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Audience Générale du Saint-Père :
Ambroise Aupert |
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Le 22 avril 2009 -
(E.S.M.)
- Au cours de l'Audience générale, le pape Benoît XVI a salué les
pèlerins francophones et en particulier les nombreux jeunes
présents ce matin, surtout les lycéens.
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La place Saint Pierre -
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Audience Générale du Saint-Père :
Ambroise Aupert
Le 22 avril 2009 - Eucharistie Sacrement de la Miséricorde
- En ce mercredi, le pape Benoît XVI est arrivé en papamobile place Saint
Pierre pour l'Audience Générale hebdomadaire. Après avoir salué les nombreux
pèlerins venus écouter sa catéchèse, c'est un extrait du psaume 33 qui a été
lu en différentes langues.
Psaume 33
Je bénirai le Seigneur en tout temps, sa louange sans cesse à mes lèvres.
Je me glorifierai dans le Seigneur : que les pauvres m'entendent et soient
en fête !
Magnifiez avec moi le Seigneur, exaltons tous ensemble son nom.
Je cherche le Seigneur, il me répond : de toutes mes frayeurs, il me
délivre.
Qui regarde vers lui resplendira, sans ombre ni trouble au visage.
Un pauvre crie ; le Seigneur entend : il le sauve de toutes ses angoisses.
L'ange du Seigneur campe à l'entour pour libérer ceux qui le craignent.
Goûtez et voyez : le Seigneur est bon ! Heureux qui trouve en lui son refuge
!
Saints du Seigneur, adorez-le : rien ne manque à ceux qui le craignent.
Catéchèse du Saint-Père
Chers frères et sœurs,
L'Eglise vit dans les personnes et celui qui veut connaître l'Eglise,
comprendre son mystère, doit considérer les personnes qui ont vécu et vivent
son message, son mystère. C'est pourquoi je parle depuis si longtemps dans
les catéchèses du mercredi de personnes dont nous pouvons apprendre ce
qu'est l'Eglise. Nous avons commencé avec les apôtres et les Pères de
l'Eglise et nous sommes peu à peu arrivés jusqu'au VIIIe siècle, la période
de Charlemagne. Aujourd'hui, je voudrais parler d'Ambroise Aupert, un auteur
plutôt inconnu : ses œuvres, en effet, avaient été attribuées en grande
partie à d'autres personnages plus célèbres, de saint Ambroise de Milan à
saint Ildefonse, sans parler de celles que les moines du Mont-Cassin on
pensé devoir attribuer à la plume d'un de leurs abbés homonyme, qui vécut
presque un siècle plus tard. En dehors de quelques brefs faits
autobiographiques insérés dans son grand commentaire de l'Apocalypse, nous
ne possédons que peu d'informations certaines sur sa vie. La lecture
attentive des œuvres dont peu à peu la critique lui reconnaît la paternité
permet cependant de découvrir dans son enseignement un trésor théologique et
spirituel précieux également pour notre époque.
Né en Provence, dans une bonne famille, Ambroise Aupert - selon son
biographe tardif Jean - vécut à la cour du roi franc Pépin le Bref où, en
plus de la fonction d'officier, il exerça également d'une certaine façon
celle de percepteur du futur empereur Charlemagne. Probablement à la suite
du Pape Etienne II, qui en 753-54 s'était rendu à la cour franque, Aupert
vint en Italie et eut l'occasion de visiter la célèbre abbaye bénédictine de
saint Vincent, à la source du Volturne, dans le duché de Bénévent. Fondée au
début de ce siècle par les trois frères du Bénévent Paldone, Tatone et
Tasone, l'abbaye était connue comme une oasis de culture classique et
chrétienne. Peu après sa visite, Ambroise Aupert décida d'embrasser la vie
religieuse et il entra dans ce monastère, où il put se former de façon
adaptée, en particulier dans le domaine de la théologie et de la
spiritualité, selon la tradition des Pères. Autour de l'année 761, il fut
ordonné prêtre et, le 4 octobre 777, il fut élu abbé avec le soutien des
moines francs, alors que les Lombards s'opposaient à lui, favorables au
Lombard Potone. La tension à caractère nationaliste ne se calma pas pendant
les mois successifs, si bien que l'année suivante, en 778, Aupert pensa
donner sa démission et se retirer avec quelques moines francs à Spolète, où
il pouvait compter sur la protection de Charlemagne. Mais malgré cela, la
divergence dans le monastère de Saint-Vincent ne fut pas aplanie et quelques
années plus tard, quand à la mort de l'abbé qui avait succédé à Aupert fut
précisément nommé Potone (env. 782), l'opposition reprit avec vigueur et
l'on arriva à la dénonciation du nouvel abbé auprès de Charlemagne. Celui-ci
renvoya les adversaires devant le tribunal du Pape, qui les convoqua à Rome.
Il appela également Aupert comme témoin, mais celui-ci mourut à l'improviste
pendant le voyage, peut-être tué, le 30 janvier 784.
Ambroise Aupert fut moine et abbé à une époque marquée par de fortes
tensions politiques, qui se répercutaient également sur la vie à l'intérieur
des monastères. Nous en avons des échos fréquents et préoccupés dans ses
écrits. Il dénonce, par exemple, la contradiction entre la splendide
apparence extérieure des monastères et la tiédeur des moines : cette
critique visait aussi certainement sa propre abbaye. Pour celle-ci, il
écrivit la Vie des trois fondateurs avec la claire intention d'offrir à la
nouvelle génération de moines un point de référence auquel se confronter. Un
but semblable était également poursuivi par le petit traité d'ascèse
Conflictus vitiprum et virtutum (« Conflit entre les vices et les vertus »),
qui connut un grand succès au Moyen-âge et fut publié en 1473 à Utrecht sous
le nom de Grégoire le Grand et un an plus tard à Strasbourg sous celui de
saint Augustin. Dans celui-ci, Ambroise Aupert entend enseigner aux moines
de façon concrète la façon d'affronter le combat spirituel jour après jour.
De manière significative, il applique l'affirmation de 2 Tm 3, 12 : «
D'ailleurs tous ceux qui veulent vivre en hommes religieux dans le Christ
Jésus subiront la persécution », non plus la persécution extérieure, mais
l'assaut que le chrétien doit affronter en lui-même de la part des forces du
mal. Dans une sorte d'affrontement, sont présentées 24 couples de
combattants ; chaque vice cherche à tenter l'âme par de subtiles
raisonnements, alors que la vertu respective combat ces tentations en se
servant de préférence de paroles de l'Ecriture.
Dans ce traité sur le conflit entre vices et vertus, Aupert oppose à la cupiditas
(la cupidité), le contempus mundi
(le mépris du monde), qui
devient une figure importante dans la spiritualité des moines. Ce mépris du
monde n'est pas un mépris de la création, de la beauté et de la bonté de la
création et du Créateur, mais un mépris de la fausse vision du monde qui
nous est présentée et qui est insinuée en nous précisément par la cupidité.
Celle-ci nous laisse croire qu'« avoir » serait la valeur suprême de notre
être, de notre vie dans le monde en apparaissant comme importants. Aupert
observe ensuite que l'avidité du gain des riches et des puissants dans la
société de son temps existe aussi au sein des âmes des moines, et il écrit
donc un traité intitulé De cupiditate, où, avec l'apôtre Paul, il dénonce
dès le début la cupidité comme la racine de tous les maux. Il écrit : « Du
sol de la terre différentes épines pointues pointent de diverses racines ;
dans le cœur de l'homme, en revanche, les piqures de tous les vices
proviennent d'une unique racine, la cupidité » (De cupiditate : 1 cccm 27b,
p. 963). Une caractéristique qui, à la lumière de la présente crise
économique mondiale, révèle toute son actualité. Nous voyons que c'est
précisément de cette racine de la cupidité que cette crise est née. Ambroise
imagine l'objection que les riches et les puissants pourraient soulever :
mais nous ne sommes pas des moines, pour nous certaines exigences ascétiques
ne sont pas valables. Et lui répond : « Ce que vous dites est vrai, mais
pour vous également, selon la manière propre à votre milieu et dans la
mesure de vos forces, celle qui est valable est la voie escarpée et étroite,
car le Seigneur n'a proposé que deux portes et deux voies
(c'est-à-dire la
porte étroite et la porte large, la voie escarpée et la voie aisée) ; il n'a
pas indiqué de troisième porte, ni de troisième voie »
(l.c., p. 978). Il
voit clairement que les façons de vivre sont très diverses. Mais pour
l'homme de ce monde également, pour le riche aussi vaut le devoir de
combattre la cupidité, le désir de posséder, d'apparaître, contre le concept
erroné de liberté comme faculté de disposer de tout selon le libre arbitre.
Le riche aussi doit trouver l'authentique voie de la vérité, de l'amour et
ainsi, de la juste voie. Alors Autpert, en pasteur d'âme prudent, sait
ensuite dire, à la fin de sa prédication pénitentielle, une parole de
réconfort : « J'ai parlé non pas contre les avides, mais contre l'avidité,
non pas contre la nature, mais contre le vice » (l.c., p. 981).
L'œuvre la plus importante d'Ambroise Autpert est certainement son
commentaire en dix livres de l'Apocalypse : il constitue, après des siècles,
le premier ample commentaire dans le monde latin du dernier livre de
l'Ecriture Sainte. Cette œuvre était le fruit d'un travail de plusieurs
années, qui s'est déroulé en deux étapes entre 758 et 767, c'est-à-dire
avant son élection comme abbé. Dans l'introduction, il indique de façon
détaillée ses sources, chose absolument hors du commun au Moyen Age. A
travers sa source sans doute la plus significative, le commentaire de
l'Evêque Primatius d'Hadrumète, rédigé aux environs de la moitié du VIe
siècle, Autpert entre en contact avec l'interprétation qu'avait laissée dans
l'Apocalypse l'Africain Tyconius, qui avait vécu une génération avant saint
Augustin. Il n'était pas catholique ; il appartenait à l'Eglise schismatique
donatiste ; c'était toutefois un grand théologien. Dans son commentaire, il
voit surtout reflété dans l'Apocalypse le mystère de l'Eglise. Tyconius
était convaincu que l'Eglise était un corps bipartite : une partie, dit-il,
appartient au Christ, mais il existe une autre partie de l'Eglise qui
appartient au diable. Augustin lut ce commentaire et en tira profit, mais
souligna fortement que l'Eglise est entre les mains du Christ, demeure son
Corps, ne formant avec Lui qu'un seul objet, participant à la médiation de
la grâce. Il souligne donc que l'Eglise ne peut jamais être séparée de Jésus
Christ. Dans sa lecture de l'Apocalypse, semblable à celle de Tyconius,
Autpert ne s'intéresse pas tant à la deuxième venue du Christ à la fin des
temps, mais plutôt aux conséquences qui découlent pour l'Eglise du présent
de sa première venue, l'incarnation dans le sein de la Vierge Marie. Et il
nous dit une parole très importante : en réalité, le Christ « doit en nous,
qui sommes son Corps, naître, mourir et ressusciter quotidiennement » (In Apoc, III : cccm 27, p. 205). Dans le contexte de la dimension mystique qui
investit chaque chrétien, il regarde Marie comme le modèle de l'Eglise,
modèle pour nous tous, car en nous et entre nous aussi doit naître le
Christ. Sur la foi des Pères qui voyaient dans la « Femme vêtue de lumière »
de l'Ap 12, 1, l'image de l'Eglise, Autpert explique : « La bienheureuse et
pieuse Vierge... engendre quotidiennement de nouveaux peuples, à partir
desquels se forme le Corps général du Médiateur. Il n'est donc pas
surprenant que celle dans le sein bienheureux duquel l'Eglise elle-même
mérite d'être unie à son Chef, représente le type de l'Eglise ». En ce sens, Autpert voit un rôle décisif de la Vierge Marie dans l'œuvre de la
rédemption (cf. également ses homélies dans In purificatione s. Mariae et In
adsumptione s. Mariae). Sa grande vénération et son profond amour pour la
Mère de Dieu lui inspirent parfois des formulations qui d'une certaine
façon, anticipent celles de saint Bernard et de la mystique franciscaine,
sans toutefois dévier vers des formes discutables de sentimentalisme, car il
ne sépare jamais Marie du mystère de l'Eglise. C'est donc à juste titre
qu'Ambroise Autpert est considéré comme le plus grand mariologue en
Occident. A la piété qui, selon lui, doit libérer l'âme de l'attachement aux
plaisirs terrestres transitoires, il considère que doit s'unir la profonde
étude des sciences sacrées, en particulier la méditation des Ecritures
saintes, qu'il qualifie de « ciel profond, abîme insondable » (In Apoc. IX).
Dans la belle prière par laquelle il conclut son commentaire de
l'Apocalypse, en soulignant la priorité qui revient à l'amour dans toute
recherche théologique de la vérité, il s'adresse à Dieu par ces paroles : «
Lorsque nous te scrutons de façon intellectuelle, nous ne te découvrons
jamais tel que tu es réellement ; lorsque nous t'aimons, alors nous
parvenons à toi ».
Nous pouvons voir aujourd'hui chez Ambroise Autpert une personnalité vécue à
une époque de profonde instrumentalisation politique de l'Eglise, dans
laquelle nationalisme et tribalisme avaient défiguré le visage de l'Eglise.
Mais lui, parmi toutes ces difficultés que nous connaissons nous aussi, sut
redécouvrir le véritable visage de l'Eglise dans Marie et dans les saints.
Et il sut ainsi comprendre ce que signifie être catholique, être chrétien,
vivre de la parole de Dieu, entrer dans cet abîme et vivre ainsi le mystère
de la Mère de Dieu : donner de nouveau vie à la Parole de Dieu, offrir à la
Parole de Dieu sa propre chair dans le temps présent. Et avec toute sa
connaissance théologique et la profondeur de sa science, Autpert sut
comprendre qu'avec la simple recherche théologique, Dieu ne peut être connu
tel qu'il est réellement. Seul l'amour peut parvenir à lui. Ecoutons ce
message et prions le Seigneur afin qu'il nous aide à vivre le mystère de
l'Eglise aujourd'hui, à notre époque. ( Trad. ZF09042201)
Le pape Benoît XVI s'adresse aux pèlerins
francophones
Chers Frères et Sœurs,
Ambroise Autpert est un auteur du huitième siècle assez peu connu. Né en
Provence, officier à la cour du roi Pépin le Bref, il contribua à
l’éducation du futur Charlemagne. Puis il fut admis à l’abbaye bénédictine
de Saint-Vincent dans le Bénévent et reçut l’ordination sacerdotale en 777.
Rapidement élu Abbé, il dût faire face jusqu’à sa mort, en 784, à de fortes
oppositions au sein de l’abbaye, qui reflétaient les tensions politiques de
l’époque. Il est l’une des figures majeures de la renaissance carolingienne.
Dans ses écrits, il s’emploie notamment à raviver l’idéal et la ferveur
monastiques. Son Commentaire de l’Apocalypse est toutefois son œuvre majeure
qui révèle l’originalité et la profondeur de sa spiritualité. L'Église en
est le thème central. Il affirme qu’il ne faut pas la séparer du Christ,
seul Médiateur. Corps du Christ, l'Église, participe à cette médiation.
Chaque jour, écrit-il, le Christ doit naître en nous, il doit mourir en nous
et ressusciter. Et Marie, dans le sein duquel l'Église est unie à son Chef,
est le modèle de l'Église. En dévoilant son rôle unique dans l’œuvre de la
Rédemption, Ambroise Autpert se montre comme le premier grand mariologue de
l’occident ; son amour de la Vierge Marie l’oriente vers la source de la
véritable vie chrétienne, celle qui s’abreuve aux Saintes Écritures.
Le pape Benoît XVI conclut : Je suis heureux de vous accueillir, chers
pèlerins francophones. Je salue en particulier les nombreux jeunes présents
ce matin, surtout les lycéens. Les pèlerins des diocèses de Perpignan et de
Fréjus Toulon avec leurs Évêques Mgr Marceau et Mgr Rey, les paroisses de
Saint-Cloud et de saint Martin de Chanu, ainsi que les pèlerins de Paris,
Strasbourg, Dijon, Cambrai, Albi, Angoulême et Versailles. À l’exemple de
saint Ambroise Autpert et de la Vierge Marie, aimez passionnément l’Église.
Que Dieu vous bénisse !
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Texte original du
discours du Saint Père
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Sources : www.vatican.va
-
E.S.M.
© Copyright 2009 - Libreria Editrice Vaticana
Eucharistie sacrement de la miséricorde -
(E.S.M.) 22.04.09 -
T/Benoît XVI |