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19 Avril 2005
 

Pendant le synode et après, une porte à tambour pour les homosexuels

Le 22 octobre 2014 - (E.S.M.) - Ils ont dans un premier temps été admis avec tous les honneurs, avant d’être rejetés au dehors. C’est l’impression qu’a donnée le déroulement de la discussion. Mais voici ce qui s’est passé en réalité. Martin Rhonheimer fait le point sur la question.

Pendant le synode et après, une porte à tambour pour les homosexuels

par Sandro Magister

Le 22 octobre 2014 - E. S. M. - L'homosexualité a été l’une des questions les plus controversées lors du récent synode extraordinaire consacré à la famille, comme le prouve la différence abyssale entre le paragraphe qui y est consacré dans la "Relatio" finale et les trois paragraphes de la précédente "Relatio", rédigée à mi-chemin des discussions.

"Relatio" finale :

"55. Certaines familles vivent l’expérience de compter en leur sein des personnes d’orientation homosexuelle. À ce sujet, la question s’est posée de savoir quel soin pastoral est opportun face à cette situation, en se référant à ce qu’enseigne l’Église : 'Il n’existe aucune base permettant d’assimiler ou d’établir des analogies, même lointaines, entre les unions homosexuelles et le dessein de Dieu sur le mariage et la famille'. Cependant les hommes et les femmes qui ont des tendances homosexuelles doivent être accueillis avec respect et délicatesse. 'On évitera à leur égard toute marque de discrimination injuste' (Congrégation pour la doctrine de la foi, Considérations relatives aux projets de reconnaissance légale des unions entre personnes homosexuelles, 4)".

"Relatio post disceptationem"  :

"50. Les personnes homosexuelles ont des dons et des qualités à offrir à la communauté chrétienne : sommes-nous en mesure d’accueillir ces personnes en leur garantissant un espace de fraternité dans nos communautés ? Souvent elles souhaitent rencontrer une Église qui soit une maison accueillante. Nos communautés peuvent-elles l’être en acceptant et en évaluant leur orientation sexuelle, sans compromettre la doctrine catholique sur la famille et le mariage ?

"51. La question homosexuelle nous appelle à une réflexion sérieuse sur la manière d’élaborer des chemins réalistes de croissance affective et de maturité humaine et évangélique en intégrant la dimension sexuelle : elle se présente donc comme un défi éducatif important. L’Église affirme, par ailleurs, que les unions entre des personnes du même sexe ne peuvent pas être assimilées au mariage entre un homme et une femme. Il n’est même pas acceptable que l’on veuille exercer des pressions sur l’attitude des pasteurs, ou que des organismes internationaux soumettent les aides financières à la condition d’introduire des lois s’inspirant de l’idéologie du gender.

"52. Sans nier les problématiques morales liées aux unions homosexuelles, on prend acte du fait qu’il existe des cas où le soutien réciproque jusqu’au sacrifice constitue une aide précieuse pour la vie des partenaires. De plus, l’Église prête une attention spéciale aux enfants qui vivent avec des couples du même sexe, en insistant sur le fait que les exigences et les droits des petits doivent toujours être mis au premier rang".

Le cardinal rapporteur Péter Erdö, puis le président délégué Raymundo Damasceno Assis, ont indiqué que le véritable auteur de ces trois paragraphes était le secrétaire spécial du synode, Bruno Forte, placé à ce poste parce que le pape François l’a voulu.

Cependant la préhistoire de ces paragraphes est, elle aussi, instructive. Sur les trois pères synodaux qui, au cours de la discussion en séance, avaient abordé ce sujet – et ils ont été les seuls à l’avoir fait sur près de deux cents présents – deux ont en effet appuyé leurs argumentations sur des affirmations du pape Jorge Mario Bergoglio.

L'archevêque de Kuching, John Ha Tiong Hock, président de la conférence des évêques de Malaisie, de Singapour et de Brunei, s’est référé au passage de l'interview accordée par François à la revue "La Civiltà Cattolica" dans lequel le pape invite l’Église à faire mûrir et à reformuler ses jugements quant à la perception que l’homme d’aujourd’hui a de lui-même – y compris en ce qui concerne l’homosexualité, a précisé l’archevêque – avec la même disposition au changement dont elle aurait fait preuve dans le passé quand elle a changé radicalement d’opinions à propos de l’esclavage Interview du pape François

Cette interview avait été réalisée et publiée au mois de septembre 2013 par le directeur de "La Civiltà Cattolica", le jésuite Antonio Spadaro. Celui-ci avait également retranscrit et publié dans la même revue, au mois de janvier 2014, un entretien entre le pape et les supérieurs généraux des ordres religieux qui avait eu lieu au mois de novembre précédent "Svegliate il mondo !"

Et c’est de ce second entretien que le père Spadaro – qui a été nommé membre du synode par François en personne – a tiré les propos textuels du pape à propos d’une fillette adoptée par deux lesbiennes qu’il a cités, en séance, afin d’inciter l’Église à une nouvelle forme, nécessaire, "d’écoute et de discernement" des situations de ce type.

Le père Spadaro a ensuite communiqué au public cette intervention qu’il avait prononcée en séance, désobéissant ainsi aux ordres du secrétariat général du synode Intervento di p. Antonio Spadaro S.I.

La "Relatio post disceptationem" avait repris et développé, dans les trois paragraphes qu’elle avait consacrés à l’homosexualité, ce qui avait été dit en séance par l'archevêque malais, par le père Spadaro et par le cardinal Christoph Schönborn, troisième père synodal à être intervenu à propos de cette question.

Mais la discussion qui a eu lieu ensuite au synode a réduit en morceaux ces trois paragraphes et il n’est pratiquement rien resté de ceux-ci dans la "Relatio" finale, qui se limite, en ce qui concerne l'homosexualité, à renvoyer à ce qui a déjà été dit par le Catéchisme de l’Église catholique et par la congrégation pour la doctrine de la foi.

Après deux semaines de discussions enflammées au synode, la question a donc paru revenir à son point de départ.

Mais quel est donc ce point de départ, au-delà des très maigres indications données par la "Relatio" ? C’est-à-dire quelle est la lecture que le magistère et la théologie morale catholique, dans ses instances officielles, donnent de la question de l'homosexualité ?

Du point de vue théologique et philosophique, l'article qui suit est une photographie très nette de la conception classique en la matière, dans le sillage de saint Thomas d'Aquin.

Il a pour auteur Martin Rhonheimer, Suisse, prêtre de l'Opus Dei, professeur d’éthique et de philosophie politique à l’Université Pontificale de la Sainte-Croix, à Rome.

À PROPOS DU CARACTÈRE NON LÉGITIME DES ACTES HOMOSEXUELS

par Martin Rhonheimer


Je voudrais approfondir ici l’idée centrale de la “vérité de la sexualité”, autrement dit l’idée que la sexualité humaine possède une vérité propre qui, sans en sous-estimer la qualité intrinsèque en tant que vécu affectif et sensuel, la transcende et l’intègre dans l’ensemble de la dimension spirituelle de l’être humain. […]

La vérité de la sexualité est le mariage. C’est l’union entre deux personnes en qui l’inclination est vécue comme un choix préférentiel – "dilectio" – et en qui elle devient amour, don mutuel, communion indissoluble, ouverte à la transmission de la vie, et amitié en vue d’une communauté de vie qui perdure jusqu’à la mort. C’est ainsi, dans ce contexte précis – celui de la chasteté matrimoniale qui inclut le bien de la personne de l’autre et qui se transcende vers le bien commun de l’espèce humaine – que le vécu sexuel, y compris dans ses dimensions affectives, impulsives, sensuelles, se présente aussi comme un authentique "bonum rationis", quelque chose d’intrinsèquement légitime et bon pour la raison. […]

Les actes sexuels – c’est-à-dire l’union charnelle – et le vécu sexuel, en tant qu’actes légitimes, sont donc, nécessairement et de par leur nature propre, l’expression d’un amour dans le contexte de la transmission de la vie.

Au contraire une activité sexuelle qui exclut par principe ce contexte - que ce soit de manière intentionnelle (comme avec la contraception dans le cas d’actes hétérosexuels) ou bien “structurellement” (comme dans le cas d’actes homosexuels) - n’est pas, précisément comme sexualité et comme vécu sexuel, un bien pour la raison. Elle se place au niveau d’un simple bien des sens, d’une affectivité tronquée, structurellement réduite à un niveau sensuel, instinctif et impulsif.

Logiquement, une telle réduction de l’amour et de l’affectivité au niveau sensuel est également possible dans le cas d’actes hétérosexuels, y compris en dehors du cas de la contraception, et dans le mariage. Mais, dans le cas de l’homosexualité, une telle réduction est non seulement intentionnelle et recherchée volontairement, mais “structurelle”, c’est-à-dire qu’elle est due au fait même qu’il s’agit de personnes du même sexe qui, pour des raisons biologiques et à cause de leur nature même, ne peuvent pas faire œuvre de procréation.

La cause ultime d’une telle réduction est le fait qu’il s’agit – en raison de choix conscients et libres – d’une sexualité sans objectif ou sans “mission”, d’une inclination sensuelle qui ne se transcende pas vers un bien humain intelligible au-delà du seul vécu sensuel. L’expérience – y compris celle des homosexuels pratiquants, bien souvent si douloureuse – le confirme. […]

Dans le cas de l’homosexualité, la séparation de la sexualité et de la procréation est donc structurelle. Par conséquent il s’agit aussi d’actes structurellement non légitimes et donc non justifiables moralement de par leur propre nature. Ils sont ce que les moralistes appellent traditionnellement un péché "contra naturam", même si, dans la perspective d’une affectivité orientée vers la satisfaction de l’impulsion sensuelle, de tels actes peuvent sembler légitimes et justifiables et, au moins pendant un certain temps, être subjectivement vécus comme tels.

La culture, largement répandue de nos jours, qui établit une séparation entre la sexualité et la procréation rend plus difficile la compréhension du caractère intrinsèquement non légitime des actes homosexuels. Cette culture, qui est favorisée au niveau mondial par l’accès facile aux moyens de contraception et qui est désormais devenue la normalité, est le caractère distinctif de cette “révolution sexuelle” qui est également une véritable révolution culturelle. L’une des conséquences de cette révolution est que le mariage est de moins en moins perçu comme un projet de vie et, plus concrètement, comme un projet à transcendance sociale, c’est-à-dire capable d’unir deux personnes qui misent sur l’avenir et qui ont comme objectif commun de constituer une famille destinée à durer dans le temps.

En ce sens, les unions homosexuelles ne peuvent pas être définies comme des familles, même lorsqu’elles comportent des enfants adoptés ou “faits” en recourant à certaines modalités de technologie reproductive. Ces “familles” formées par des couples de même sexe ne sont pas autre chose qu’une imitation de ce qu’est la vraie famille : un projet réalisé par deux personnes à travers leur amour, le don qu’ils se font l’un à l’autre de la totalité de leur être corporel et spirituel. Les “familles” constituées par des couples homosexuels ne pourront jamais réaliser un tel projet, étant donné que l’amour qui est à la base de ces unions - c’est-à-dire les actes sexuels dont ils disent que ce sont des actes d’amour conjugal - sont structurellement et nécessairement inféconds, de par leur nature.

Le cas d’un couple hétérosexuel qui, pour des raisons indépendantes de la volonté des deux partenaires, ne peut pas avoir d’enfants et, pour cette raison, en adopte un ou plusieurs, est certainement différent. Dans ce cas-là, en effet, leur union est par nature – c’est-à-dire structurellement – de type génératif. Pour cette raison, il y a également un changement de la structure intentionnelle et du caractère moral de l’acte d’adoption : celui-ci acquiert la valeur d’une réalisation, sous une autre forme, de quelque chose à quoi l’union conjugale est par nature prédisposée et empêchée seulement par "accidens". La non-fécondité est donc "præter intentionem" et elle n’entre pas dans le jugement moral. De cette manière, l’acte d’adoption peut participer à la structure de fécondité intrinsèque de l’amour conjugal.

On ne peut pas en dire autant dans le cas d’un couple formé de personnes du même sexe. Dans ce cas-là, l’infécondité est structurelle et elle est assumée intentionnellement à travers le libre choix de former précisément ce type d’union. Il ne s’y trouve aucun lien entre amour conjugal et adoption, étant donné que le premier élément, l’amour conjugal qui inclut l’ouverture à la dimension procréative, est complètement absent. C’est pourquoi l’acte d’adoption, dans une union homosexuelle, est une pure imitation – un faux – de ce pour quoi le mariage est conçu par nature.

Une dernière remarque : tout jugement relatif à l’homosexualité, à son caractère non légitime et à son immoralité intrinsèques, se réfère, bien évidemment, uniquement aux actes sexuels entre personnes du même sexe. Il ne s’agit pas, en revanche, d’un jugement portant sur la simple tendance à commettre de tels actes qui, même si elle est considérée comme non légitime, n’a pas le caractère d’une faute morale, dans la mesure où elle n’est pas satisfaite.

Il s’agit encore moins d’un jugement porté sur les personnes qui ont des tendances homosexuelles, sur leur dignité et sur leur valeur morale, cette dernière ne pouvant être rendue discutable que par la pratique d’actes homosexuels et par le choix d’un mode de vie correspondant, librement choisi comme étant bon, puisqu’il constituerait un choix moralement erroné et donc mauvais, capable d’éloigner du véritable bien humain.

En revanche un homosexuel qui s’abstient de commettre des actes homosexuels peut vivre la vertu de chasteté et toutes les autres vertus, en arrivant même au plus haut niveau de sainteté.

Le texte intégral de la "Relatio" finale Relatio Synodi

Et celui de la "Relatio" rédigée à mi-chemin de la discussion Relatio post disceptationem

 Traduction française par Charles de Pechpeyrou, Paris, France.


 

Source: Sandro Magister
Eucharistie sacrement de la miséricorde - (E.S.M.) 22.10.2014- T/International

 

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