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La cour d'appel du Vatican ordonne la révision de l'enquête dans le cadre du procès pour fraude financière

Le 18 mars 2026 - E.S.M.La Cour d'appel de la Cité du Vatican a rendu mardi une décision ordonnant un réexamen de l'enquête et de l'acte d'accusation qui ont ouvert le procès historique pour crimes financiers en 2022. Cette décision ouvre la voie à de nouveaux litiges concernant les preuves et semble établir une nouvelle norme de contrôle judiciaire des actes papaux. Lu sur Belgicatho

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La cour d'appel du Vatican ordonne la révision de l'enquête dans le cadre du procès pour fraude financière

Du Pillar : Lu sur Belgicatho

Le 18 mars 2026 - E.S.M. - La Cour d'appel de la Cité du Vatican a rendu mardi une décision ordonnant un réexamen de l'enquête et de l'acte d'accusation qui ont ouvert le procès historique pour crimes financiers en 2022.

La décision du 17 mars ouvre la voie à de nouveaux litiges concernant les preuves et les accusations portées contre neuf personnes condamnées par un tribunal du Vatican en 2024, et semble établir une nouvelle norme de contrôle judiciaire pour les actes papaux.

Cette décision relance de facto le débat sur la conduite controversée d'Alessandro Diddi, procureur principal dans cette affaire, ainsi que sur les méthodes employées et les preuves recueillies à l'appui de l'inculpation initiale. Les juges ont également statué qu'un rescrit promulgué par le pape François en juillet 2020 constituait un acte de pouvoir législatif non publié, qui « affectait la légitimité » de l'enquête ultérieure.

La nouvelle phase de l'appel ordonnée par la cour pourrait aboutir à l'abandon de certaines charges retenues contre certains des neuf accusés condamnés en première instance. Toutefois, les juges ont clairement indiqué dans leur décision qu'ils examinaient les preuves et se prononçaient sur les arguments dans le cadre d'un appel en cours, sans ordonner un nouveau procès ni annuler l'audience et la décision précédentes.
Ni le procès initial, ni son verdict et ses peines n'ont été annulés, ont déclaré les juges, et tout reste en vigueur.

Dans une décision de 16 pages datée du 17 mars, les juges d'appel de la Cour ont accepté les griefs de « nullité relative » à l'encontre des actes du Bureau du Promoteur de Justice, le procureur public de la Cité du Vatican, estimant que les procureurs n'avaient pas le droit de caviarder des informations dans leurs dossiers initiaux, même s'ils estimaient qu'elles pouvaient être pertinentes pour les enquêtes criminelles en cours.

En droit canonique et en droit de la Cité du Vatican, la « nullité relative » concerne des violations de procédure que les juges peuvent examiner et corriger rétroactivement au cours de la procédure judiciaire, par opposition aux griefs de « nullité absolue » qui invalident le procès.

Les juges ont également rendu une décision complexe concernant un rescrit de 2019 du pape François autorisant l'enquête pénale sur le scandale financier londonien, ce qui a conduit au dépôt d'accusations dans cette affaire.

Le rescrit, daté du 2 juillet 2019, était l'un des quatre instruments juridiques de ce type émis par le pape François autorisant une enquête sur les transactions financières du Secrétariat d'État, suite à une plainte déposée par l'Institut pour les œuvres de religion.

La cour d'appel du Vatican ordonne la révision de l'enquête dans le cadre du procès pour fraude financière

Cette décision ouvre la voie à de nouveaux litiges concernant les preuves et semble établir une nouvelle norme de contrôle judiciaire des actes papaux.

La Cour d'appel de la Cité du Vatican a rendu mardi une décision ordonnant un réexamen de l'enquête et de l'acte d'accusation qui ont ouvert le procès historique pour crimes financiers en 2022.

La décision du 17 mars ouvre la voie à de nouveaux litiges concernant les preuves et les accusations portées contre neuf personnes condamnées par un tribunal du Vatican en 2024, et semble établir une nouvelle norme de contrôle judiciaire pour les actes papaux.
Cette décision relance de facto le débat sur la conduite controversée d'Alessandro Diddi, procureur principal dans cette affaire, ainsi que sur les méthodes employées et les preuves recueillies à l'appui de l'inculpation initiale. Les juges ont également statué qu'un rescrit promulgué par le pape François en juillet 2020 constituait un acte de pouvoir législatif non publié, qui « affectait la légitimité » de l'enquête ultérieure.

La nouvelle phase de l'appel ordonnée par la cour pourrait aboutir à l'abandon de certaines charges retenues contre certains des neuf accusés condamnés en première instance. Toutefois, les juges ont clairement indiqué dans leur décision qu'ils examinaient les preuves et se prononçaient sur les arguments dans le cadre d'un appel en cours, sans ordonner un nouveau procès ni annuler l'audience et la décision précédentes.
Ni le procès initial, ni son verdict et ses peines n'ont été annulés, ont déclaré les juges, et tout reste en vigueur.

Dans une décision de 16 pages datée du 17 mars, les juges d'appel de la Cour ont accepté les griefs de « nullité relative » à l'encontre des actes du Bureau du Promoteur de Justice, le procureur public de la Cité du Vatican, estimant que les procureurs n'avaient pas le droit de caviarder des informations dans leurs dossiers initiaux, même s'ils estimaient qu'elles pouvaient être pertinentes pour les enquêtes criminelles en cours.

En droit canonique et en droit de la Cité du Vatican, la « nullité relative » concerne des violations de procédure que les juges peuvent examiner et corriger rétroactivement au cours de la procédure judiciaire, par opposition aux griefs de « nullité absolue » qui invalident le procès.

Les juges ont également rendu une décision complexe concernant un rescrit de 2019 du pape François autorisant l'enquête pénale sur le scandale financier londonien, ce qui a conduit au dépôt d'accusations dans cette affaire.

Le rescrit, daté du 2 juillet 2019, était l'un des quatre instruments juridiques de ce type émis par le pape François autorisant une enquête sur les transactions financières du Secrétariat d'État, suite à une plainte déposée par l'Institut pour les œuvres de religion.

Tout en rejetant la grande majorité des appels et arguments de la défense contre les rescrits, les juges ont rendu une décision restrictive concernant le rescrit du 2 juillet, dans laquelle ils ont statué que le pape François n'avait pas pris les dispositions nécessaires pour sa publication ou son secret.

Tout en reconnaissant que les ordres papaux étaient « en fait, la forme légitime d’expression des pouvoirs du Souverain Pontife », et « que ces conclusions n’affectent pas, et ne pourraient pas affecter, la valeur et la nature du Rescriptum », les juges ont déclaré que « le défaut de publication du Rescriptum le 2 juillet 2019 a affecté la légitimité de certaines mesures d’enquête adoptées sur cette base ».

Il a été ordonné aux procureurs de déposer l'intégralité de leur enquête préliminaire avant le 30 avril, après quoi les avocats des deux parties auront deux semaines pour soumettre leurs arguments, avant que le tribunal ne se réunisse à nouveau le 22 juin, date à laquelle les juges fixeront de nouvelles dates pour les audiences ultérieures.

« Quant aux conséquences de la nullité constatée », écrivent les juges, « la Cour estime opportun de rappeler que le libellé de l’article 495 du Code de procédure pénale ne prononce pas la nullité générale de l’ensemble de la procédure de première instance : tant le procès que la sentence. Celles-ci conservent en effet leurs effets à l’égard des accusés, des parties civiles et des juges de la cour d’appel. »

Le refus des procureurs de déposer l'intégralité du dossier de leur enquête initiale sur les affaires financières du Secrétariat d'État a fait l'objet de nombreuses objections lors du procès en première instance, qui s'est conclu en décembre 2024.

Les procureurs ont fait valoir qu'ils ne devraient pas être contraints de remettre toutes les preuves recueillies au cours de leurs enquêtes, car certains éléments concernaient des enquêtes criminelles en cours et, selon eux, on ne pouvait pas faire confiance aux accusés et à leurs équipes juridiques pour ne pas divulguer d'informations sensibles .

Lors du procès en première instance, les juges ont par la suite ordonné au Bureau du promoteur de la justice de remettre des heures d'enregistrements audio et vidéo de dépositions de témoins, mais ont autorisé les procureurs à laisser certains éléments caviardés.

Cependant, les juges d'appel ont statué le 17 mars que la loi en vigueur au Vatican en 2021, au moment du dépôt des accusations, ne permettait pas aux procureurs de réserver des éléments de preuve, pour quelque raison que ce soit.

« La Cour considère que l’exception d’irrecevabilité soulevée par la défense est fondée et doit être accueillie », indique le jugement. « Les dispositions régissant la matière énoncent clairement le principe selon lequel, à l’issue de la phase d’instruction, qu’elle soit formelle ou sommaire, tous les documents de la procédure doivent être communiqués à l’accusé et à son avocat. »

« Aucune disposition du [code pénal pertinent] ne fait référence à la nécessité de protéger la confidentialité de l’enquête qui justifierait une divulgation partielle ou incomplète des éléments recueillis. »

Le Bureau du Procureur général n'a pas déposé l'intégralité du dossier d'enquête préliminaire et des documents ont été déposés, partiellement expurgés, en violation des dispositions de l'article 355 du Code de procédure pénale », ont statué les juges. En conséquence, ils ont ordonné la communication intégrale de tous les éléments précédemment expurgés, après quoi le tribunal pourra soit régulariser rétroactivement les manquements du ministère public, soit prononcer le rejet de tout ou partie des charges.

La décision rendue mardi par les quatre juges d'appel concernant les rescrits publiés par le pape François en 2019 et 2020 a présenté un argument juridique complexe que les juristes et les canonistes devront analyser.

Dans son arrêt, la Cour d'appel a rapidement rejeté les plaintes et les appels interjetés par les avocats de la défense contre la nature et le caractère des instruments juridiques, que ces derniers jugeaient illégitimes et qui, selon eux, annulaient l'intégralité de la procédure.

Les juges ont statué que le contenu de deux des quatre rescrits « ne modifie ni ne complète le Code de procédure pénale et ne semble avoir aucun impact, ni directement ni indirectement, sur la présente procédure ou sur la situation des accusés concernés ».

Un tiers des quatre rescripts, autorisant la surveillance électronique des personnes faisant l'objet d'une enquête, « doit être considéré comme une simple interprétation et adaptation des dispositions déjà en vigueur », ont statué les juges.

Cependant, les juges ont statué que l'un des quatre instruments juridiques, signé par le pape François le 2 juillet 2019, « présentait un caractère novateur par rapport aux dispositions en vigueur à l'époque ».

Bien que publié sous forme de rescrit, un instrument juridique du pouvoir exécutif qui accorde un privilège ou une dispense à un individu ou à un groupe spécifié, les juges ont statué que l'ordonnance de François « devait être reconnue comme ayant une nature législative ».

La promulgation des lois, contrairement à l'exercice du pouvoir exécutif, est soumise à des exigences procédurales différentes pour entrer en vigueur.

Selon les juges, la loi en vigueur à l'époque exigeait que les enquêtes pénales du type de celles menées par les procureurs enquêtant sur le scandale immobilier londonien « nécessitent une enquête formelle, sous peine de nullité ». Cependant, ont-ils précisé, le libellé du rescrit du 2 juillet stipulait que « pour les activités d'enquête nécessaires, le Bureau du promoteur de la justice procède selon une procédure sommaire ».

Selon les juges, cette autorisation de « procédure sommaire » au lieu d’une « enquête formelle » constituait la création d’un nouveau moyen de procédure légal, ce qui en faisait, techniquement parlant, une loi.

De ce fait, ont-ils constaté, l'exigence de publication de la nouvelle loi pour son entrée en vigueur n'était pas prévue dans le texte du rescrit. Même si l'enquête spécifique « sous forme de procédure sommaire » devait rester confidentielle, ont estimé les juges, la possibilité d'engager une telle procédure aurait dû être portée à la connaissance du public.

« De l’avis de cette Cour, le défaut de publication du Rescriptum le 2 juillet 2019 a porté atteinte à la légitimité de certaines mesures d’enquête adoptées sur cette base », ont-ils conclu.

Les juges ont déclaré que « ces conclusions n’affectent pas, et ne sauraient affecter, la valeur et la nature du Rescripta. Elles constituent, en réalité, la forme légitime d’expression des pouvoirs du Souverain Pontife, auquel l’article 1 de la Loi fondamentale du 26 novembre 2000 (en vigueur au moment de la promulgation du Rescripta) reconnaît la plénitude des pouvoirs législatif, exécutif et judiciaire. »

Toutefois, en statuant que François exerçait effectivement un pouvoir législatif sous couvert d'un acte administratif, les juges ont rendu une décision qui semble sans précédent, plaçant de fait la légitimité procédurale des actes juridiques papaux sous le contrôle judiciaire de la Cour.

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Sources : -  E.S.M.
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Eucharistie sacrement de la miséricorde - (E.S.M.) 18.03.2026