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Le pape Benoît XVI adresse ses vœux à
Barack Obama |
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Le 20 janvier 2009 -
(E.S.M.)
- Nous publions ci-dessous le télégramme que le Saint Père Benoît
XVI a envoyé au 44e Président des Etats Unis d'Amérique Monsieur Barack
Obama, à l’occasion de son investiture à la Maison Blanche :
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Le président des
Etats-Unis Barack Obama -
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Le pape Benoît XVI adresse ses vœux à
Barack Obama
Le 20 janvier 2009 - Eucharistie Sacrement
de la Miséricorde
- Nous publions ci-dessous le télégramme que le Saint Père Benoît XVI a
envoyé au 44e Président des Etats Unis d'Amérique Monsieur Barack Obama, à
l’occasion de son investiture à la Maison Blanche :
Télégramme du Saint-Père
A l'honorable Barack Obama
Président des Etats-Unis d'Amérique
Maison Blanche
WASHINGTON, D.C.
À l'occasion de votre investiture en tant que quarante-quatrième président
des Etats-Unis d'Amérique, je formule mes vœux les plus cordiaux ainsi que
l'assurance de mes prières que Dieu tout puissant vous procure la sagesse et
une force inébranlable dans l'exercice de vos hautes responsabilités. Que
les américains puissent sous votre présidence continuer à trouver dans leur
impressionnant héritage religieux et politique, les valeurs spirituelles et
les principes éthiques nécessaires pour coopérer à la construction d'une
société juste et libre, marquée par le respect de la dignité, l'égalité et
les droits de chacun de ses membres, particulièrement les pauvres, les
exclus et ceux qui n'ont pas de voix. En ce moment où tant de nos frères et
sœurs aspirent dans le monde entier à la libération du fléau de la pauvreté,
de la faim et de la violence, je prie pour que vous soyez confirmé
dans votre résolution à promouvoir la compréhension, la coopération et la
paix parmi les nations, de sorte que tous prennent part au festin de la vie
que Dieu a préparé pour la famille humaine tout entière (Isaie
25,6-7). J'invoque bien volontiers les
bénédictions de joie et de paix du Seigneur sur vous et votre famille et sur
tous les américains.
Texte original du
discours du Saint Père
►
Anglais
© traduction
E.S.M.)
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Le Pape souhaite que Barak Obama travaille à
la paix
Le pape Benoît XVI avait adressé le 5 novembre dernier un
message de félicitations à Barack Obama et sa famille et avait défini
son élection d’une occasion historique, au lendemain de sa victoire. Le
président élu avait ensuite
téléphoné au Saint-Père Benoît XVI le 12 novembre pour le remercier.
***
Discours d'investiture d'Obama : le texte intégral
Chers compatriotes
Je suis ici devant vous aujourd'hui empli d'un sentiment d'humilité face à
la tâche qui nous attend, reconnaissant pour la confiance que vous m'avez
témoignée et conscient des sacrifices consentis par nos ancêtres.
Je remercie le président Bush pour ses services rendus à la nation ainsi que
pour la générosité et la coopération dont il a fait preuve tout au long de
cette passation de pouvoirs.
Quarante-quatre Américains ont maintenant prêté le serment présidentiel. Ils
l'ont fait alors que gonflait la houle de la prospérité sur les eaux calmes
de la paix. Mais il arrive de temps à autre que ce serment soit prononcé
alors que s'accumulent les nuages et que gronde la tempête.
Dans ces moments, l'Amérique a gardé le cap, non seulement en raison de
l'habileté ou de la vision de ses dirigeants, mais aussi parce que Nous le
Peuple, sommes demeurés fidèles aux idéaux de nos ancêtres et à notre
constitution.
Ainsi en a-t-il toujours été. Ainsi doit-il en être pour la présente
génération d'Américains.
Nul n'ignore que nous sommes au beau milieu d'une crise. Notre nation est en
guerre contre un vaste réseau de violence et de haine. Notre économie est
gravement affaiblie, conséquence de la cupidité et de l'irresponsabilité de
certains, mais aussi de notre échec collectif à faire des choix difficiles
et à préparer la nation à une nouvelle ère.
Des gens ont perdu leur maison ou leur emploi, des entreprises ont dû fermer
leurs portes. Notre système de santé coûte trop cher. Nos écoles laissent
tomber trop d'enfants et chaque jour apporte de nouvelles preuves que la
façon dont nous utilisons l'énergie renforce nos adversaires et menace notre
planète.
Ce sont les signes de la crise en termes statistiques. Mais, si elle n'est
pas aussi tangible, la perte de confiance dans tout le pays n'en est pas
moins profonde, nourrie de la crainte tenace que le déclin de l'Amérique
soit inévitable et que la prochaine génération doive diminuer ses ambitions.
Je vous dis aujourd'hui que les défis auxquels nous faisons face sont réels.
Ils sont importants et nombreux. Nous ne pourrons les relever facilement ni
rapidement. Mais, sache le, Amérique, nous le relèverons.
En ce jour, nous sommes réunis car nous avons préféré l'espoir à la peur, la
volonté d'agir en commun au conflit et à la discorde.
En ce jour nous proclamons la fin des doléances mesquines et des fausses
promesses, des récriminations et des dogmes éculés qui ont pendant trop
longtemps étouffé notre vie politique.
Nous demeurons une jeune nation. Mais pour reprendre les mots de la Bible,
le temps est venu de se défaire des enfantillages. Le temps est venu de
réaffirmer la force de notre caractère, de choisir la meilleure part de
notre histoire, de porter ce précieux don, cette noble idée transmise de
génération en génération: la promesse de Dieu que nous sommes tous égaux,
tous libres et que nous méritons tous la chance de prétendre à une pleine
mesure de bonheur.
Nous réaffirmons la grandeur de notre nation en sachant que la grandeur
n'est jamais donnée mais se mérite. Dans notre périple nous n'avons jamais
emprunté de raccourcis et ne nous sommes jamais contentés de peu. Cela n'a
jamais été un parcours pour les craintifs, ceux qui préfèrent les loisirs au
travail ou ne recherchent que la richesse ou la célébrité.
Au contraire, ce sont plutôt ceux qui ont pris des risques, qui ont agi et
réalisé des choses - certains connus, mais le plus souvent des hommes et des
femmes anonymes - qui nous ont permis de gravir le long et rude chemin vers
la prospérité et la liberté.
Pour nous, ils ont rassemblé leurs maigres possessions et traversé des
océans en quête d'une vie nouvelle.
Pour nous, ils ont trimé dans des ateliers de misère et colonisé l'Ouest.
Ils ont connu la morsure du fouet et la dureté du labeur de la terre. Pour
nous, ils se sont battus et sont morts dans des lieux comme Concord et
Gettysburg, en Normandie ou à Khe-Sanh.
A maintes reprises ces hommes et ces femmes se sont battus, se sont
sacrifiés, ont travaillé à s'en user les mains afin que nous puissions mener
une vie meilleure. Ils voyaient en l'Amérique quelque chose de plus grand
que la somme de leurs ambitions personnelles, que toutes les différences
dues à la naissance, la richesse ou l'appartenance à une faction.
C'est la voie que nous poursuivons aujourd'hui. Nous demeurons la nation la
plus prospère, la plus puissante de la Terre. Nos travailleurs ne sont pas
moins productifs qu'au début de la crise. Nos esprits ne sont pas moins
inventifs, nos biens et services pas moins demandés que la semaine dernière,
le mois dernier ou l'an dernier. Nos capacités demeurent intactes. Mais il
est bien fini le temps de l'immobilisme, de la protection d'intérêts étroits
et du report des décisions désagréables.
A partir d'aujourd'hui, nous devons nous relever, nous épousseter et
reprendre la tâche de la refondation de l'Amérique.
Où que nous regardions, il y a du travail. L'état de l'économie réclame des
gestes audacieux et rapides. Et nous agirons - non seulement pour créer de
nouveaux emplois mais pour jeter les fondations d'une nouvelle croissance.
Nous allons construire les routes et les ponts, les réseaux électriques et
numériques qui alimentent notre commerce et nous unissent.
Nous redonnerons à la science la place qu'elle mérite et utiliserons les
merveilles de la technologie pour accroître la qualité des soins de santé et
diminuer leur coût.
Nous dompterons le soleil, le vent et le sol pour faire avancer nos
automobiles et tourner nos usines. Nous transformerons nos écoles et nos
universités pour répondre aux exigences d'une ère nouvelle. Nous pouvons
faire tout cela et nous le ferons.
Cela dit, il y a des gens pour s'interroger sur l'ampleur de nos ambitions,
et suggérer que notre système n'est pas capable de faire face à trop de
grands projets à la fois. Ils ont la mémoire courte. Ils ont oublié ce que
ce pays a déjà accompli, ce que des hommes et des femmes libres peuvent
réaliser quand l'imagination sert un objectif commun et que le courage
s'allie à la nécessité.
Ce que les cyniques ne peuvent pas comprendre, c'est que le sol s'est dérobé
sous leurs pieds et que les arguments politiques rancis auxquels nous avons
eu droit depuis si longtemps, ne valent plus rien. La question aujourd'hui
n'est pas de savoir si notre gouvernement est trop gros ou trop petit, mais
s'il fonctionne - s'il aide les familles à trouver des emplois avec un
salaire décent, à accéder à des soins qu'ils peuvent se permettre et à une
retraite digne. Là où la réponse à cette question est oui, nous
continuerons. Là où la réponse est non, nous mettrons un terme à des
programmes.
Et ceux d'entre nous qui gèrent les deniers publics seront tenus de dépenser
avec sagesse, de changer les mauvaises habitudes, de gérer en pleine lumière
- c'est seulement ainsi que nous pourrons restaurer l'indispensable
confiance entre un peuple et son gouvernement.
La question n'est pas non plus de savoir si le marché est une force du bien
ou du mal. Sa capacité à générer de la richesse et à étendre la liberté est
sans égale. Mais cette crise nous a rappelé que sans surveillance, le marché
peut devenir incontrôlable, et qu'une nation ne peut prospérer longtemps si
elle ne favorise que les plus nantis. Le succès de notre économie n'est pas
uniquement fonction de la taille de notre produit intérieur brut. Il dépend
aussi de l'étendue de notre prospérité, de notre capacité à donner une
chance à ceux qui le veulent - non par charité mais parce que c'est la
meilleure voie vers le bien commun.
En ce qui concerne notre défense à tous, nous rejettons l'idée qu'il faille
faire un choix entre notre sécurité et nos idéaux. Nos Pères fondateurs,
face à des périls que nous ne pouvons que difficilement imaginer, ont mis au
point une charte pour assurer la prééminence de la loi et les droits de
l'Homme, une charte prolongée par le sang de générations. Ces idéaux
éclairent toujours le monde, et nous ne les abandonnerons pas par commodité.
A tous les peuples et les gouvernants qui nous regardent aujourd'hui, depuis
les plus grandes capitales jusqu'au petit village où mon père est né :
sachez que l'Amérique est l'amie de chaque pays et de chaque homme, femme et
enfant qui recherche un avenir de paix et de dignité, et que nous sommes
prêts à nouveau à jouer notre rôle dirigeant.
Rappelez-vous que les précédentes générations ont fait face au fascisme et
au communisme pas seulement avec des missiles et des chars, mais avec des
alliances solides et des convictions durables. Elles ont compris que notre
puissance ne suffit pas à elle seule à nous protéger et qu'elle ne nous
permet pas d'agir à notre guise. Au lieu de cela, elles ont compris que
notre puissance croît lorsqu'on en use prudemment; que notre sécurité
découle de la justesse de notre cause, la force de notre exemple et des
qualités modératrices de l'humilité et de la retenue.
Nous sommes les gardiens de cet héritage. Une fois de plus guidés par ces
principes, nous pouvons répondre à ces nouvelles menaces qui demandent un
effort encore plus grand, une coopération et une compréhension plus grande
entre les pays.
Nous allons commencer à laisser l'Irak à son peuple de façon responsable et
forger une paix durement gagnée en Afghanistan. Avec de vieux amis et
d'anciens ennemis, nous allons travailler inlassablement pour réduire la
menace nucléaire et faire reculer le spectre du réchauffement de la planète.
Nous n'allons pas nous excuser pour notre façon de vivre, ni hésiter à la
défendre, et pour ceux qui veulent faire avancer leurs objectifs en créant
la terreur et en massacrant des innocents, nous vous disons maintenant que
notre résolution est plus forte et ne peut pas être brisée; vous ne pouvez
pas nous survivre et nous vous vaincrons.
Nous savons que notre héritage multiple est une force, pas une faiblesse.
Nous sommes un pays de chrétiens et de musulmans, de juifs et d'hindous, et
d'athées. Nous avons été formés par chaque langue et civilisation, venues de
tous les coins de la Terre. Et parce que nous avons goûté à l'amertume d'une
guerre de Sécession et de la ségrégation, et émergé de ce chapitre plus
forts et plus unis, nous ne pouvons pas nous empêcher de croire que les
vieilles haines vont un jour disparaître, que les frontières tribales vont
se dissoudre, que pendant que le monde devient plus petit, notre humanité
commune doit se révéler, et que les Etats-Unis doivent jouer leur rôle en
donnant l'élan d'une nouvelle ère de paix.
Au monde musulman: nous voulons trouver une nouvelle approche, fondée sur
l'intérêt et le respect mutuels. A ceux parmi les dirigeants du monde qui
cherchent à semer la guerre, ou faire reposer la faute des maux de leur
société sur l'Occident, sachez que vos peuples vous jugeront sur ce que vous
pouvez construire, pas détruire.
A ceux qui s'accrochent au pouvoir par la corruption et la fraude, et en
bâillonant les opinions dissidentes, sachez que vous êtes du mauvais côté de
l'histoire, mais que nous vous tendrons la main si vous êtes prêts à
desserrer votre étau.
Aux habitants des pays pauvres, nous promettons de travailler à vos côtés
pour faire en sorte que vos fermes prospèrent et que l'eau potable coule, de
nourrir les corps affamés et les esprits voraces.
Et à ces pays qui comme le nôtre bénéficient d'une relative abondance, nous
disons que nous ne pouvons plus nous permettre d'être indifférents aux
souffrances à l'extérieur de nos frontières, ni consommer les ressources
planétaires sans nous soucier des conséquences. En effet, le monde a changé
et nous devons évoluer avec lui.
Lorsque nous regardons le chemin à parcourir, nous nous rappelons avec une
humble gratitude ces braves Américains qui, à cette heure précise,
patrouillent dans des déserts reculés et des montagnes éloignées. Ils ont
quelque chose à nous dire aujourd'hui, tout comme les héros qui reposent à
Arlington nous murmurent à travers les âges.
Nous les honorons non seulement parce qu'ils sont les gardiens de notre
liberté, mais parce qu'ils incarnent l'esprit de service, une disponibilité
à trouver une signification dans quelque chose qui est plus grand qu'eux. Et
à ce moment, ce moment qui définira une génération, c'est précisément leur
esprit qui doit tous nous habiter.
Quoi qu'un gouvernement puisse et doive faire, c'est en définitive de la foi
et la détermination des Américains que ce pays dépend. C'est la bonté
d'accueillir un inconnu lorsque cèdent les digues, le désintéressement
d'ouvriers qui préfèrent travailler moins que de voir un ami perdre son
emploi, qui nous permet de traverser nos heures les plus sombres.
C'est le courage d'un pompier prêt à remonter une cage d'escalier enfumée,
mais aussi la disponibilité d'un parent à nourrir un enfant, qui décide en
définitive de notre destin.
Les défis face à nous sont peut-être nouveaux. Les outils avec lesquels nous
les affrontons sont peut-être nouveaux. Mais les valeurs dont notre succès
dépend, le travail, l'honnêteté, le courage et le respect des règles, la
tolérance et la curiosité, la loyauté et le patriotisme, sont anciennes.
Elles sont vraies. Elles ont été la force tranquille du progrès qui a
sous-tendu notre histoire. Ce qui est requis, c'est un retour à ces vérités.
Ce qui nous est demandé maintenant, c'est une nouvelle ère de
responsabilité, une reconnaissance, de la part de chaque Américain, que nous
avons des devoirs envers notre pays et le monde, des devoirs que nous
n'acceptons pas à contrecoeur mais saisissons avec joie, avec la certitude
qu'il n'y a rien de plus satisfaisant pour l'esprit et qui définisse notre
caractère, que de nous donner tout entier à une tâche difficile.
C'est le prix, et la promesse, de la citoyenneté.
C'est la source de notre confiance, savoir que Dieu nous appelle pour forger
un destin incertain.
C'est la signification de notre liberté et de notre credo, c'est la raison
pour laquelle des hommes, des femmes et des enfants de toutes les races et
de toutes les croyances peuvent se réjouir ensemble sur cette magnifique
esplanade, et pour laquelle un homme dont le père, il y a moins de 60 ans,
n'aurait peut-être pas pu être servi dans un restaurant de quartier, peut
maintenant se tenir devant vous pour prêter le serment le plus sacré.
Donc marquons ce jour du souvenir, de ce que nous sommes et de la distance
que nous avons parcourue. Aux temps de la naissance des Etats-Unis, dans les
mois les plus froids, un petit groupe de patriotes s'est blotti autour de
feux de camp mourants, au bord d'une rivière glacée. La capitale fut
abandonnée. L'ennemi progressait. La neige était tachée de sang. Au moment
où l'issue de notre révolution était la plus incertaine, le père de notre
nation a donné l'ordre que ces mots soits lus :
"Qu'il soit dit au monde du futur, qu'au milieu de l'hiver, quand seul
l'espoir et la vertu pouvaient survivre, que la ville et le pays, face à un
danger commun, (y) ont répondu".
O Etats-Unis. Face à nos dangers communs, dans cet hiver de difficultés,
rappelons-nous ces mots éternels. Avec espoir et courage, bravons une fois
de plus les courants glacés, et supportons les tempêtes qui peuvent arriver.
Qu'il soit dit aux enfants de nos enfants que lorsque nous avons été mis à
l'épreuve, nous avons refusé de voir ce parcours s'arrêter, nous n'avons pas
tourné le dos ni faibli. Et avec les yeux fixés sur l'horizon et la grâce de
Dieu, nous avons continué à porter ce formidable cadeau de la liberté et
l'avons donné aux générations futures.
***
LE JOUR D'OBAMA … VU DEPUIS KOGELO, TÉMOIGNAGES ET
ESPOIRS
"Le village se prépare aux festivités et les habitants ont déjà abattu deux
bœufs pour pouvoir offrir de quoi manger à tous les invités qui se
présenteront pour l'événement" : contacté par la MISNA, Juma Ahiro décrit
l'excitation qui règne mardi à Nyangoma Kogelo – le petit village du
Sud-ouest du Kenya où est né le père de Barack Obama – à l'approche de
l'investiture du nouveau président des États-Unis. Dans le petit village, la
chaîne de télévision Ktn a donc aménagé un écran géant pour les habitants
ainsi que les nombreuses troupes internationales de journalistes qui
suivront dans ce lieu reculé du Kenya l'historique cérémonie d'investiture
du premier Américain noir à devenir président. Formé d'une petite communauté
agricole dans la province de Nyanza, près du Lac Victoria, le village de
Kogelo se trouve au cœur du territoire ancestral des Luo, un peuple fier de
sa culture et d'ordinaire très uni dans ses choix politiques et sociaux.
Un petite groupe de parents du nouveau président participera à la cérémonie
de Washington, dont la grand-mère paternelle de M Obama, Sarah Onyango. De
nombreux Luo vivent actuellement à Nairobi et sur la côte de l'Océan Indien,
où dès lundi, la population se plaignait d'une pénurie de "mnazi", boisson
alcoolique locale à base de noix de coco. "Ici, tout le monde prévoit déjà
le progrès qu'Obama accomplira", ajoute Juma Ahiro qui a rencontré Sarah
Onyango à maintes reprises au cours des dernières semaines en tant que
traducteur pour les journalistes européens. "Aussi bien Sarah que Saïd
(l'oncle de Barack Obama, Ndlr) croient que
le nouveau président des États-Unis aidera leur région en donnant un nouvel
essor aux infrastructures". Mais l'excitation et les festivités pour
l'investiture de M Obama n'ont pas lieu qu'à Kogelo mais dans tout le Kenya.
Des millions de Kenyans assisteront en effet mardi après-midi à la
cérémonie, retransmise en direct par les radios et les chaînes de télévision
et diffusée par les dizaines d'écrans géants montés ces derniers jours dans
les centres commerciaux et les hôtels. "Il y a une grande euphorie
aujourd'hui au Kenya. Les gens fêtent le serment de Barack Obama comme s'il
s'agissait d'un Kenyan", dit Timothy Ojore, infographiste de Nairobi,
issu lui aussi de la communauté des Luo et originaire de la même région que
le père de M Obama. "Des espoirs irréalistes se sont répandus chez nos
compatriotes – dit en souriant M Ojore – qui s'attendent à ce qu'Obama
envoie de l'argent pour construire des routes, des ponts, des réseaux
hydriques et électriques. Mais la fierté de voir l'un d'entre nous devenir
l'homme le plus puissant du monde n'en demeure pas moindre".
(Agence
Misna)
***
"L'espoir américain..." par Mgr André Dupleix
Secrétaire général adjoint de la Conférence des évêques de France, Mgr André
Dupleix revient sur les attentes liée à l'investiture de Barack Obama.
Rarement attentes auront été aussi fortes au moment d'une investiture
présidentielle. Si l'on recense tous les termes utilisés à cette occasion,
ce sont bien ceux d'espoir, de réconciliation, de nouveau départ, voire de
renouveau ou de renaissance qui dominent.
Un homme porte tout cela sur ses épaules et dans son cœur. Nul doute que
Barack Obama a une incontestable stature. Je viens d'achever la lecture de
sa biographie, écrite en 2004, récemment traduite et publiée sous le titre
Les rêves de mon père. Tout, dans ce document, fort bien écrit par ailleurs,
dit les qualités humaines, la lucidité d'analyse, la capacité de résistance,
le bon sens et surtout la vision d'un homme dont tout pousse à croire qu'il
est capable de s'engager résolument, avec calme et détermination, dans un
véritable retournement de perspectives.
Il sait ce qu'il va rencontrer, ce à quoi il sera confronté. Il en connaît
les risques. Mais ceux qui refusent les risques enfouissent la grandeur de
leurs projets. Tous ceux qui ont délibérément choisi de conduire leur
volonté de réconciliation ou de paix dans les inévitables lacis des jeux
institutionnels, politiques et économiques, ont connu les oppositions
frontales ou souterraines, le soupçon, les menaces ou même la mort...
Mais si quelque chose peut et doit changer au plus haut niveau des
responsabilités mondiales, encore faut-il que certains incarnent un jour ou
l'autre ce désir que n'anéantissent ni l'intimidation, ni la violence, ni la
peur. Croire à l'unité d'un peuple multiracial, vouloir en vérité parler à
l'adversaire, rendre aux plus déshérités toute leur dignité, promouvoir un
nouvel ordre mondial sans l'imposer par une puissance aveugle et
dominatrice, cela peut sembler, dans le contexte présent, naïveté ou
irréalisme. Cela vaut pourtant la peine d'y engager sa vie, la tâche
fût-elle rude, très rude. L'espoir américain devient, quelque part, le
nôtre.
Les dossiers déposés dans le bureau ovale du président sont considérables.
Tous concernent aussi, au-delà de la stabilité interne d'un peuple,
l'ensemble de la planète et de l'humanité. Un seul homme, aussi
charismatique soit-il, ne s'en sortira pas seul. Mais cet homme-là n'est pas
seul et il le sait. Puissent les mois et années à venir le montrer. Et
puisse le rêve de Martin Luther King devenir réalité ! Même lentement,
progressivement mais irréversiblement, réalité ! Personnellement j'y crois
de toutes mes forces humaines et spirituelles.
C'est pour cela que Barack Obama mérite notre soutien... (eglise.catholique)
►
Dieu et la Nation américaine sont les deux
mots phare des discours d'Obama
Sources :
E.S.M.
Ce document est destiné à l'information; il ne constitue pas
un document officiel
Eucharistie sacrement de la miséricorde -
(E.S.M.) 20.01.2009 -
T/International |