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Le cardinal Zen parle des Dubia et de la synodalité en ce temps de
l’Avent
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Le 13 décembre 2023 -
E.S.M.
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L'évêque
émérite de Hong Kong, le cardinal Joseph Zen nous offre un beau
témoignage, qui, dans un
nouveau livre, propose ses méditations sur ce temps liturgique.
Le cher Pontife Benoît XVI, dont je me souviens avec
tant d'affection, nous a mis en garde contre le danger
de ces « glissements de terrain » doctrinaux. Combien
est-ce encore écouté ? Il me semble qu'aujourd'hui son
héritage n'est pas respecté et c'est dommage
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Le cardinal Zen -
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Le cardinal Zen parle des Dubia et de la synodalité en ce temps de l’Avent
Le 13 décembre 2023 -
E.S.M. - Le temps de l’Avent et de
Noël a toujours été l’un des moments les plus intenses de l’année
liturgique, car nous nous souvenons de l’Incarnation du Fils de Dieu
qui vient nous sauver.
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L'évêque
émérite de Hong Kong, le cardinal Joseph Zen nous offre un beau
témoignage, qui, dans un
nouveau livre, propose ses méditations sur ce temps liturgique.
Nous avons récemment interrogé Son Éminence sur son nouveau livre et
bien plus encore.-AP ***
Aurelio Porfiri :
Votre Éminence, comment allez-vous ? |
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Cardinal Zen : Très bien, je
dirais, ma santé n'est pas trop mauvaise pour mon âge, j'approche
maintenant les 92 ans et je suis donc très reconnaissant envers Dieu
qui m'a permis d'arriver à ce jour en assez bonne forme. En tout,
nous devons être reconnaissants à Dieu pour ce qu'il nous offre.
Après quelques moments difficiles, je sens maintenant mes forces
revenir et j'espère pouvoir bientôt reprendre mes activités
précédentes, comme la visite des prisonniers, un apostolat qui me
tient beaucoup à cœur et que j'exerce depuis plus de 20 ans.
Vous tenez-vous informé de l’actualité ?
Certes, je me tiens très au courant de l'actualité, notamment de
celle de l'Église qui, naturellement, m'intéresse et me concerne
d'une manière toute particulière. Aujourd’hui, avec les moyens de
communication modernes, il est assez facile de se tenir au courant
de tout ce qui se passe. Nous devons être capables de faire bon
usage de ces moyens et, bien entendu, dans le cas d'informations qui
nous parviennent de sources très diverses et disparates, nous devons
être capables de les lire de manière critique, en faisant preuve
d'une saine prudence. Pensons aux informations contradictoires qui
nous parviennent, par exemple sur les guerres en cours, qui ne sont
pas seulement des guerres de territoire, mais avant tout des guerres
de propagande.
Que pouvez-vous nous dire de votre livre de l’Avent, de vos méditations
?
A vrai dire, ce sont des textes extraits principalement de mes homélies
et discours, datant de plusieurs années. Après avoir réorganisé tout
les documents, je les ai révisés, en apportant des corrections ici et là.
Il me semble qu'un ensemble assez organique s'est dégagé et j'espère
que le lecteur le trouvera également utile pour son progrès spirituel.
Même si le titre ne fait référence qu'à l'Avent, dans le livre se
trouvent des textes qui font référence à l'Avent et à Noël. C’est un
temps de grâce, un temps où nous nous préparons à accueillir le
Saint Enfant. Puissions-nous, comme les bergers et les mages de
l'Orient et comme Joseph et Marie, accueillir la venue du Saint
Enfant qui nous apporte paix et amour. Si nous sentons que nous
appartenons au groupe des « grands pécheurs », nous ne devons pas
désespérer car Jésus est né précisément pour nous. N'imitons pas les
aubergistes de Bethléem, ni les habitants de Jérusalem, les grands
prêtres ni les anciens du peuple, le cruel Hérode, parce
qu'ils ont fermé leur cœur. Les pauvres ne peuvent pas entrer. Donc
Jésus n’entrera pas. Mais nous devrions prier pour eux et demander à
Dieu d’ouvrir la porte de leur cœur, de faire fondre leur cœur de
pierre. Parce qu'eux aussi sont enfants de Dieu. Il faut espérer que
ceux qui sont à l’extérieur puissent entrer et que ceux qui sont à
l’intérieur puissent rester.
Comment vivre ce temps privilégié où le Fils de Dieu s’incarne
pour le salut de tous les hommes ?
En vérité, c'est un temps de grâce pour tous, un temps où nous
sommes appelés à nous précipiter comme les bergers ou les mages vers
la crèche pour adorer l'Enfant Jésus. Dans un beau chant de Noël, « Adeste Fideles
», il est dit « et nos ovanti gradu festinemus [d'un
pas joyeux hâtons-nous] » d'aller nous trouver en présence de
l'Emmanuel, « Dieu avec nous ». C'est un temps où nous ressentons
aussi fortement la présence de Marie, la Mère de Jésus, Marie qui
nous aide, Marie Auxiliatrice, un nom si cher à nous salésiens.
Comme nous devons confier nos peines et nos souffrances à Marie !
Aujourd'hui, il nous semble qu'il y a de quoi désespérer mais Marie
ne nous abandonne pas, elle est avec nous et nous montre son Fils,
notre Sauveur.
Dans le livre, il y a un passage dans laquelle vous rappelez
quelques chants liturgiques pour l'Avent et Noël. Pourquoi?
Il s'agit en fait d'une partie complètement nouvelle. J'ai accepté
votre proposition de parler de ces chants de l'Avent et de Noël et
j'ai voulu rappeler quelques souvenirs de ma prime jeunesse, lorsque
j'étais accueilli par les bons pères salésiens de ma ville,
Shanghai. La liturgie et la musique sacrée constituaient une part
importante de tout cela. Je crois qu'il est important de rappeler le
rôle de la belle musique sacrée dans la liturgie. Pour moi, le chant
sacré, notamment le chant grégorien, est une aide spirituelle très
importante qui m'a soutenu et continue de me soutenir dans les
moments difficiles. Je suis très attristé qu'aujourd'hui cette
richesse pour la vie de l'Église ait disparu. Je comprends qu’il y
ait eu une volonté de faire participer davantage l’assemblée à la
messe par le chant, mais il ne fallait pas jeter toute notre belle
tradition musicale, c’est vraiment dommage. Par la suite, cette
participation de l’assemblée a-t-elle réellement été réalisée ? Dans
de nombreux endroits, il me semble que la tradition musicale de
l’Église a été sacrifiée sans rien recevoir en retour.
Dans l’Église, cela semble être un moment délicat, un moment où
il y a des divisions et des troubles dans certains pays, comme
l’Allemagne. Quelle a été votre expérience face à ces évènements ?
Je suis concerné. Ce qui se passe en Allemagne me semble similaire à
ce qui s'est passé en Hollande, où la foi a connu une crise
dévastatrice. Je crains que certains, sous prétexte de synodalité,
souhaitent avancer un programme très personnel qui implique
l'introduction d'idées qui sont en conflit direct avec la doctrine
de l'Église, une doctrine que l'Église a le devoir de chérir et qui
ne peut pas changer. Nous vivons aujourd’hui une grande confusion et
je crois qu’il convient de souligner que l’ouverture au nouveau ne
signifie pas déformer les fondements de notre foi. Le cher Pontife
Benoît XVI, dont je me souviens avec tant d'affection, nous a mis en
garde contre le danger de ces « glissements de terrain
» doctrinaux.
Combien est-ce encore écouté ? Il me semble qu'aujourd'hui son
héritage n'est pas respecté et c'est dommage, car il a été un grand
intellectuel pour l'Église. Pourtant, il me semble voir des signes
d’une grande discontinuité entre ce qui se passe aujourd’hui et les
pontificats précédents. A Jésus nous confions sa barque, son Église,
lors de la tempête sur le lac, car Lui seul peut la conduire en lieu
sûr.
Le Synode sur la Synodalité vient de se conclure, qu’en
pensez-vous ?
Ici aussi, je n’ai pu m’empêcher d’exprimer mon inquiétude. Le
Synode, comme le voulait saint Paul VI, est un organe
consultatif des évêques en union avec le Pape. Il peut sembler que
faire voter des non-évêques serait une bonne chose, mais en réalité,
ce n'est pas pour le simple fait que cela déforme ce que devrait
être un Synode. La structure même de l’Église est ainsi affectée. Le
15 septembre 1965, Paul VI érigeait le
Synode comme une émanation du Concile et précisait : "en
vertu de Notre autorité apostolique, Nous érigeons et constituons en
cette ville [...] ce Synode qui, comme toutes les institutions
humaines, pourra être perfectionné par la suite, sera régi par les
règles générales suivantes. !" Certes, un peu plus loin, le Pape dit
que ce Synode pourrait être perfectionné mais pas dans le sens
d'être dénaturé. Je n'ai pas caché ma consternation face à certaines
des initiatives qui ont été vues au cours des journées du Synode et
j'ai ressenti un certain découragement, je dois l'avouer.
Vous semblez très inquiet au sujet de ce Synode. Vous avez également
signé, avec d'autres cardinaux, les dubia adressé au Saint-Père, qui
cette fois a répondu. N'êtes-vous pas content?
Ici, il n'est pas question d'être content. Le Pape (ou quelqu'un en
son nom) a rédigé une réponse, inhabituellement brève, à nos dubia,
mais malheureusement la réponse ne clarifie pas vraiment les
questions que nous lui avions soumises. Cela semble être la méthode
habituelle utilisée dans l’Église au cours des dernières décennies,
dans laquelle on ne répond pas « sì sì no no », mais on donne des
réponses qui semblent fermer la porte d’entrée sur certaines
questions, laissant la porte de derrière grande ouverte. Le peuple
de Dieu a besoin de clarté, il a besoin de références fermes en
matière de doctrine et de morale, et non de réponses glissantes.
Nous vivons déjà une époque de grande incertitude, l’Église doit
offrir une doctrine sûre et non une matière fluide. Une devise
chartreuse dit : stat crux dum volvitur orbis, la croix est immobile
pendant que le monde tourne. Ici, nous devons essayer de retrouver
ce sens fort de notre foi. Il faut atteindre ceux qui sont loin mais
pour les ramener au bercail, pas pour qu'ils nous fassent sortir de
chez nous ! Nous nous souvenons que saint Jean-Paul II, au début de
son pontificat, nous demandait de ne pas avoir peur et d'ouvrir les
portes au Christ, mais d'après ce que j'observe, il me semble que
beaucoup dans l'Église se soucient de plaire au monde plutôt que de
lui plaire.
Onepeterfive
- Traduction
E.S.M
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Sources
: Onepeterfive
-
Traduction E.S.M.
Ce document est destiné à l'information; il ne
constitue pas un document officiel
Eucharistie sacrement de la miséricorde -
(E.S.M.) 13.12.2023
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