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La Miséricorde Divine : s'agit-il d'une nouvelle dévotion ?

Le 03 janvier 2024 - E.S.M. - La miséricorde consiste en ceci, qu'elle donne ce qui ne nous est pas dû ; elle donne gratuitement spontanément, joyeusement, dans le but unique de faire du bien et de rendre les autres heureux. Elle n'est donc que la manifestation extérieure de l'amour qui, de par sa nature même et comme pressé par une force intérieure, semé autour de soi les bienfaits, la joie et le bonheur. La miséricorde divine, en effet, sert de modèle à la miséricorde que nous témoignerons à nos frères.

Dieu Miséricordieux - Pour agrandir l'image ► Cliquer

La Miséricorde Divine : s'agit-il d'une nouvelle dévotion ?

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- La dévotion à la Miséricorde


    Non, il s'agit uniquement de rappeler et de mettre en relief la vérité ancienne, devenue plus opportune : que Dieu est le « Père de la Miséricorde » (Luc VII 17). Ce n'est pas Dieu qui doit rappeler sa bonté et sa miséricorde envers les hommes, comme chante le Psalmiste (Ps. XXIV, 6), mais c'est nous qui devons ne pas oublier que, toujours et spécialement aujourd'hui, « la miséricorde triomphe du jugement » (Jac II, 13). Enfin, il s'agit de répondre positivement aux miséricordes du Seigneur.
    Le Dieu bon (Mt. XIX, 17) a voulu se faire appeler Père (Luc XI, 2) II a envoyé son Fils, afin que Celui-ci payât par sa mort les dettes dues pour nos offenses à la justice divine. De plus, le Christ a. mérité d'abondantes grâces pour l'humanité pécheresse (Rom. V, 15-17-20). C'est encore Lui qui a révélé aux hommes de façon visible les attributs et les perfections du Dieu infiniment bon (Luc X, 22). Ainsi donc, la dévotion à la Miséricorde divine est loin d'être une nouveauté. De saintes âmes, comme Sainte Marguerite-Marie Alacoque (1647-1690), ou l'humble Sœur Bénigna-Consolata Ferrero (1885-1916), ou enfin la silencieuse Marie-Faustine, ne pouvaient être que des instruments nouveaux entre les mains du Dieu miséricordieux, des instruments purement humains, chargés de rappeler que Dieu, non seulement a été, mais reste toujours « le Père des miséricordes et le Dieu, de toute consolation » (2 Cor. I, 3).
    La miséricorde consiste en ceci, qu'elle donne ce qui ne nous est pas dû ; elle donne gratuitement spontanément, joyeusement, dans le but unique de faire du bien et de rendre les autres heureux. Elle n'est donc que la manifestation extérieure de l'amour qui, de par sa nature même et comme pressé par une torce intérieure, semé autour de soi les bienfaits, la joie et le bonheur. « Je t'ai aimé d'un amour éternel, c'est pourquoi J'ai prolongé pour toi la miséricorde. » (Jér. XXXI, 3).
    Il en va tout autrement de la Justice exigée par la santeté du Dieu infiniment parfait; elle demande la soumission absolue des créatures aux lois divines, si pleines de sagesse. Elle récompense tout acte bon proportionnellement aux mérites et punit le mal proportionnellement à la gravité de la faute. « Avant de venir en tant que Juge, Je laisse d'abord grandes ouvertes les portes de ma Miséricorde. » (Paroles du Christ à Sœur Faustine).
    Malheureusement, cette incessante protection de Dieu ne nous émeut plus guère aujourd'hui ; nous la considérons presque comme quelque chose d'absolument normal, comme un devoir de Dieu vis-à-vis de ses créatures. Ou bien, nous l'oublions, et alors nous demeurons indifférents, comme si tout simplement nous n'avions plus besoin de Dieu. Et lorsque nous posons un acte du culte qui lui est dû, nous considérons cela comme une grâce que nous Lui faisons. Et que dire du péché ? Pour beaucoup, la notion de culpabilité a disparu, entraînant derrière soi toutes les misères d'une vie dénuée de morale et de préoccupations de l'Au-delà.
    Cependant, parfois, nous nous tournons encore, comme d'instinct, vers Celui qui est « le Seigneur et le Dieu très miséricordieux et compatissant, lent à la colère, riche en bonté et en fidélité » (Ps. 85, 15). C'est surtout dans les malheurs personnels, les épreuves de famille, les cataclysmes qui frappent la société, ou bien dans les moments où, prenant conscience de nos fautes, nous craignons le châtiment. Alors, nous implorons la protection de Dieu.
    Or, la dévotion à la Miséricorde divine doit renouveler en nous la foi et la confiance en la bonté de Dieu. Aujourd'hui, comme autrefois, « le Très-Haut est compatissant pour les ingrats et les méchants » (Luc VI, 35). C'est Lui qui a souci des besoins matériels de tout être, « donnant la nourriture à toute chair, car sa bonté est éternelle » (Ps. 135, 25). C'est encore Lui qui nous conduit sur la route du salut, car «: tous les sentiers de Dieu sont bonté et fidélité pour ceux qui gardent son alliance et ses préceptes » (Ps. XXIV, 10). Quel apaisement bienfaisant produisent sur nos cceurs troublés et inquiets ces paroles du Dieu d'Israël : « Si vos péchés sont comme la pourpre, ils deviendont blancs comme la neige ; s'ils sont rouges comme l'écarlate, ils deviendront comme la lame.» (Is. I, 18).
    Ayons une grande confiance en Dieu ! Cette confiance sera comme une monnaie de change permettant d'obtenir la conversion d'un grand nombre d'âmes. N'est-elle pas la condition nécessaire pour faire descendre, aujourd'hui, comme jadis, les miséricordes divines ? En effet, moins on espère dans le pardon de ses fautes et dans la remise des peines, plus on s'enfonce dans l'abîme du péché. «Oh! nous n'aurons jamais trop de confiance en la bonté de Dieu », disait la petite Thérèse. « Un cœur brisé et contrit, ô Dieu, Tu ne le dédaignes pas. » (Ps. 50, 19). A tout prix, il faut « se confier à la miséricorde de Dieu, à jamais et pour toujours. » (Ps. 51, 10). Nous pouvons manquer à notre parole et demeurer infidèles à nos obligations les plus sacrées, « mais Dieu reste fidèle, car II ne peut se renier Lui-même. » (II Tim. II, 13). En toute chose, c'est Lui qui aura toujours le dernier mot à dire : « Ayez confiance, J'ai vaincu le Monde ! » (Jean XVI, 33)  
     Toutefois, la confiance est loin d'être de la faiblesse, et la miséricorde de la paresse spirituelle. La devise de Luther : « Pèche beaucoup et crois encore plus » ne peut s'appliquer ici. En effet, la miséricorde de Dieu est la bonté qui pardonne ; la bonté, de son côté, relève, perfectionne, ennoblit les caractères sincères, derrière lesquels on laisserait libre cours aux passions : « Ce n'est pas celui qui m'aura dit : Seigneur, Seigneur ! qui entrera dans le Royaume des Cieux ; mais celui qui aura fait la volonté de mon Père, celui-là entrera dans le Royaume des Cieux. » (Mat. VII, 21).
    La miséricorde- divine possède ceci de particulier : qu'elle éveille dans les âmes une plus grande confiance, développe la vertu chrétienne d'espérance et remet les âmes sur le chemin du retour loyal à Dieu : « Car le Seigneur est compatissant et miséricordieux ; II remet les péchés et délivre au jour de l'affliction ; II est le protecteur de tous ceux qui Le cherchent avec sincérité. » (Eccl. II, 13).
    Oui, il faut chercher Dieu, il faut répondre de plein gré à sa miséricorde ; Lui-même respecte trop notre liberté pour nous contraindre.
    La Miséricorde divine, outre la foi et la confiance, fait naître la gratitude pour les bienfaits reçus. Le critère de cette gratitude est une plus grande fidélité dans l'accomplissement des devoirs envers Dieu et le prochain ; un désir plus vif de réparer les péchés personnels et ceux des hommes. Nous ne voulons pas faire pénitence, parce que nous ne nous croyons pas coupables ; par conséquent, nous refusons d'admettre les châtiments. Il résulte de tout cela que nous nous plaignons, nous cherchons la vengeance, nous blasphémons. Notre Miséricordieux Sauveur nous rappelle que, même dans le châtiment, il faut voir la main du Père qui nous aime. Un bon enfant ne mord pas la main de son père qui le gronde ; mais il la baise. « Comme la bonté de Dieu est grande, plus grande que nous ne pouvons la concevoir ! Il y a des moments, et des mystères de miséricorde divine dont s'étonnent les cieux émerveillés. Faisons taire nos jugements sur les âmes, parce que la Miséricorde est merveilleuse avec elles. » (Paroles du Christ à Sœur Faustine ; cf. PS. 102, 11-12).
    Enfin, quelle impulsion trouvera l'âme du prêtre et de toute personne engagée au service de Dieu, dans cette dévotion, afin de payer à la bonté infinie la dette de reconnaissance pour chaque rémission des péchés, pour chaque grâce obtenue, pour réparer les infidélités du monde ! La miséricorde divine, en effet, sert de modèle à la miséricorde que nous témoignerons à nos : frères. « Soyez miséricordieux, comme votre Père céleste est miséricordieux. »- (Luc VI, 36).
    Cette miséricorde envers le prochain est très importante aussi dans nos pensées. Dieu ne veut pour nous que du bien ; par conséquent, pardonnons, si nous avons reçu quelque offense, comme Dieu Lui-même pardonne nos faiblesses. Il en va de même pour nos paroles, et surtout pour les actions intéressant le bien moral et physique du prochain : Point n'est besoin d'insister, mais essayons de nous élever encore plus haut. Demander des grâces extraordinaires n'est pas un péché. Saint Thomas est explicite : « Si quelqu'un, par confiance dans le secours divin, entreprend des œuvres qui excèdent les forces naturelles, il ne pèche point contre l'humilité, surtout si l'on considère que l'on est d'autant plus élevé au-dessus de soi-même par la grâce divine que l'on s'humilie davantage. » (IIa, IIae, qu. 161 ; art. 2, ad 2 Page 956). « Vraiment, lorsque nous nous sentons faibles, c'est alors que nous sommes forts, par la grâce de Dieu. » (2 Cor. XII, 10).
    Qu'il nous soit permis de rappeler, une fois encore, qu'en Dieu « la miséricorde triomphe du jugement », et que, pour celui-là seul « qui n'aura pas fait miséricorde, le jugement sera sans miséricorde. » (Jac. II, 13). Mais si nous sommes charitables envers nos amis et nos ennemis, dans nos pensées et nos paroles, nous pouvons être sûrs de la promesse de Dieu faite au peuple choisi : « Je lui conserverai ma bonté à jamais, et mon alliance lui sera fidèle. » (Ps. 88, 29). Répondons avec le Psalmiste : « En Toi, Seigneur, j'ai placé ma confiance. C'est pourquoi jamais je ne périrai. » (Ps. XXX, 2).

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Sources :Texte original des écrits de sœur Faustine-   E.S.M.  
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Eucharistie sacrement de la miséricorde - (E.S.M.)
03.01.2024

 

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