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19 Avril 2005
 

Sainte Faustine - Héléna Kolwaska
Le Petit Journal


édition numérique par Anne Speeckaert et www.JesusMarie.com
Petit Journal de Sœur Faustine

751. Quand j’ai dit à la Mère Générale que le Seigneur exigeait que la Congrégation dise le chapelet pour fléchir la colère Divine, elle me répondit qu’elle ne pouvait introduire de nouvelles prières non approuvées. Mais je lui donne ce chapelet, peut-être qu’à l’occasion d’une adoration on pourrait le dire, « nous verrons ». Ce serait bien si l’abbé docteur Sopocko pouvait éditer une brochure avec ce chapelet. Alors ce serait mieux et plus facile de le réciter en communauté, car comme cela c’est un peu difficile.

752. La miséricorde du Seigneur est glorifiée au ciel, par les âmes, qui ont éprouvées en elles-mêmes l’infinie miséricorde. Ces âmes font au ciel, je le commencerai déjà sur terre. Je vais glorifier Dieu pour son infinie bonté et je vais tâcher de faire connaître à d’autres âmes cette inexprimable et inconcevable miséricorde Divine, et de la leur faire adorer.

753. La Promesse du Seigneur : « Ma Miséricorde enveloppera les âmes, qui réciteront ce chapelet pendant leur vie et surtout à l’heure de la mort. »

754. Ô Jésus, apprenez-moi à découvrir les profondeurs de la miséricorde et de l’amour à chacun de ceux qui me le demandent. Jésus, mon Chef que toutes mes prières et toutes mes actions portent le sceau de Votre miséricorde !

755. 18.XI. 1936. Ce soir, je tâchais de faire tous mes exercices jusqu’à la bénédiction, car je me sentais plus malade qu’à l’ordinaire. Tout de suite après la bénédiction je suis allée me coucher. Mais suis entrée dans ma chambre, soudain, j’ai senti intérieurement qu’il fallait que j’aille dans la cellule de Sœur N. car elle avait besoin d’aide. Je suis tout de suite entrée dans sa cellule, et Sœur N. me dit : « Oh ! Comme c’est bien, ma Sœur, que Dieu vous ait amenée ! » Et elle parlait d’une voix si basse que j’ai pu à peine l’entendre. Elle me dit : « Ma Sœur, veuillez, s’il vous plait, m’apporter un peu de thé avec du citron, car j’ai tellement soif et je ne peux bouger, car je souffre beaucoup ! » Et vraiment elle souffrait beaucoup et elle avait beaucoup de fièvre. Je l’ai placée plus commodément et avec un peu de thé elle a apaisé sa soif. Quand je suis entrée dans ma cellule, mon âme a été pénétrée d’un grand amour de Dieu et j’ai compris qu’il faut faire très attention aux inspirations intérieures et les suivre fidèlement. Et la fidélité à une grâce en amène d’autres.

756. 19.XI.1936. Aujourd’hui, durant la Sainte Messe, je vis le Seigneur Jésus, qui me dit : « Sois tranquille, Ma fille, Je vois tes efforts ! Ils Me sont très agréables. » Et le Seigneur disparut. C’était le moment d’aller communier. Après avoir reçu la Sainte communion, tout à coup je vis le Cénacle dans lequel se tenaient le Seigneur Jésus et les Apôtres. J’ai vu l’institution de l’Eucharistie. Jésus me permit de pénétrer et de comprendre de l’intérieur Sa grande Majesté et en même temps Sa grande humiliation. Cette étrange lumière qui me permit de connaître Sa Majesté m’a découvert en même temps ce qui est dans mon âme.

757. Jésus me fit connaître la profondeur de Sa douceur et de Son humilité. Il me fit comprendre qu’Il exigeait expressément de moi ces deux qualités. Je sentis Son regard dans mon âme ce qui me remplit d’un indicible amour. Mais je compris que le Seigneur voyait avec amour mes vertus et mes efforts héroïques. Et je reconnus que c’est ce qui attire Dieu dans mon cœur. C’est là que j’ai compris qu’il ne me suffit pas de pratiquer les verts ordinaires, mais que je dois m’exercer aux vertus héroïques. A l’extérieur, cela restera une chose tout à fait ordinaire, mais seul, l’œil de Dieu verra que la manière est différente. Ô mon Dieu ce que j’ai écrit n’est qu’un pâle reflet de ce que je comprends dans mon âme ! Il s’agit de choses purement spirituelles. Mais pour décrire ce que Dieu me permet de connaître, je dois employer des mots dont je suis tout à fait mécontente car ils ne rendent pas la réalité.

758. La première fois j’expérimentai cette souffrance ainsi : après les vœux annuels un certain jour, pendant la prière, je vis une grande lumière. De cette lumière, sortirent des rayons qui m’enveloppèrent de toutes parts. Et soudain, je sentis une terrible douleur dans les mains, les pieds et je sentis les épines de la couronne d’épines. Je sentais ces douleurs, pendant la Sainte Messe le vendredi, mais durant un très court moment. Cela revint pendant plusieurs vendredis. Et ensuite je n’éprouvais plus aucune souffrance jusqu’au moment présent, c'est-à-dire la fin du mois de septembre de cette année. Pendant cette maladie, durant la Sainte Messe, le vendredi, j’ai senti que les mêmes souffrances me transperçaient. Et ceci se répète chaque vendredi, et parfois aussi au contact d’une âme qui n’est pas en état de grâce, quoique cela soit rare. Cette souffrance dure très peu de temps, cependant elle est terrible et sans une grâce spéciale de Dieu, je ne la supporterais pas. Et à l’extérieur, je n’ai aucun signe de ces souffrances. Ce qui viendra encore, je ne le sais. Mais tout cela est pour les âmes…

759. 21.XI.1936. Jésus, Vous savez que je ne suis ni gravement malade, ni bien portante. Vous remplissez mon âme d’enthousiasme pour l’action et je n’ai pas de force. Le feu de Votre amour me dévore. Mais je compenserai par l’amour ce que je ne pourrai réaliser à cause de mon manque de forces physiques.

760. Jésus mon esprit est plein de nostalgie et je désire beaucoup m’unir à Vous. Mais Vos œuvres me retiennent. Et aussi le nombre des âmes que je dois Vous amener n’est pas encore atteint. Je désire les fatigues, les souffrances, tout ce que Vous avez proposé avant les siècles. Ô Mon créateur et Seigneur ! Je ne comprends que Votre parole ! Elle seule me donne la force. Votre Esprit, ô Seigneur, est l’esprit de paix et rien n’en trouble la profondeur en moi car Vous y habitez, Seigneur !

Je sais que je vis sous Votre regard attentif, ô Seigneur ! Je n’analyse pas avec crainte Vos plans à mon égard. Ma tâche est d’accepter tout de Votre main. Je n’ai peur de rien, quoique la tempête fasse rage et que la foudre frappe avec violence autour de moi et que je me sente alors si seule ! Cependant mon cœur Vous sent, et ma confiance grandit et je vois que Votre toute puissance me soutient. Avec Vous, Jésus, je vais par la vie, parmi les arcs-en-ciel et les orages, criant de joie et chantant le chant de Votre miséricorde. Je n’interromprai mon chant d’amour que lorsque le cœur des anges le continuera. Aucune force ne peut me retenir dans mon élan vers Dieu. Je vois que même mes Supérieures ne comprennent pas toujours le chemin par lequel Dieu me mène et je n’en suis pas surprise.

761. À un certain moment je vis l’abbé Sopocko qui priait tout en méditant ces choses. Je vis comme tout à coup un cercle lumineux se dessina autour de sa tête. Quoique l’espace nous sépare, je le vois souvent, surtout quand il travaille à son bureau, malgré sa fatigue.

762. 22.XI.1936. Aujourd’hui pendant la sainte confession, le Seigneur Jésus me parla par la bouche d’un certain prêtre. Ce prêtre ne connaissait pas mon âme et moi je m’accusais seulement de mes péchés. Cependant il me dit ces paroles : « Accomplissez fidèlement tout ce que Jésus réclame de vous, malgré les difficultés ! Sachez, que même si les gens se fâcheraient contre vous, Jésus ne se fâchera pas et qu’il ne se fâchera jamais ! Ne faites pas attention à l’estime des gens ! » Cette leçon m’étonna d’abord. Mais j’ai compris que Jésus parlait par sa bouche sans qu’il ne s’en rende compte. Ô saint mystère, quels grands trésors tu contiens ! Ô sainte foi, tu m’indiques la route !

763. 24.II.1936. Aujourd’hui j’ai reçu une lettre de l’abbé Sopocko. Cette lettre m’a révélé que Dieu seul conduit toute cette affaire. Et de même que le Seigneur l’a commencée, de même Il la mènera à bonne fin. Et plus les difficultés que je vois sont grandes, plus je suis tranquille. Oh ! S’il ne s’agissait pas d’une grande gloire pour Dieu, et de son utilité pour le bien des âmes, dans toute cette affaire. Satan ne s’y opposerait pas tant. Il sent qu’il y perdra. Maintenant je reconnais que Satan ne hait rien autant que la miséricorde. C’est elle qui lui cause la plus grande souffrance. Cependant, la parole de Dieu ne passera pas, elle est vivante. Les difficultés ne tueront pas les œuvres divines, mais démontreront qu’elles viennent de Dieu…

764. À un certain moment je vis le couvent de cette nouvelle congrégation. Je m’y promenait et visitait tout, quand soudain je vis un groupe d’enfants, qui avaient de cinq à onze ans. Quand ils me virent, ils m’entourèrent et se mirent à crier très fort : « Défendez-nous du mal ! » et ils m’introduisirent dans la chapelle qui se trouvait dans ce couvent. Quand je suis entrée dans cette chapelle, j’y vis Jésus supplicié. Jésus me regarda gracieusement et me dit que les enfants L’offensaient profondément : « Toi, défends-les du mal ! » Depuis ce moment, je prie pour ces enfants, mais je sens que la prière ne suffit pas.

765. Ô mon Jésus, Vous savez quels efforts il faut faire pour vivre des relations simples et sincères avec les personnes qui nous sont antipathiques, ou avec celles qui, consciemment ou non, nous ont infligé des souffrances. Humainement parlant c’est impossible. A ces moments-là, je tâche plus encore qu’à d’autres de découvrir le Seigneur Jésus dans la personne en question. Et pour ce même Jésus, je fais tout pour ces personnes-là. De telles actions, sont inspirées par l’amour pur, et de tels exercices sur la pratique de l’amour trempent et fortifient l’âme. Je ne m’attends à rien de la part des créatures, donc je n’ai aucune désillusion. Je sais que la créature est pauvre en elle-même. Qu’attendrais-je donc de sa part ? Dieu est tout pour moi et je veux tout juger selon Dieu.

766. Mon commerce avec le Seigneur est maintenant purement spirituel. Mon âme est touchée par Dieu et se plonge entièrement en Lui jusqu’à l’oubli d’elle-même, tant elle est pénétrée à fond par Dieu, noyée par Sa beauté, perdue toute entière en Lui. Je ne sais le décrire, car en écrivant j’emploie les sens. Et dans cette union les sens n’agissent pas. Il y a fusion entre Dieu et l’âme, qui est admise à une vie en Dieu tellement grande, que cela ne peut s’exprimer par la parole. Quand ‘âme reprend sa vie habituelle, elle voit que cette vie est un crépuscule, un brouillard, un désordre, l’emmaillotement d’un petit enfant. Dans de tels moments, l’âme reçoit uniquement de Dieu, car d’elle-même elle ne fait rien. Elle ne fait pas le moindre effort, Dieu fait tout en elle.

Cependant, quand l’âme revient à son état ordinaire, elle voit qu’elle n’aurait pas la force de supporter plus longtemps cette union. Ces moments sont courts, les autres durables. L’âme ne peut pas rester longtemps dans cet état, car forcément, elle se délivrerait des liens du corps pour toujours, bien qu’elle soit soutenue par Dieu à l’aide d’un miracle. Dieu fait clairement connaître à l’âme, qu’Il aime, comme si elle seule était l’objet de Sa prédilection. L’âme le perçoit de façon nette et évidente. Elle s’élance de toute sa force vers Dieu, mais elle se sent enfant. Elle sait que ce n’est pas dans ses possibilités. Dieu s’abaisse alors vers elle, et s’unit à elle d’une manière… ici je dois me taire, car ce que l’âme éprouve, je ne sais le décrire.

767. C’est une chose étrange, que l’âme puisse éprouver cette union avec Dieu et ne sache pas en donner une définition. Cependant quand elle rencontre une autre âme ayant vécu les mêmes expériences, elles se comprennent mutuellement dans ces choses, sans beaucoup se parler. L’âme unie de cette manière à Dieu, reconnaît facilement une âme vivant cette même union, quoique celle-ci ne lui découvre pas tout son cheminement intérieur, mais cause tout simplement avec elle. C’est comme une parenté spirituelle. Les âmes unies de telle façon à Dieu ne sont pas nombreuses. Il y en a beaucoup moins qu’on ne pense.

768. J’ai remarqué que Dieu accorde cette grâce aux âmes lorsqu’elles ont quelque grande œuvre à accomplir, dans deux buts. Le premier c’est pour aider l’âme à remplir cette œuvre qui normalement dépasse absolument ses forces. Dans le second cas, j’ai remarqué que Dieu l’accorde pour conduire et tranquilliser ces âmes. Quoique le Seigneur puisse accorder cette grâce, comme Il Lui plait et à qui Il Lui plaît. Cependant j’ai remarqué cette grâce chez trois prêtres. L’un d’eux est un prêtre séculier, les deux autres des prêtres réguliers et deux religieuses, mais pas au même degré.
769. Quant à moi, j’ai reçu cette grâce pour la première fois et pendant un moment très court à l’âge de dix-huit ans durant l’octave de la Fête-Dieu, pendant les vêpres, quand je fis au Seigneur Jésus le vœu de chasteté perpétuelle. Je vivais encore dans le monde mais je devais bientôt entrer au couvent. Cette grâce dura un moment très court, mais la force de cette grâce est grande.

Après cela il y eut un long intervalle. Je recevais, il est vrai, durant cet intervalle beaucoup de grâces, mais elles étaient d’un autre ordre. C’était une période d’épreuves et de purification. Ces épreuves étaient si douloureuses que mon âme ressentit un complet délaissement de la part de Dieu et fut plongée dans de grandes ténèbres. Je remarquai et je compris que personne ne saurait me conduire hors de cette tourmente, ni me comprendre. Il y eut deux moments, où mon âme fut plongée dans le désespoir, une fois durant une demi-heure, l’autre trois quarts d’heure. Quant aux grâces reçues, je ne puis en décrire exactement la grandeur. En ce qui concerne les épreuves divines, je ne sais quelles paroles employer car tout n’en serait qu’un pâle reflet. Cependant, de même que le Seigneur m’a plongée dans les tourments, ainsi m’en a-t-Il fait sortir. Seulement cela a duré plusieurs années.

Et à nouveau j’ai reçu cette exceptionnelle grâce d’union qui dure jusqu’à présent. Dans cette seconde union, il y eut quelques courtes interruptions. Mais maintenant, depuis un certain temps, je n’éprouve plus aucune interruption, mais je me plonge de plus en pus profondément en Dieu. La grande lumière, dont est illuminée l’intelligence, permet de connaître la grandeur de Dieu. Non que je reconnaisse un par un Ses attributs comme autrefois, non ici c’est différent. En un moment je reconnais l’essence même de Dieu.

770. L’âme, à ce moment, est tout entière noyée en Lui et éprouve un bonheur aussi grand que celui des élus dans les cieux. Quoique ceux-ci regardent Dieu face à face et soient complètement heureux, cependant leur connaissance de Dieu n’est pas égale, Dieu me l’a fait savoir. Une plus profonde connaissance commence ici sur terre dans la mesure de la grâce, mais celle-ci dépend en grande partie de notre fidélité à cette grâce. Cependant l’âme qui éprouve cette grâce inouïe de l’union, ne peut pas dire qu’elle voit Dieu face à face, car il reste ici le voile ténu de la foi, mais tellement ténu que l’âme peut dire qu’elle voit Dieu et qu’elle s’entretient avec Lui. Elle est « déifiée ». Dieu laisse voir à l’âme à quel point Il l’aime. Et l’âme constate que des âmes meilleures et plus saintes qu’elles n’ont pas bénéficié de cette grâce. Et à cause de cela un saint étonnement s’empare d’elle et l’entretient dans une profonde humilité, la plongeant dans sa nullité et dans une sainte stupéfaction. Et plus elle s’abaisse et plus étroitement Dieu S’unit à elle, et S’abaisse vers elle. L’âme à ce moment-là est, pour ainsi dire, cachée, ses sens n’agissent pas. A un moment donné, elle reconnaît Dieu et est noyée en Lui. Elle reconnût toute la profondeur de l’Inconcevable. Et plus cette connaissance est profonde plus l’âme Le désire ardemment.

771. La réciprocité de l’âme avec Dieu est grande. Quand l’âme sort de sa cacherie, ses sens goûtent les délices qu’elle éprouvait. Cependant, ceci aussi est une grande grâce de Dieu, mais elle n’est pas purement spirituelle. Les sens n’y ont pas une part de premier rang. Chaque grâce, donne à l’âme, force et vigueur pour l’action, et courage pour endurer la souffrance. L’âme sait bien ce que Dieu veut d’elle et elle remplit Sa sainte volonté, malgré les contrariétés.

772. Cependant, l’âme ne peut pas agir seule en ces choses, elle doit chercher le conseil d’un confesseur éclairé, car autrement elle peut errer ou bien n’en retirer aucun profit.

773. Je comprends bien, ô mon Jésus, que comme la maladie se mesure à l’aide d’un thermomètre et qu’une forte fièvre nous indique la gravité de la maladie, ainsi dans la vie spirituelle, la souffrance est le thermomètre qui mesure l’amour Divin dans l’âme.

774. Dieu est mon but… et mon bonheur est d’accomplir la volonté Divine et rien au monde ne peut troubler ce bonheur, aucune puissance, aucune force.

775. Aujourd’hui le Seigneur vint chez moi, dans ma cellule et me dit : «Ma fille, Je ne te laisserai plus longtemps dans cette congrégation. Je te le dis pour que tu profites avec plus de diligence des grâces que je t’accorde. »

776. 27.XI.1936. Aujourd’hui j’étais en esprit au Ciel, et j’ai vu des beautés inimaginables et le bonheur qui nous attendent après la mort. J’ai vu comme toutes les créatures rendent perpétuellement honneur et gloire à Dieu. J’ai contemplé l’immensité du bonheur en Dieu qui s’écoule sur toutes les créatures, les rend heureuses, et revient à sa source. Et toute gloire et honneur provenant du bonheur reçu, sont rendus à Dieu et entrent dans les profondeurs divines. J’ai vu toutes les créatures contempler la vie intérieure de Dieu le Père, le Fils et le Saint-Esprit, que jamais elles ne comprendront ni n’approfondiront. Cette source de bonheur est invariable dans son essence, et cependant toujours nouvelle, jaillissant pour le bonheur de toute créature. Je comprends maintenant Saint Paul qui a dit : « Ce que l’œil n’a pas vu, ce que l’oreille n’a pas entendu, ce qui n’est pas monté au cœur de l’homme, tout ce que Dieu à préparé pour ceux qui L’aiment. »

777. Et Dieu m’a laissé comprendre l’unique chose, qui ait à Ses yeux une valeur infinie : c’est l’amour, l’amour de Dieu, l’amour. L’amour et encore une fois l’amour, et rien ne peut être comparé à l’acte de pur amour de Dieu. Oh ! Quels inconcevables égards Dieu a envers l’âme qui l’aime sincèrement ! Oh ! Que l’âme qui déjà sur terre jouit de Ses égards particuliers est heureuse ! Et c’est l’âme petite et humble.

778. J’ai compris plus profondément cette grande Majesté Divine qu’adorent les esprits célestes selon leur degré de grâce et leur hiérarchie. Mon âme n’a éprouvé ni frayeur ni terreur, non absolument aucune, à la vue de cette puissance et de cette grandeur de Dieu. Mon âme a été remplie de paix et d’amour. Et plus je connais la grandeur de Dieu, plus je me réjouis qu’il soit Tel. Et sa grandeur me comble de bonheur. Et je me réjouis de ce que je sois si petite car, puisque je suis si petite, Il me tient dans Sa main et près de Son Cœur.

779. Ô mon Dieu, comme j’ai pitié des gens qui ne croient pas à la vie éternelle ! Comme je prie pour eux pour qu’un rayon de miséricorde les saisisse et que Dieu les presse sur Son Cœur Paternel !

780. Ô amour, ô roi ! L’amour ne connaît pas la peur, il passe par tous les chœurs des anges, qui montent la garde devant le trône de Dieu. Il n’aura peur de personne, il atteint Dieu et se plonge en Lui comme dans son unique trésor. Le Chérubin avec l’épée de feu, qui garde le Paradis, n’a pas de force contre l’amour. Ô pur amour de Dieu, comme tu es grand et incomparable ! Oh ! Si les âmes connaissaient ta force !

781. Aujourd’hui je me sens très faible, je ne peux même pas faire ma méditation à la chapelle et je dois me coucher. Ô mon Jésus, je vous aime et je désire vous adorer par ma faiblesse en me soumettant complètement à votre Sainte volonté !

782. Je dois beaucoup veiller sur moi, aujourd’hui surtout, car une excessive sensibilité vis-à-vis de tout s’empare de moi. Des choses, qu’en bonne santé je n’aurais même pas remarquées, me choquent aujourd’hui. Ô mon Jésus, mon bouclier et ma force, accordez-moi la grâce de sortir victorieuse de ces combats ! Ô mon Jésus, changez-moi en Vous-même par la force de votre amour, pour que je sois un instrument digne de proclamer Votre miséricorde !

783. Je remercie Dieu pour cette maladie et pour cette faiblesse physique, car j’ai du temps pour causer avec le Seigneur Jésus. Ma joie est de passer de longs moments aux pieds du Dieu caché. Et les heures passent comme des minutes. Je sens qu’un feu brûle en moi et je ne comprends d’autre vie que celle du sacrifice, qui provient directement du pur amour.

784. 29.XI.1936. Notre Dame m’a enseigné comment me préparer à la fête de Noël. Je l’ai vue aujourd’hui sans l’Enfant-Jésus. Elle me dit : « Ma fille, applique-toi à être douce et humble pour que Jésus qui habite constamment dans ton cœur, puisse S’y reposer ! Adore-Le dans ton cœur, n’en sors pas ! J’obtiendrai pour toi, ma fille la grâce d’une vie intérieure, telle que tout en restant à l’intérieur de toi-même, tu puisses accomplir à l’extérieur tous tes devoirs avec une précision encore plus grande. Sois continuellement avec Lui, dans ton propre cœur ! Il sera ta force. Avec toutes les créatures aie seulement les contacts que réclament le devoir et la nécessité !
Tu es un logis agréable au Dieu vivant, dans lequel Il séjourne constamment avec amour et plaisir. Et la vivante présence Divine que tu ressens de façon réelle et distincte te confirmera, Ma fille, dans ce que Je t’ai dit. Tâche d’agir ainsi jusqu’au jour de Noël et ensuite Lui-même te fera connaître de quelle manière tu dois agir et t’unir à Lui ! »

785. 30. XI. 1936. Aujourd’hui pendant les vêpres, une douleur me pénétra l’âme. Je vois qu’à tous points de vue cette œuvre dépasse mes forces. Je suis comme un petit enfant devant l’immensité de cette tâche, et c’est seulement sur un ordre divin formel que je procède à son accomplissement. Et d’autre part, même ces grandes grâces me sont un fardeau, que j’ai peine à porter. Je vois l’incrédulité de la part de mes Supérieures et la méfiance et les doutes de toutes sortes avec lesquelles elles me traitent pour cette raison. Mon Jésus, je vois que même de si grandes grâces peuvent être une souffrance et cependant c’est ainsi !

Non seulement, elles peuvent être une cause de souffrance, mais elles doivent l’être comme signe de l’action Divine. Je comprends bien que si Dieu ne fortifiait pas mon âme dans ces différentes épreuves, elle n’en viendrait pas à bout d’elle-même. Donc Dieu Lui-même est son bouclier. Quand par la suite, je méditais durant les vêpres sur cette sorte de mélange de souffrances et de grâces, j’entendis la voix de la Très Sainte Vierge : « Sache, ma fille, que quoique j’ai été élevée à la dignité de Mère de Dieu, sept glaives de douleur ont transpercé mon cœur ! Ne fait rien pour te défendre ! Supporte tout avec humilité ! Dieu Seul te défendra. »

1. XII. 1936. Retraite d’un jour.

Aujourd’hui pendant les méditations matinales le Seigneur me fit connaître et comprendre nettement l’irrévocabilité de Ses désirs. Et je vois clairement que personne ne peut me dispenser de ce devoir d’accomplir la volonté Divine que j’ai appris à connaître. Un manque évident de santé et de forces physiques n’est pas une raison suffisante et ne me libère pas de cette œuvre que Dieu lui-même réalise. Je dois être seulement un instrument dans Sa main. Eh bien ! Alors Seigneur me voici pour accomplir Votre volonté. Ordonnez-moi selon Vos éternelles intentions et prédilections ! Donnez-moi seulement la grâce pour que je sois toujours fidèle !

787. Alors que je causais avec Dieu caché, Il m’a fait connaître et comprendre que je ne dois pas trop réfléchir, ni avoir peur des difficultés qui peuvent se trouver sur mon chemin. « Sache, que Je suis avec toi ! Je provoque les difficultés et Je les renverse. Et les dispositions malveillantes peuvent en un instant tourner en faveur de cette cause. » Le Seigneur m’éclaire en beaucoup de choses durant la conversation d’aujourd’hui, mais je n’écris pas tout.

788. Céder toujours le pas aux autres en toutes circonstances, surtout durant la récréation. Ecouter tranquillement sans interrompre, même si l’on vous raconte dix fois la même chose. Je ne poserai jamais de questions sur une chose qui m’intéresse beaucoup.

789. Résolution, toujours la même : m’unir au Christ miséricordieux.
Résolution générale : calme intérieur, silence.

790. Cachez-moi, Jésus, dans les profondeurs de Votre miséricorde et alors le prochain peut me juger comme il lui plaît !

791. Ne jamais parler de mes propres épreuves. Dans la souffrance, chercher le soulagement. Dans la prière, dans les doutes, même les plus petits, chercher conseil seulement auprès de mon confesseur. Avoir le cœur toujours accueillant pour accepter les souffrances d’autrui et noyer mes propres souffrances dans le Cœur Divin pour qu’à l’extérieur, autant que possible, on ne s’en aperçoive pas.
Toujours travailler à maintenir l’équilibre, même si les circonstances sont contraires. Ne pas permettre que soient troublés le calme et le silence intérieur. Rien ne peut être comparé à la paix de l’âme. Si l’on me reproche quelque chose injustement, ne pas m’excuser.
Si la Supérieure veut savoir la vérité, si j’ai raison ou non, qu’elle le sache plutôt par d’autres que par moi. Ma part est de tout accepter en toute humilité.

792. Je passe un moment avec la Très Sainte Vierge. J’attends avec grand désir la venue du Seigneur. Mes désirs sont Grands. Je souhaite que tous les peuples connaissent le Seigneur. Je voudrais préparer toutes les nations à la venue du Verbe Incarné. Ô Jésus, faites que la source de Votre miséricorde jaillisse avec plus d’abondance, car l’humanité est très malade et plus que jamais elle a besoin de Votre Pitié. Vous êtes une mer sans fond de miséricorde envers nous, les pécheurs. Et plus notre misère est grande, plus nous avons droit à Votre miséricorde. Vous êtes la source du bonheur pour toutes les créatures par Votre infinie miséricorde.

793. Aujourd’hui je pars faire une cure à Pradnik, situé un peu en dehors de Cracovie. Je dois y rester trois mois. La grande sollicitude des Supérieures en a décidé ainsi, et surtout notre chère Mère Générale qui se soucie tant des Sœurs malades.

794. J’ai accepté la faveur de cette cure, car j’accepte complètement la volonté Divine. Que Dieu fasse de moi ce qui Lui plaît ! Je ne désire rien d’autre qu’accomplir Sa sainte volonté. Avec la Vierge Marie, je quitte Nazareth pour aller à Bethléem. Là, je passerai la fête de Noël, parmi des étrangers, mais avec Jésus, Marie et Joseph, car telle est la volonté de Dieu. Je tâche d’accomplir en tout la volonté de Dieu. Je ne désire pas plus le retour à la santé que la mort. Comme un petit enfant, je me confie entièrement à Son infinie miséricorde, et je vis dans la plus grande paix. Je m’efforce seulement de rendre mon amour pour Lui, de plus en plus profond et pur, afin qu’il soit un délice pour Son divin regard.

795. Le Seigneur m’a dit de réciter ce chapelet pendant neuf jours, avant la fête de la Miséricorde. La neuvaine doit commencer le Vendredi Saint. Pendant ce temps j’obtiendrai aux âmes beaucoup de grâces.

796. A la pensée que j’allais rester si longtemps seule, en dehors de la Communauté, la peur s’empara de moi. Jésus me dit : « Tu ne sera pas seule, car je suis avec toi toujours et partout. Auprès de Mon Cœur n’aie peur de rien ! C’est Moi, qui ai provoqué ton départ. Sache que Mon regard suit avec grande attention tous les mouvements de ton cœur ! Je te sépare des autres pour pouvoir Moi-même former ton cœur en vue de Mes projets. De quoi as-tu peur ? Si tu es avec Moi, qui oserait te toucher ? Cependant je Me réjouis beaucoup que tu Me confies tes inquiétudes. Ma fille, parle-Moi de tout simplement, tu Me fais un grand plaisir. Je te comprends, car Je suis Homme-Dieu. Cette simple conversation de ton cœur M’est plus agréable que des hymnes composés en Mon honneur. Sache, Ma fille que plus tes paroles sont simples, plus tu m’attires vers toi ! Et maintenant sois en paix ! Et maintenant sois en paix près de Mon Cœur ! Mets de côté ta plume, et prépare-toi au départ ! »

797. Je suis partie ce matin pour Pradnik . Sœur Chryzostome m’a conduite. J’ai une chambre séparée, je ressemble à une Carmélite. Quand Sœur Chryzostome est partie et que je suis restée seule, je me suis plongée en prière, me mettant sous la protection spéciale de la Très Sainte Vierge. Elle seule est toujours avec moi. Comme une bonne Mère elle surveille mes épreuves et mes efforts.

798. Soudain je vis le Seigneur Jésus, qui me dit : « Sois tranquille, Mon enfant, tu vois que tu n’est pas seule ! Mon Cœur veille sur toi. » Jésus me remplit de force à l’égard d’une certaine personne, je le sens bien dans mon âme.

799. Principe moral.

Quand on ne sait pas ce qu’il y a de meilleur, il faut réfléchir, considérer et prendre conseil, car on n’a pas le droit d’agir dans l’incertitude de la conscience. Dans l’incertitude de la conscience. Dans l’incertitude il faut se dire : quoi que je fasse, ce sera bien pourvu que j’aie l’intention de bien faire. Ce que nous considérons comme bon, Dieu l’accepte et le considère comme bon. Ne pas se chagriner, si après un certain temps l’on voit que ces choses ne sont pas bonnes. Dieu regarde l’intention avec laquelle nous commençons et Il accordera la récompense selon cette intention. C’est un principe que nous devons suivre.

800. Encore aujourd’hui, je suis allée faire une courte visite au Seigneur avant de me coucher. Mon esprit s’est abîmé en Lui, mon seul Trésor. Mon cœur a reposé un instant près du Cœur de mon époux. J’ai reçu la lumière sur la manière de me comporter à l’égard de mon entourage et je suis revenue dans ma solitude. Le médecin s’est occupé de moi et je me sens entourée de cœurs bienveillants.

801. 10. XII. Aujourd’hui je me suis levée plus tôt et j’ai fait ma méditation avant la Messe. La Sainte Messe est célébrée à six heures. Après la Sainte Communion, mon âme fut noyée dans le Seigneur, unique objet de mon amour. Je me sentis absorbée par Sa Toute-Puissance. Quand je suis revenue dans ma solitude, je me sentis mal et je dus me coucher. La Sœur m’a apporté des gouttes, mais toute la journée je me suis sentie mal. Le soir, j’ai tenté de faire les méditations de l’Heure Sainte. Cependant je n’y suis pas arrivée, je m’unissais seulement au Christ souffrant.

802. Ma chambre est voisine de la chambre des hommes. Je ne savais pas que les hommes étaient de tels bavards. Dès le matin, jusque tard dans la nuit, conversation sur différents sujets. C’est beaucoup plus tranquille dans la salle des femmes. On fait toujours aux femmes ce reproche d’être bavardes, cependant j’eus l’occasion de me convaincre du contraire. Il m’est difficile de me concentrer sur ma prière à cause des rires et de ces plaisanteries. Ils ne me gênent pas quand la grâce de Dieu me prend totalement, car alors je ne sais pas ce qui se passe autour de moi.

803. Mon Jésus comme ces gens parlent peu de Vous. Ils parlent de tout, mais pas de Vous, Jésus. Et s’ils en parlent peu c’est, que probablement, ils n’y pensent pas du tout. Le monde entier les intéresse, mais sur Vous, le Créateur : silence. Que c’est triste Jésus, de voir cette indifférence et cette ingratitude des êtres créés ! Ô mon Jésus, je désire vous aimer à leur place et Vous dédommager par mon amour !
 

 

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