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L'esprit apostolique de Sœur Faustine avait sa source dans sa foi
profonde, son ardent amour pour Dieu et sa soif du salut des
pécheurs
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Le 22 décembre 2023 -
E.S.M.
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Malgré l'apparence toute ordinaire de Sœur Faustine, un regard
attentif et profond découvrait une religieuse privilégiée, une âme
d'élite. Sa valeur avait sa source dans la profondeur de son âme, de
sa vie cachée. Le choix divin et sa fidélité à la grâce ont fait
d'elle une Apôtre dispensatrice de la Miséricorde de Dieu unique en
Trois Personnes.
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Un des cahiers de Sœur Faustine -
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INTRODUCTION
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CHAPITRE I - UNE VIE COMME LA NOTRE
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CHAPITRE II - ELLE A SU AIMER
CHAPITRE III - LES PROFONDEURS DE
L'AME
Le Docteur Adam Zilber, néophite de
40 ans environ, était directeur de l'Etablissement sanitaire de Pradnik, à
Cracovie. C'est dans son service que fut hospitalisée Sœur Faustine. Ses
Sœurs venaient la visiter de temps en temps et Sœur Alfreda, infirmière
religieuse de Lagiewniki, la voyant très gravement malade, voulut l'emmener
au couvent.
« Effectivement, dit le Médecin, son état est très grave. Il faut s'attendre
à la mort; mais laissez-la ici encore un peu. » On pouvait deviner que le
Directeur désirait prolonger le séjour de Sœur Faustine dans
l'établissement. Quelle était !a raison ?
« Je viens près d'elle, déclara-t-il un jour, pour m'éclairer. Nous
causons de beaucoup de choses dont je profite ; elle est très gravement
malade, mais lorsqu'on vient la voir, elle sourit toujours. C'est une grande
chose que de sourire lorsqu'on souffre tant. »
Cherchait-on en vain le Directeur de la maison ? On le trouvait finalement
près de sa malade. Quand l'humble religieuse quitta l'établissement, le
Directeur vint lui faire ses adieux et lui demander un souvenir ; puis, sans
attendre de réponse, il décrocha l'image de Sainte Thérèse suspendue
au-dessus du lit. La Sœur lui fit remarquer qu'il était imprudent de prendre
cette image contaminée et qu'il serait plus sage de la désinfecter
auparavant. Le médecin ne tint pas compte de la recommandation et, prenant
l'image, il la plaça dans son portefeuille pour la mettre ensuite dans la
chambre de son fils, âgé de 6 ans. L'infirmière, Sœur Alfredo, voulut à son
tour faire observer un conseil de prudence ; à cela le Directeur riposta :
« Je suis sûr que personne ne sera contaminé. » « Sœur Faustine, dit-il à
une autre occasion, est une religieuse pour laquelle j'ai une profonde
estime. »
Lorsque Sœur Félicie demanda au Docteur, de la part de la Supérieure,
pourquoi, malgré la gravité de l'état de Sœur Faustine, il lui permettait
d'aller quand même à la Messe : « L'état de la malade, répondit-il, est très
grave ; elle ne guérira pas, mais c'est une religieuse extraordinaire ;
c'est pourquoi je ne prends pas en considération cet état ; je l'ai vue
s'appuyant au mur, lorsqu'elle allait à la chapelle. »
Malgré l'apparence toute ordinaire de Sœur Faustine, un regard attentif et
profond découvrait une religieuse privilégiée, une âme d'élite. Non pas par
des œuvres éclatantes, ni par le prestige de sa personnalité — elle ne fut
jamais qu'une sœur converse, changée souvent de maison et d'office — il
serait donc difficile et superflu de trouver en elle quelque chose
d'éclatant. Sa valeur avait sa source dans la profondeur de son âme, de sa
vie cachée. Le choix divin et sa fidélité à la grâce ont fait d'elle une
Apôtre dispensatrice de la Miséricorde de Dieu unique en Trois Personnes.
La richesse de sa vie intérieure est si grande qu'elle confond ceux qui
essaient d'en scruter l'étendue et les remplit de respect et de crainte,
comme en présence d'une grande sainteté ; en même temps, on se sent attiré
vers elle par sa simplicité et son amabilité.
Pour mieux saisir l'héroïsme de Sœur Faustine, il importe de considérer avec
attention ses vertus et l'action des dons du Saint-Esprit.
« Sans la foi, il est impossible de plaire à Dieu. » Depuis son enfance,
Sœur Faustine fut élevée dans l'esprit de foi qui grandit avec elle : « Je
crois, je crois et, encore une fois, je crois en Toi, mon Dieu, dans le
mystère de la Sainte Trinité : Père, Fils et Saint-Esprit, et en tout ce que
l'Église nous ordonne de croire », répétait-elle.
A cinq ans, elle décorait de petits autels et parlait des choses de la
religion en gardant le troupeau avec ses frères. De bonne heure, elle se fit
remarquer par son amour pour la prière. Lorsqu'il lui était impossible
d'aller à la Messe le dimanche, elle se retirait dans un lieu solitaire, à
la maison ou au jardin, et là, munie du livre de sa mère, elle s'unissait au
Saint Sacrifice. Lorsque sa mère la cherchait pour lui demander un service,
l'enfant venait seulement lorsque l'heure de la Messe était passée ; alors,
baisant la main maternelle, la petite s'excusait : « Petite Mère, j'ai dû
accomplir mon devoir. »
Instruite et convaincue de ses obligations religieuses, Hélène, encore
enfant, ne manqua jamais la Messe du dimanche, se levant de très grand
matin afin de conduire ses vaches au pâturage et de pouvoir les rentrer
avant le départ pour l'église.
En Communauté, Sœur Faustine consacra tous ses moments libres à la prière.
Elle savait très bien unir le travail à la prière ; et Sœur Regina raconte
que, travaillant ensemble à la cuisine, ou même à la cave, elles priaient
aux intentions de tous, mais plus spécialement pour sa patrie qu'elle aimait
tant, ou pour les âmes du purgatoire, qui se montraient à elle, réclamant
ses suffrages.
Les agonisants avaient aussi une grande part à ses
supplications, mortifications et souffrances offertes pour leur salut. Afin
de les secourir dans la lutte suprême, Sœur Faustine récitait le chapelet de
la Miséricorde : « Je désire m'efforcer de travailler et de m'user pour le
salut des âmes. Qu'importé si cela abrège ma vie, elle ne m'appartient pas,
elle est la propriété de la Communauté. Je m'efforce d'être utile à toute l'Église
par ma fidélité à la règle. »
Prenant pour elle les souffrances des autres, l'esprit apostolique de Sœur
Faustine avait sa source dans sa foi profonde, son ardent amour pour Dieu et
sa soif du salut des pécheurs.
Dans ses tentations contre la foi, elle se montra inébranlable, adorant les
mystères de la Sainte Trinité, de l'Incarnation, de la Rédemption, et en
parlant souvent avec ses Sœurs. Durant le travail, elle répétait : « Très
Sainte Trinité, je vous adore. »
Sa dévotion envers la Sainte Vierge était profonde et enfantine, pleine
d'amour et de confiance. Vers la fin de 1933, se rendant à Wilno, Sœur
Faustine s'arrêta à Czestochowa avec la permission des Supérieures. Elle
écrit dans son journal : « Arrivée au Couvent à 5 heures du matin, j'y suis
restée jusqu'à 11 heures, moment où la sainte image est recouverte. Marie me
dit bien des choses ; je lui offris mes vœux perpétuels, je sentis alors que
j'étais vraiment son enfant et qu'elle était ma Mère. Elle ne m'a rien
refusé de tout ce que je lui ai demandé. »
Sa dévotion consistait surtout à imiter les vertus de Marie, en particulier
son humilité, sa pureté, son amour pour Dieu ; en l'honneur de sa Maman du
ciel, dès son jeune âge, elle jeûnait le samedi et préparait ses principales
fêtes par des neuvaines; nous avons quelques poésies écrites en l'honneur de
Notre-Dame.
Saint Joseph, Saint Michel Archange, Saint Ignace de Loyola, Saint Stanislas
Kostka, Saint Casimir, Sainte Barbe avaient ses préférences.
Encore toute jeune, elle fréquentait assidûment les Sacrements et communiait
tous les jours : « Je préfère, disait-elle plus tard, une heure de
sécheresse passée au pied des autels que cent années passées dans les
délices de ce monde. Je préfère être une Cendrillon en Communauté qu'une
Reine dans le monde. »
Et quel respect pour les prêtres ! Sœur Pauline raconte que Sœur Faustine,
étant à Plock, à l'office de la cuisine, préparait les aliments pour la
Communauté et pour Monsieur l'Aumônier. Avant de servir ce dernier, elle
revêtait son habit et son voile, comme pour aller à la chapelle. Sa
compagne, voyant cela, lui dit : « Pourquoi vous donner tant de peine, avec
tant d'ouvrage ? Il suffirait de mettre seulement un tablier propre. » — «
Non, répondit Sœur Faustine, je dois être mise comme il faut et me donner un
peu de peine pour cela. »
« Rien n'est petit dans le service divin, écrit-elle, et l'âme qui observe
bien ses Règles recevra une plus grande récompense que celle qui fait de
nombreuses pénitences ou mortifications. Peu m'importe si, par ma fidélité,
je m'expose aux rires et aux moqueries, pourvu que j'agisse toujours selon
l'esprit des Saintes Règles et des Saints Vœux. »
Et que dire de sa confiance en Dieu Tout-Puissant et Miséricordieux ! « Si
Dieu est avec nous, qui pourra nous nuire ? Une confiante espérance donne à
l'âme un appui en Celui qui est la Toute-puissance même. »
Dans toutes ses nécessités, Sœur Faustine se reposait en Dieu, même pour le
temporel. Dans ses sécheresses et ténèbres spirituelles, faisant des efforts
héroïques, elle répétait : « Jésus, j'ai confiance en
Vous, malgré tout ce qui se passe en moi, même contre l'espérance.
Même si Vous me tuiez, j'espérerais toujours. » C'est un vivant exemple de
l'espérance chrétienne, voilà pourquoi Dieu l'a choisie comme Apôtre de la
Miséricorde divine.
Peu lui importait le « qu'en dira-t-on », agissant toujours avec une grande
pureté d'intention, sa conduite était franche et ouverte. Une religieuse lui
suggéra, un jour, de faire un travail bien soigné, afin d'en recevoir des
éloges : « Dieu répondit l'interpellée, ne me demandera pas : « As-tu été
une ouvrière très capable ? », mais : « As-tu été une bonne religieuse ? »
Dans sa dernière maladie, Sœur Stéphane l'interrogeant : « N'avez-vous pas
peur de mourir ? », la patiente riposta dans un sourire : « J'ai confiance en
la Miséricorde de Dieu. » « Je sens ma fin approcher, confia-t-elle à sa
Prieure, je ne crains pas la mort, je vais à la rencontre de mon
Époux. Dans mes plus fortes douleurs, je me
réfugie en Jésus Crucifié. Je n'attends, ni ne désire aucun secours des
hommes. C'est uniquement de Dieu que j'espère l'assistance. Sa divine
Miséricorde est mon ferme espoir.
Cette confiance, elle l'inspirait au prochain, l'encourageant à prier et
priant elle-même pour lui. Ses rapports avec tous étaient réglés par une
délicate prudence, prenant bien soin de garder sa pureté, et Monsieur l'Abbé
Sopocko assure qu'elle n'a jamais commis de fautes graves. « En avril 1937,
Dieu me fit comprendre, dit-elle, que, malgré les occasions diverses
rencontrées dans ma vie, je n'ai jamais perdu la pureté de mon âme, grâce à
sa divine protection. Je passais cette journée en action de grâces et en
remerciements d'avoir daigné me garder et de me le faire comprendre. »
Son humilité la portait à demander des avis à ses compagnes et à se
conformer aux conseils donnés par de plus expérimentées ; elle savait si
bien organiser ses emplois qu'elle avait le temps pour tout faire, et être
en même temps exacte aux exercices de la Communauté.
Sa mortification date de son enfance. Etant en service chez Madame Sadowska,
celle-ci rapporte qu'Hélène jeûnait souvent. De même au couvent, avec les
mortifications de règle, et avec la permission de son Confesseur, elle
portait des chaînettes de fer et priait les bras en croix. Durant son office
à la cuisine, en plein été, elle ne se plaignit jamais de la chaleur ; au
cours de la maladie, elle se contentait de se rincer la bouche, malgré sa
grande soif : « Pourtant, avoua-t-elle un jour à sa Supérieure, j'avalerais
volontiers un seau d'eau. »
Sévère observatrice du silence, elle assurait qu'une âme bavarde
n'arriverait jamais à la sainteté. Une bouche silencieuse est d'or pur, elle
porte le témoignage de la sainteté intérieure.
Sœur Faustine aimait beaucoup sa Communauté, étant persuadée qu'après Dieu,
c'est à cette Communauté qu'elle, devait tout. Dans une conversation avec la
Supérieure générale : » Oh ! s'exclama-t-elle, comme notre vocation est
belle ! » Quelque temps avant sa mort, elle écrit : « Comme je suis
reconnaissante de pouvoir mourir en Communauté ! » Son habit religieux lui
inspirait une véritable affection et, lorsqu'un jour une Sœur lui demanda
pourquoi elle le gardait pour son office à la cuisine : « II faut, dit-elle,
porter ce que l'on a reçu de l'autel. »
Autant que sa santé le lui permettait, elle suivait en tout les usages de la
Communauté, toujours unie à Dieu, serviable, sereine, édifiant tout son
entourage : « Souvenons-nous, répétait-elle souvent,
qu'en premier lieu, nous devons nous efforcer de nous sanctifier, d'acquérir
une vraie vie intérieure et une union intense avec Nôtre-Seigneur Jésus.
» Si tout devenait ardu dans son office, elle restait persuadée que tout lui
venait de Dieu et elle ne recherchait pour elle-même ni considération ni
respect : « Je remercie Dieu pour tout », disait-elle dans sa dernière
maladie. Malgré sa faible santé, l'humble religieuse ne s'épargnait pas pour
l'accomplissement des exercices spirituels. Elle demanda à une compagne de
l'asperger si, un jour, elle ne pouvait se lever le matin. Elle restait à
genoux, ne s'appuyant jamais, toujours recueillie pendant la récitation des
prières.
Dans ses mortifications, elle fut très discrète; ses compagnes ne s'en
aperçurent pas.
Avec les personnes de l'extérieur, sa réserve se remarquait, parlant peu
tout en demeurant aimable en cas de nécessité. Elle ne rougissait nullement
lorsque ces personnes, fût-ce un prélat, la trouvaient occupée au jardin ou
mal vêtue. De nature timide, elle devenait courageuse lorsqu'il s'agissait
de la gloire de Dieu ou de la fidélité à ses engagements, supportant toutes
les difficultés avec un grand renoncement.
Son cœur était détaché des biens de ce monde. Elle ne chercha jamais aucune
exception, soit pour la nourriture ou le vêtement, se conformant aux
directives de ses Supérieures et aux Règles de la Communauté, et se trouvant
satisfaite de ce qu'elle recevait.
Sœur Sylwestra raconte qu'un jour, pendant les grands nettoyages du dortoir,
il manqua des rideaux pour la cellule de Sœur Faustine. Mais celle-ci, en
l'apercevant : « J'aime la pauvreté, dit-elle en souriant, ne me donnez pas
de rideaux puisqu'il en manque. » Pendant plusieurs semaines, elle remplaça
les rideaux par son couvre-lit et une couverture légère.
De même, durant sa maladie, aucune exigence, pas même celle du feu à la
période des grands froids.
En 1924, pendant l'Octave de la Fête-Dieu, Hélène, alors en service,
discutait avec sa patronne (qui voulait la marier) au sujet de sa vocation.
Elle lui confia avoir fait vœu de chasteté, au cours des Vêpres dans une
église de la Capitale, « et depuis ce temps, dit-elle, j'ai senti une plus
grande intimité avec mon Epoux céleste. Ce vœu, formulé en paroles très
simples, découla du fond de mon cœur et pour toujours. »
Quelle estime et quel amour pour la chasteté ! et ce, depuis son enfance !
Jamais une parole déshonnête ne sortit de ses lèvres. Elle observait une
grande réserve avec les personnes de l'autre sexe, veillant sur sa vue,
s'imposant de grandes mortifications, afin de conserver et d'augmenter en
elle cette belle vertu et d'obtenir la grâce de persévérer dans son
innocence. En 1937, elle note : « Depuis ce temps, je n'ai ressenti aucune
lutte en moi-même. En 1929, pendant la Messe, renouvelant mes saints vœux,
lorsque je récitais la formule, je vis Jésus près de moi, habillé de blanc
avec une ceinture d'or. Il me dit : « Je t'accorde un amour éternel et, pour
que ta pureté soit sans tache, tu ne ressentiras jamais de tentations contre
cette vertu. » Jésus dénoua alors sa ceinture et m'en entoura les reins.
Depuis ce temps, aucune tentation ne vint troubler ni mon corps ni mon
esprit. Je compris plus tard que cette grâce me fut accordée à la prière de
la Sainte Vierge, que j'avais priée à cette intention pendant plusieurs
années. Dès lors, ma dévotion envers elle augmenta. Elle m'apprit à aimer
Dieu et à accomplir sa sainte Volonté en toutes choses. O Marie, vous êtes
ma joie, c'est par vous que Jésus descendit sur
la terre et dans mon cœur. Je me réfugie dans les plis de votre manteau
virginal ; là, je suis en sûreté, car, de moi-même, je ne suis qu'ignorance
et faiblesse : voilà pourquoi je me presse sur votre Cœur comme un petit
enfant : gardez-moi, instruisez-moi. »
Malgré l'assurance du Seigneur en ce qui concernait l'état de son âme, Sœur
Faustine veillait sans cesse sur ses sens, ses paroles, ses actions, ayant
peur même de son ombre : « Cette grâce me fut accordée, dit-elle, parce que,
étant la plus faible de toutes, Dieu m'entoura de sa miséricorde divine. »
Dans une poésie, écrite sur les vierges, à la fin de sa vie, on découvre sa
profonde estime pour cette belle vertu. A cette estime, elle joignait une
sincère humilité qui la mettait sans cesse en face de son néant : « Les plus
heureux moments de ma vie sont ceux pendant lesquels je reste seule avec mon
Dieu, lui parlant cœur à cœur. C'est alors que je comprends sa grandeur et
ma petitesse. » Reconnaissant l'abîme de son néant, son âme se confondait en
actions de grâces pour la miséricorde du Seigneur. On la voyait toujours
pleine de simplicité et de réserve dans son maintien, sans affectation
pourtant, naturelle. C'est en silence qu'elle supportait les moqueries, les
manques d'égards, les reproches injustes, ne s'en vengeant que par une
amabilité plus intense envers les personnes qui les lui occasionnaient.
Une religieuse, venant de la ville, rentra à la cuisine où travaillait Sœur
Samuela et Sœur Faustine. Se fâchant contre cette dernière, elle quitta ses
caoutchoucs sans prendre de précautions. Alors l'humble sœur converse prit
une des chaussures, la lava soigneusement sur l'évier, et engagea Sœur
Samuela à faire de même pour l'autre caoutchouc : « C'est pour l'amour de
Jésus », lui dit-elle.
« Lorsque Jésus m'émerveilla par sa bonté et m'attira à Lui, dit Sœur
Faustine dans son journal, je vis ce qui ne Lui plaisait pas en moi et je
résolus de tout faire disparaître avec le secours de sa grâce. Depuis ce
temps, Dieu me combla de grands privilèges. Je ne cherche pas à comprendre,
à connaître, à considérer les voies par lesquelles Dieu me conduit, il me
suffit de savoir que je L'aime et qu'il m'aime. »
La grâce à laquelle Sœur Faustine répondit depuis son enfance la conduisit
dans la pratique des vertus et l'épanouissement des dons du Saint-Esprit.
Ces dons donnent à l'âme la force de suivre les inspirations divines. Or,
cet épanouissement des dons divins est remarquable dans la rédaction des
notes de la Sœur.
Entrant au noviciat, elle dit au Seigneur : « Maître, je Vous laisse entière
liberté dans la conduite de mon âme, conduisez-moi comme il Vous plaira, je
ne chercherai pas à comprendre, j'irai, je Vous suivrai confiante. Votre
Cœur miséricordieux peut tout. » Effectivement, le Directeur spirituel de la
jeune novice constata l'action des dons du Saint-Esprit dans cette âme.
Parfois même cet état fut visible dans la pratique des vertus héroïques :
actes de renoncement, oubli de soi.
Le don de Conseil conduisait ses actions ; grâce à lui, Sœur Faustine
donnait au besoin des réponses justes et salutaires. Mère Sérafina était
sans office pendant un certain temps et, s'en trouvant en peine, reçut de
Sœur Faustine, qui ignorait ce détail, une petite carte avec ces simples
mots : « Adorons la volonté de Dieu. »
Le don de Piété lui montrait Dieu, non seulement comme le meilleur des
Pères, mais aussi comme le grand Seigneur et Rédempteur, remplissant son cœur d'amour et de confiance, et aussi du
respect dû à Dieu : « O mon Jésus, ma voie, ma vérité, ma vie, écrit-elle,
garde-moi près de Toi ; comme une mère tenant son enfant dans ses bras ; je
suis non seulement une pauvre petite enfant, mais un abîme de misère et de
néant »
Le don de Force l'aidait à réaliser la mission de répandre le culte de la
Miséricorde de Dieu, malgré les nombreuses difficultés qu'elle rencontra sur
son chemin : « Dans mes peines et souffrances, je ne cherche nullement de
consolation auprès des créatures. Lorsqu'il me semble que Dieu reste sourd à
ma voix, je cherche ma force dans la patience et le silence, restant muette
comme la colombe qui ne se plaint pas si on lui enlève ses petits. Je veux
m'élever jusqu'aux plus ardents rayons du soleil, ne m'arrêtant pas sur la
bassesse de la terre, je veux m'élever toujours, car c'est sur Toi que je
m'appuie et que je trouve ma force, perdue, fondue en Toi, Dieu éternel,
depuis que Tu m'as attirée vers Toi. Il me semble parfois, écoutant la
méditation, qu'un seul mot me suffit pour m'unir étroitement avec Dieu. Je
sens que je suis près du très miséricordieux Cœur de Jésus. Mon esprit se
perd en Lui. Alors je comprends davantage en une minute que durant de
longues heures de méditation et considération. Il y a des moments où,
d'après certaines lumières, je comprends les choses comme Dieu les voit,
tant pour celles du monde extérieur que pour celles du monde intérieur. »
Sœur Faustine avait plusieurs sortes d'union : « Je suis surtout unie à
Dieu, disait-elle, par un moyen très profond. Bien que mes sens soient alors
comme endormis, je vois les choses clairement, plus clairement même qu'avec
mes yeux. » Dieu se communiquait à elle par des paroles surnaturelles et
elle a senti le contact divin : « Mon âme, écrit-elle, est touchée par Dieu
et comme fondue en Lui, s'oubliant elle-même. Je suis comme imprégnée de
Dieu et perdue en sa beauté. D'ailleurs, je ne puis exprimer cela. »
A SUIVRE :
-
CHAPITRE IV - VICTIME DE L'AMOUR ETERNEL
-
CHAPITRE V - LE GRAND ET SAINT MESSAGE
-
CHAPITRE VI - UNE MISSION A CONTINUER
-
CHAPITRE VII - UNE VIE A IMITER
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Promesses du Christ à ceux qui répandent la Dévotion aux Christ
Miséricordieux |
Il est bon de rappeler que le Christ a promis
(P.J.
1074-1075) que
les âmes qui propagent la vénération de ma miséricorde, je
les protège durant toute leur vie, comme une tendre mère son
nourrisson, et à l’heure de la mort, je ne serai pas pour elles un
Juge, mais le Sauveur miséricordieux. En cette dernière heure, l’âme
n’a plus rien pour sa défense si ce n’est ma miséricorde ; heureuse
l’âme qui, sa vie durant, se plongeait dans la source de la
miséricorde, car la justice ne l’atteindra pas.
►
Petit Journal de Sœur Faustine en intégral
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Sources :Texte original des écrits de sœur Faustine-
E.S.M.
Ce document est destiné à l'information; il ne
constitue pas un document officiel
Eucharistie sacrement de la miséricorde -
(E.S.M.) 22.12.2023
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