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19 Avril 2005
 

Benoît XVI plus à la page que "les maîtres du soupçon"

 

Le 09 mai 2008 - (E.S.M.) - Le prestigieux écrivain italien, auteur, à l’instar des deux derniers papes, d’ouvrages qui furent des best-sellers mondiaux, raisonne à partir du dernier livre de Benoît XVI.

Vittorio MESSORI -  Pour agrandir l'image: Cliquez

Le pape Benoît XVI ne cherche pas à aller "contre" mais "au-delà" de l'exégèse moderne

Dès les premières lignes du prologue de son « Jésus de Nazareth », Joseph Ratzinger explique pourquoi, pressé par une sorte d’urgence, il a consacré à son livre « chaque moment libre » y compris après l’élection au siège épiscopal de Rome. Et il explique pourquoi « ne sachant pas combien de temps et combien de forces me seront encore accordées… », il a décidé d’anticiper en forme de livre, les chapitres les plus importants du texte projeté, ceux qui traitent de la vie publique du Nazaréen, en renvoyant à plus tard la réflexion sur « les évangiles de l’enfance » et le « mystère pascal », c’est-à-dire les récits de sa passion, mort et résurrection.

Benoît XVI explique cette hâte en utilisant une expression très significative, qui contraste avec son ton toujours si mesuré et équilibré. S’il a décidé de revenir aux sources mêmes, au Fondateur lui-même, c’est qu’aujourd’hui existe « une situation dramatique pour la foi », foi qui se dissout si on ne combat pas l’agression - qui provient aussi d’une certaine « intelligentsia » catholique - à la vérité historique des récits évangéliques, selon laquelle, le Christ, le Messie, le Fils de Dieu annoncé et adoré par l’Église serait une construction tardive qui a peu ou rien à voir avec le « Jésus de l’histoire », un obscur prédicateur parmi tant d’autres au sein de la tradition juive. « L’impression, écrit le pape Benoît XVI, que nous savons bien peu de choses sur le véritable Jésus et que son image aurait pris forme uniquement grâce à la seule foi en sa divinité », a pénétré profondément dans la conscience commune de la chrétienté.

Ce livre, par conséquent, veut être un instrument pour « recommencer », pour avancer dans la nouvelle évangélisation lancée avec tant d’insistance par Jean-Paul II. Ainsi, nous nous trouvons devant des pages pensées et voulues pour revisiter, réaffirmer et sauvegarder le fondement de l’édifice chrétien. Ce n’est qu’à la lumière d’une certitude de foi retrouvée qu’il est possible de s’adonner à des élévations spirituelles et d’en extraire les conséquences morales. Mais si Jésus n’est pas l’Oint et l’Annoncé mais un Yeoshua quelconque, prédicateur ambulant des marches incertaines de l’ère entre Auguste et Tibère, sont abusives et grotesques les élucubrations que l’on extrait d’un enseignement qui est le fruit d’on ne sait quelles manipulations obscures et d’interpolations.

Bien que je sois allergique aux hyperboles journalistiques, cette fois-ci des adjectifs comme « splendide » et peut-être même « décisif » (pour les croyants et sans doute pas seulement pour eux) me semblent s’appliquer au Jésus du théologien bavarois qui fête son quatre-vingt-unième anniversaire et déjà le troisième comme vicaire de ce Christ dont nous parlons ici. Tandis que dans les listes des livres les plus vendus prolifèrent des titres qui plaignent l’innocence ou dénoncent l’ignorance de ceux qui s’obstinent à se dire croyants, voici un Pape-professeur qui déplace « les maîtres du soupçon » petits et grands, en se montrant plus à la page qu’eux tous.

On trouve aujourd’hui en abondance dans les librairies des libelles qui sont supposés démontrer « qu’il n’est plus possible d’être chrétien » en reprenant la propagande de polémistes du XIXe siècle, répétant les médiocrités alambiquées de pharmaciens et notaires de la province maçonnique. Ils se présentent comme des révélations dévastatrices pour la foi, des arguments qui enthousiasmaient même un jeune socialiste, un autodidacte comme Benito Mussolini qui - au balcon de l’Assemblée, drapé d’un drapeau rouge - accordait une minute, montre en main, au Dieu inexistant pour le foudroyer. On répand des livres certainement plus insidieux et, à la fois, plus sophistiqués, dans lesquels des professeurs formés dans les schémas du XXe siècle font des investigations sur Jésus. Selon eux, les méthodologies incertaines et fréquemment arbitraires dénommées « historico-critiques » seraient des « sciences » et, par conséquent, parfaitement objectives et indiscutables.

Ils oublient, par contre, d’avertir le lecteur que ces schémas sont si peu historiques et si peu critiques que chaque génération d’exégètes réfute les thèses de la précédente donnant pour sûre et certaine une nouvelle vérité destinée, de toute évidence, à être réfutée à son tour.
En route pour la postmodernité.

De même, comme le rappelle avec ironie Ratzinger, « qui lit ces reconstructions du véritable Jésus, s’aperçoit rapidement qu’il s’agit principalement de ‘photographies’ des auteurs et de leurs idéaux », adoptant pour science certaine leur propre tempérament et l’esprit du temps. Il est difficile de prendre au tragique des biblistes de cette trempe qui, durant des décennies, ont vénéré comme prince de la pensée ou ont du moins suivi Rudolf Bultmann (à qui Ratzinger décoche de temps à autre des flèches acérées) qui décréta sentencieusement qu’il n’existe et ne peut exister quelque relation que ce soit entre ce que racontent les évangiles et ce qui c’est passé réellement, tout en refusant obstinément de se rendre en Palestine : si les lieux et l’archéologie contredisaient la théorie livresque, tant pis pour eux, mais pas pour la théorie.

Pour qui est resté au XIXe ou au XXe siècle, voilà que surgit la voix discordante d’un pape. Non pas un pape qui en appelle au principe d’autorité ni formaté au style que Hans Küng désigne avec tout le dédain du clerc « adulte » « l’archaïque théologie romaine », mais un intellectuel, un spécialiste parmi les plus appréciés du monde, qui a traversé toute la modernité pour enfin surgir dans la postmodernité. L’époque qui, après avoir trituré de toutes les façons possibles les versets de l’évangile pour en jeter les restes dans la corbeille du mythique, du didascalique et de l’édifiant, s’est aperçu de ce qu’en réalité, en agissant ainsi, l’énigme de Jésus, non seulement ne se dissolvait pas, mais devenait plus épaisse et que, qui sait ?, la simple lecture des évangiles « tels qu’ils sont », peut être plus éclairante que la théorie d’un académicien allemand.

Et je ne dis pas allemand par hasard, mais parce qu’en Allemagne - où chaque université y compris les universités publiques ont deux facultés de théologie et d’exégèse, l’une protestante et l’autre catholique - est née et s’est développée jusqu’à l’hypertrophie, la méthode « historico-critique », acceptée ensuite partout par les biblistes, intimidés par des noms aux résonances teutonnes, qui adoptent la sévère et sans appel « Wissenschaft », la Science avec majuscules. « Formgeschichte », « Redaktiongeschichte », « Wirkunggeschichte », « Entmithologiesierung », « Urquelle » et un cortège sans fin de théories et systèmes que le Professeur Ratzinger connaît sur le bout des doigts, qui sont nés et ont été cultivés dans les universités où il a enseigné et qui, dans sa jeunesse, l’ont, lui aussi, fasciné. Soyons clair : ces théories, aujourd’hui, il ne les répudie ni ne les condamne. « J’espère, écrit-il, que le lecteur comprendra que ce livre n’a pas été écrit contre l’exégèse moderne, mais avec reconnaissance pour tout ce qu’elle nous a apporté et continue à nous apporter ».

Il ne rejette rien de tout ce qui est valable dans ce qui provient de ses collègues académiciens. Il ne veut pas aller « contre » mais « au-delà », conscient de ce que c’est précisément la recherche - concrète, sensée et dès lors ouverte à toutes les possibilités, y compris celle de s’ouvrir au mystère - qui peut nous montrer qu’il existe dans l’Écriture davantage de choses que ce que la critique positiviste ou le rationalisme exégétique pourrait nous faire découvrir. Ainsi, au final, un spécialiste comme lui, revenu de toutes les théories, systèmes ou méthodes, conscient de chaque objection, peut conclure que, si l’on veut atteindre Jésus, « chacun de nous peut faire confiance aux évangiles » et qu’il n’est pas vrai que la recherche historique soit en désaccord irréversible avec la foi. Que du contraire, à la fin, elle peut la confirmer. Le livre que notre professeur commença comme Cardinal et a complété comme Pontife, semble être dans la ligne du cri de celui qu’il appelle toujours « mon très aimé et vénéré prédécesseur ». Si ce « N’ayez pas peur ! » de Jean-Paul II résonne aussi dans ces pages qui ne craignent pas la critique des savants, qui la respectent, qui prennent ce qu’elles apportent de positif, c’est qu’elles vont au-delà.

Par Vittorio MESSORI (Traduit de l’espagnol par Gonzalo Dechamps, que nous remercions vivement).

Tout le livre : Jésus de Nazareth
 

Sources :  Vittorio MESSORI

Ce document est destiné à l'information; il ne constitue pas un document officiel

Eucharistie, sacrement de la miséricorde - (E.S.M.) 09.05.08 - T/J.N.

 

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