre Divinité et Vous Vous couvrez de ténèbres. Tout mon être est plongé en Vous et cependant je désire Vous voir face. Quand cela arrivera-t-il pour moi ?

841. Aujourd’hui Sœur Chrysostome est venue me voir et m’a apporté des citrons, des pommes et un tout petit arbre de Noël, ce qui m’a fait le plus grand plaisir. Par Sœur Chrysostome, la Mère Supérieure a demandé au médecin qu’il me permette de retourner à la maison pour les fêtes, ce qu’il a volontiers permis. Je m’en suis réjouie et me suis mise à pleurer comme un petit enfant. Sœur Chrysostome s’est étonnée que j’ai si mauvaise mine et que je sois tellement changée. Et elle a dit : « Savez-vous Faustinette, vous allez sûrement mourir ! Vous devez, ma Sœur, être très souffrante ! » J’ai répondu qu’aujourd’hui je souffre plus que les autres jours, mais ce n’est rien. Pour sauver les âmes, ce n’est pas trop. Ô Jésus Miséricordieux, donnez-moi les âmes des pécheurs !

842. 24. XII. 1936. Aujourd’hui pendant la Sainte Messe je me suis particulièrement unie à Dieu et à Sa Mère Immaculée. L’humilité et l’amour pour la Vierge Immaculée ont pénétré mon âme. Plus j’imite la Mère de Dieu, plus j’apprends à connaître Dieu profondément. Oh ! Quelle incompréhensible langueur s’empare de mon âme ! Jésus, comment pouvez-Vous encore me laisser dans cet exil ? Je meurs du désir de Vous. Chaque fois que Vous touchez mon âme, cela me blesse énormément. L’amour et la souffrance vont de pair. Cependant je n’échangerais cette souffrance causée par Vous pour aucun trésor, car c’est la douleur d’indicibles délices et ces blessures me sont infligées par une Main aimante.

843. Sœur K. est arrivée cet après-midi, et m’a emmenée pour les fêtes à la maison, afin que je les passe avec la Communauté. En passant par la ville je m’imaginais que c’était Bethléem. Je regardais tous les gens qui se dépêchaient. Je pensais : qui médite aujourd’hui ce mystère inconcevable dans le calme et le silence ? Ô Vierge pure, Vous voyagez aujourd’hui et moi je suis en route ! Je sens que ce voyage d’aujourd’hui a sa signification. Ô Vierge rayonnante, pure comme le cristal, toute plongée en Dieu, je vous confie ma vie intérieure ! Arrangez tout pour que cela soit agréable à Votre doux fils ! Ô ma Mère, je désire si ardemment que Vous me donniez le Petit Jésus pendant la Messe de Minuit. Et je sentis dans la profondeur de mon âme, une si vive présence de Dieu que par la force de ma volonté je contins ma joie, pour ne pas laisser voir extérieurement ce qui se passait dans mon âme.

844. Avant le souper, je suis entrée à la chapelle pour partager spirituellement le pain azyme avec les personnes qui sont chères à mon cœur. Je les présentai toutes par leur nom au Seigneur Jésus en sollicitant Ses grâces pour chacune. Mais ce n’est pas tout. Je confiai aussi au Seigneur les persécutés, les souffrants et ceux qui ne connaissent pas Son Nom, surtout les pauvres pécheurs. Ô Petit Jésus, je Vous en prie ardemment, accueillez-les tous dans l’immensité de Votre infinie miséricorde ! Ô doux Petit Jésus, mon cœur est à Vous : qu’il Vous soit un petit logement agréable et utile ! Ô Majesté sans bornes, comme vous vous êtes approché de nous avec douceur ! Ici ce n’est pas la terreur des foudres du grand Yahvé. Ici il y a le doux Petit-Jésus. Ici aucune âme n’a peur, quoique Votre Majesté n’ait pas diminué, elle s’est seulement cachée. Après le souper je me sentis très fatiguée et souffrante. J’ai dû me coucher, mais je veillais avec la Très Sainte Mère, attendant l’arrivée du Petit-Enfant.

845. 25. XII.1936. La Messe de Minuit. Pendant la Sainte Messe la présence de Dieu m’était perceptible. Un moment avant l’Elévation, je vis la Vierge, le Petit-Jésus et le bon Joseph. La Très Sainte Mère me dit ces paroles : « Ma fille, Faustine, prends mon trésor le plus cher ! » Et Elle me tendit son tout-petit Jésus. Quand je pris Jésus dans mes mains, mon âme éprouva une joie tellement indicible que je ne suis pas en état de la décrire. Mais, chose étrange, après un moment Jésus devint terrible, affreux à voir, grand et douloureux, et la vision disparut. Bientôt il fallut aller à la Sainte Communion. Quand je reçus le Seigneur Jésus dans la Sainte Communion, toute mon âme se mit à trembler sous l’influence de la présence de Dieu.

Le lendemain j’ai vu le Divin Enfant un court moment durant l’Elévation.
Le second jour de fête, le Père Andrasz est venu chez nous dire la Sainte Messe, pendant laquelle j’ai aussi vu le Petit-Jésus.

846. L’après-midi je suis allée me confesser. A certaines questions concernant cette œuvre, le Père ne m’a pas donné de réponse, il a dit : « Quand vous serez bien portante, alors nous pourrons parler concrètement. Maintenant tâchez de tirer une bonne santé. Quant au reste, vous savez comment vous diriger et à quoi vous en tenir dans ces choses. » Comme pénitence il m’a dit de dire le chapelet que Jésus m’avait enseigné.

847. Soudain en disant ce chapelet, j’entendis une voix : « Oh ! Quelles grandes grâces j’accorderai aux âmes qui diront ce chapelet. Les profondeurs de Ma miséricorde sont émues, pour ceux qui disent ce chapelet. Inscris ces mots, Ma fille. Parle au monde de Ma miséricorde ! Que l’humanité entière apprenne à connaître Mon insondable miséricorde ! C’est un signe pour les derniers temps. Après viendra le jour de la Justice. Tant qu’il en est temps, que les hommes aient recours à la source de Ma miséricorde, qu’ils profitent du Sang et de l’Eau qui ont jailli pour eux ! » Ô âmes humaines, où chercherez-vous refuge au jour de la colère de Dieu ? Fuyez maintenant vers les sources de la miséricorde Divine ! Oh quel grand nombre d’âmes je vois ! Elles ont adoré la Miséricorde Divine et elles vont chanter l’hymne de gloire dans l’éternité.

848. 27.XII. Aujourd’hui, me voici revenue dans mon lieu de solitude. J’ai fait un voyage agréable en compagnie d’une certaine personne, qui portait un enfant au baptême. Nous l’avons accompagnée jusqu'à la porte de l’église de Podgorze. Pour pouvoir sortir de la voiture, elle a mis l’enfant dans mes bras. Quand je pris l’enfant, je l’offris à Dieu pour qu’un jour il Lui procure une gloire spéciale. Je sentis dans mon âme que le Seigneur regarda tout spécialement cette petite âme. A notre arrivée à Pradnik, Sœur N. m’aida à porter mon paquet quand nous sommes entrées dans ma chambre particulière, nous vîmes un très joli ange, fait en papier avec l’inscription : Gloria in … J’ai l’impression que c’est de la part de cette Sœur malade à qui j’avais envoyé l’arbre de Noël. Voilà que les fêtes sont finies !

849. Rien ne peut calmer ma langueur. Je languis après Vous, mon Créateur et Dieu éternel. Ni les solennités, ni les beaux chants ne calment mon âme, mais ils l’excitent à un désir encore plus grand. A la seule mention de Votre Nom, mon esprit s’élance vers Vous, Seigneur !

850. 28. XII. 1936. Aujourd’hui, j’ai commencé la neuvaine à la Miséricorde Divine. C’est-à-dire que je me transporte en esprit devant ce tableau, je récite le chapelet que le Seigneur m’a enseigné. Le second jour de la neuvaine, je vis ce tableau comme vivant, avec d’innombrables ex-voto accrochés autour de lui et je voyais de grandes multitudes de gens venir ici. Beaucoup de gens rayonnaient de bonheur. Ô Jésus, de quelle joie a battu mon cœur ! Je faisais la neuvaine à l’intention de deux personnes, notre archevêque et l’abbé Sopoko. Je prie ardemment Dieu d’inspirer notre archevêque, afin qu’il daigne approuver ce petit chapelet si agréable à Dieu, et ce tableau, et qu’il ne retarde pas cette œuvre.

851. Aujourd’hui, tout d’un coup le regard du Seigneur m’a transpercé comme un éclair. Alors j’ai vu les petits grains de poussière dans mon âme. Voyant ma nullité toute entière, je tombai à genoux et je demandai pardon au Seigneur. Et avec une grande confiance, je me plongeai dans Son infinie miséricorde. Une telle connaissance ne me déprime pas, ni ne m’éloigne du Seigneur, mis elle éveille plutôt dans mon âme, un plus grand amour et une confiance sans bornes. Le repentir de mon coeur est uni à l’amour. Ces singulières lumières divines forment mon âme. Ô doux rayons Divins, éclairez-moi jusque dans les plus secrètes profondeurs, car je désire parvenir à une plus grande pureté de coeur et d’âme !

852. Le soir une grande langueur s’est emparée de mon âme. Je pris la brochure avec l’image de Jésus miséricordieux. Je la serrais sur mon cœur et de mon âme jaillirent ces paroles : « Jésus, Amour éternel, pour Vous je vis, pour Vous je meurs ! C’est à Vous que je désire m’unir. » Soudain je vis le Seigneur d’une beauté indicible, qui me regarda gracieusement et dit : « Ma fille, Moi aussi par amour pour toi je suis descendu du Ciel ! Pour toi j’ai vécu, pour toi Je suis mort et pour toi j’ai créé les cieux. » Il m’a serrée contre Son Cœur et m’a dit : « Bientôt déjà, sois tranquille, Ma fille ! » Quand je suis restée seule, mon âme fut enflammée du désir de la souffrance jusqu’au moment où le Seigneur dira : « Assez ». Et même si je devais vivre des milliers d’années, je vois à l’aide de la lumière Divine que c’est seulement un moment. L’âme… (Pensée inachevée.)
 

 

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