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19 Avril 2005
 

À la recherche de l'Église

Le 17 avril 2023 - E.S.M. -  L'Église proclame la Parole de Dieu et célèbre les sacrements dans le monde. Elle doit le faire avec une très grande honnêteté, une véritable rigueur, un respect miséricordieux des misères humaines qu'elle a le devoir de conduire vers la « splendeur de la vérité », pour reprendre l'incipit d'une encyclique de Jean-Paul II.

Benoît XVI et le cardinal Sarah- Pour agrandir l'image ► Cliquer

 

17 avril 2023 - À LA RECHERCHE DE L'ÉGLISE

« Quand je te cherche, toi, mon Dieu, c'est une vie de bonheur que je cherche. Ah ! Puissé-je te chercher pour que vive mon âme, puisque la vie de mon corps, c'est mon âme, et que la vie de mon âme, c'est toi ! »  Saint Augustin, Confessions

NICOLAS DIAT (1) à la fin de l'article : À la fin de son pontificat, en 2012, Benoît XVI a tenu à célébrer le cinquantième anniversaire de l'ouverture de Vatican II - Aujourd'hui encore, pourquoi tant de divisions autour du dernier concile ?

CARDINAL ROBERT SARAH : En fait, à propos du concile Vatican II, nous ne pourrons jamais assez remercier le pape Benoît XVI pour son travail d'interprétation et sa lecture authentique de la volonté des Pères conciliaires. Si je me réfère à son analyse, nous voyons combien le désir du concile n'a pas été totalement compris.

Joseph Ratzinger a parfaitement saisi que Jean XXIII voulait d'abord répondre à un défi d'une importance majeure pour le monde moderne : l'accueil de Dieu, tel qu'il s'est manifesté en Jésus Christ. Voici les paroles du pape Jean, lors de l'ouverture du concile Vatican II : « Les graves problèmes posés au genre humain depuis près de vingt siècles restent les mêmes. Jésus Christ reste en effet toujours au centre de l'histoire et de la vie : les hommes sont avec Lui et avec son Église, et alors ils jouissent de la lumière, de la bonté, de l'ordre et de la paix ; ou bien vivent sans Lui, agissant contre Lui ou demeurant délibérément hors de son Église, et alors ils connaissent la confusion, la dureté dans les rapports entre eux et le risque de guerres sanglantes. »

Dès l'ouverture de Vatican II, bien que soucieux de l'aggiornamento, du renouveau de l'Église, et de l'union des chrétiens, le pape avait fortement souligné que la principale tâche du concile consistait à révéler Dieu au monde, à défendre et à promouvoir la doctrine. C'est pourquoi l'Église, tout en se réjouissant des admirables inventions du génie humain et des progrès de la science ou de la technologie, devait rappeler aux hommes que par-delà l'aspect visible des choses, il reste primordial de se tourner vers Dieu. Pour Jean XXIII, le concile était d'abord une rencontre avec Dieu dans la prière, avec Marie, comme les apôtres au Cénacle la veille de la Pentecôte.

Comme il l'annonçait dans ce même discours d'ouverture, le Saint-Père voulait également vérifier quelle place était encore réservée à Dieu dans le cœur des hommes et « connaître d'une façon plus ample et approfondie en quelle estime est tenue la foi en notre époque, et s'enquérir de la pratique religieuse et de la vitalité du monde chrétien, spécialement du monde catholique ».

À la fin du concile, le 7 décembre 1965, Paul VI a lui aussi déclaré : « Le concile tout entier se résume finalement dans cette conclusion religieuse : il n'est pas autre chose qu'un appel amical et pressant qui convie l'humanité à retrouver, par la voie de l'amour fraternel, ce Dieu dont on a pu dire : s'éloigner de Lui, c'est périr ; se tourner vers Lui, c'est ressusciter ; demeurer en Lui, c'est être inébranlable ; retourner à Lui, c'est renaître ; habiter en Lui, c'est vivre. »

Dieu était donc premier dans toute la réflexion conciliaire. Cette vision du concile est demeurée au centre des préoccupations de Benoît XVI jusqu'aux derniers jours du pontificat. Le 14 février 2013, il prononça devant le clergé de Rome une «  lectio divina » qui restera parmi les textes fondamentaux de son héritage théologique et pastoral. Il y distinguait le vrai concile des Pères de celui des journalistes et des médias.

 Or que signifie mettre en œuvre le concile sinon montrer que la première préoccupation de l'Eglise était de redonner à Dieu le primat dans le cœur des hommes et des sociétés ? La première encyclique de Benoît, Deus Caritas Est ne s'explique pas autrement.

Devant la crise économique et financière mondiale, Benoît XVI écrivait d'ailleurs dans Caritas in veritate, sa deuxième encyclique : « Sans Dieu, l'homme ne sait où aller et ne parvient même pas à comprendre qui il est. » C'est l'homme, et pas seulement l'économie, qui est en crise. La question sociale est devenue une question radicalement anthropologique ; elle touche aussi la grave question de « l'éclipsé de Dieu ».

Pour aider à percevoir qu'au cœur des textes conciliaires tout était centré et orienté vers Dieu, Benoît XVI nous invitait à arrêter notre attention sur leur ordonnancement. Selon lui, l'architecture de ces textes possède une orientation essentiellement théocentrique. Commençons par la Constitution sur la sainte liturgie Sacrosanctum Concilium. Le fait qu'elle soit le premier texte à être publié indique qu'il y avait des motifs dogmatiques et pastoraux de première importance. Avant toute chose, dans l'Église, il y a l'adoration ; et donc Dieu. Ce commencement répond, dit Benoît XVI, à la première et principale préoccupation de la règle de saint Benoît : « Nihil operi Dei praeponatur », « on ne préférera rien à l'œuvre de Dieu ». Or, s'il existe une réalité trop souvent laissée de côté, c'est bien le rapport consubstantiel entre la liturgie et Dieu. Le fondement de la liturgie doit demeurer la recherche de Dieu. Nous ne pouvons qu'être consternés devant le fait que cette volonté des papes Jean XXIII et Paul VI, ainsi que celle des Pères du concile, soit souvent occultée et, pire encore, trahie...

En va-t-il de même pour les textes qui suivent ?

Oui, car la Constitution dogmatique sur l'Église, le second texte du concile, commence par ces mots : « Lumen-gentium cum sit Christus », « le Christ est la lumière des nations ». La première phrase de la Constitution met en évidence une vision théologique de l'Église. Benoît XVI a toujours voulu démontrer que le cœur de l'ecclésiologie du concile Vatican II est une ecclésiologie fondamentalement théologique.

Lors d'une intervention sur l'ecclésiologie de la Constitution Lumen gentium, au Congrès international sur la mise en œuvre du concile œcuménique Vatican II organisé par le Comité du Grand Jubilé de l'An 2000, en citant une conférence prononcée par le Pr Johann Baptist Metz, il disait : « La crise qui frappe le christianisme européen n'est pas en tout premier lieu, ou au moins exclusivement, une crise ecclésiale... La crise est plus profonde ; elle n'a pas en effet ses racines seulement dans la situation de l'Église elle-même. La crise est devenue une crise de Dieu. » Joseph Ratzinger rappelait que le concile Vatican II ne fut pas seulement un concile ecclésiologique, mais bien davantage un discours sur Dieu, et cela non seulement à l'intérieur du monde chrétien, mais face au monde entier. Le concile a parlé aux hommes de ce Dieu qui est le Dieu de tous, qui les sauve tous et qui est accessible à tous. Vatican II a voulu subordonner le discours sur l'Église au discours sur Dieu, et proposer une ecclésiologie au sens théologique. Le concile ne considère pas l'Église comme une réalité fermée sur elle-même, mais il la voit à partir du Christ.

L'Église est comme la lune. Elle ne brille pas d'une lumière propre, mais elle reflète la lumière du Christ. En effet, de même que sans le soleil, la lune est obscure, opaque et invisible, ainsi en est-il de l'Église si elle se détache du Christ, vrai Dieu et vrai homme. L'ecclésiologie montre qu'elle dépend de la christologie, et qu'elle lui est liée.

Il est également aisé de voir le lien intime entre les deux Constitutions qui se suivent et se portent mutuellement. L'Eglise se laisse conduire par une intense vie de prière, de louange, d'adoration, et par sa mission de glorifier Dieu au milieu des peuples. L'ecclésiologie est ainsi inséparable de la liturgie. L'Église est faite pour louer et adorer Dieu ; elle n'est rien sans Dieu.

On comprend que vienne tout de suite la troisième Constitution dogmatique,  Dei Verbum, sur la Parole de Dieu, qui convoque l'Église pour la nourrir, la renouveler et éclairer sa route. Car la Parole de Dieu est le cœur du message que l'Église doit révéler et transmettre au monde.

Le quatrième texte, la Constitution pastorale Gaudium et spes « sur l'Église dans le monde de ce temps », montre comment la glorification de Dieu se présente dans la vie active de l'Eglise. La Parole de Dieu est comme une lumière reçue que l'Eglise porte au monde pour qu'il sorte des ténèbres et devienne glorification de Dieu.

Malheureusement, aussitôt après le concile, la Constitution sur la liturgie (Sacrosanctum Concilium) ne fut pas comprise à partir du primat fondamental de l'adoration, de l'agenouillement humble de l'Eglise devant la grandeur de Dieu, mais plutôt comme un livre de recettes... Nous avons vu toutes sortes de créateurs ou d'animateurs qui cherchaient davantage à trouver des astuces pour présenter la liturgie de manière attrayante, plus communicative, en impliquant toujours plus de gens, mais en oubliant que la liturgie est faite pour Dieu. Si Dieu devient le grand absent, toutes les dérives sont possibles, des plus banales aux plus abjectes.

Benoît XVI a souvent rappelé que la liturgie ne saurait être une œuvre de créativité personnelle. Si nous faisons la liturgie pour nous-mêmes, elle s'éloigne du divin ; elle devient un jeu théâtral ridicule, vulgaire et ennuyeux. Nous aboutissons à des liturgies qui ressemblent à des opérettes, à une fête dominicale pour se divertir ou se réjouir ensemble après une semaine de travail et de soucis de toutes sortes. Dès lors, les fidèles repartent chez eux, après la célébration eucharistique, sans avoir rencontré personnellement Dieu ni l'avoir écouté au plus intime de leur cœur. Il manque ce face-à-face contemplatif et silencieux avec Dieu qui nous transforme et nous redonne des énergies qui permettent de le révéler à un monde de plus en plus indifférent aux questions spirituelles. Le cœur du mystère eucharistique est la célébration de la Passion, de la mort tragique du Christ et de sa Résurrection ; si ce mystère est noyé dans de longues cérémonies bruyantes et chamarrées, le pire est à craindre. Certaines messes sont tellement agitées qu'elles ne sont pas différentes d'une kermesse populaire. Il nous faut redécouvrir que l'essence de la liturgie restera éternellement marquée par le souci de la recherche filiale de Dieu.

Finalement, vous considérez comme Benoît XVI que c'est l'absence de Dieu dans la société qui constituait le cœur de la réforme voulue par les Pères conciliaires ?

Absolument ! Si, à l'ouverture du concile, la crise religieuse de l'Occident était moins visible qu'aujourd'hui, de nombreux Pères ressentaient l'urgente nécessité de rapprocher leurs fidèles de Dieu, qui devenait pour eux une réalité de plus en plus éloignée. Lors de ses différentes missions comme nonce apostolique, Jean XXIII avait particulièrement saisi l'éloignement des sociétés de Dieu. En France, où il avait représenté le Saint-Siège, il put constater combien la « Fille aînée » de l'Église, et tant d'autres pays occidentaux, se détournaient peu à peu des idéaux chrétiens. Le pape Roncalli a voulu revenir à l'essentiel pour combattre cette crise en plaçant le rapport entre Dieu et les hommes au centre des travaux du concile. En particulier, il nourrissait un grand attachement pour la beauté de la liturgie. Le successeur de Pie XII savait que, lorsque l'homme est devant Dieu, il entre dans le mystère du sacré ; alors se noue une relation qui lui redonne une structure profondément divine. Finalement, Jean XXIII voulut rendre à l'homme sa dignité, pour rejoindre la grandeur insondable de Dieu. Il souhaitait offrir au monde contemporain la possibilité de retrouver sa capacité de louange, d'adoration et d'étonnement devant Dieu. Le grand message du concile reste d'affirmer de manière nouvelle que Dieu habite en nous.

Avec une profonde amertume, le pape Jean déplorait l'éloignement et l'indifférence d'une bonne partie de la population mondiale vis-à-vis de l'Église. Dans son discours d'ouverture du concile, il disait : « C'est un sujet de profonde tristesse de voir que la majeure partie du genre humain — bien que tous les hommes qui vivent en ce monde soient rachetés par le sang du Christ — ne participe pas encore aux sources de grâce qui résident dans l'Église catholique. » Cinquante années plus tard, combien Benoît XVI et François ont-ils raison d'insister sur le drame des sociétés qui veulent se débarrasser de Dieu pour vivre sans Lui ! La liquidation de Dieu dans l'horizon des cultures occidentales est un drame aux conséquences insoupçonnées. Jean-Paul II fut le premier pape qui avait expérimenté le désastre des sociétés arbitrairement privées de Dieu, à travers le cynisme du communisme athée en Europe de l'Est, puis son remplacement sauvage par un matérialisme débridé. L'absence de lien avec Dieu est restée la grande préoccupation de tous les papes depuis Jean XXIII, un abîme qui n'a cessé de se creuser plus profondément.

La « crise de Dieu », pour ainsi dire, peut-elle engendrer une crise de la notion même d'Église ? Dans Entretien sur la foi, Joseph Ratzinger voyait d'ailleurs, à la racine de la crise de la foi, une conception déficiente de l'idée d'Eglise.

Si le lien entre Dieu et les chrétiens s'affadit, l'Église devient une simple structure humaine, une société parmi d'autres. Dès lors, l'Église se banalise ; elle se mondanise et se corrompt jusqu'à perdre sa nature originelle. En fait, sans Dieu, nous créons une Église à notre image, pour nos petits besoins, nos envies ou nos dégoûts. La mode s'empare de l'Église, et l'illusion du sacré devient périssable, une forme de médication périmée. Pour revenir à notre discussion antérieure, il en va de même pour la liturgie. Si l'homme prétend adapter la liturgie à son époque, la transformer au gré des circonstances, le culte divin meurt. L'évolution de certains symboles liturgiques est parfois nécessaire ; pourtant, si l'homme vient à confondre le temporel et l'éternel, il tourne le dos à la justification essentielle de la liturgie. L'Église est le peuple de Dieu qui devient le corps du Christ. Elle est née du côté ouvert du Christ, pour notre salut. Le Christ en est l'alpha et l'oméga. Sans Dieu, l'Église n'est qu'un bateau ivre qui vogue d'ouragans en tempêtes. L'histoire montre que la crise de l'Église ne peut jamais être séparée d'une crise de Dieu. Sans Dieu, elle s'éclipse, comme un corps détaché de la lumière qui l'éclairé. Il y a aujourd'hui un grave problème car nous n'avons plus conscience du lien surnaturel qui existe entre le Christ et son Église. Par exemple, ceux qui se permettent de critiquer les évêques, ou de les opposer les uns aux autres, car ils ne conviennent pas à leurs petites inspirations, plus ou moins opportunistes, oublient qu'ils sont les successeurs des apôtres choisis par le Christ. Nous devons continuer à édifier l'Eglise voulue par le Fils de Dieu, et non une Église modelée par nos désirs de circonstance...

En conséquence, est-ce une crise de l'Église ou une « crise de Dieu » ?

Contrairement à ce que nous pouvons considérer, la plus grande difficulté des hommes n'est pas de croire ce que l'Église enseigne au plan moral ; le plus dur pour le monde postmoderne est de croire en Dieu et en son Fils unique.

C'est pourquoi Benoît XVI défend la thèse de la « crise de Dieu ». L'absence de Dieu de nos vies est de plus en plus tragique. La volonté du concile, et non l'esprit de ses mauvais interprètes, était de redonner à Dieu toute sa primauté. Voilà pourquoi les Père conciliaires souhaitaient un approfondissement de la foi qui perdait son sel dans la société si changeante de l'après-guerre. En ce sens, le problème du concile reste entier dans certaines régions du monde où l'absence de Dieu n'a cessé de se creuser.

Même nous les clercs, je me demande parfois si nous vivons vraiment en présence de Dieu... Pouvons-nous parler de « trahison des clercs » ? Ma réflexion peut sembler sévère mais j'aurais tant d'exemples de prêtres qui semblent oublier que le cœur de leur vie est uniquement en Dieu. Ils ne lui consacrent que peu de temps dans la journée car ils sont noyés dans ce que j'appellerais l'« hérésie de l'activisme ». Alors, comment ne pas être profondément touché par le dernier message de Benoît XVI ? Voilà un pontife qui, comme Jésus au Jardin des Oliviers, ayant longuement prié pour chercher à discerner la volonté de Dieu, décide de renoncer à sa « charge et au pouvoir de Pierre » ; il s'est retiré dans la solitude, l'adoration silencieuse, pour passer le reste de sa vie terrestre comme un moine, dans un face-à-face permanent et en union intime avec Dieu. Il demeure auprès de la Croix, ainsi qu'il l'a déclaré lors de l'une de ses dernières catéchèses.

Son choix me rappelle celui d'un évêque africain âgé de quatre-vingts ans, Mgr Silas Silvius Njiru, évêque émérite de Meru, au Kenya, qui souhaitait entrer à la Trappe des Trois-Fontaines, à Rome. En raison de son état épiscopal, il n'a pu être accueilli que comme hôte permanent, mais avec le privilège de partager la même vie et les rigueurs de la règle des frères trappistes. Il me disait : « J'ai passé toute mon existence à parler de Dieu. Je vais maintenant passer le reste de ma vie à parler avec Dieu, à faire pénitence pour la gloire de Dieu et le salut des âmes. » Le service de prière que Benoît XVI accomplit désormais est un exemple exceptionnel pour le monde. Toute sa vie, il a parlé de Dieu ; maintenant, il consacre son temps à parler avec Dieu et à se tenir constamment devant sa Face. Il n'est pas possible de croire l'Église si nous ne scellons pas notre cœur en Dieu.

Dès lors, dans une époque si complexe, où situer le meilleur chemin pour l'Église ?

Je me répète, mais je pense que la grande préoccupation doit rester Dieu. Les circonstances et l'évolution du monde ne nous aident pas à donner à Dieu sa juste place. Les sociétés occidentales s'organisent et vivent comme si Dieu n'existait pas. Les chrétiens eux-mêmes, dans de nombreuses occasions, se sont installés dans une apostasie silencieuse. Si la préoccupation de l'homme contemporain est quasi exclusivement tournée vers l'économie, la technologie, l'immédiateté d'un bonheur matériel faussement sentimental, Dieu devient lointain ; souvent, en Occident, les fins dernières et l'éternité sont devenues une forme de poids psychologique sans nécessité...

Alors, devant cet abîme existentiel, l'Église n'a plus qu'une possibilité : elle doit rayonner exclusivement du Christ, de sa gloire et de son espérance. Elle doit constamment approfondir la grâce des sacrements qui sont la manifestation et le prolongement de la présence salvifique de Dieu au milieu de nous. A cette seule condition, Dieu pourra retrouver sa place. L'Église proclame la Parole de Dieu et célèbre les sacrements dans le monde. Elle doit le faire avec une très grande honnêteté, une véritable rigueur, un respect miséricordieux des misères humaines qu'elle a le devoir de conduire vers la « splendeur de la vérité », pour reprendre l'incipit d'une encyclique de Jean-Paul II.

Note :
(1) " Journaliste, chroniqueur au site d'information Atlantico, Nicolas Diat est considéré comme un des meilleurs spécialistes du Vatican."
 

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Sources :Extrait d'une interview du Card. Sarah -  E.S.M.
Ce document est destiné à l'information; il ne constitue pas un document officiel
Eucharistie sacrement de la miséricorde - (E.S.M.) 17.04.2023

 

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