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Les derniers enseignements du pape Benoît XVI |
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Rome, le 10 mars 2008 -
(E.S.M.) - La plupart des interventions du pape Benoît XVI
mériteraient que l'on s'y arrête. Présentation de ses derniers textes.
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Le pape Benoît XVI -
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Les derniers enseignements du pape Benoît XVI
La plupart des interventions de Benoît XVI
mériteraient que l'on s'y arrête. Présentation de ses derniers textes
Le 31 janvier 2008, Benoît XVI s'adresse aux
participants de la Session
plénière de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi. Le pape revient sur
les deux documents majeurs de l'année écoulée, qui émanent de ce dicastère :
d'abord, les Responsa à des questions concernant certains aspects de la
doctrine sur l'Église. Ce texte abondait dans le sens d'une « herméneutique
de la réforme dans la continuité de l'unique sujet-Eglise » (discours
de
Benoît XVI à la Curie romaine du 22 décembre 2005), s'agissant notamment de
l'expression conciliaire: l'Eglise du Christ «
subsiste dans » l'Église
catholique. Ensuite, la récente Note doctrinale sur certains aspects de
l'évangélisation, où l'impératif de la mission était réaffirmé avec force
face au « risque d'un relativisme religieux et culturel persistant ». Quant
aux chantiers à venir, Benoît XVI oriente le travail de la Congrégation en
direction de la bioéthique. Le Magistère est compétent aussi en ce domaine.
Le Saint-Père indique « les deux critères fondamentaux pour le discernement
moral » dans ces questions: « le respect inconditionnel de l'être humain
comme personne, de sa conception à sa mort naturelle » et « le respect de
l'originalité de la transmission de la vie humaine à travers les actes
propres des conjoints ». Ces deux principes visent donc l'un le sujet (la
personne), l'autre l'acte (conjugal). Bien des techniques ont hélas forcé «
la barrière placée pour sauvegarder la dignité humaine », réduisant des
êtres humains à du « pur matériel biologique » ou à n'être plus que «
quelque chose ». Tout l'équilibre de la position de l'Église consiste à
encourager « les progrès des sciences biomédicales qui ouvrent des
perspectives thérapeutiques » tout en les canalisant dans le sens du respect
de la dignité de la personne créée à l'image de Dieu. La référence à la
création s'impose quand la culture (de mort) prétend nier la nature.
Le Saint-Père a marqué le centième anniversaire de la Semaine de prière pour
l'unité des chrétiens (
audience générale du 23 janvier 2008 ). Benoît XVI met
l'accent sur l'« œcuménisme spirituel ». Fondé sur la prière du Christ que
tous soient un (cf. Jn 17, 20-21), cet œcuménisme se poursuit dans la
prière, notamment commune entre « des catholiques et d'autres chrétiens »,
lesquels, de cette manière, prendront conscience « des contradictions
engendrées par la division », et s'achèvera de toute façon dans la prière
tant seul le Seigneur peut permettre de surmonter cette division. Au fond,
la « capacité à accueillir cette unité quand le Seigneur nous la donne »
relève d'une forme authentique de conversion. Benoît XVI ne se résigne pas à
la division des chrétiens. N'en va-t-il pas de la crédibilité du témoignage
de l'Église dans le monde ?
Dans son
Message pour le Carême 2008, Benoît XVI, parmi les œuvres de
prière, de jeûne et d'aumône, se concentre sur cette dernière. L'occasion
pour le pape de rappeler ce principe évangélique de la justice sociale: « Nous ne sommes pas propriétaires, mais administrateurs des biens que nous
possédons ». L'Église catholique n'a certes pas été l'institution la moins
novatrice en affirmant la « destination universelle » des biens matériels.
Le partage de nos richesses avec ceux qui en sont dépourvus, du reste, « est
un devoir de justice avant même d'être un acte de charité ». Le pape reprend
à son compte les accents sévères de Jésus quand nous « fermons nos
entrailles » face au besoin de notre frère (cf. 1 Jn 3, 17).
La charité chrétienne ne se confond pas avec la philanthropie - c'était l'un
des thèmes majeurs de la première encyclique
"Deus Caritas est"
-, ne fût-ce que par la
discrétion avec laquelle cette charité doit s'exercer, « loin des
projecteurs de la société médiatique ». Mais l'aumône ne tourne pas au seul
bénéfice de celui qui la reçoit. Par cette œuvre de miséricorde, outre la
récompense qui nous est promise, nous nous décentrons par rapport à
nous-mêmes, nous nous libérons de l'attachement aux biens terrestres et
expérimentons qu'il y plus de joie à donner qu'à recevoir, ce qui nous situe
au cœur de l'Évangile. Benoît XVI évoque le cas des pécheurs qui, accablés
par leurs fautes, « se sentent loin de Dieu, apeurés et pratiquement
incapables de recourir à Lui » : l'aumône de leur part « peut devenir
l'instrument d'une authentique conversion » dans la mesure où l'on se
rapproche de Dieu quand on se rapproche des autres. Le pape nous demande de
ne pas être parcimonieux dans notre aumône et, au-delà du superflu que nous
avons, de donner ce que nous sommes, et, davantage encore, de donner le
Christ lui-même! En attendant l'Encyclique
sociale promise...
Abbé Christian Gouyaud
Sources : LA NEF • N°191
Ce document est destiné à l'information; il ne constitue pas
un document officiel
Eucharistie, sacrement de la miséricorde -
(E.S.M.) 10.03.2008 -
T/Benoît XVI |