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Le Christ, l'Oint de Yahvé, qui seul reçoit
l'Esprit en plénitude et en dispose
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Le 26 juin 2024 -
E.S.M.
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Nous avons publié,
dernièrement,
un ensemble de
textes situant l'Esprit Saint à un plan suprêmement personnel, et le
désignant comme une Personne divine à l'égal du Père et du Fils,
prend toute sa valeur lorsqu'on le rapproche des données de l'Ancien
Testament.
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Vatican : le saint Prophète
Ezéchiel -
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Une vie en esprit
"
théologie monastique"
Saint Jean, qui connaissait les images et symboles dont
la Bible s'était servie pour désigner la notion d'esprit, les retrouvait
souvent sur les lèvres du Maître, et l'enseignement du Christ s'éclairait à
cette lumière [L'entretien avec Nicodème, celui avec la Samaritaine, le
discours sur le pain de vie, la promesse de l'eau vive à la fête des tentes,
ne prennent tout leur sens qu'à la lumière des données bibliques, comme on
le montrera par la suite]. Il convient donc de les rappeler brièvement.
L'Esprit Saint les assume en effet, tout en les renouvelant et en les
transcendant.
Dans l'Ancienne Alliance, l'esprit était considéré comme un
souffle émanant de Yahvé. Cette « ruah Yahvé », s'emparant de l'homme,
prenait possession de lui. Les prophètes étaient les représentants les plus
qualifiés de cette action de l'esprit. Ils étaient éminemment les hommes de
l'esprit. La ruah pouvait se manifester en deux directions complémentaires,
quoiqu'apparemment bien différentes. D'une part, elle faisait entrer les
nabis, « ces professionnels de l'exaltation religieuse » (L. DESNOYERS, Les
prophètes d'Israël) en extase ou en transes (Des exemples de cette
possession par l'esprit de Dieu se rencontrent dans l'Ancien Testament), et
de l'autre, elle mettait dans la bouche des « inspirés », les paroles de
Yahvé. Bien que les deux formes n'aient cessé de se manifester jusques et y
compris aux temps messianiques eux-mêmes [Les charismes sont, dans la
primitive Église, l'aboutissement épuré et spiritualisé de cette forme
d'action, et marquent aux yeux de tous la prise de possession d'un homme par
l'Esprit de Dieu. Il y a là une réalisation de la prophétie de Joël : « Je
répandrai mon esprit sur toute chair, vos fils et vos filles prophétiseront,
vos anciens auront des songes, vos jeunes gens des visions » (Joël ; 3.1,2) que
saint Pierre citera devant le Sanhédrin (Acte 2.17,18)], l'importance donnée
à la parole comme manifestation privilégiée de l'esprit de Yahvé ne cessa de
grandir ( Is 1. I0 etc... - Jr 1.9 - 2.I... 7 - 1.2 etc... Ba 1.21 - Éz
2.1,2...), et c'est dans ce sens que se situe l'évolution « prophétique ».
Parallèlement, on constate que les manifestations de l'esprit
tendent, de temporaires et limitées qu'elles étaient, à devenir une prise de
possession stable. Ainsi les « juges » en étaient revêtus, mais plus encore
le « roi d'Israël », qui en apparaîtra de plus en plus comme le dépositaire
permanent. De David, on pouvait déjà dire ce qui sera dit du Christ, que «
l'esprit repose sur lui » (Is. 16.13), le consacrant au salut de son peuple.
Aussi Isaïe, lorsqu'il parle du Messie, déclare que « sur lui reposera » en
permanence « l'Esprit de sagesse et d'intelligence, de conseil et de force,
de science et de crainte de Yahvé »
(Is 11,2). Cette permanence de l'esprit
chez ceux qui en sont pénétrés, leur permet d'être instruits des « secrets »
de Yahvé (Am 3.7).
Mais c'est surtout dans la ligne d'une « intériorisation »,
et donc dans un sens plus individualisé, que l'on voit évoluer l'action de
l'esprit. Il opère « dans les cœurs », il est au service de la providence
divine, il consacre le cœur de l'élu de Dieu en vue d'une mission
exceptionnelle :
Voici mon serviteur que je
soutiens,
mon élu que préfère mon âme.
J'ai mis sur lui mon esprit (Is
42.I)
Au lieu de se manifester surtout par le vent, le souffle, la
tempête, le déchaînement des forces naturelles [C'est la signification
profonde de la scène de l'Horeb, où Élie, parce qu'il est prophète, et
possède donc l'esprit de Yahvé, sait que Dieu n'est « ni dans l'ouragan, ni
dans le tremblement de terre, ni dans le feu, mais dans la brise légère » (I
R 19.11,12)], l'Esprit tend donc à marquer son action par une emprise sur
les âmes et sur les esprits. [On le perçoit déjà dans l'épisode de Samuel, «
saisi par un mauvais esprit de Yahvé qui lui cause des terreurs » (I S 16.15,
cf. aussi Jg 9.23)] En rigueur de terme, il opère une « prise de conscience »
dont on pourrait suivre les progrès à travers Isaïe, Jérémie, les Psaumes,
le Livre de Job.
D'un mot, l'esprit de Dieu s'y montre générateur de ce que
nous nommerions aujourd'hui une « vie spirituelle » (Et qu'il vaudrait mieux
appeler : une vie en esprit). Il est à la source des relations de l'homme
avec Dieu. Il communique à l'homme les pensées, les désirs et les desseins
de Dieu, et invite l'homme à y répondre « en esprit ». Il fait de lui, non
seulement un instrument, mais encore un « témoin ». [Au chapitre 61 d'Isaïe,
le prophète déclare :
L'esprit du Seigneur Yahvé est sur moi, car Yahvé m'a oint.
Il m'a envoyé porter la bonne nouvelle aux pauvres,
annoncer aux captifs l'amnistie et aux prisonniers la liberté,
annoncer une année de grâce de la part de Yahvé (Is 6l. 1,2)
et le Christ, ayant lu ce passage, dans la synagogue de Nazareth, dira : «
Aujourd'hui s'accomplit à vos yeux ce passage de l'Écriture » revendiquant
donc les traits de la prophétie. Ces traits font de la mission et de
l'action de celui sur qui Dieu a fait descendre son esprit, le «
Serviteur »
de Yahvé, qui rend « témoignage »
de lui. A ce même rôle de « témoins » les
disciples seront conviés par le Maître : « Quand sera venu le Paraclet que
je vous enverrai d'auprès du Père, l'Esprit de Vérité qui provient du Père,
il me rendra témoignage, et vous aussi, vous témoignerez » (15. 26,27)].
Isaïe n'aurait pu nous donner un tel portrait du Messie (Cf.
les « Chants du Serviteur de Yahvé ». Is 42.1-9 ; 49.1-6 ; 50.4-11 ; 52.13 à
53.12. Rempli de l'esprit de Yahvé, le Serviteur est choisi, séparé, pour
être son témoin devant les nations ; aussi le prophète insistera sur ses
sentiments de douceur, d'humilité, de patience infinies), si cette
intériorisation ne s'était pas produite, et s'il n'avait su l'Esprit destiné
à ouvrir non seulement les oreilles, (Is 50.4) mais encore les cœurs ["
Comme le dira bientôt Ézéchiel : « Je mettrai en vous un esprit nouveau et
je vous donnerai un cœur nouveau. J'ôterai de votre chair le cœur de pierre
et je vous donnerai un cœur de chair. Je mettrai mon esprit en vous,et je
ferai que vous marchiez selon mes lois » (Éz 36.26,27 ; cf. également Is
7.10)] et à les transformer.
Enfin, et sans doute est-ce là un point essentiel : il y a
dans l'Ancien Testament coïncidence entre une révélation toujours plus
explicite et plus intérieure de l'Esprit, et le fait d'une concentration de
cet Esprit sur quelques élus (juges, rois, prophètes) [Jg 14.6 ; 14.19].
Le Nouveau Testament nous permet de découvrir que cette
élection reposera en définitive sur une Personne unique : l'Oint de Yahvé,
qui seul reçoit l'Esprit en plénitude et en dispose :
J'ai vu l'Esprit
descendre et demeurer sur lui.
Oui, j'ai vu et j'atteste que
c'est lui l'Élu de Dieu
Celui que Dieu a envoyé
prononcer les paroles de Dieu
qui lui donne l'Esprit sans
mesure (J 32,34).
Permanence, intériorisation, spiritualisation, concentration
enfin de cet Esprit sur l'Oint de Yahvé, tel est le sens et le terme d'une
évolution concernant l'Esprit et ses dons.
Mais à quoi servirait de les saisir, si la nature et le rôle de l'Esprit
nous demeuraient cachés ? Pour les révéler, l'Ancien Testament a recours à
des images et symboles d'autant plus importants, qu'ils seront repris par le
Nouveau Testament. Plus que tout autre, l'évangile johannique nous permet de
constater que le Christ lui-même en fait un ample usage.
On pourrait dire qu'à travers tout l'Ancien Testament
l'esprit est spécifié par deux familles de symboles. Les uns groupés autour
de la notion de force, de violence : les autres autour des notions de
douceur, de lente et silencieuse imprégnation.
L'esprit de Yahvé fond sur les
prophètes et les inspirés avec une violence soudaine, tel l'aigle sur sa
proie, ou le lion sur l'animal dont il fait sa pâture. En survenant, il
provoque en eux l'exaltation, ou encore des mouvements désordonnés. (I S
10.6-10.10) Il leur confère des pouvoirs extraordinaires, ou une force
surhumaine [Ainsi Élie sur lequel Yahvé
pose sa main (autre manière de désigner l'Esprit) (I R 18.46- Jg 14.6)]. Le vent, la tempête, le feu sont alors souvent associés à ces
interventions de l'Esprit.
Dans le Nouveau Testament, ces symboles demeureront
représentatifs de la toute-puissance de l'Esprit, de son invasion des âmes
ou des corps ; le « vent violent » qui envahit le Cénacle au jour de la
Pentecôte, et les langues de feu qui se posent sur les apôtres en sont des
manifestations. A travers ces symboles, un aspect essentiel de l'Esprit de
Dieu et de son action sur les âmes peut être aisément saisi.[(Cf. en ce sens
la prose de la Pentecôte « Fons vivus, ignis... (La
source vivante, le feu).» ou encore l'oraison « Reple tuorum corda fidelium, et in eis ignem accende
(Remplissez le cœur de vos fidèles et allumez en eux un
feu) »] Déjà Jean-Baptiste y
fait allusion, en déclarant de celui qui viendrait après lui : « qu'il
baptiserait dans l'Esprit Saint et dans le feu » (Lc 3.I6). Cette violence
et cette force en tant qu'expressions des ardeurs de l'amour, le Cantique
des Cantiques est seul dans l'Ancien Testament à les laisser entrevoir. «
L'amour est fort comme la mort, ses traits sont des traits de feu, une
flamme de Yahvé.»
Les grandes eaux ne pourront éteindre l'amour, ni les fleuves le submerger »
(Ct 8.6,7)] A cette époque, en effet, l'assimilation de l'amour à l'Esprit
était loin d'être accomplie.
A cette même famille de symboles peuvent encore être ramenées
les images qui donnent de l'Esprit l'idée d'une force créatrice et
organisatrice. Ainsi, dans la Genèse, l'Esprit plane sur le chaos
primordial, comme l'aigle sur le nid de ses petits : « Souffle vivificateur
de Dieu, il va susciter les êtres ».(Gn 1.2. Cf. Bible de Jérusalem (Genèse)
note p. 39.)
A l'opposé, le symbole de l'eau, évoqué sous ses formes les plus variées,
est représentatif de la douceur de l'Esprit, de son action intérieure,
patiente et transformante. L'Esprit descend sur l'homme et le pénètre, comme
la pluie qui vient d'en haut imprègne
la terre.
Tandis qu'Isaïe a recours à ce symbole pour marquer l'action vivifiante de
l'Esprit :
Je répandrai de l'eau sur le
sol assoiffé
des flots sur la terre
desséchée.
Je répandrai mon esprit sur ta
race
et ma bénédiction sur ta
postérité. (Is 44-3)
Ézéchiel associe le don de Yahvé à l'image du ruissellement des eaux, qui
apporteront aux terres arides le renouvellement et la vie :
Je ferai sur vous une aspersion
d'eaux pures...
Je mettrai en vous un esprit
nouveau
Je mettrai en vous mon esprit.
(Éz 36. 25,27)
La venue de l'esprit est comparée par Ézéchiel à une « libation rituelle »
(L. GUILLET, Thèmes bibliques),
et à une bénédiction :
Je ne leur cacherai plus ma
face
parce que j'aurai répandu mon
esprit sur la maison de Yahvé (Ez 39. 29).
L'Alliance elle-même, dans laquelle l'esprit de Dieu est contenu, et qui
l'exprime avec une plénitude particulière, pénétrera le peuple de sa vertu,
et le vivifiera, telle une eau fécondante :
Voici mon Alliance avec eux,
dit Yahvé.
Mon esprit qui est sur toi,
et mes paroles que j'ai mises
dans ta bouche..(Is 59. 21)
Si évocatrices que soient ces images, si riches ces symboles, ils ne peuvent
cependant qu'orienter les esprits : «A les transposer tels quels dans la vie
intérieure, on risquerait de réduire l'Esprit à n'être qu'un élément
naturel, plus subtil et plus pur, mais encore de notre monde » (L. GUILLET,
Thèmes bibliques).
Et cependant, grâce à de tels symboles, Israël comprend
peu à peu, non seulement le rôle joué par l'Esprit au milieu du peuple, [«
Ce ne fut pas un ange, mais sa face qui les sauva. Dans son amour, dans sa
pitié lui-même les racheta... Mais ils se révoltèrent, ils contristèrent son
Esprit Saint » (Is 63. 9,10)] mais encore la nature intime de cet Esprit qui
travaille à l'imprégner progressivement de la sainteté divine :
convertissant et purifiant les pécheurs
[(« O Dieu, crée en moi un cœur pur, renouvelle en moi un esprit ferme... ne
retire pas de moi ton esprit saint » (Ps 51)], inspirant et soutenant les
âmes dans leur recherche du Dieu de toute droiture et de toute sainteté.
Des images cosmiques du souffle divin dont parle encore le
Psaume 104 : « Tu envoies ton souffle et ils sont créés, et tu renouvelles
la face de la terre », on est passé peu à peu à cette réalité mystérieuse et
spirituelle qui, avec le Christ, va envahir le Nouveau Testament.
Par ailleurs, en faisant de la Sagesse l'objet de leurs
méditations, les auteurs sapientiaux se sont trouvés eux aussi — et l'on
serait tenté de dire : eux surtout — dans la proximité immédiate de l'Esprit
Saint. Il est certes difficile dans ces textes admirables, véritables laudes
à la divine Sagesse, de discerner jusqu'à quelle profondeur ils se sont
enfoncés dans le mystère de Dieu. La vie trinitaire n'était pas révélée, et
il ne leur était pas possible de rattacher à l'une ou l'autre des Personnes
divines ces attributs qui les émerveillaient. Cependant, déjà perce chez eux
le pressentiment de relations au sein de Dieu. En particulier, ce qui sera
grâce du Christ et don de l'Esprit sourd de leurs écrits, encore
inséparablement mêlé. Sur des réalités aussi hautes que la mutuelle
complaisance des Personnes divines, sur leur particulière et commune beauté,
ils ne pouvaient rien entrevoir encore. Et pourtant, à la clarté de ce que
nous « savons » aujourd'hui, est-il rien qui nous permette d'approcher
autant du mystère révélé, que
les chapitres 1 et 24 de Ben Sirah ? Maintenant
que nous possédons, grâce à l'Esprit qui nous a été donné, « la vérité tout
entière » (Jn 16.13), il faudrait reprendre ces pages inspirées et les
compléter de notre foi rassasiée.
L'Esprit Saint - 1 : Introduction
L'Esprit Saint - 2 :
Le Christ, l'Oint de Yahvé, qui seul reçoit l'Esprit en plénitude et en dispose
L'Esprit Saint -
3 : Toute la scène du Jourdain est trinitaire
L'Esprit Saint -
4 : Nicodème
ironisant un peu lourdement
L'Esprit Saint -
5 : La croix se dresse au carrefour où la foi tremble et
hésite
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Sources :Extraits d'un texte
original des écrits d'un ami, le Père Paul Marie de la Croix O.C.D.-
E.S.M.
Ce document est destiné à l'information; il ne
constitue pas un document officiel
Eucharistie sacrement de la miséricorde -
(E.S.M.) 26.06.2024
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