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Entrée dans le Carême: Léon XIV appelle à se relever des cendres du monde
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Le 19 février 2026 -
E.S.M.
- Après avoir conduit la procession
pénitentielle jusqu’à la basilique Sainte-Sabine, sur la
colline romaine de l’Aventin, le Pape Léon XIV a célébré
la messe qui marque l’entrée dans le Carême, mercredi 18
février. Les cendres apposées sur le front des fidèles
rappellent «le poids d’un monde en feu, de villes
entières détruites par la guerre», a déploré le
Souverain pontife, invitant cependant à «ne pas
s’arrêter dans les cendres, mais à se relever et à
reconstruire».
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Léon XIV, procession
pénitentielle jusqu’à la basilique Sainte-Sabine -
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Entrée dans le Carême: Léon XIV appelle à se relever des cendres du monde
Alexandra Sirgant – Cité du Vatican
Le 19 février 2026 -
E.S.M. - Accompagné des chants de la Litanie des Saints, le Pape
Léon XIV a conduit la procession pénitentielle de l’église
bénédictine de Saint-Anselme, place des Chevaliers de Malte, à la
basilique Sainte-Sabine, toutes deux situées sur la colline romaine
de l’Aventin. Une marche aux côtés de cardinaux, évêques, moines
bénédictins, pères dominicains, mais aussi de fidèles romains venus
marquer le début du Carême auprès de leur Évêque, qui se prépare à
sa première Pâques en tant que 266e Successeur de Pierre.
«L'Église existe comme prophétie» pour qui
reconnait son péché
Avant que les fidèles ne reçoivent sur le front les cendres, le Pape
a insisté sur la dimension communautaire du Carême. Si la
préparation à la mort et à la Résurrection du Christ reste un
cheminement personnel de repentance et de réflexion, elle n’en
demeure pas moins un temps d’unité. «Nous savons combien il est de
plus en plus difficile de rassembler les gens et de se sentir comme
un peuple» a souligné le Souverain pontife dans son homélie.
Excluant le nationalisme et l’agressivité, Léon XIV plaide pour une
«communion où chacun trouve sa place», mais aussi pour un peuple qui
«reconnaît ses propres péchés», conscient du mal qui atteint tous
les cœurs et qui «doit être affronté en assumant courageusement ses
responsabilités». Une attitude à contre-courant des temps, admet le
Saint-Père, «alors qu’il est si naturel de se déclarer impuissant
face à un monde en feu». Mais, «l’Église existe comme prophétie pour
des communautés qui reconnaissent leurs propres péchés». Bien que
personnel, le péché prend forme dans les milieux réels et virtuels,
conditionné par les attitudes adoptées au sein «de véritables
“structures de péché” d’ordre économique, culturel, politique et
même religieux». Le temps de Carême invite les fidèles à «ne plus
être paralysés, rigides, sûrs de leur position, mais rassemblés pour
bouger et changer».
“Le péché est toujours personnel, mais il prend forme dans les
milieux réels et virtuels que nous fréquentons, dans les attitudes
avec lesquelles nous nous conditionnons mutuellement, souvent au
sein de véritables “structures de péché” d’ordre économique,
culturel, politique et même religieux.”
La portée missionnaire du Carême
Cet appel au changement, en ce Mercredi des Cendres, est entendu par
de nombreux jeunes, y compris dans des contextes sécularisés, assure
Léon XIV. «Ce sont eux, en effet, les jeunes, qui saisissent
distinctement qu’un mode de vie plus juste est possible et qu’il
existe des responsabilités quant à ce qui ne va pas dans l’Église et
dans le monde». «Nous sentons donc la portée missionnaire du Carême,
non pas pour nous détourner du travail sur nous-mêmes, mais pour
l’ouvrir à nombre de personnes inquiètes et de bonne volonté qui
cherchent les voies d’un authentique renouveau de la vie, à
l’horizon du Royaume de Dieu et de sa justice».
Les cendres, métaphore d’un monde en
souffrance
Le rite des cendres opère comme une «pédagogie pénitentielle», un
«rappel sévère à la vérité», souligne Léon XIV, faisant siens les
mots de l’un de ses prédécesseurs, le Pape Paul VI, lors d’une
audience générale six décennies plus tôt. Le geste «surprend l’homme
moderne» mais les cendres imposées aujourd’hui sur le front des
fidèles rappellent «le poids d’un monde en feu, de villes entières
détruites par la guerre». Elles symbolisent «les cendres du droit
international et de la justice entre les peuples, les cendres
d’écosystèmes entiers et de la concorde entre les personnes, les
cendres de la pensée critique et des anciennes sagesses locales, les
cendres de ce sens du sacré qui habite toute créature».
Par ce geste, l’Église invite les fidèles à «appeler la mort par son
nom», à «en porter les signes», mais ensuite à «témoigner de la
Résurrection». «Reconnaître nos péchés pour nous convertir est déjà
un présage et un témoignage de résurrection: cela signifie en effet
ne pas s’arrêter dans les cendres, mais se relever et reconstruire».
Alors, «le Triduum pascal libérera toute sa beauté et sa
signification». «Il le fera en nous ayant engagés, par la pénitence,
dans le passage de la mort à la vie, de l’impuissance aux
possibilités de Dieu».
MESSE AVEC LE RITE DES CENDRES
HOMÉLIE DU PAPE LÉON XIV
Basilique Sainte-Sabine en l’Aventin
Mercredi 18 février 2026
Chers frères et sœurs,
au début de chaque Temps liturgique, nous redécouvrons avec une joie toujours
nouvelle la grâce d’être l’Église, c’est-à-dire la communauté convoquée pour
écouter la Parole de Dieu. Le prophète Joël nous a rejoints par sa voix qui
conduit chacun à sortir de son isolement et fait de la conversion une urgence
indissociablement personnelle et publique : « Réunissez le peuple, tenez une
assemblée sainte, rassemblez les anciens, réunissez petits enfants et
nourrissons ! » (Jl 2, 16). Il mentionne les personnes dont l’absence
serait facile à justifier : les plus fragiles et les moins aptes à se rassembler
en grand nombre. Puis le prophète nomme l’époux et l’épouse : il semble les
appeler hors de leur intimité afin qu’ils se sentent partie intégrante d’une
communauté plus large. Viennent ensuite à leur tour les prêtres qui se trouvent
déjà, presque par devoir, « entre le portail et l’autel » (v. 17) ; ils sont
invités à pleurer et à trouver les mots justes pour tous : « Pitié, Seigneur,
pour ton peuple ! » (v. 17).
Le Carême, aujourd’hui encore, est un temps fort de communauté : « Réunissez
le peuple, tenez une assemblée sainte » (Jl 2, 16). Nous savons combien
il est de plus en plus difficile de rassembler les gens et de se sentir comme un
peuple, non pas de manière nationaliste et agressive, mais dans une communion où
chacun trouve sa place. C’est même ici que prend forme un peuple qui reconnaît
ses propres péchés, à savoir que le mal ne vient pas de prétendus ennemis, mais
qu’il a atteint les cœurs, qu’il est présent dans la vie de chacun et qu’il doit
être affronté en assumant courageusement ses responsabilités. Nous devons
admettre qu’il s’agit d’une attitude à contre-courant mais qui, alors qu’il est
si naturel de se déclarer impuissant face à un monde en feu, constitue une
véritable alternative, honnête et attirante. Oui, l’Église existe aussi comme
prophétie pour des communautés qui reconnaissent leurs propres péchés.
Certes, le péché est personnel, mais il prend forme dans les milieux réels et
virtuels que nous fréquentons, dans les attitudes avec lesquelles nous nous
conditionnons mutuellement, souvent au sein de véritables “structures de péché”
d’ordre économique, culturel, politique et même religieux. Opposer le Dieu
vivant à l’idolâtrie – nous enseigne l’Écriture – c’est oser la liberté et la
retrouver à travers un exode, un cheminement. Ne plus être paralysés, rigides,
sûrs de nos positions, mais rassemblés pour bouger et changer. Comme il est rare
de trouver des adultes qui se repentent, des personnes, des entreprises et des
institutions qui admettent avoir commis des erreurs !
Aujourd’hui, il s’agit précisément de cette possibilité pour nous. Et ce
n’est pas un hasard si de nombreux jeunes, même dans des contextes sécularisés,
ressentent plus que par le passé l’appel de ce jour, le Mercredi des Cendres. Ce
sont eux, en effet, les jeunes, qui saisissent distinctement qu’un mode de vie
plus juste est possible et qu’il existe des responsabilités quant à ce qui ne va
pas dans l’Église et dans le monde. Il convient donc de commencer là où l’on
peut et avec ceux qui sont là. « Voici maintenant le moment favorable, voici
maintenant le jour du salut ! » (2 Co 6, 2). Nous sentons donc la portée
missionnaire du Carême, non pas pour nous détourner du travail sur nous-mêmes,
mais pour l’ouvrir à nombre de personnes inquiètes et de bonne volonté qui
cherchent les voies d’un authentique renouveau de la vie, à l’horizon du Royaume
de Dieu et de sa justice.
« Pourquoi les peuples diraient-ils : « Où donc est leur Dieu ? » » (Jl
2, 17). La question du prophète est comme un aiguillon. Elle nous rappelle aussi
ces pensées qui nous concernent et qui surgissent chez ceux qui observent le
peuple de Dieu de l’extérieur. Le Carême nous incite en effet à ces revirements
– ces conversions – dont dépend la crédibilité de notre annonce.
Il y a soixante ans, quelques semaines après la fin du
Concile Vatican II, saint
Paul VI voulut célébrer publiquement le rite des cendres, rendant visible à
tout le monde, lors d’une Audience générale dans la Basilique Saint-Pierre, le
geste que nous sommes sur le point d’accomplir aujourd’hui. Il en parla comme
d’une « cérémonie pénitentielle sévère et impressionnante » (Paul VI,
Audience générale, 23 février 1966), qui heurte le sens commun et en même
temps rejoint les questions de la culture. Il disait : « Nous, les modernes,
nous pouvons nous demander si cette pédagogie est encore compréhensible. Nous
répondons par l’affirmative. Parce qu’il s’agit d’une pédagogie réaliste. Elle
est un rappel sévère à la vérité. Elle nous ramène à la vision juste de notre
existence et de notre destin ».
Cette « pédagogie pénitentielle » – disait Paul
VI – « surprend l’homme moderne sous deux aspects » : le premier est « celui
de son immense capacité d’illusion, d’autosuggestion, de tromperie systématique
de lui-même sur la réalité de la vie et ses valeurs ». Le second aspect est « le
pessimisme fondamental » que le Pape Montini constatait partout : « La plupart
des témoignages humains que nous offrent aujourd’hui la philosophie, la
littérature, le spectacle – disait-il – concluent en proclamant la vanité
inéluctable de toute chose, l’immense tristesse de la vie, la métaphysique de
l’absurde et du néant. Ces témoignages sont une apologie des cendres ».
Nous pouvons aujourd’hui reconnaître la prophétie que contenaient ces paroles
et sentir dans les cendres qui nous sont imposées le poids d’un monde en feu, de
villes entières détruites par la guerre : les cendres du droit international et
de la justice entre les peuples, les cendres d’écosystèmes entiers et de la
concorde entre les personnes, les cendres de la pensée critique et des anciennes
sagesses locales, les cendres de ce sens du sacré qui habite toute créature.
« Où donc est leur Dieu ? », se demandent les peuples. Oui, très chers amis,
l’histoire nous le demande, et avant cela, notre conscience : appeler la mort
par son nom, en porter les signes, mais témoigner de la résurrection.
Reconnaître nos péchés pour nous convertir est déjà un présage et un témoignage
de résurrection : cela signifie en effet ne pas s’arrêter dans les cendres, mais
se relever et reconstruire. Alors, le Triduum pascal, que nous célébrerons au
sommet du cheminement du Carême, libérera toute sa beauté et sa signification.
Il le fera en nous ayant engagés, par la pénitence, dans le passage de la mort à
la vie, de l’impuissance aux possibilités de Dieu.
C’est pourquoi les martyrs d’hier et d’aujourd’hui brillent comme des
pionniers de notre chemin vers Pâques. L’ancienne tradition romaine des
stations de Carême – dont celle d’aujourd’hui est la première – est
instructive : elle renvoie autant au mouvement, en tant que pèlerins, qu’à la
pause – statio – auprès des “mémoires” des martyrs sur lesquelles
s’élèvent les basiliques de Rome. N’est-ce pas une invitation à nous mettre sur
les traces des témoignages admirables dont le monde entier est désormais parsemé
? Reconnaître les lieux, les histoires et les noms de ceux qui ont choisi la
voie des Béatitudes et en ont assumé les conséquences jusqu’au bout. Une myriade
de semences qui, alors qu’elles semblaient perdues, ensevelies dans la terre,
ont préparé la moisson abondante qu’il nous appartient de récolter. Le Carême,
comme nous le suggère l’Évangile, en nous libérant du désir d’être vus à tout
prix (cf. Mt 6, 2.5.16), nous apprend plutôt à voir ce qui naît, ce qui
grandit, et nous pousse à le servir. C’est l’harmonie profonde qui s’établit
dans le secret de celui qui jeûne, prie et aime avec le Dieu de la vie, notre
Père et celui de tous. C’est vers Lui que nous réorientons, avec sobriété et
joie, tout notre être, tout notre cœur.
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Sources
:
-
E.S.M.
Ce document est destiné à l'information; il ne
constitue pas un document officiel
Eucharistie sacrement de la miséricorde -
(E.S.M.) 19.02.2026
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