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19 Avril 2005
 

Seul le chemin de l'amour, souligne Benoît XVI, révèle la grandeur de la vocation humaine

 

Rome, le 28 novembre 2007 - (E.S.M.) - Quiconque a bien compris les signes d'espérance que nous avons rencontrés dans les Béatitudes, signale Benoît XVI, reconnaîtra ici les attitudes symétriquement opposées qui enferment l'homme dans l'apparence et le provisoire, et qui, l'entraînant dans la perte de sa hauteur et de sa profondeur, et aussi dans la perte de Dieu et du prochain, le portent à sa ruine.

Seul le chemin de l'amour, dont le Sermon sur la montagne décrit les voies, révèle la richesse de la vie, la grandeur de la vocation humaine.

Quatrième chapitre : I. Le Sermon sur la montagne (p. 85 à 150)
1) De quoi s'agit-il ? Benoît XVI
2) Le renversement des valeurs : BenoîtXVI
3) Les pauvres de cœur : Benoît XVI
4) Les doux posséderont la terre : Benoît XVI
5)
Le pays du roi de la paix : Benoît XVI
6) Le contre-pouvoir au règne du mal : Benoît XVI
7) Voir Dieu (la vision intérieure des Béatitudes) : Benoît XVI
8) (suite) L'amour est la vraie « morale » du christianisme

Après cette tentative de pénétrer plus profondément dans la vision intérieure des Béatitudes (voir 7 page précédente) - sur le thème que nous n'avons pas encore traité des miséricordieux, nous nous arrêterons dans le cadre de la parabole du bon Samaritain -, nous devons nous poser encore deux questions pour la compréhension de l'ensemble. Luc fait suivre les quatre Béatitudes qu'il transmet de quatre invectives : « Malheureux, vous les riches... malheureux, vous qui êtes repus maintenant... malheureux, vous qui riez maintenant... malheureux êtes-vous quand tous les hommes disent du bien de vous » (Lc 6, 24-26). Ces paroles nous effraient. Que faut-il en penser ?

On peut tout d'abord constater que Jésus suit là le schéma que l'on retrouve au chapitre 17 au Livre de Jérémie et dans le Psaume 1 : à la description du juste chemin qui mène l'homme au salut s'oppose une mise en garde qui démasque les fausses promesses et les fausses propositions, invitant l'homme à se détourner d'une voie qui ne peut aboutir qu'à une chute mortelle. Nous retrouverons une structure similaire dans la parabole du riche et de Lazare.

Quiconque a bien compris les signes d'espérance que nous avons rencontrés dans les Béatitudes, signale Benoît XVI, reconnaîtra ici les attitudes symétriquement opposées qui enferment l'homme dans l'apparence et le provisoire, et qui, l'entraînant dans la perte de sa hauteur et de sa profondeur, et aussi dans la perte de Dieu et du prochain, le portent à sa ruine. On comprend alors la véritable intention de cette mise en garde : les invectives ne sont pas des condamnations, elles ne sont pas motivées par la haine, l'envie ou l'hostilité profonde. Il ne s'agit pas de condamner, mais de mettre en garde afin de sauver.

Voilà qui soulève une question de fond : la direction que nous indique le Seigneur dans les Béatitudes et dans les monitions qui leur sont opposées est-elle exacte ? Est-il vraiment grave d'être riche et repu, de rire, d'être louangé ? C'est précisément cet aspect qui a suscité la critique furieuse de Frédéric Nietzsche contre le christianisme. Selon lui, ce n'est pas à la doctrine chrétienne que l'on doit s'en prendre ; c'est la morale du christianisme, ce « crime capital contre la vie », qu'il faut dénoncer. Et par « morale du christianisme », il entend précisément l'orientation qui nous est donnée dans le Sermon sur la montagne.

« Quel a été jusqu'ici le plus grand péché commis sur terre ? N'était-ce pas la parole de celui qui a dit "malheur à ceux qui rient" ?» A l'encontre des promesses du Christ, Nietzsche dit : Nous ne voulons nullement entrer dans le royaume des cieux. « Nous sommes devenus des hommes et c'est pourquoi ce que nous voulons, c'est le royaume de la terre (F. Nietzsche, Ainsi parlait Zarathoustra, Quatrième partie, « La fête de l'Âne », GF-Flammarion, 1996, p. 372). »

La perspective donnée par le Sermon sur la montagne apparaît comme une religion du ressentiment, comme l'envie qui ronge les lâches et les incapables qui ne sont pas de taille à se mesurer avec la vie et qui cherchent dès lors à se venger en exaltant leur échec et en invectivant les forts, ceux qui connaissent le succès, le bonheur. A l'ampleur du regard de Jésus s'oppose une focalisation réductrice sur les réalités d'ici-bas ; la volonté de profiter pleinement dès à présent du monde et de ce qu'offre la vie, de chercher le ciel ici-bas sans se laisser arrêter par le moindre scrupule.

Cette vision des choses, constate Benoît XVI, est entrée pour une grande part dans la conscience moderne et elle détermine largement la conception de l'existence qui a cours aujourd'hui. Le Sermon sur la montagne soulève la question de l'option fondamentale du christianisme, et nous qui sommes les enfants de notre époque, nous répugnons intérieurement à cette option, même si nous ne sommes pas insensibles à l'éloge des doux, des miséricordieux, des artisans de paix, des purs. Après l'expérience des régimes totalitaires, de la brutalité avec laquelle ils ont écrasé les hommes, raillé, asservi, frappé les faibles, nous sommes à nouveau à même de comprendre ceux qui ont faim et soif de justice, nous redécouvrons l'âme de ceux qui sont dans l'affliction et leur droit à être consolés. Face aux abus du pouvoir économique, face aux actes de cruauté d'un capitalisme qui ravale les hommes au rang de marchandise, nos yeux se sont ouverts sur les dangers que recèle la richesse, et nous comprenons de manière renouvelée ce que Jésus voulait dire quand il mettait en garde contre la richesse, contre le dieu Mammon qui détruit l'homme et qui étrangle entre ses horribles serres de rapace une grande partie du monde. Oui, les Béatitudes s'opposent à notre appétit spontané pour la vie, à notre faim et à notre soif de vie. Elles exigent une « conversion », elles nécessitent que l'on tourne le dos à la direction que l'on voudrait spontanément suivre. Mais ce retournement fait apparaître un univers plus pur et plus élevé ; notre existence se met alors en bon ordre.

Le monde grec, dont la joie de vivre éclate de façon si merveilleuse dans l'épopée d'Homère, avait néanmoins profondément conscience que le vrai péché de l'homme, le danger majeur qui le menaçait était Vhybris, cet orgueil démesuré et présomptueux par lequel l'homme s'élève lui-même au rang de divinité, veut être son propre dieu, afin de posséder pleinement la vie et de jouir jusqu'à épuisement de tout ce qu'elle peut bien offrir. Cette conscience que la vraie menace qui pèse sur l'homme réside dans l'étalage qu'il fait de son arrogance triomphante, qui semble une évidence au premier abord, la personne du Christ lui donne toute sa profondeur dans le Sermon sur la montagne.

Nous avons vu que ce Sermon était une christologie cachée. En arrière-plan, il y a la personne du Christ, de l'homme qui est Dieu, mais qui précisément pour cette raison s'abaisse, se dépouille de tout, jusqu'à mourir sur la croix. De Paul à François d'Assise, jusqu'à mère Teresa, les saints ont vécu cette option, nous montrant ainsi quelle était la juste image de l'homme et de son bonheur.

En résumé, conclut Benoît XVI, l'amour est la vraie « morale » du christianisme. Ce dernier s'oppose bien sûr à l'égoïsme, il est un exode de soi-même, et c'est précisément ainsi que l'homme vient à lui même. A l'inverse de l'image nietzschéenne de l'homme et de sa splendeur tentatrice, ce chemin semble au premier abord misérable, quasiment impossible à suivre. Mais il est le véritable chemin des hauteurs de la vie ; seul le chemin de l'amour, dont le Sermon sur la montagne décrit les voies, révèle la richesse de la vie, la grandeur de la vocation humaine.

à suivre... : II. La Torah du Messie

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Sources: www.vatican.va

Ce document est destiné à l'information; il ne constitue pas un document officiel

Eucharistie, sacrement de la miséricorde - (E.S.M.) 28.11.2007 - BENOÎT XVI - T/J.N.

 

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