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L'heure du choix du successeur de Benoît XVI

Le 12 mars 2013 - (E.S.M.) - La micro-culture caractéristique du conclave. L'effet des fresques de la Chapelle Sixtine sur les cardinaux électeurs. Le mystérieux signe de Jonas

L'heure du choix du successeur de Benoît XVI

"Extra omnes". Mais Michel-Ange votera lui aussi par Sandro Magister

Le 12 mars 2013 - E. S. M. - Aujourd’hui, les 115 cardinaux qui vont élire le nouveau pape feront dans l’après-midi leur entrée solennelle à la Chapelle Sixtine.

Le lieu où va se dérouler le conclave est unique au monde. Et les fresques sur lesquelles se posera le regard des cardinaux électeurs aura sur eux un effet qui est lui aussi unique.

C’est ce qu’a reconnu Benoît XVI dans son évocation des conclaves auxquels il a participé :

"Je sais bien comment nous étions exposés à ces images aux heures de la grande décision, comment elles nous interpellaient, comment elles faisaient pénétrer dans notre âme l’importance de notre responsabilité. Le mot 'con-clave' oblige à penser aux clés, à l’héritage des clés laissées à Pierre. Mettre ces clés dans les bonnes mains : c’est l’immense responsabilité de ces jours-là”.

En effet, dès que les 115 cardinaux, venant de la Salle Royale, entreront en procession dans la Chapelle Sixtine, leur regard se posera tout d’abord sur la célèbre fresque du Pérugin représentant Jésus qui remet les clés à Pierre.

Mais, tout de suite après, ils auront sous les yeux, sur le mur du fond, le Jugement Dernier peint par Michel-Ange.

Et, au-dessus de cette fresque, ils verront l'imposante figure du prophète Jonas, lui-même tourné vers Dieu qui sépare la lumière des ténèbres, premier acte de la création.

Puis les cardinaux, la main sur l’Évangile, promettront le silence, toujours face à Jonas et au Jugement Dernier.

Après quoi ils écouteront la méditation lue par un cardinal âgé de plus de 80 ans, Prosper Grech, grand expert en patristique, disciple et spécialiste d’Augustin, l'auteur de ce chef-d’œuvre de théologie de l’histoire qu’est le "De civitate Dei" [La Cité de Dieu].

Puis ils prieront et enfin ils se prépareront à voter. Toujours entourés par les murs et les voûtes ornés de fresques de la Chapelle Sixtine.

L’ensemble de ces images de la Sixtine – y compris celles qui sont antérieures aux fresques de Michel-Ange – proclame l’origine divine du pouvoir des clés remises à Pierre et à ses successeurs. Des clés qui ouvrent le Royaume des Cieux.

Mais la figure de Jonas, placée en position dominante et que le pape Jules II avait confiée au génie de Michel-Ange, dit beaucoup plus de choses.

Jonas est le prophète que Dieu a envoyé prêcher la conversion aux païens. Il le fait, contre son gré, mais il se rebelle contre le fait que Dieu se montre miséricordieux envers la ville de Ninive qui s’est repentie. Sur la voûte de la Sixtine, il voit que le péché accompagne l’histoire de l’homme depuis le déluge et, encore avant cela, depuis l’époque d’Adam et Ève. Étant un homme droit, il veut que le pécheur soit puni. Mais alors son regard se pose sur le tout premier acte de Dieu qui crée la lumière. Et il comprend que Dieu ne supporte pas que tout ce qu’il a fait depuis le début du monde soit perdu et qu’il veut seulement le sauver.

Ce “signe de Jonas” que Jésus s’applique à lui-même en Matthieu 12, 40, surplombera donc les cardinaux réunis pour élire le nouveau successeur de Pierre.

Comme Jonas, Pierre et les papes qui sont venus après lui sont envoyés par Jésus pour prêcher la conversion aux hommes parce que “le Royaume de Dieu est proche”. Les clés de Pierre, le pouvoir de l’Église, c’est cela. Un pouvoir qui découle de l’acte créateur de Dieu et qui se révèlera pleinement à la fin, par le Jugement du Christ sur les hommes et sur le monde.

Mettre ces clés dans les bonnes mains : c’est l’immense responsabilité”. En regardant les peintures de la Chapelle Sixtine, les cardinaux sentiront que leur choix ne concernera pas seulement l’Église, mais toute la création, présente et future.

Les cardinaux qui seront enfermés dans cet espace pour élire le nouveau pape ne pourront pas ne pas recevoir l’empreinte de l’art qui les entoure. Ils ne pourront pas ne pas être frappés par son extraordinaire pouvoir de communication.

C’est aussi de cela qu’est faite la micro-culture qui fait d’un conclave un événement unique.

C’est aussi de là que naîtra le choix du successeur de Benoît XVI.


La Chapelle Sixtine tient son nom du pape qui en commença la construction en 1475, Sixte IV. Pendant le pontificat du neveu de celui-ci, Giuliano della Rovere, qui fut pape de 1503 à 1513 sous le nom de Jules II, Michel-Ange peignit à fresque la voûte. Le Jugement Dernier fut peint deux décennies plus tard, toujours par Michel-Ange.

À propos des fresques de la Sixtine – ou à propos de "ce que verront les cardinaux électeurs en entrant en conclave" – "L'Osservatore Romano" du 10 mars 2013 a publié ce "guide" dû au professeur Antonio Paolucci, directeur des Musées du Vatican.

D’autre part on peut lire, à propos de l’ensemble du projet théologico-artistique de Jules II dont la Chapelle Sixtine fait partie, avec les salles peintes à fresque par Raphaël et la collection de chefs-d’œuvre de l'art classique, l’essai de l’historienne d’art Sara Magister inclus dans cet article Les caves du Vatican et la lumineuse fenêtre du pape

Le premier pape à avoir été élu dans la Chapelle Sixtine fut Léon X en 1513, puis ce fut le tour d’Urbain VIII en 1623, ensuite de douze papes jusqu’en 1775, et enfin de tous les souverains pontifes depuis 1878 jusqu’à aujourd’hui : au total vingt-quatre papes.

La citation de Benoît XVI est tirée de la préface du recueil de poèmes de Jean-Paul II "Tryptique Romain", édité par la Libreria Editrice Vaticana en 2003.

 Traduction française par Charles de Pechpeyrou, Paris, France.


 

Source: Sandro Magister
Eucharistie sacrement de la miséricorde - (E.S.M.) 12.03.2013- T/International

 

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