Obsèques de Dom Gérard Calvet, O.S.B. : dernier hommage
Le 06 mars 2008 -
(E.S.M.)- Pour la dernière fois, lundi, sous le ciel bleu de
Provence et dans le froid du Mistral naissant, Dom Gérard réunissait
tous les siens, ceux d’hier et ceux d’aujourd’hui, à l’image de ces deux
anciens « fils » évoquant des souvenirs à la fois émouvants et
burlesques des temps anciens de la fondation, à Bédoin, il n’y a pas
loin de 40 ans déjà. (HERMAS)
Dom
Gérard
Obsèques de Dom Gérard Calvet, O.S.B. : dernier hommage
« Notre Père... »
Il aurait voulu mourir au chœur, accomplissant pour la dernière fois
"l’œuvre de Dieu", l’œuvre de la vie du moine. Il a été en quelque sorte
exaucé car ses dernières paroles, prononcées en voiture, au moment où
l’attaque le terrassait, furent « Pater noster », le « notre Père » qui
termine chaque office au moment où, s’inclinant profondément, le moine offre
à Dieu toute son adoration. C’est dans cette dernière inclination qu’il nous
a quittés.
Pour la dernière fois, lundi, sous le ciel bleu de Provence et dans le froid
du Mistral naissant, Dom Gérard réunissait tous les siens, ceux d’hier et
ceux d’aujourd’hui, à l’image de ces deux anciens « fils » évoquant des
souvenirs à la fois émouvants et burlesques des temps anciens de la
fondation, à Bédoin, il n’y a pas loin de 40 ans déjà. Malgré les larmes,
les yeux rougis par les veilles, les pauvres sourires, c’est pour une fête
de famille que l’ancien Père Abbé nous avait rassemblés une fois encore,
autour de lui.
Depuis son décès, nuit et jour, devant son corps exposé, revêtu des
ornements pontificaux, avec mitre et crosse, mais avec aussi, tout près, sa
coule - le simple vêtement de chœur du moine - les prières et les
supplications n’ont cessé de monter.
Et c’est devant les siens rassemblés, sa famille de la terre, ses fils du
Monastère, les moines, les oblats, le cardinal Panafieu, Mgr Cattenoz, Mgr
Guillaume et les nombreux Pères Abbés, les représentants de différents
monastères et abbayes, les supérieurs des communautés Ecclesia Dei, les
prêtres et amis venus de toute la France, que son enveloppe charnelle a été
dérobée à nos yeux. Immense instant d’émotion.
Puis a commencé, pour une ultime et solennelle intercession, la sainte
messe, en cette liturgie bénie et à l’ordonnancement si parfait, cette
liturgie sacrée pour laquelle Dom Gérard a donné tant de lui-même. Que cette
douce beauté est réconfortante pour ceux qui restent !
Mgr Perl nous a donné le message du Pape Benoît XVI. Le Pape s’y «
souvient que Dom Gérard a passé la plus grande partie de son existence
tourné vers le Seigneur, pour louer Dieu et guider ses frères dans la
prière, afin que tous soient toujours plus proches de notre Créateur et
Sauveur ». Il « rend grâce pour l’attention de Dom Gérard à la beauté
de la liturgie latine, appelée à être toujours davantage source de communion
et d’unité dans Église ».
Dom Louis-Marie, Abbé de Sainte-Madeleine, a su, avec la piété du fils et la
sagesse du disciple, mais aussi lui-même comme un père, nous donner d’entrer
un peu dans l’intimité des derniers instants de Dom Gérard – de ce dernier
battement du cœur qu’il a reçu au creux de sa propre main – nous rappeler
ses nombreux combats et engagements et surtout le message qu’il a toujours
prêché à temps et à contretemps : la nécessité absolue de la vie intérieure.
Les témoignages d’amitié se sont ensuite succédés : celui notamment de Mgr
Perl, témoin privilégié de l’attachement de Dom Gérard à l’Église et au
Vicaire du Christ, attachement dont il fut témoin lorsque Dom Gérard
rencontra le cardinal Gagnon, envoyé par le pape Jean-Paul II ; celui de
Bernard Antony, ami de toujours, ému aux larmes ; celui de l’un des plus
anciens frères de la fondation.
Tous sont allés, du plus grand au plus humble, s’incliner devant son tombeau
; son corps se trouve désormais entre l’autel, où le prêtre a célébré si
souvent, et le tabernacle où le moine a contemplé si souvent son Seigneur,
attendant la bienheureuse résurrection.
Mon très révérend Père, cher Père Dom Gérard, « que les anges vous emmènent
au paradis, qu’à l’arrivée les martyrs vous accueillent et qu’ils vous
introduisent dans la cité sainte, Jérusalem. Que les chœurs des anges vous
reçoivent, et puissiez-vous, avec Lazare qui fut pauvre autrefois, posséder
le repos éternel ».