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19 Avril 2005
 

Le cardinal Zen parle des Dubia et de la synodalité en ce temps de l’Avent

Le 13 décembre 2023 - E.S.M. - L'évêque émérite de Hong Kong, le cardinal Joseph Zen nous offre un beau témoignage, qui, dans un nouveau livre, propose ses méditations sur ce temps liturgique. Le cher Pontife Benoît XVI, dont je me souviens avec tant d'affection, nous a mis en garde contre le danger de ces « glissements de terrain » doctrinaux. Combien est-ce encore écouté ? Il me semble qu'aujourd'hui son héritage n'est pas respecté et c'est dommage

Le cardinal Zen - Pour agrandir l'image ► Cliquer

Le cardinal Zen parle des Dubia et de la synodalité en ce temps de l’Avent

Le 13 décembre 2023 - E.S.M. - Le temps de l’Avent et de Noël a toujours été l’un des moments les plus intenses de l’année liturgique, car nous nous souvenons de l’Incarnation du Fils de Dieu qui vient nous sauver.

L'évêque émérite de Hong Kong, le cardinal Joseph Zen nous offre un beau témoignage, qui, dans un nouveau livre, propose ses méditations sur ce temps liturgique.

Nous avons récemment interrogé Son Éminence sur son nouveau livre et bien plus encore.-AP

***
 

Aurelio Porfiri : Votre Éminence, comment allez-vous ?

                               

Cardinal Zen : Très bien, je dirais, ma santé n'est pas trop mauvaise pour mon âge, j'approche maintenant les 92 ans et je suis donc très reconnaissant envers Dieu qui m'a permis d'arriver à ce jour en assez bonne forme. En tout, nous devons être reconnaissants à Dieu pour ce qu'il nous offre. Après quelques moments difficiles, je sens maintenant mes forces revenir et j'espère pouvoir bientôt reprendre mes activités précédentes, comme la visite des prisonniers, un apostolat qui me tient beaucoup à cœur et que j'exerce depuis plus de 20 ans.

Vous tenez-vous informé de l’actualité ?

Certes, je me tiens très au courant de l'actualité, notamment de celle de l'Église qui, naturellement, m'intéresse et me concerne d'une manière toute particulière. Aujourd’hui, avec les moyens de communication modernes, il est assez facile de se tenir au courant de tout ce qui se passe. Nous devons être capables de faire bon usage de ces moyens et, bien entendu, dans le cas d'informations qui nous parviennent de sources très diverses et disparates, nous devons être capables de les lire de manière critique, en faisant preuve d'une saine prudence. Pensons aux informations contradictoires qui nous parviennent, par exemple sur les guerres en cours, qui ne sont pas seulement des guerres de territoire, mais avant tout des guerres de propagande.

Que pouvez-vous nous dire de votre livre de l’Avent, de vos méditations ?

A vrai dire, ce sont des textes extraits principalement de mes homélies et discours, datant de plusieurs années. Après avoir réorganisé tout les documents, je les ai révisés, en apportant des corrections ici et là. Il me semble qu'un ensemble assez organique s'est dégagé et j'espère que le lecteur le trouvera également utile pour son progrès spirituel. Même si le titre ne fait référence qu'à l'Avent, dans le livre se trouvent des textes qui font référence à l'Avent et à Noël. C’est un temps de grâce, un temps où nous nous préparons à accueillir le Saint Enfant. Puissions-nous, comme les bergers et les mages de l'Orient et comme Joseph et Marie, accueillir la venue du Saint Enfant qui nous apporte paix et amour. Si nous sentons que nous appartenons au groupe des « grands pécheurs », nous ne devons pas désespérer car Jésus est né précisément pour nous. N'imitons pas les aubergistes de Bethléem, ni les habitants de Jérusalem, les grands prêtres ni les anciens du peuple, le cruel Hérode, parce qu'ils ont fermé leur cœur. Les pauvres ne peuvent pas entrer. Donc Jésus n’entrera pas. Mais nous devrions prier pour eux et demander à Dieu d’ouvrir la porte de leur cœur, de faire fondre leur cœur de pierre. Parce qu'eux aussi sont enfants de Dieu. Il faut espérer que ceux qui sont à l’extérieur puissent entrer et que ceux qui sont à l’intérieur puissent rester.

Comment vivre ce temps privilégié où le Fils de Dieu s’incarne pour le salut de tous les hommes ?

En vérité, c'est un temps de grâce pour tous, un temps où nous sommes appelés à nous précipiter comme les bergers ou les mages vers la crèche pour adorer l'Enfant Jésus. Dans un beau chant de Noël, « Adeste Fideles », il est dit « et nos ovanti gradu festinemus [d'un pas joyeux hâtons-nous] » d'aller nous trouver en présence de l'Emmanuel, « Dieu avec nous ». C'est un temps où nous ressentons aussi fortement la présence de Marie, la Mère de Jésus, Marie qui nous aide, Marie Auxiliatrice, un nom si cher à nous salésiens. Comme nous devons confier nos peines et nos souffrances à Marie ! Aujourd'hui, il nous semble qu'il y a de quoi désespérer mais Marie ne nous abandonne pas, elle est avec nous et nous montre son Fils, notre Sauveur.

Dans le livre, il y a un passage dans laquelle vous rappelez quelques chants liturgiques pour l'Avent et Noël. Pourquoi?

Il s'agit en fait d'une partie complètement nouvelle. J'ai accepté votre proposition de parler de ces chants de l'Avent et de Noël et j'ai voulu rappeler quelques souvenirs de ma prime jeunesse, lorsque j'étais accueilli par les bons pères salésiens de ma ville, Shanghai. La liturgie et la musique sacrée constituaient une part importante de tout cela. Je crois qu'il est important de rappeler le rôle de la belle musique sacrée dans la liturgie. Pour moi, le chant sacré, notamment le chant grégorien, est une aide spirituelle très importante qui m'a soutenu et continue de me soutenir dans les moments difficiles. Je suis très attristé qu'aujourd'hui cette richesse pour la vie de l'Église ait disparu. Je comprends qu’il y ait eu une volonté de faire participer davantage l’assemblée à la messe par le chant, mais il ne fallait pas jeter toute notre belle tradition musicale, c’est vraiment dommage. Par la suite, cette participation de l’assemblée a-t-elle réellement été réalisée ? Dans de nombreux endroits, il me semble que la tradition musicale de l’Église a été sacrifiée sans rien recevoir en retour.

Dans l’Église, cela semble être un moment délicat, un moment où il y a des divisions et des troubles dans certains pays, comme l’Allemagne. Quelle a été votre expérience face à ces évènements ?

Je suis concerné. Ce qui se passe en Allemagne me semble similaire à ce qui s'est passé en Hollande, où la foi a connu une crise dévastatrice. Je crains que certains, sous prétexte de synodalité, souhaitent avancer un programme très personnel qui implique l'introduction d'idées qui sont en conflit direct avec la doctrine de l'Église, une doctrine que l'Église a le devoir de chérir et qui ne peut pas changer. Nous vivons aujourd’hui une grande confusion et je crois qu’il convient de souligner que l’ouverture au nouveau ne signifie pas déformer les fondements de notre foi. Le cher Pontife Benoît XVI, dont je me souviens avec tant d'affection, nous a mis en garde contre le danger de ces « glissements de terrain » doctrinaux. Combien est-ce encore écouté ? Il me semble qu'aujourd'hui son héritage n'est pas respecté et c'est dommage, car il a été un grand intellectuel pour l'Église. Pourtant, il me semble voir des signes d’une grande discontinuité entre ce qui se passe aujourd’hui et les pontificats précédents. A Jésus nous confions sa barque, son Église, lors de la tempête sur le lac, car Lui seul peut la conduire en lieu sûr.

Le Synode sur la Synodalité vient de se conclure, qu’en pensez-vous ?

Ici aussi, je n’ai pu m’empêcher d’exprimer mon inquiétude. Le Synode, comme le voulait saint Paul VI, est un organe consultatif des évêques en union avec le Pape. Il peut sembler que faire voter des non-évêques serait une bonne chose, mais en réalité, ce n'est pas pour le simple fait que cela déforme ce que devrait être un Synode. La structure même de l’Église est ainsi affectée. Le 15 septembre 1965, Paul VI érigeait le Synode comme une émanation du Concile et précisait : "en vertu de Notre autorité apostolique, Nous érigeons et constituons en cette ville [...] ce Synode qui, comme toutes les institutions humaines, pourra être perfectionné par la suite, sera régi par les règles générales suivantes. !" Certes, un peu plus loin, le Pape dit que ce Synode pourrait être perfectionné mais pas dans le sens d'être dénaturé. Je n'ai pas caché ma consternation face à certaines des initiatives qui ont été vues au cours des journées du Synode et j'ai ressenti un certain découragement, je dois l'avouer.

Vous semblez très inquiet au sujet de ce Synode. Vous avez également signé, avec d'autres cardinaux, les dubia adressé au Saint-Père, qui cette fois a répondu. N'êtes-vous pas content?

Ici, il n'est pas question d'être content. Le Pape (ou quelqu'un en son nom) a rédigé une réponse, inhabituellement brève, à nos dubia, mais malheureusement la réponse ne clarifie pas vraiment les questions que nous lui avions soumises. Cela semble être la méthode habituelle utilisée dans l’Église au cours des dernières décennies, dans laquelle on ne répond pas « sì sì no no », mais on donne des réponses qui semblent fermer la porte d’entrée sur certaines questions, laissant la porte de derrière grande ouverte. Le peuple de Dieu a besoin de clarté, il a besoin de références fermes en matière de doctrine et de morale, et non de réponses glissantes. Nous vivons déjà une époque de grande incertitude, l’Église doit offrir une doctrine sûre et non une matière fluide. Une devise chartreuse dit : stat crux dum volvitur orbis, la croix est immobile pendant que le monde tourne. Ici, nous devons essayer de retrouver ce sens fort de notre foi. Il faut atteindre ceux qui sont loin mais pour les ramener au bercail, pas pour qu'ils nous fassent sortir de chez nous ! Nous nous souvenons que saint Jean-Paul II, au début de son pontificat, nous demandait de ne pas avoir peur et d'ouvrir les portes au Christ, mais d'après ce que j'observe, il me semble que beaucoup dans l'Église se soucient de plaire au monde plutôt que de lui plaire.

Onepeterfive - Traduction  E.S.M

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Sources : Onepeterfive -  Traduction E.S.M.
Ce document est destiné à l'information; il ne constitue pas un document officiel
Eucharistie sacrement de la miséricorde - (E.S.M.)
13.12.2023

 

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