Première prédication de l’Avent du père Roberto Pasolini
Le 06 décembre 2024 -
E.S.M.
- Aujourd'hui a eu lieu la première prédication de
l’Avent du père Roberto Pasolini, nouveau prédicateur de
la Maison pontificale. Il nous propose les vendredis de
l’Avent une prédication pour se préparer à Noël. Les
prédications sont à suivre en direct de la salle Paul VI
à Rome les vendredis 6, 13 et et 20 décembre à 9h00.
Cette année, le thème proposé est : « Les portes de
l’espérance. Vers l’ouverture de l’Année Sainte à
travers la prophétie de Noël ».
Père Roberto Pasolini, O.F.M.
Cap. -
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Première prédication de l’Avent du père Roberto Pasolini
Alessandro Di Bussolo et Isabella Piro - Cité du Vatican
Le 06 décembre 2024 -
E.S.M. -
Prédication de l'Avent, s'ouvrir à l'émerveillement devant la
nouveauté de Dieu
Ce matin en Salle Paul VI, la Curie a assisté à la première des
trois méditations de l’Avent du nouveau prédicateur de la Maison
pontificale, sur le thème «La porte de l’émerveillement». Le père
Pasolini suggère d’écouter les voix des prophètes et de suivre
l'exemple de Marie et d'Élisabeth, pour reconnaître «ces semences de
l'Évangile» déjà présentes dans la réalité, et pour porter
l'espérance au monde.
L'émerveillement devant la nouveauté de Dieu, devant le mystère de
l'Incarnation, est «le premier mouvement du cœur à éveiller» pour se
mettre en route vers la fête de la Nativité du Seigneur «et franchir la
porte du Jubilé avec une vive espérance». Un étonnement comme celui de
Marie, après l'annonce de l'ange Gabriel, qui «s'est laissée attirer avec
un naturel extrême» par le projet de Dieu et a voulu «y prendre part
de manière libre et consciente». Mais pour cela, il faut d'abord
desserrer la rigidité du cœur, dire «non» à tout ce qui risque de
nous enfermer et de nous alourdir: la peur, la résignation, le cynisme. Ce
n'est qu'ainsi que «nous pourrons tout regarder d'un œil nouveau, en
reconnaissant les semences de l'Évangile déjà présentes dans la réalité»,
prêts à porter au monde l'espérance de Dieu. Telle fut l’invitation lancée
au Pape et aux membres de la Curie ce vendredi matin par le nouveau
prédicateur de la Maison pontificale lors de la première prédication de
l'Avent. Ses trois interventions porteront sur «les portes de
l'espérance. Vers l'ouverture de l'Année Sainte à travers la prophétie de
Noël».
Ouvrir la porte
Après quelques mots de remerciement à son prédécesseur, le Père Raniero
Cantalamessa qui fut un prédicateur «de la joie et de la lumière de
l'Evangile» pour la Maison Pontificale pendant 44 ans, le Père Roberto
Pasolini nous invite à ouvrir «La porte de l’émerveillement», le
thème choisi pour sa première prédication, en se mettant d'abord à l’écoute
de la voix des prophètes, ensuite du «courage d’être en désaccord»
d'Elisabeth, et enfin à «l'humilité de l'adhésion» de Marie. Les
prophètes, ceux qui «savent comprendre en profondeur le sens des
événements de l'histoire», nous indiquent le défi à relever dans le
temps de l'Avent, à savoir, «prendre conscience de la présence et de
l'action de Dieu dans l'histoire et réveiller notre émerveillement devant ce
que non seulement il peut, mais surtout il veut encore accomplir dans nos
vies et dans l'histoire du monde».
Les voix des prophètes, qui admonestent puis ouvrent à l'espérance
Soulignant que, durant ce temps, la liturgie nous fait écouter de
nombreux textes prophétiques, le prédicateur insiste sur le fait que leurs
voix ne peuvent jamais nous laisser indifférents, car, comme le dit Jérémie,
elles produisent en nous deux effets: elles admonestent pour ensuite ouvrir
à l'espérance, car «Dieu réaffirme la fidélité de son amour et offre au
peuple une nouvelle opportunité».
La difficulté de croire en de nouvelles lueurs
Ce sont des paroles que nous avons surtout du mal à entendre, «quand
la voix de Dieu cherche à rouvrir les canaux de l'espérance», parce qu’«accueillir
une bonne nouvelle n'est pas facile, surtout quand la réalité est depuis
longtemps marquée par la souffrance, la déception et l'incertitude. La
tentation de croire que rien de nouveau ne peut arriver s'insinue souvent
dans nos cœurs». Pourtant, des voix comme celle d'Isaïe qui nous dit «voici
que je fais une chose nouvelle: en ce moment même, elle germe, ne la
voyez-vous pas?», nous atteignent ici même, «là où nous sommes tentés
de croire que la réalité ne peut plus nous offrir de nouvelles lueurs».
Le défi est donc de réveiller «l'émerveillement» devant ce que Dieu
désire «accomplir à nouveau dans nos vies et dans l'histoire du monde».
L'exemple d'Elisabeth et de Marie
Pour nous préparer à écouter ces voix prophétiques, le père Pasolini
prend l'exemple de deux figures féminines, Elisabeth et la Vierge Marie, en
qui se condensent les deux attitudes fondamentales pour générer en nous un
dynamisme de salut: Elisabeth a su dire «non» à l'apparente
continuité des choses et des liens, tandis qu'en Marie de Nazareth nous
voyons la nécessité de «savoir dire “oui” à la nouveauté de Dieu, en
formulant un assentiment libre et joyeux à sa volonté».
Elisabeth, le courage d'être en désaccord
Dans sa méditation, le prédicateur de la Maison pontificale retrace
l'histoire d'Elisabeth et de son mari Zacharie, telle que décrite par
l'évangéliste Luc, avec le prêtre âgé «incrédule à accueillir avec
confiance l'annonce d'un événement longtemps désiré, mais peut-être plus
considéré comme possible»: la naissance d'un fils. En raison de son
manque de foi, il reste muet jusqu'à la circoncision de Jean, le nom indiqué
par l'ange. Lorsque les parents demandent que l'enfant reçoive le nom de son
père, Zacharie, sa mère Elisabeth intervient: «Non, il s'appellera Jean».
Zacharie, rappelle le père Pasolini, signifie «Dieu se souvient»,
tandis que Jean signifie «Dieu fait miséricorde». Un nom,
explique-t-il, qui «déplace l'attention vers aujourd'hui» et
«suggère que l'histoire, bien qu'influencée par ses héritages, est toujours
capable de se dépasser et de s'ouvrir à de nouvelles possibilités, s'il y a
l'action de Dieu». Zacharie écrit sur une tablette son assentiment au
nom de Jean et retrouve sa voix.
Découvrir que le meilleur est encore à venir
Pour le prédicateur, la réaction d'Elisabeth suggère «qu'il est
parfois nécessaire d'interrompre le cours des choses pour s'ouvrir à la
nouveauté de Dieu». «Aujourd'hui plus que jamais, à une époque
extraordinaire de l'histoire de l'humanité, explique-t-il, nous avons
besoin de retrouver ce type de regard spirituel sur la réalité, où, à côté
des graves injustices, des guerres et des violences qui affligent tous les
coins du monde, émergent de nouvelles découvertes et des voies prometteuses
de libération». En effet, concentrés sur le présent, «nous peinons à
investir dans l'avenir et avons tendance à imaginer demain comme une
photocopie d'aujourd'hui». Le «non» d'Elisabeth, en revanche, qui
remet le sort de Jean entre les mains de Dieu, «nous rappelle que rien ni
personne n'est conditionné uniquement par son histoire et ses racines, mais
aussi continuellement reconditionné par la grâce de Dieu».
Dire non à l'habitude pour être renouvelé par Dieu
Il y a beaucoup de «non» qui attendent d'être prononcés, poursuit
le prédicateur, «non seulement contre le mal explicite, mais aussi contre
le mal subtil qui est l'habitude de continuer les choses sans jamais avoir
le courage de les repenser sérieusement et de le faire ensemble. Mais pour
prononcer ces ‘’non courageux’’, il faut croire que Dieu est à l'œuvre dans
l'histoire et que le meilleur est à venir».
Marie, l'humilité de l'adhésion
Enfin, pour parler de la réponse de Marie à l'appel du Seigneur, le père
Pasolini relit l'Évangile de l'Annonciation, sous les traits «qui peuvent
nous aider à retrouver un peu d'émerveillement devant le mystère de
l'Incarnation». Il explique que dans saint Luc, la tâche de l'ange
Gabriel semble être «d'entrer dans le cœur de Marie, sans forcer en
aucune façon les portes de sa disponibilité, car le dialogue entre eux doit
se dérouler en toute liberté» et «dans un climat de confiance»,
il est demandé à la Vierge de se réjouir, c'est-à-dire de «réaliser
quelque chose qui est déjà là: le Seigneur est avec elle». Et c'est là,
explique le prédicateur, «la grâce du temps de l'Avent», c'est-à-dire
celle de «se rendre compte qu'il y a plus de raisons de se réjouir que de
raisons de s'attrister, non pas parce que les choses sont simples, mais
parce que le Seigneur est avec nous et que tout peut encore arriver».
L'agitation de la Vierge
Mais aux paroles de l'ange, «Marie entre dans un grand trouble».
Pour au moins deux raisons, selon le père Pasolini. La première est que «lorsque
quelqu'un nous manifeste son amour, c'est toujours une surprise. L'amour
n'est pas un événement évident» et «nous avons besoin de nous sentir
reconnus et acceptés pour ce que nous sommes». La deuxième raison de la
peur de Marie est «que son cœur sent que le moment est venu de se laisser
pleinement redéfinir par la parole de Dieu». C'est comme si,
explique-t-elle, «la Parole de Dieu écrivait sur une feuille où beaucoup
d'autres affirmations se sont déjà accumulées et organisées au fil du temps,
laissant peu de place à une nouvelle affirmation». Mais pendant l'Avent,
l'attente et l'écoute servent précisément à «permettre à la voix de Dieu
d'entrer en nous pour nous redire ce que nous sommes et ce que nous pouvons
être devant sa face».
L'appel à une nouvelle vie
Enfin, l'appel à une grossesse impossible selon les critères humains
expose Marie au risque de n'être comprise par personne, voire d'être jugée
par tous comme une femme adultère selon les prescriptions de la loi de
Moïse. Par métaphore, explique le père Pasolini, cela signifie que «toute
annonce de Dieu expose nécessairement à la mort, parce qu'elle contient la
promesse d'une vie pleine, entièrement donnée à Dieu et au monde». Et la
peur «devant une telle responsabilité» ne peut être surmontée qu'en «considérant
la beauté et la grandeur de ce qui nous attend». Mais pour s'ouvrir à
tout cela, souligne le prédicateur, «nous ne pouvons pas nous limiter à
dire ces “oui” qui ne nous coûtent rien et qui ne nous privent de rien».
Toute «décision authentique selon l'Évangile», en effet, «coûte
toute une vie et nous expose au risque de perdre des privilèges et des
certitudes». Dire «oui» à Dieu, souligne-t-il, nous expose au
risque de «mourir dans les équilibres que nous avons atteints et dans
lesquels nous essayons de rester». Or, c'est précisément «le chemin
qui nous fait nous redécouvrir nous-mêmes».
Voici la servante du Seigneur
À l'ange, la Vierge répond par son «saint étonnement», en
demandant «comment cela va-t-il se passer, puisque je ne connais pas
d'homme ?» Elle ne veut pas comprendre en détail le plan de Dieu, mais
simplement en devenir une participante libre et consciente. Et l'ange ne lui
explique pas comment elle engendrera la chair du Fils de Dieu: il lui
annonce seulement que l'Esprit Saint sera son fidèle gardien. En prononçant
son «Voici la servante du Seigneur: qu'il m'advienne selon ta parole»,
Marie «déclare tout son enthousiasme pour l'appel qu'elle vient de
recevoir». C'est comme si elle disait à l'ange, «ce que tu m'as
proposé d'accepter, en réalité, maintenant c'est moi qui le veux et qui le
choisis», explique le prédicateur.
Les annonces que nous recevons dans notre vie
Pour le père Pasolini, «toutes les annonces que nous recevons sur le
chemin de la vie ne peuvent que se terminer ainsi. Quand la lumière de Dieu
réussit à nous montrer que dans la peur de ce qui nous attend se trouve la
fidélité d'une promesse éternelle, l'émerveillement naît en nous et nous
nous découvrons capables de prononcer enfin notre ‘’me voici’’».
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