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19 Avril 2005
 

Benoît XVI, le Pape-Théologien

 

Le 01 décembre 2007 - (E.S.M.) - Le pape Benoît XVI embrasse dans son encyclique toute la condition humaine, mais il le fait « par le haut », c’est-à-dire à travers le regard de l’espérance, qui colorie toute chose en ce monde.

Benoît XVI signe sa deuxième encyclique Pour agrandir l'image Cliquer

Benoît XVI, le Pape-Théologien

LETTRE ENCYCLIQUE DE BENOÎT XVI : « SPE SALVI » (Sauvés dans l’espérance)

Présentation et commentaire :

Par le Service de presse des Évêques de Belgique

Une encyclique est un document du Pape, où celui-ci expose son enseignement sur un point précis avec une certaine solennité. (Il ne s’agit cependant pas d’un enseignement infaillible). Pour sa deuxième Encyclique, le Pape-Théologien marque une nouvelle fois ce texte d’enseignement de son empreinte.

D’abord, par son sujet : l’espérance chrétienne. En choisissant de traiter – après l’amour, sujet de sa première encyclique – d’une dimension qui articule toute la vie chrétienne, Benoît XVI se positionne avant tout comme un pape enseignant. On cherchera en vain dans cette encyclique quelques allusions à la situation géopolitique ou de sévères mises en gardes disciplinaires. Il ne s’agit pas de cela. Cela ne signifie pas pour autant que le Pape déserte l’agora des hommes pour confiner frileusement son intervention à une sacristie peuplée de théologiens ou de séminaristes. Au contraire, tel saint Augustin (354-430) – son maître à penser – Benoît XVI embrasse dans son encyclique toute la condition humaine, mais il le fait « par le haut », c’est-à-dire à travers le regard de l’espérance, qui colorie toute chose en ce monde.

Ensuite, cette encyclique marque le lecteur par son érudition. Outre d’innombrables références aux Écritures saintes, cette encyclique nous balade à travers l’histoire de la pensée humaine. On y croise ainsi Augustin – évidemment – mais aussi Ambroise, Maxime le Confesseur, Bernard de Clairvaux, Francis Bacon, Kant, Engels, Marx, Lénine, Horkheimer, Adorno, de Lubac,… Ce faisant, Benoît XVI fait vivre un dialogue par-delà les siècles entre parole de Dieu et pensée des hommes.

Enfin, cette encyclique démontre une fois de plus que le Pape est un pédagogue. A certains moments, il récapitule sa pensée (ainsi au n°30), comme pour s’assurer que le lecteur a bien suivi son raisonnement. A d’autres endroits, il illustre son propos par quelques histoires, jamais banales. Ainsi, parle-t-il de l’esclave africaine Joséphine Bakhita devenue religieuse et puis sainte (n°3) ; des sarcophages du christianisme primitif (n°6) ; de la prière du Cardinal Nguyên Van Thuan ayant connu 13 années de prison (n°32) ; de la lettre du martyr Paul Le- Bao-Tin (n°37);…

L’espérance : quand l’homme vit son avenir au présent

Quand on parle d’espérance, de quoi s’agit-il ? La caricature de l’espérance représente celle-ci comme une récompense promise dans l’avenir, afin de faire passer l’amère pillule de cette morne vie. Le Pape s’en prend à pareil cliché. L’espérance n’est pas un appel à la résignation. Elle met l’homme en route : « Ici apparaît comme élément caractéristique des chrétiens le fait qu'ils ont un avenir: ce n'est pas qu'ils sachent dans les détails ce qui les attend, mais ils savent de manière générale que leur vie ne finit pas dans le néant. C'est seulement lorsque l'avenir est assuré en tant que réalité positive que le présent devient aussi vivable. Ainsi, nous pouvons maintenant dire: le christianisme n'était pas seulement une « bonne nouvelle » – la communication d'un contenu jusqu'à présent ignoré. Dans notre langage, nous dirions: le message chrétien n'était pas seulement « informatif », mais « performatif ». Cela signifie que l'Évangile n'est pas uniquement une communication d'éléments que l'on peut connaître, mais une communication qui produit des faits et qui change la vie. La porte obscure du temps, de l'avenir, a été ouverte toute grande. Celui qui a l'espérance vit différemment; une vie nouvelle lui a déjà été donnée. » (n°2)

L’espérance chrétienne transforme le monde, mais elle le fait de l’intérieur, en changeant les coeurs, précise Benoît XVI : « Le christianisme n'avait pas apporté un message social révolutionnaire comme celui de Spartacus, qui, dans des luttes sanglantes, avait échoué. Jésus n'était pas Spartacus, il n'était pas un combattant pour une libération politique, comme Barabbas ou Bar-Khoba. Ce que Jésus, personnellement mort sur la croix, avait apporté était quelque chose de totalement différent: la rencontre avec le Seigneur de tous les seigneurs, la rencontre avec le Dieu vivant, et ainsi la rencontre avec l'espérance qui était plus forte que les souffrances de l'esclavage et qui, de ce fait, transformait de l'intérieur la vie et le monde. ». (n°4)

L’espérance chrétienne fait percevoir que l’éternité n’est pas un temps qui dure, mais une intensité d’amour qui ne passe pas. Benoît XVI enseigne : « Que signifie véritablement « éternité »? Il y a des moments où nous le percevons tout à coup: oui, ce serait précisément cela – la vraie « vie » – ainsi devrait-elle être. Par comparaison, ce que, dans la vie quotidienne, nous appelons « vie », en vérité ne l'est pas. (...) dans le fond, nous voulons une seule chose – « la vie bienheureuse », la vie qui est simplement vie, simplement « bonheur ». En fin de compte, nous ne demandons rien d'autre dans la prière ». (n°11)

L’espérance chrétienne n’est pas individualiste. Il ne s’agit pas uniquement de “faire son salut” dans une recherche égoïste qui se refuse au service des autres. Cette perversion du mot espérance s’est installée chez beaucoup, parallèlement au progrès des sciences. Le salut semblait réservé au progrès scientifique. Ne restait à l’espérance que de s’occuper des âmes quand “la science ne pouvait plus rien pour elles”. On peut dès lors comprendre la réaction marxiste, qui tenta d’apporter un salut matérialiste pour aider tous les laissez pourcompte du progrès. « Sa véritable erreur est le matérialisme: en effet, l'homme n'est pas seulement le produit de conditions économiques, et il n'est pas possible de le guérir uniquement de l'extérieur, créant des conditions économiques favorables. » (n°21)

Bref, si utile soit le progrès, ce n’est pas lui qui sauve l’homme. « Ce n'est pas la science qui rachète l'homme. L'homme est racheté par l'amour. Cela vaut déjà dans le domaine purement humain. Lorsque quelqu'un, dans sa vie, fait l'expérience d'un grand amour, il s'agit d'un moment de « rédemption » qui donne un sens nouveau à sa vie. Mais, très rapidement, il se rendra compte que l'amour qui lui a été donné ne résout pas, par lui seul, le problème de sa vie. Il s'agit d'un amour qui demeure fragile. Il peut être détruit par la mort. (...) Si cet amour absolu existe, avec une certitude absolue, alors – et seulement alors – l'homme est « racheté », quel que soit ce qui lui arrive dans un cas particulier. C'est ce que l'on entend lorsque l'on dit: Jésus Christ nous a « rachetés ». Par lui nous sommes devenus certains de Dieu – d'un Dieu qui ne constitue pas une lointaine « cause première » du monde – parce que son Fils unique s'est fait homme et de lui chacun peut dire: « Ma vie aujourd'hui dans la condition humaine, je la vis dans la foi au Fils de Dieu qui m'a aimé et qui s'est livré pour moi » (Ga 2, 20). » (n°26)

Trois lieux où s’apprend et s’exerce l’espérance: la prière, l’action et le jugement

Benoît XVI cite tout d’abord la prière, que saint Augustin définit comme un “exercice du désir” (n°33). « Prier ne signifie pas sortir de l'histoire et se retirer dans l'espace privé de son propre bonheur. La façon juste de prier est un processus de purification intérieure qui nous rend capables de Dieu et de la sorte capable aussi des hommes. (n°33)

Vient ensuite l’action digne de l’homme, qui est signe d’espérance, parfois contre toute espérance : « Tout agir sérieux et droit de l'homme est espérance en acte. (…) Il est important de savoir ceci: je peux toujours encore espérer, même si apparemment pour ma vie ou pour le moment historique que je suis en train de vivre, je n'ai plus rien à espérer. Seule la grande espérance-certitude que, malgré tous les échecs, ma vie personnelle et l'histoire dans son ensemble sont gardées dans le pouvoir indestructible de l'Amour et qui, grâce à lui, ont pour lui un sens et une importance, seule une telle espérance peut dans ce cas donner encore le courage d'agir et de poursuivre. » (n°35)

Vient enfin le “jugement” comme lieu d'apprentissage et d'exercice de l'espérance. L’athéisme reproche à Dieu les injustices du monde. La vision chrétienne du “jugement” est celle d’une justice plus forte que les injustices subies. « L'image du Jugement final est en premier lieu non pas une image terrifiante, mais une image d'espérance; pour nous peut-être même l'image décisive de l'espérance. Mais n'est-ce pas peut-être aussi une image de crainte ? Je dirais: c'est une image qui appelle à la responsabilité. » (n°44) « Avec la mort, le choix de vie fait par l'homme devient définitif – sa vie est devant le Juge. Son choix, qui au cours de toute sa vie a pris forme, peut avoir diverses caractéristiques. Il peut y avoir des personnes qui ont détruit totalement en elles le désir de la vérité et la disponibilité à l'amour. Des personnes en qui tout est devenu mensonge; des personnes qui ont vécu pour la haine et qui en elles-mêmes ont piétiné l'amour. C'est une perspective terrible, mais certains personnages de notre histoire laissent distinguer de façon effroyable des profils de ce genre. Dans de semblables individus, il n'y aurait plus rien de remédiable et la destruction du bien serait irrévocable: c'est cela qu'on indique par le mot « enfer ». D'autre part, il peut y avoir des personnes très pures, qui se sont laissées entièrement pénétrer par Dieu et qui, par conséquent, sont totalement ouvertes au prochain – personnes dont la communion avec Dieu oriente déjà dès maintenant l'être tout entier et dont le fait d'aller vers Dieu conduit seulement à l'accomplissement de ce qu'elles sont désormais. » (n°45) « Chez la plupart des hommes – comme nous pouvons le penser – demeure présente au plus profond de leur être une ultime ouverture intérieure pour la vérité, pour l'amour, pour Dieu. Cependant, dans les choix concrets de vie, elle est recouverte depuis toujours de nouveaux compromis avec le mal – beaucoup de saleté recouvre la pureté, dont cependant la soif demeure et qui, malgré cela, émerge toujours de nouveau de toute la bassesse et demeure présente dans l'âme ». (n°46) Ceux-là on besoin de purification de la rencontre avec le Christ. « La rencontre avec Lui est l'acte décisif du Jugement. Devant son regard s'évanouit toute fausseté. C'est la rencontre avec Lui qui, nous brûlant, nous transforme et nous libère pour nous faire devenir vraiment nous-mêmes. Les choses édifiées durant la vie peuvent alors se révéler paille sèche, vantardise vide et s'écrouler. Mais dans la souffrance de cette rencontre, où l'impur et le malsain de notre être nous apparaissent évidents, se trouve le salut. Le regard du Christ, le battement de son coeur nous guérissent grâce à une transformation certainement douloureuse, comme « par le feu ». Cependant, c'est une heureuse souffrance, dans laquelle le saint pouvoir de son amour nous pénètre comme une flamme, nous permettant à la fin d'être totalement nous- mêmes et avec cela totalement de Dieu. (…) Il est clair que la « durée » de cette brûlure qui transforme, nous ne pouvons la calculer avec les mesures chronométriques de ce monde. Le « moment » transformant de cette rencontre échappe au chronométrage terrestre – c'est le temps du coeur, le temps du « passage » à la communion avec Dieu dans le Corps du Christ. » (n°47)

L'Encyclique "Spe Salvi"  texte intégral
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"Spe Salvi"
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Sources: Service de presse des Évêques de Belgique

Ce document est destiné à l'information; il ne constitue pas un document officiel

Eucharistie, sacrement de la miséricorde - (E.S.M.) 01.12.2007 - BENOÎT XVI - T/Sp.S.

 

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