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Homélie de Benoît XVI dans la
cathédrale d'Albano |
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Cité du Vatican, le 23 septembre 2008 -
(E.S.M.)
- Dans la matinée du dimanche 21 septembre 2008, le Pape Benoît
XVI a présidé une concélébration eucharistique dans la cathédrale
d'Albano (Italie). Au cours de la Messe le Saint-Père a prononcé
l'homélie suivante:
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Homélie de Benoît XVI dans la cathédrale d'Albano
La charité est le fondement de la maison de Dieu
Le 23 septembre 2008 - Eucharistie Sacrement de la Miséricorde
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Dans la matinée du dimanche 21 septembre 2008, le Pape Benoît XVI a présidé
une concélébration eucharistique dans la cathédrale d'Albano (Italie). Au
cours de la Messe le Saint-Père a prononcé l'homélie suivante:
Chers frères et soeurs!
La célébration d'aujourd'hui est plus que jamais riche de symboles et la
Parole de Dieu qui a été proclamée nous aide à comprendre la signification
et la valeur de ce que nous accomplissons. Dans la première lecture, nous
avons écouté le récit de la purification du Temple et de la dédicace du
nouvel autel des holocaustes par Judas Maccabée en 164 av. Jésus Christ,
trois ans après que le Temple a été profané par Antioche Épiphane
(cf. 1 M
4, 52-59). En souvenir de cet événement fut instituée la fête de la
Dédicace, qui durait huit jours. Cette fête, liée tout d'abord au Temple où
le Peuple se rendait en procession pour offrir des sacrifices, était aussi
égayée par l'illumination des maisons et elle a survécue sous cette forme,
après la destruction de Jérusalem.
L'auteur saint souligne à juste titre la joie et l'allégresse qui
caractérisèrent cet événement. Mais notre joie doit être encore plus grande,
chers frères et soeurs, en sachant que sur l'autel, que nous nous apprêtons
à consacrer, sera offert chaque jour le sacrifice du Christ. Sur cet autel,
Il continuera à s'immoler, dans le sacrement de l'Eucharistie, pour notre
salut et celui du monde entier. Dans le mystère eucharistique, qui se
renouvelle en chaque autel, Jésus se fait réellement présent. Sa présence
est une présence dynamique, qui nous saisit pour nous faire siens, pour nous
assimiler à lui; il nous attire avec la force de son amour en nous faisant
sortir de nous-mêmes pour nous unir à Lui, en faisant de nous une seule
chose avec Lui.
La présence réelle du Christ fait de chacun de nous sa "maison", et tous
ensemble nous formons son Église, l'édifice spirituel dont nous parle
également saint Pierre. "Approchez-vous de lui: il est la pierre vivante que
les hommes ont éliminée, mais que Dieu a choisie - écrit l'Apôtre - parce
qu'il en connaît la valeur. Vous aussi, soyez les pierres vivantes qui
servent à construire le Temple spirituel, et vous serez le sacerdoce saint,
présentant des offrandes spirituelles que Dieu pourra accepter à cause du
Christ Jésus" (1 P 2, 4-5). Développant en quelque sorte cette belle
métaphore, saint Augustin observe qu'à travers la foi les hommes sont comme
des pierres et du bois pris dans les forêts et sur les montagnes pour la
construction; à travers le baptême, la catéchèse et la prédication, ils sont
ensuite dégrossis, équarris et poncés; mais ils ne deviennent la maison du
Seigneur que lorsqu'ils sont accompagnés par la charité. Quand les croyants
sont réciproquement liés selon un ordre déterminé, mutuellement et
étroitement juxtaposés et assemblés, quand ils sont unis ensemble par la
charité ils deviennent vraiment la maison de Dieu qui ne craint pas de
s'effondrer (cf. Serm., 336).
C'est donc l'amour du Christ, la charité qui "ne passera jamais"
(1 Co 13,
8), l'énergie spirituelle qui unit ceux qui participent au même sacrifice et
se nourrissent de l'unique Pain rompu pour le salut du monde. Et-il en effet
possible de communier avec le Seigneur si nous ne communions pas entre nous?
Comment alors nous présenter à l'autel de Dieu divisés, éloignés les uns des
autres? Que cet autel, sur lequel dans quelques instants se renouvellera le
sacrifice du Seigneur, soit pour vous, chers frères et soeurs, une
invitation constante à l'amour; vous devrez toujours vous en approcher avec
le coeur disposé à accueillir l'amour et à le diffuser, à recevoir et à
accorder le pardon.
A ce propos, le passage évangélique qui vient d'être proclamé
(cf. Mt 5,
23-24) nous offre une importante leçon de vie. Il s'agit d'un appel bref,
mais pressant et incisif, à la réconciliation fraternelle, une
réconciliation indispensable pour présenter dignement l'offrande à l'autel;
un rappel qui reprend l'enseignement présent dans la prédication
prophétique. En effet, les prophètes dénonçaient eux aussi avec vigueur
l'inutilité de ces actes de culte privés de dispositions morales
correspondantes, en particulier dans les relations avec le prochain
(cf. Is
1, 10-20; Am 5, 21-27; Mi 6, 6-8). Chaque fois que vous vous approchez de
l'autel pour la célébration eucharistique, que votre âme s'ouvre donc au
pardon et à la réconciliation fraternelle, prêts à accepter les excuses de
ceux qui vous ont blessés et prêts, à votre tour, à pardonner.
Dans la liturgie romaine, le prêtre, une fois l'offrande du pain et du vin
accomplie, penché vers l'autel, prie à voix basse: "Humbles et repentis
accueilles-nous, Seigneur: que notre sacrifice qui est aujourd'hui accompli
devant toi, te soit agréable". Il se prépare ainsi à entrer, avec toute
l'assemblée des fidèles, au coeur du mystère eucharistique, au coeur de
cette liturgie céleste à laquelle fait référence la deuxième lecture, tirée
de l'Apocalypse. Saint Jean présente un ange qui offre "des parfums en
abondance pour les offrir, avec les prières de tous les saints, sur l'autel
d'or qui est en face du Trône de Dieu" (cf. Ap 8, 3). L'autel du sacrifice
devient, d'une certaine manière, le point de rencontre entre Ciel et terre;
le centre, pourrions-nous dire, de l'unique Église qui est céleste et dans
le même temps en pèlerinage sur la terre, où, entre les persécutions du
monde et les consolations de Dieu, les disciples du Seigneur en annoncent la
passion et la mort jusqu'à son retour dans la gloire (cf.
Lumen
Gentium, n.
8). Chaque célébration eucharistique anticipe même déjà le triomphe du
Christ sur le péché et sur le monde, et montre dans le mystère la splendeur
de l'Église, "épouse immaculée de l'Agneau immaculé, Épouse que le Christ a
aimée et pour laquelle il a donné sa vie, dans le but de la rendre sainte"
(ibid., n. 6).
Ces réflexions suscitent en nous le rite que nous nous apprêtons à accomplir
dans votre cathédrale, que nous admirons aujourd'hui dans sa beauté
renouvelée et que vous voulez, à juste titre, continuer à rendre toujours
plus accueillante et digne. Un engagement auquel vous participez tous et
qui, en premier lieu, demande à toute la communauté diocésaine de croître
dans la charité et dans le dévouement apostolique et missionnaire. Il s'agit
concrètement de témoigner par votre vie de votre foi dans le Christ et de la
confiance totale que vous placez en Lui. Il s'agit également de cultiver la
communion ecclésiale qui est tout d'abord un don, une grâce, fruit de
l'amour libre et gratuit de Dieu, c'est-à-dire quelque chose de divinement
efficace, toujours présent et agissant dans l'histoire, au-delà de toute
apparence contraire. La communion ecclésiale est cependant également une
tâche confiée à la responsabilité de chacun. Que le Seigneur vous donne de
vivre une communion toujours plus convaincue et active, dans la
collaboration et dans la coresponsabilité à tous les niveaux: entre prêtres,
consacrés et laïcs, entre les différentes communautés chrétiennes de votre
territoire, entre les divers groupes de laïcs.
J'adresse à présent mon salut cordial à votre évêque, Mgr Marcello Semeraro,
que je remercie de l'invitation et des paroles courtoises de bienvenue avec
lesquelles il a voulu m'accueillir en votre nom à tous. Je désire également
lui exprimer mes voeux les plus sincères, à l'occasion du dixième
anniversaire de son ordination épiscopale. J'adresse une pensée particulière
au cardinal Angelo Sodano, doyen du Collège cardinalice, titulaire de votre
diocèse suburbicaire, qui s'unit aujourd'hui à notre joie. Je salue les
autres prélats présents, les prêtres, les personnes consacrées, les jeunes
et les personnes âgées, les familles, les enfants, les malades, embrassant
avec affection tous les fidèles de la communauté diocésaine spirituellement
réunie ici. J'adresse un salut aux Autorités qui nous honorent de leur
présence, et en premier lieu au Maire d'Albano, à qui je suis également
reconnaissant des paroles courtoises qu'il m'a adressées au début de la
Messe. J'invoque sur chacun la protection céleste de saint Pancrace,
titulaire de cette cathédrale, et de l'apôtre Matthieu, que la liturgie
rappelle aujourd'hui.
J'invoque en particulier l'intercession de la Bienheureuse Vierge Marie,
conclut Benoît XVI. En
cette journée, qui couronne les efforts, les sacrifices et l'engagement dont
vous avez fait preuve pour doter la cathédrale d'un espace liturgique
renouvelé, grâce à d'opportunes interventions qui ont concerné la chaire
épiscopale, l'ambon et l'autel, que la Vierge fasse que vous puissez écrire
en notre temps une autre page de sainteté quotidienne et populaire, qui
puisse s'ajouter à celles qui ont marqué au cours des siècles la vie de l'Église
d'Albano. Les difficultés, les défis et les problèmes ne manquent assurément
pas, comme l'a rappelé votre pasteur, mais les espérances et les
opportunités pour annoncer et témoigner l'amour de Dieu sont également
grandes. Que l'Esprit du Seigneur ressuscité, qui est l'Esprit de la
Pentecôte, vous ouvre ses horizons d'espérance et nourrisse en vous l'élan
missionnaire vers les vastes horizons de la nouvelle évangélisation. C'est
pour cela que nous prions, en poursuivant notre célébration eucharistique.
Synthèses
:
►
Benoît XVI dédicace l'autel de la cathédrale d'Albano
►
Benoît XVI : La Présence Réelle du Christ fait de chacun de nous sa maison
Texte original de
l'homélie du Saint Père
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Sources : www.vatican.va
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E.S.M.
(©L'Osservatore Romano - 23 septembre 2008)
Eucharistie sacrement de la miséricorde -
(E.S.M. sur Google actualité) - 23.09.2008 -
T/Benoît XVI |