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19 Avril 2005
 

Jean-Paul II et maintenant Benoît XVI ont restauré espérance et tradition

 

Le 24 août 2008  - (E.S.M.) - Le rejet presque pathologique de Jean-Paul II et de son enseignement, notamment sur la nature de l'Église, par certains théologiens et autres communicateurs et éducateurs, est amorti par sa disparition et par la popularité de Benoît XVI, mais le combat n'est en aucun cas terminé. (...)

Mgr Basil Meeking, Evêque émérite de Christchurch (Nouvelle Zélande)

Jean-Paul II et maintenant Benoît XVI ont restauré espérance et tradition

Les raisons de la crise que traverse l'Église

Mgr Basil Meeking, Evêque émérite de Christchurch (Nouvelle Zélande) a abordé la question de l'obéissance au sein de l'Église et le problème du rôle néfaste joué par les "magistères parallèles" autoproclamés dans les diocèses dès les lendemains de Vatican II. Dans un entretien repris par la revue "Catholica" (n°100), le prélat relève avec pertinence que "la surdité de beaucoup de catholiques et d'autres chrétiens concernant l'interprétation de Vatican II par l'Église elle-même s'étale avec toute son inexplicable inintelligence". Il parle de "l'arrogance de certains théologiens, et d'autres qui s'imaginent théologiens, et qui ont constitué dans l'Église un magistère parallèle." Et Mgr Meeking d'expliquer que "le 'magistère parallèle' ne doit rien à Vatican II, mais a été aggravé par la dynamique de certaines procédures conciliaires. Les nombreux théologiens qui travaillèrent comme consultants des évêques en les aidant dans leurs interventions et en rédigeant des projets de documents acquirent un pouvoir considérable, et dans beaucoup de cas les médias leur donnèrent une importance mondiale. Ce fut manifestement une expérience qui leur monta à la tête, et ils fixèrent pour les théologiens du monde entier un but que visent encore aujourd'hui nombre d'entre eux. Cela a créé une confusion depuis quarante ans et a considérablement nuit à l'Église. Ces gens ont lu et répandu l'enseignement de Vatican II selon une 'herméneutique de la discontinuité' (selon l'expression employée par le pape Benoît XVI - n.d.l.r. -). Il semble qu'une conversion de l'esprit et du coeur soit requise d'urgence pour les débarrasser de ce manque de fidélité théologique et historique à 'la vérité qui nous libère, par le don de Jésus-Christ'.

L'Évêque poursuit: "Un tel magistère parallèle dressé contre le magistère divinement constitué du pape et des évêques est, en intention et en fait, un refus de l'autorité de l'Église. Cela dépasse de beaucoup les difficultés de foi personnelles qu'un croyant peut éprouver en toute honnêteté, et repose bien plutôt sur le libéralisme philosophique si répandu, qui considère comme plus importante la validité d'un jugement (sur la vérité) dans la mesure où il procède de l'individu appuyé sur ses propres forces. Il met la liberté de pensée au-dessus de l'autorité de la Tradition, la liberté de jugement devenant plus importante que la vérité. Les années 1960 ont connu un rejet planétaire de l'autorité de la Tradition qui a infiltré l'Église à un moment où la façon dont certaines réformes conciliaires appliquées localement et régionalement donnaient l'impression que l'Église ne voulait plus exercer une autorité qui obligerait en conscience. [Or] l'autorité de l'Église est enracinée dans la mission du Christ, comme autorité de représentation et de service (Cf. I Cor 4, 1 ss; 12, 7; Eph 4, 12 ss). Elle tire son caractère contraignant de son origine divine et de son but ultime: la gloire de Dieu et le salut des hommes. L'obéissance à l'Église est en fin de compte une exigence religieuse, et c'est une grande grâce pour ceux qui regardent sa nature sacramentelle avec les yeux de la foi (Auer, Ratzinger, The Church, p. 177). C'est une tragédie pour l'Église et pour la vie des catholiques, individuellement, que l'esprit du temps ait tellement pénétré l'Église que beaucoup de catholiques mettent en doute ou même rejettent l'autorité de l'Église et de son magistère.

Dans une perspective historique, on est conduit à conclure que la réticence de certains catholiques, ou même leur rejet de la doctrine sur la nature de l'Église dans la Tradition et Vatican II sont en fait la conséquence d'une résurgence du modernisme. Après sa première phase et une fois combattu par S. Pie X, le modernisme est entré dans la clandestinité, notamment dans les séminaires et universités. La plupart des catholiques le croyaient disparu jusqu'à ce qu'il réapparaisse grâce aux occasions offertes par Vatican II et sa mise en oeuvre. Il a alors affecté un éventail beaucoup plus large de gens dans l'Église, des théologiens et des enseignants, bien entendu, mais aussi plus largement des prêtres de paroisses et des paroissiens.

Cela a donné naissance à un climat dans lequel l'Église n'est plus, en pratique, comprise comme un mystère tel que l'a décrit la Constitution sur l'Église Lumen Gentium, mais bien plutôt comme une constitution humaine qui doit être modelée et remodelée par ceux qui la composent pour répondre aux nécessités du temps.

Peu de place reste à la Tradition, et les esprits tendent à se fermer à la Révélation, à la foi, au surnaturel et aux effets divinisants de la grâce sanctifiante. Heureusement le "système providentiel d'immunité" de l'Église a fonctionné pour garantir que le socle de la foi traditionnelle n'a pas disparu de l'ensemble du corps de l'Église. La résistance à cette nouvelle forme de modernisme s'est groupée autour du pape Jean-Paul II et maintenant autour de Benoît XVI qui ont restauré espérance et sens (encore qu'il persiste une hésitation assez répandue à désigner le mal). Et en même temps, le rejet presque pathologique de Jean-Paul II et de son enseignement, notamment sur la nature de l'Église, par certains théologiens et autres communicateurs et éducateurs, est amorti par sa disparition et par la popularité de Benoît XVI, mais le combat n'est en aucun cas terminé. (...)"

Denis CROUAN docteur en théologie, Pdt de Pro Liturgia

Sources : PRO LITURGIA -  E.S.M.
Ce document est destiné à l'information; il ne constitue pas un document officiel
Eucharistie sacrement de la miséricorde - (E.S.M.) 24.08.2008 - T/Église

 

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