Ci-dessus moteur de recherche


ACCUEIL

BENOÎT XVI

LÉON XIV

CHRIST MISERICORDIEUX

L'EVANGILE DU JOUR

LA FAMILLE

TEXTES DU VATICAN

JEAN PAUL II

FARNESE LOUIS-CHARLES

ACTUALITE DE L'EGLISE

CATECHESES

LITURGIE

LES JEUNES

FIDELES LAICS

JOUR DU SEIGNEUR

SERVANTS DE MESSE

SPIRITUALITE

THEOLOGIE

VOCATIONS

VOYAGE APOSTOLIQUE

GALERIE PHOTOS

TV VATICAN

MEDITATIONS

QUI SOMMES NOUS

NOUS CONTACTER
 
BIBLIOTHEQUE
.
STATISTIQUES
 
Ouverture du site
19 Avril 2005
 

Toute la scène du Jourdain est trinitaire

Le 29 juin 2024 - E.S.M. -  En passant de l'Ancien Testament à l'Évangile, on passe en effet des figures à la réalité. Sans doute les données anciennes subsistent, les préparations demeurent valables, les symboles gardent leur valeur et s'orientent vers leur accomplissement. Pourtant, l'apparition de la Personne du Christ et la Révélation de la Trinité obligent à considérer l'Esprit, sa nature, son rôle, sous un jour entièrement nouveau : celui que projette sur toutes choses le mystère trinitaire.

Fresque représentant le baptême du Christ - Pour agrandir l'image ► Cliquer

Toute la scène du Jourdain est trinitaire                                                                                " théologie monastique"

    Aux prêtres et aux lévites envoyés de Jérusalem à Jean Baptiste pour lui demander :

    Qui es-tu... pourquoi baptises-tu, si tu n'es ni le Christ, ni Élie, ni le prophète? Jean répond : Moi je baptise dans l'eau ; au milieu de vous, il est quelqu'un que vous ne connaissez pas :  
    celui qui vient après moi, dont je ne suis pas digne de dénouer la courroie de sandale.
    Ceci se passa à Béthanie, au-delà du Jourdain où Jean baptisait. — Le lendemain, voyant Jésus venir vers lui, il dit : Voici l'Agneau de Dieu qui ôte le péché du monde.
    C'est de lui que j'ai dit : II vient après moi un homme qui est passé devant moi, parce qu'avant moi il était.
    Moi non plus, je ne le connaissais pas, mais c'est pour qu'il fût manifesté à Israël que je suis venu baptiser dans l'eau.
    Et Jean déclara : J'ai vu l'Esprit tel une colombe descendre du ciel et demeurer sur lui. Moi non plus je ne le connaissais pas, mais celui qui m'a envoyé baptiser dans l'eau m'avait dit :
    Celui sur qui tu verras l'Esprit descendre et demeurer, c'est lui qui baptise dans l'Esprit Saint. Oui, j'ai vu et j'atteste que c'est lui l'Élu de Dieu.
(Jn 1 19-34)

    La scène du baptême au Jourdain, qui inaugure la vie publique du Christ, est un immense portique ouvert sur la Révélation des trois Personnes, et très particulièrement de l'Esprit. L'eau y apparaît comme un signe, dont la réalité et le symbolisme vont permettre un enseignement.
    Bien souvent déjà elle avait marqué les étapes de l'histoire. Une première fois, tout avait été créé à partir d'une séparation des eaux, grâce à l'Esprit qui planait sur elles (Gn 1. 2). Une seconde fois, après le déluge, était née une humanité nouvelle qu'elles avaient portée. (Gn 6. 13 à 8,22) Une troisième fois, sous la conduite de Moïse, tiré lui-même « des eaux » (Ex 2. 10) un peuple avait été rassemblé et avait été sauvé des eaux de la mer Rouge. Une progression, une élection toujours plus différenciées s'étaient affirmées à partir de cette ligne de partage qu'elles constituaient. Quelque chose de nouveau était né à Dieu, tandis que derrière elles le chaos primordial s'effaçait, le péché de Babel était enseveli, les idoles barbares renoncées ; par delà, toujours et inlassablement nouvelle, une Alliance avec Dieu était offerte aux hommes.
    Autrement que comme symbole, très réellement comme créature, l'eau avait donc joué dans l'histoire un rôle concret et déterminé de salut. Dieu l'avait effectivement utilisée pour instaurer un ordre nouveau, et choisie à des fins miséricordieuses. Inerte au commencement du monde, elle s'était vu conférer par lui la fécondité. Chargée de son courroux au déluge, elle avait détruit le mal qui régnait sur la terre. Elle avait gardé ce même pouvoir à l'égard des Égyptiens, tandis qu'elle ouvrait au peuple de Dieu le chemin de la Terre promise. Il semble donc que dans le vouloir de Dieu et sous l'effusion de l'Esprit, l'eau soit chargée d'une mission effective qui n'est pas encore le pouvoir des sacrements, mais celle d'un instrument par lequel Dieu agit dans l'histoire du salut. Dans cette histoire, le Jourdain est appelé à être la ligne de démarcation entre les temps désormais révolus et les temps nouveaux que le Messie inaugure, et ses eaux, à être le signe même de l'accomplissement des promesses contenues dans l'Alliance.
    Lorsqu'il descend dans le fleuve, le Christ est au milieu des siens comme quelqu'un « qu'ils ne connaissaient pas » (Jn 1.26,31,33), et pourtant déjà : « Celui qui avait envoyé Jean baptiser lui avait dit : Celui sur qui tu verras l'Esprit descendre et demeurer, c'est celui-là qui baptise dans l'Esprit Saint » (Jn 1. 33). Jean sait donc qu'au baptême de pénitence qu'il pratique, rite symbolique de purification, va succéder la réalité vivifiante et sanctifiante du véritable baptême, et cela, parce que sera venu, révélé par l'Esprit Saint, celui qui opère le salut. Dans l'eau du baptême seront désormais liés et agissants, la puissance qui purifie et celle qui régénère, l'amour qui pardonne et celui qui fait vivre, la parole qui crée et l'acte qui unit.
    Jésus parlera bientôt à Nicodème de la naissance par l'eau et par l'esprit. (Jn 3. 5) Il aurait pu paraître incompréhensible à son interlocuteur, de voir rapprocher deux termes aussi éloignés par nature et aussi inégalement efficaces. En fait, il lui semblera surtout impossible de renaître. « Comment un homme peut-il naître, une fois qu'il est vieux ? » (Jn 3. 4) Au Jourdain pourtant, tout devient possible. Pour engendrer une nouvelle humanité, Jésus s'est chargé de son fardeau et, descendant dans le fleuve, s'est silencieusement offert à la volonté de son Père. Celui-ci a joint à la sienne toute la puissance de son amour et de sa miséricorde. Et l'Esprit, « tel une colombe », est descendu et a demeuré sur Jésus ( Jn 1.32).
    Cette convergence des Trois à l'aube de la mission de Salut donne à la scène sa solennité, et à l'eau la promesse d'efficience dont elle sera revêtue, lorsque s'écoulant du côté transpercé du Christ elle sera devenue l'eau sainte qui, par les mérites de sa passion et l'effusion de l'Esprit Saint, fera de tout homme ancien un homme nouveau, un « enfant de Dieu  » (Jn.1.12.- 1 Jn 3.1,2).
    Le Christ sort du Jourdain, chef d'une humanité nouvelle sur laquelle repose l'Esprit Saint. Une race bénie de Dieu se lève et le ciel tressaille. Le mystère est grand qui entoure toute manifestation divine. Si cependant nous en percevons quelques données, ce n'est jamais que pour voir reculer en quelque sorte sa profondeur. Dans la scène du Jourdain, c'est le mystère de Dieu tout entier, semble-t-il, qu'il nous est donné, paradoxalement, de mesurer.
    Le plan du salut, le rachat de nos péchés et notre régénération s'en trouvent quelque peu éclairés. La réalisation de ce plan est conjointement l'œuvre des Trois, elle est due à une unanimité parfaite des volontés, à une communauté totale d'amour miséricordieux et vivificateur. « Les trois sont d'accord » (1 Jn 5. 8), dira saint Jean, de l'eau, du sang et de l'Esprit. Dès le Jourdain, cette unanimité est manifeste. Chacune des trois Personnes dit à sa manière sa participation à l'œuvre du salut : le Fils en répondant à la volonté du Père, l'Esprit en s'épanchant en lui, le Père en déclarant : « Tu es mon Fils bien-aimé, tu as toute ma faveur » (Lc 3.22 ; Mt 3.17 ; Mc 1. 11).
    Si Jean se tait sur cette parole rapportée par les synoptiques, il n'en écarte que l'éclat, il souligne en revanche le caractère tout intérieur de conviction profonde, de certitude totale qui en résulte dans l'âme du témoin : « Oui, j'ai vu et j'atteste que c'est lui l'Élu de Dieu » (1.34).
    Élection et dilection, c'est en définitive sur ces termes objectifs que porte la grande révélation théophanique du Jourdain.
    Élection d'abord : le Christ est l'Élu de Dieu, celui que Dieu a choisi pour la mission rédemptrice. Jean Baptiste n'hésite pas un instant sur le sens de cette mission. En effet, c'est à partir de ce jour-là qu'il désigne Jésus par ces mots : « Voici l'Agneau de Dieu qui ôte le péché du monde » (Jn 1.29). Aussi le baptême du Christ sous l'effusion de l'Esprit, est-il l'annonce du sacrement qui ôtera définitivement tout péché et rendra la vie divine, car Jésus est bien « Celui qui doit venir » (Mt 11.3).
    Matthieu et Luc feront état chez Jean-Baptiste d'une certaine perplexité, d'une angoisse persistante à cet égard (Mt 11.3 ; Lc 7.18). Jean, au contraire, ne rapporte que son exultation, et l'accentue d'une conviction qui ne trompe pas : « Ma joie, elle est maintenant parfaite (1.29) » dit-il dans son ultime témoignage.
    « Celui qui vient d'en haut, est au-dessus de tous... Celui qui vient du ciel témoigne de ce qu'il a vu et entendu (3-31,32). » Jean Baptiste n'a pas connu le Christ selon la chair : « Moi je ne le connaissais pas (1.31)», mais il l'a reconnu dans l'Esprit Saint : « C'est pour qu'il fût manifesté à Israël que je suis venu baptiser dans l'eau ( 1.31)». Le témoignage de Dieu n'est pas trompeur, mais véridique. L'Esprit de Dieu est « Esprit de Vérité (14.17; 15.26; 16,13) ». Aucun argument charnel ne tient, quand Dieu désigne son Élu. Or, ce n'est pas un homme seulement qui est choisi parmi les autres pour une mission divine, mais celui-là qui, bien qu'étant homme, est sorti de Dieu, est « venu d'en Haut (3.31) ».
    Si grand soit-il, le mystère d'élection du Christ s'approfondit encore du mystère de dilection qui l'accompagne. En effet, il ne s'agit pas d'une investiture comme celle de tant de rois, juges ou prophètes du passé — les termes rapportés plus haut écartant cette hypothèse — mais de la révélation d'une élection, au principe même de la vie du Christ, de sa vie de Fils de Dieu. Et cette élection divine se dévoile ici comme l'objet d'un amour ineffable. Tandis que les autres évangélistes le laissent entendre à travers le terme de « Bien-Aimé », ou encore en déclarant du Christ qu'il a « toute la faveur » du Père, Jean emploie le mot qu'il préfère à tout autre, lorsqu'il s'agit de dire cet amour divin qui est tout ensemble plénitude de repos et plénitude d'activité : « demeurer ». « J'ai vu l'esprit descendre du ciel et demeurer sur lui (1.32). » Cet instant a dans le ciel des prolongements infinis. Aussi, dans sa joyeuse et dernière confession, Jean Baptiste affirmera : « Le Père aime le Fils. Il a tout remis en sa main (3-35) [II est très probable que ce passage est de l'évangéliste lui-même et non du Baptiste. Mais il est probable aussi que ces paroles font écho, dans une certaine mesure au moins, à l'enseignement du Baptiste, son maître.] ». La dilection confirme l'élection, comme l'élection procède de la dilection. Aussi oserait-on dire du cri de Jean, qui suit le baptême : « J'ai vu et j'atteste que c'est lui l'Élu de Dieu », qu'il eût aussi bien pu se traduire dans l'âme du précurseur par ces mots : « Oui, j'ai vu et j'atteste : c'est lui le Bien-Aimé de Dieu ».
    Au plan du salut, il n'est pas indifférent que la révélation de cette élection et de cette dilection divines intervienne au moment même où affleure la réalisation des promesses dans l'eau baptismale. C'est en effet la vocation de cette race nouvelle qu'elle engendrera qui s'en trouve éclairée. Naître de nouveau, naître à Dieu, c'est naître aussi à cette béatitude que le témoignage de Jean atteste. Ce n'est pas naître au seul Christ crucifié qui donne sa vie pour nous sauver, mais aussi au Père qui prend en lui ses complaisances, et à l'Esprit qui repose sur lui, qui est leur joie et leur amour à tous deux. Naître à Dieu, ce ne peut être le saut dans l'inconnu, le saut si onéreux qui ferait défaillir la volonté humaine. Ce témoignage entraîne l'abandon confiant, l'élan enthousiaste vers la Vie, vers l'Amour, la Béatitude des trois. L'enfant de Dieu est ordonné à l'Esprit Saint, à la joie et non à la douleur, à la vie et non à la mort. A la place des péchés et de leur triste jouissance, l'Agneau de Dieu délivre l'amour dont il est aimé : l'Esprit. Premier né de la génération nouvelle, debout sous l'effusion de l'Esprit, il l'accueille pour tous ses frères.

    Toute la scène du Jourdain est « trinitaire ». On ne saurait donc découvrir dans la parole du Christ : « A moins de naître d'eau et d'Esprit (3.5) », deux principes d'action successifs. Toute succession laisserait entendre qu'il s'agit ici de principes séparés ou pouvant se séparer, ce qui est impensable lorsqu'il s'agit de Dieu qui, s'il est trois Personnes, est Un dans sa nature et son action extérieure.
    Si cependant le Christ a employé cette expression, c'est qu'il existe  effectivement deux manières pour Dieu, d'atteindre l'homme. Il l'atteint par sa Parole, et il l'atteint par son Esprit.
    Être atteint par la Parole, c'est pour l'homme être éclairé par la Révélation et y adhérer par la foi : « Je suis la lumière du monde ; qui me suit ne marchera pas dans les ténèbres (8.12). » « Celui-ci est mon Fils., mon Élu, écoutez-le... (Lc 9.35)» « La Parole s'impose du dehors, elle est agile et pénétrante ; plus tranchante que le glaive, elle met tout à nu. Elle fait connaître et comprendre. Elle est lumière, révélation. Elle se dresse debout, subsistante (L. GuiLLET, Thèmes bibliques). »
    Mais l'homme naît aussi de l'Esprit... et l'Esprit est fluide. S'il est pénétrant, c'est à la manière d'un liquide qui imprègne. Tel le souffle, il s'infiltre sans qu'on l'entende ou qu'on le voie. Si la Parole est révélation, l'Esprit est transformation intérieure. Si la parole se fait entendre, l'Esprit sourd au plus intime de l'être, silencieusement. Si la parole éclaire les esprits, l'Esprit, lui, s'insère dans les cœurs pour les transformer et les ouvrir à la Parole.
    Quoique distinctes, ces deux actions sont inséparables, ou devraient l'être [En pratique, il arrive trop souvent que les chrétiens ne naissent que de la parole, c'est-à-dire se contentent du baptême d'eau, et négligent plus ou moins complètement de naître de l'Esprit. Les apôtres eux-mêmes connurent avant la Pentecôte cet état imparfait dans lequel on croit au Christ, mais on ne vit pas de son « esprit ». « Vous ne savez pas de quel esprit vous êtes » (Lc 9.55) ], puisque la Parole ne vient jamais à nous sans l'Esprit.
    Déjà d'ailleurs, dans l'Ancien Testament, ce lien était sensible. Dieu, lorsqu'il révélait sa parole aux prophètes, les envahissait de son esprit. « La parole de Yahvé semblait leur être portée sur les ailes de l'esprit de Yahvé (L. GUILLET, Thèmes bibliques). »
    II l'est infiniment davantage dans l'économie nouvelle, puisque la Parole et l'Esprit, bien qu'elles soient deux Personnes distinctes, procèdent l'une de l'autre et sont unies en unité de nature.
    Le Fils est venu nous révéler son Père, il est la vivante Parole du Père, de telle sorte que la Révélation s'identifie au Père : «Qui m'a vu, a vu le Père... («Le Fils unique qui est dans le sein du Père, lui, l'a fait connaître» (1. 18).» « Si vous me connaissez, vous connaîtrez aussi mon Père. Dès maintenant vous le connaissez, et vous l'avez vu (14.7) ».
    La Parole nous révèle donc inséparablement le Père et le Fils. Mais cette mission remplie, le Fils, étant Parole, ne peut que retourner au Père. C'est alors qu'il nous envoie l'Esprit qui permet à la Parole de pénétrer les cœurs. Ce ne sera pas une parole nouvelle, une nouvelle révélation. L'Esprit n'a rien à dire d'autre que ce qu'a dit Jésus, mais tant qu'il n'est pas venu, les mots de Jésus se heurtent à des cœurs fermés, à des oreilles closes (L. GUILLET, Thèmes bibliques). Le Fils était venu nous parler de son Père. A son tour, « l'Esprit ne parlera que d'une chose : de Jésus ; et il n'aura qu'un mouvement : vers le Père. Tel est le secret qu'il murmure en confidences ineffables. L'Ancien Testament l'attendait de tout son désir ; mais c'est seulement aux enfants rachetés par le Christ et rendus à la vie, que sera donné le secret de cette présence sans nom et sans visage de l'Esprit (L. GUILLET, Thèmes bibliques)».

L'Esprit Saint - 1 : Introduction
L'Esprit Saint - 2 : Le Christ, l'Oint de Yahvé, qui seul reçoit l'Esprit en plénitude et en dispose    
L'Esprit Saint - 3 : Toute la scène du Jourdain est trinitaire

L'Esprit Saint - 4  : Nicodème ironisant un peu lourdement
L'Esprit Saint - 5  : La croix se dresse au carrefour où la foi tremble et hésite

Les lecteurs qui désirent consulter les derniers articles publiés par le site Eucharistie Sacrement de la Miséricorde, peuvent cliquer sur le lien suivant  E.S.M. sur Google actualité


.Sources :Extraits d'un texte original des écrits d'un ami, le Père Paul Marie de la Croix O.C.D.-  E.S.M.
Ce document est destiné à l'information; il ne constitue pas un document officiel
Eucharistie sacrement de la miséricorde - (E.S.M.) 29.06 2024

 

 » Sélection des derniers articles  
page précédente haut de page page suivante