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19 Avril 2005
 

L’adieu de Benoît XVI à son frère Georg

Le 16 octobre 2020 - (E.S.M.) - La mort de Monseigneur Georg Ratzinger était attendue, et Benoît XVI a pu faire ses derniers adieux à son frère aîné lors d’un voyage plein de sens en Bavière il y a deux semaines. Les deux frères étaient très proches, et quand on revoit cette vieille vidéo, on retrouve la même concentration, et on comprend aussi quelque chose de plus de leur personnalité.

Le pape Benoît XVI et son frère Georg

L’adieu de Benoît XVI à son frère Georg

« Merci pour ce que tu m’as donné »

Le 16 octobre 2020 - E. S. M. - « Que Dieu te récompense, Georg, pour ce que tu as fait, ce que tu as souffert et ce que tu m’as donné! » Ne pouvant être présent personnellement dans la cathédrale de Ratisbonne aux funérailles de son frère Georg Ratzinger, le pape émérite Benoît XVI a confié à un message, lu parmi les larmes d’émotion par l’archevêque Georg Gänswein vers la fin de la messe de funérailles, son dernier adieu à son frère, décédé le 1er juillet dernier à l’âge de 96 ans.

« De mon frère – a encore écrit le pape émérite – je voudrais mentionner la bonne humeur, l’ironie et aussi de la joie qu’il ressentait pour les bonnes choses de la création. Je remercie Dieu de m’avoir permis d’être auprès de lui dans ses derniers jours. Il ne m’a pas demandé de lui rendre visite, mais j’ai senti que c’était le moment d’y aller. Lorsque je lui ai dit au revoir lundi [21 juin], nous savions que nous nous rencontrions pour la dernière fois ici sur Terre, mais nous étions sûrs que le bon Dieu, qui règne dans l’autre monde, nous donnerait de nouveau des moments ensemble ». Dans son message, Benoît XVI, qui a suivi la célébration en direct (/en streaming), a remercié l’évêque de Ratisbonne Rudolf Voderholzer et tous ceux qui ont aidé à organiser sa visite au chevet de son frère Georg.

Ainsi, avec une messe solennelle dans la cathédrale Saint-Pierre, présidée à 10 heures par l’évêque Voderholzer, la ville de Ratisbonne a aujourd’hui pris congé de Monseigneur Georg Ratzinger. La messe des funérailles a également été concélébrée par le nonce apostolique en Allemagne, Nikola Eterovic, et l’archevêque Georg Gänswein, secrétaire personnel du pape Ratzinger.

« Nous sommes très reconnaissants de la tradition musicale que Georg Ratzinger a contribué à cultiver », a déclaré l’évêque Voderholzer au cours de son homélie, rappelant la carrière musicale de Georg Ratzinger en tant que chef du chœur Domspatzen. « La musique appartient à la liturgie elle-même » – a poursuivi le prélat dans l’homélie de la messe de Requiem, suivie en direct sur Facebook par plus de 300 personnes – elle n’est pas un ingrédient extérieur. Le talent de musicien, chez le défunt, se conjuguait naturellement avec de nombreuses qualités humaines. Cela explique les nombreuses réactions participatives dans les ‘condoléances numériques’, qui ont été laissées sur le site web du diocèse de Ratisbonne, où notamment de nombreux anciens chanteurs du Domspatzen ont voulu dire au revoir à leur ancien maître.

Sur la table, près du cercueil, à côté de son portrait, avec le calice et l’étole en souvenir de son service sacerdotal, il y a aussi une partition musicale et un diapason, représentant sa passion et sa carrière de « chef de chœur de la cathédrale » (Domkapellmeister). Dans la mémoire de l’évêque Voderholzer, il y a aussi des souvenirs de sa relation personnelle avec Georg Ratzinger, également liée à la musique : « Il m’a dit un jour : ‘Monseigneur, mais vous avez une voix de jeune!’ Et il me semblait déjà que j’avais réussi l’examen d’entrée dans le Choeur des Domspatzen ! ».

« Il a dirigé la chorale pendant trente ans – a déclaré Christian Heiß, l’actuel Domkapellmeister de la cathédrale de Ratisbonne – c’est une très longue période. Il exigeait toujours le meilleur de sa chorale et savait ce qu’il voulait, mais dans tout cela, il restait humble. Il était généreux et prenait à cœur la vie personnelle de ses chanteurs ».

En raison des restrictions, motivées par la lutte contre la propagation du coronavirus, le chœur des Domspatzen – dont Georg Ratzinger a été le directeur de 1964 à 1994, ce qui leur a valu une renommée internationale – n’a pas pu animer la messe des funérailles de leur ancien directeur. Plus de deux cents choristes des Domspatzen avaient cependant déjà pris congé de leur ancien directeur dimanche dernier dans l’après-midi avec la prière des Vêpres. L’animation musicale de la messe funéraire a donc été confiée à un chœur de 16 Domspatzen seulement, dirigé par le chef de chœur (Domkapellmeister) Christian Heiß et accompagné par l’orgue du professeur Franz Josef Stoiber.

À la fin de la célébration, à laquelle ont également participé les cardinaux Gerhard Müller et Reinhard Marx et l’évêque d’Eichstätt, Gregor Maria Hanke, le cercueil a été transporté par le portail sud de la cathédrale. Sur la place, le cercueil étant maintenant chargé dans la voiture, l’évêque Voderholzer le bénit une fois de plus avec de l’eau bénite, tandis que les cloches de la cathédrale sonnent le dernier et dernier adieu.

Le dernier chant est un chant marial: « Segne du, Maria » (« Bénis-nous, Marie ») – le cantique préféré de Monseigneur Ratzinger – a été chanté devant la tombe du défunt, au cimetière municipal, dans la chapelle des Domspatzen à Ratisbonne, où reposera la dépouille mortelle de Georg Ratzinger.

Communiquer la vie: la force cachée des frères Ratzinger

La mort de Monseigneur Georg Ratzinger était attendue, et Benoît XVI a pu faire ses derniers adieux à son frère aîné lors d’un voyage plein de sens en Bavière il y a deux semaines. Les deux frères étaient très proches, et quand on revoit cette vieille vidéo, on retrouve la même concentration, et on comprend aussi quelque chose de plus de leur personnalité.

Celle de Georg et Joseph Ratzinger est une personnalité d’humilité et de timidité. Ils en sont tous deux venus à diriger, et à diriger des choses importantes, mais ils sont arrivés là grâce à leurs compétences, et non pas parce qu’ils ont essayé de faire leur chemin. Ce sont deux frères qui, avec leur sœur Maria tent qu’elle st restée en vie, ont fait de leur consonance une famille partout et en tout lieu. S’ils n’étaient pas ensemble, ils se cherchaient. Leur regard semblait manquer quelque chose quand ils n’étaient pas ensemble. Mais s’ils étaient ensemble, leur perspective était complète.

Avec la mort de Georg Ratzinger, nous avons donc la perception qu’une partie de Benoît XVI s’en va. Comme si la mort de son frère n’était qu’un pas vers le long adieu du pape émérite, qui s’est retiré dans la vie privée et a renoncé au munus pétrinien pour intercéder pour l’Eglise.

Souvent, cet aspect familier de Benoît XVI a été traité comme un fait folklorique. Aujourd’hui encore, à l’annonce de sa mort, il y a un journal qui va jusqu’à qualifier Georg Ratzinger le gaffeur [Il Sole 24 ore, ndt], en examinant des situations particulières extrapolées de leurs contextes, et en perdant de vue le point central de tout.

Mais – et c’est la plus grande leçon que les frères Ratzinger ont donnée à la communication – leur lien est si authentique et solide que personne ne peut se dispenser de le voir et de le raconter. Ce qui est frappant, c’est l’authenticité de leur lien. Une authenticité qui ne peut être ignorée par personne.

Le langage de l’authenticité des deux frères présente également une autre particularité communicative. Tous deux timides, ils ont trouvé la possibilité de s’exprimer dans des formes d’art qui nécessitent profondeur et créativité: Benoît XVI avec la théologie, Georg Ratzinger avec la musique.

Aucun d’entre eux ne voulait être au premier plan. Il y a peu de textes systématiques de Benoît XVI, Georg Ratzinger a toujours agi comme le plus classique des maîtres de chapelle, c’est-à-dire avec un profil bas, mais un désir de mettre en valeur le répertoire traditionnel.

Aucun d’entre eux n’aspirait à la carrière qu’il a faite, et tous deux avaient déjà fait des projets pour leur retraite.

Pourtant, ils ont tous deux obtenu des résultats énormes. La mort de Georg Ratzinger est quelque peu obscurcie par le fait qu’il était le frère du pape émérite. La vérité est que l’hommage extraordinaire que le diocèse de Ratisbonne lui a rendu n’aurait pas été différent si son frère n’était pas devenu pape. Georg Ratzinger était une véritable institution à Ratisbonne. Comme toutes les institutions, il a su prendre du recul. Comme toutes les institutions, il était fondamental.

Et le style de Georg Ratzinger, on le retrouve aussi chez Benoît XVI, toujours plus soucieux de détourner l’attention de sa personne plutôt que de l’augmenter. Benoît XVI se savait pape, mais il savait aussi disparaître derrière l’institution, qu’il a vraiment servie, et servie jusqu’au bout.

Benoît XVI et Georg Ratzinger étaient des leaders sans vouloir être des leaders, et précisément parce qu’ils ne voulaient pas être des leaders. C’est incroyable, mais on ne peut pas les penser séparément.

Il sera étrange de penser à un Benoît XVI sans les visites habituelles de son frère en été ou au mois de mars. Il sera difficile de penser à un Benoît XVI en dehors de la vie quotidienne de sa famille, dont il est désormais le seul héritier.

La mort de Georg Ratzinger nous donne un Pape émérite définitivement seul, et pourtant jamais autant aimé, par la famille pontificale qui vit avec lui, par des gens qui ont reconnu le geste simple et l’amour dans le voyage pour son frère.

Avec Georg Ratzinger, un peu de Joseph Ratzinger est également mort. Mais il reste l’exemple d’une famille qui n’a pu se construire aussi bien que parce qu’elle est unie par la foi en Dieu. Ce n’est pas un hasard si Joseph et Georg Ratzinger ont été ordonnés prêtres le même jour. Et leur histoire était une parabole biblique. Car dans la Bible, c’est toujours le frère cadet qui prend en main le destin du peuple. Cela se passe avec Ésaü et Jacob, avec Joseph, avec David.

Avec la mort de Monseigneur Georg Ratzinger, une époque s’achève. Et pourtant, c’est une douce transition, pleine de foi dans le Seigneur. Benoît XVI ne se laissera pas aller au désespoir. Il connaîtra la tristesse. Il connaîtra l’absence. Mais le point de référence, ferme, de son frère restera toujours là.

Daniele Piccini ACI Stampa
Traduction :benoit-et-moi
 

 

 

La video complète.
La lecture de don Georg vers 2:03:30

Sources : benoit-et-moi-  E.S.M.
Eucharistie sacrement de la miséricorde - (E.S.M.) 19.10.2020

 

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