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Homélie de
Benoît XVI pour la fête de l’Assomption : Si Dieu entre dans notre
temps…
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Le 14 août 2024 -
E.S.M.
- En la veille de la fête de l'Assomption de
Marie, Sandro Magister nous offre une homélie qui est
chef-d'œuvre de Benoît XVI, la première de celle qu’il
prononçait chaque 15 août. A relire !
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L’Assomption
peinte par le Titient, en 1516 -
Pour agrandir
l'image ►
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Homélie de Benoît XVI pour la fête de l’Assomption : Si Dieu entre dans
notre temps…
Le 14 août 2024 -
E.S.M. -
En ces semaines du mois d’août,
Settimo Cielo également est en vacances. Mais pour peu de temps.
Et non sans vous offrir une homélie qui est chef-d'œuvre de Benoît
XVI, la première de celle qu’il prononçait chaque 15 août, en la
fête de l’Assomption, dans la petite église située à quelques pas du
palais pontifical de Castel Gandolfo.
Dans l’illustration, un détail de l’Assomption peinte par le Titient,
en 1516, qui se trouve à Venise dans la basilique
Sainte-Marie-Glorieuse-des-Frères.
Si Dieu entre dans notre temps…
de Benoît XVI
Homélie pour la fête de l’Assomption
Castel Gandolfo, église Saint-Thomas-de-Villeneuve
le 15 août 2005
Chers frères et sœurs,
[…] Dans l’Evangile, nous avons entendu le “Magnificat”, cette grande
poésie qui s’est élevée des lèvres, et plus encore du coeur de Marie,
inspirée par l’Esprit Saint. Dans ce chant merveilleux se reflète toute
l’âme, toute la personnalité de Marie. Nous pouvons dire que son chant est
un portrait, une véritable icône de Marie, dans laquelle nous pouvons la
voir exactement telle qu’elle est. Je voudrais souligner uniquement deux
points de ce grand chant. Celui-ci commence par la parole « Magnificat »:
mon âme « magnifie » le Seigneur, c’est-à-dire « proclame la grandeur » du
Seigneur. Marie désire que Dieu soit grand dans le monde, soit grand dans sa
vie, soit présent parmi nous tous. Elle n’a pas peur que Dieu puisse être un
« concurrent » dans notre vie, qu’il puisse ôter quelque chose de notre
liberté, de notre espace vital, par sa grandeur. Elle sait que si Dieu est
grand, nous aussi, nous sommes grands. Notre vie n’est pas opprimée, mais
est élevée et élargie: ce n’est qu’alors qu’elle devient grande dans la
splendeur de Dieu.
Le fait que nos ancêtres pensaient le contraire, constitua le noyau du
péché originel. Ils craignaient que si Dieu avait été trop grand, il aurait
ôté quelque chose à leur vie. Ils pensaient devoir mettre Dieu de côté pour
avoir de la place pour eux-mêmes. Telle a été également la grande tentation
de l’époque moderne, des trois ou quatre derniers siècles. On a toujours
plus pensé et dit: « Mais ce Dieu ne nous laisse pas notre liberté, il rend
étroit l’espace de notre vie avec tous ses commandements. Dieu doit donc
disparaître; nous voulons être autonomes, indépendants. Sans ce Dieu, nous
serons nous-mêmes des dieux, et nous ferons ce que nous voulons ». Telle
était également la pensée du fils prodigue, qui ne comprit pas que,
précisément en vertu du fait d’être dans la maison du père, il était
« libre ». Il partit dans des pays lointains et consuma la substance de sa
vie. A la fin, il comprit que, précisément parce qu’il s’était éloigné du
père, au lieu d’être libre, il était devenu esclave; il comprit que ce n’est
qu’en retournant à la maison du Père qu’il pouvait être véritablement libre,
dans toute la splendeur de la vie.
Il en est de même à l’époque moderne. Avant, on pensait et on croyait
que, ayant mis Dieu de côté et étant autonomes, en suivant uniquement nos
idées, notre volonté, nous serions devenus réellement libres, nous aurions
pu faire ce que nous voulions sans que personne ne nous donne aucun ordre.
Mais là où Dieu disparaît, l’homme ne devient pas plus grand; il perd au
contraire sa dignité divine, il perd la splendeur de Dieu sur son visage. A
la fin, il n’apparaît plus que le produit d’une évolution aveugle, et, en
tant que tel, il peut être usé et abusé. C’est précisément ce que
l’expérience de notre époque a confirmé.
Ce n’est que si Dieu est grand que l’homme est également grand. Avec
Marie, nous devons commencer à comprendre cela. Nous ne devons pas nous
éloigner de Dieu, mais rendre Dieu présent; faire en sorte qu’Il soit grand
dans notre vie; ainsi, nous aussi, nous devenons divins; toute la splendeur
de la dignité divine nous appartient alors. Appliquons cela à notre vie. Il
est important que Dieu soit grand parmi nous, dans la vie publique et dans
la vie privée. Dans la vie publique, il est important que Dieu soit présent,
par exemple, à travers la Croix, dans les édifices publics, que Dieu soit
présent dans notre vie commune, car ce n’est que si Dieu est présent que
nous pouvons suivre une orientation, une route commune; autrement, les
différences deviennent inconciliables, car il n’existe pas de reconnaissance
de notre dignité commune. Rendons Dieu grand dans la vie publique et dans la
vie privée. Cela veut dire laisser chaque jour un espace à Dieu dans notre
vie, en commençant le matin par la prière, puis en réservant du temps à
Dieu, en consacrant le dimanche à Dieu. Nous ne perdons pas notre temps
libre si nous l’offrons à Dieu. Si Dieu entre dans notre temps, tout notre
temps devient plus grand, plus ample, plus riche.
Une seconde observation. Cette poésie de Marie – le “Magnificat” – est
entièrement originale; toutefois, elle est, dans le même temps, un « tissu »
composé à partir de « fils » de l’Ancien Testament, à partir de la Parole de
Dieu. Et ainsi, nous voyons que Marie était, pour ainsi dire, « chez elle »
dans la Parole de Dieu, elle vivait de la Parole de Dieu, elle était
pénétrée de la Parole de Dieu. Dans la mesure où elle parlait avec les
paroles de Dieu, elle pensait avec les paroles de Dieu, ses pensées étaient
les pensées de Dieu. Ses paroles étaient les paroles de Dieu. Elle était
pénétrée par la lumière divine et c’est la raison pour laquelle elle était
aussi resplendissante, aussi bonne, aussi rayonnante, d’amour et de
bonté. Marie vit de la Parole de Dieu, elle est imprégnée de la Parole de
Dieu. Et le fait d’être plongée dans la Parole de Dieu, le fait que la
Parole de Dieu lui est totalement familière, lui confère également la
lumière intérieure de la sagesse. Celui qui pense avec Dieu pense bien, et
celui qui parle avec Dieu parle bien. Il possède des critères de jugement
valables pour toutes les choses du monde. Il devient savant, sage, et, dans
le même temps, bon; il devient également fort et courageux, grâce à la force
de Dieu qui résiste au mal et promeut le bien dans le monde.
Et ainsi, Marie parle avec nous, elle nous parle, elle nous invite à
connaître la Parole de Dieu, à aimer la Parole de Dieu à vivre avec la
Parole de Dieu et à penser avec la Parole de Dieu. Et nous pouvons le faire
de façons très diverses: en lisant l’Ecriture Sainte, en particulier en
participant à la Liturgie, dans laquelle, au cours de l’année, la Sainte
Eglise nous présente tout le livre de l’Ecriture Sainte. Elle l’ouvre à
notre vie et le rend présent dans notre vie. Mais je pense également
au « Compendium du Catéchisme de l’Eglise catholique », que nous avons
récemment publié, et dans lequel la Parole de Dieu est appliquée à notre
vie, interprète la réalité de notre vie, nous aide à entrer dans le grand
« temple » de la Parole de Dieu, à apprendre à l’aimer et à être, comme
Marie, pénétrés par cette Parole. Ainsi la vie devient lumineuse et nous
possédons un critère de base pour notre jugement, nous recevons en même
temps la bonté et la force.
Marie est élevée corps et âme à la gloire du ciel et avec Dieu et en
Dieu, elle est Reine du ciel et de la terre. Est-elle si éloignée de nous?
Bien au contraire. Précisément parce qu’elle est avec Dieu et en Dieu, elle
est très proche de chacun de nous. Lorsqu’elle était sur terre, elle ne
pouvait être proche que de quelques personnes. Etant en Dieu, qui est proche
de nous, qui est même « à l’intérieur » de nous tous, Marie participe à
cette proximité de Dieu. Etant en Dieu et avec Dieu, elle est proche de
chacun de nous, elle connaît notre cœur, elle peut entendre nos prières,
elle peut nous aider par sa bonté maternelle et elle nous est donnée – comme
le dit le Seigneur, – précisément comme « mère », à laquelle nous pouvons
nous adresser à tout moment. Elle nous écoute toujours, elle est toujours
proche de nous, et, étant la Mère du Fils, elle participe de la puissance du
Fils, de sa bonté. Nous pouvons toujours confier toute notre vie à cette
Mère, qui est proche de tous.
Rendons grâce au Seigneur, en ce jour de fête, pour le don de la Mère et
prions Marie, afin qu’elle nous aide à trouver le bon chemin chaque
jour. Amen.
Sandro Magister est le vaticaniste émérite de l’hebdomadaire
L’Espresso.
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Sources
: Settimo Cielo
-
E.S.M.
Ce document est destiné à l'information; il ne
constitue pas un document officiel
Eucharistie sacrement de la miséricorde -
(E.S.M.) 14.08.2024
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