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Message de Léon XIV pour le Carême 2026 : Ecouter et jeûner; le carême comme
temps de conversion
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Le 15 février 2026 -
E.S.M.
- Dans son message à l'approche du
Carême, qui commence ce mercredi 18 février, jour des
Cendres, le pape Léon XIV a donné trois conseils pour
suivre un véritable chemin de conversion vers Pâques :
cultiver l'écoute, jeûner des paroles blessantes et
favoriser l'union entre les fidèles.
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Message de Léon XIV pour le Carême 2026 : "Ecouter et jeûner; le carême
comme temps de conversion"
Le 15 février 2026 -
E.S.M. - Dans son message à l'approche du Carême, qui commence
ce mercredi 18 février, jour des Cendres, le pape Léon XIV a donné
trois conseils pour suivre un véritable chemin de conversion vers
Pâques : cultiver l'écoute, jeûner des paroles blessantes et
favoriser l'union entre les fidèles.
Voici le message du Saint-Père :
MESSAGE DU SAINT-PÈRE LÉON XIV
POUR LE CARÊME 2026
Écouter et jeûner.
Le Carême comme temps de conversion
Chers frères et sœurs !
Le Carême est le temps où l’Église, avec une sollicitude maternelle,
nous invite à remettre le mystère de Dieu au centre de notre vie,
afin que notre foi retrouve son élan et que notre cœur ne se
disperse pas entre les inquiétudes et les distractions quotidiennes.
Tout cheminement de conversion commence lorsque nous nous laissons
rejoindre par la Parole et que nous l’accueillons avec docilité
d’esprit. Il existe donc un lien entre le don de la Parole de Dieu,
l’espace d’hospitalité que nous lui offrons et la transformation
qu’elle opère. C’est pourquoi le cheminement du Carême devient une
occasion propice pour prêter l’oreille à la voix du Seigneur et
renouveler la décision de suivre le Christ, en parcourant avec Lui
le chemin qui monte à Jérusalem où s’accomplit le mystère de sa
passion, de sa mort et de sa résurrection.
Écouter
Cette année, je voudrais attirer l’attention, en premier lieu, sur
l’importance de laisser place à la Parole à travers l’écoute, car la
disposition à écouter est le premier signe par lequel se manifeste
le désir d’entrer en relation avec l’autre.
Dieu Lui-même, se révélant à Moïse depuis le buisson ardent, montre
que l’écoute est un trait distinctif de son être : « J’ai vu la
misère de mon peuple qui est en Égypte, et j’ai entendu ses cris
» (Ex 3, 7). L’écoute du cri de l’opprimé est le début d’une
histoire de libération dans laquelle le Seigneur implique également
Moïse, en l’envoyant ouvrir une voie de salut à ses enfants réduits
en esclavage.
Un Dieu engageant nous rejoint aujourd’hui aussi avec des pensées
qui font vibrer son cœur. Pour cela, l’écoute de la Parole dans la
liturgie nous éduque à une écoute plus authentique de la réalité :
parmi les nombreuses voix qui traversent notre vie personnelle et
sociale, les Saintes Écritures nous rendent capables de reconnaître
celle qui s’élève de la souffrance et de l’injustice, afin qu’elle
ne reste pas sans réponse. Entrer dans cette disposition intérieure
de réceptivité c’est se laisser instruire aujourd’hui par Dieu à
écouter comme Lui, jusqu’à reconnaître que « la condition des
pauvres est un cri qui, dans l’histoire de l’humanité, interpelle
constamment notre vie, nos sociétés, nos systèmes politiques et
économiques et, enfin et surtout, l’Église ». [1]
Jeûner
Si le Carême est un temps d’écoute, le jeûne constitue une pratique
concrète qui dispose à l’accueil de la Parole de Dieu. L’abstinence
de nourriture est, en effet, un exercice ascétique très ancien et
irremplaçable dans le chemin de conversion. Précisément parce qu’il
implique le corps, il rend plus évident ce dont nous avons “faim” et
ce que nous considérons comme essentiel à notre subsistance. Il sert
donc à discerner et à ordonner les “appétits”, à maintenir vigilant
la faim et la soif de justice en les soustrayant à la résignation,
en les éduquant pour qu’ils deviennent prière et responsabilité
envers le prochain.
Saint Augustin, avec finesse spirituelle, laisse entrevoir la
tension entre le temps présent et l’accomplissement futur qui
traverse cette garde du cœur, lorsqu’il observe que : « Au cours de
la vie terrestre, il appartient aux hommes d’avoir faim et soif de
justice, mais en être rassasiés appartient à l’autre vie. Les anges
se rassasient de ce pain, de cette nourriture. Les hommes, en
revanche, en ont faim, ils sont tous tendus vers le désir de
celui-ci. Cette tension dans le désir dilate l’âme, augmente sa
capacité ». [2] Le jeûne, compris dans ce sens, nous permet non
seulement de discipliner le désir, de le purifier et de le rendre
plus libre, mais aussi de l’élargir de manière à ce qu’il se tourne
vers Dieu et s’oriente à accomplir le bien.
Cependant, pour que le jeûne conserve sa vérité évangélique et
échappe à la tentation d’enorgueillir le cœur, il doit toujours être
vécu dans la foi et l’humilité. Cela exige de rester enraciné dans
la communion avec le Seigneur parce que « personne ne jeûne
vraiment s’il ne sait pas se nourrir de la Parole de Dieu ». [3]
En tant que signe visible de notre engagement intérieur à nous
soustraire, avec le soutien de la grâce, au péché et au mal, le
jeûne doit également inclure d’autres formes de privation visant à
nous faire acquérir un mode de vie plus sobre, car « c’est
l’austérité seule qui rend authentique et forte notre vie chrétienne
». [4]
Je voudrais donc vous inviter à une forme d’abstention très concrète
et souvent peu appréciée, celle des paroles qui heurtent et blessent
le prochain. Commençons par désarmer le langage en renonçant aux
mots tranchants, aux jugements hâtifs, à médire de qui est absent et
ne peut se défendre, aux calomnies. Efforçons-nous plutôt
d’apprendre à mesurer nos paroles et à cultiver la gentillesse : au
sein de la famille, entre amis, dans les lieux de travail, sur les
réseaux sociaux, dans les débats politiques, dans les moyens de
communication, dans les communautés chrétiennes. Alors, nombre de
paroles de haine laisseront place à des paroles d’espoir et de paix.
Ensemble
Enfin, le Carême met en évidence la dimension communautaire de
l’écoute de la Parole et de la pratique du jeûne. L’Écriture
souligne également cet aspect de nombreuses façons. Par exemple,
lorsqu’elle raconte, dans le livre de Néhémie, que le peuple se
rassembla pour écouter la lecture publique du livre de la Loi et,
pratiquant le jeûne, se disposa à la confession de foi et à
l’adoration afin de renouveler l’alliance avec Dieu (cf. Ne 9, 1-3).
De même, nos paroisses, les familles, les groupes ecclésiaux et les
communautés religieuses sont appelés à accomplir pendant le Carême
un cheminement commun dans lequel l’écoute de la Parole de Dieu,
tout comme celle du cri des pauvres et de la terre, devienne une
forme de vie commune et dans lequel le jeûne soutienne une
authentique repentance. Dans cette perspective, la conversion
concerne, outre la conscience de chacun, le style des relations, la
qualité du dialogue, la capacité à se laisser interroger par la
réalité et à reconnaître ce qui oriente véritablement le désir, tant
dans nos communautés ecclésiales que dans l’humanité assoiffée de
justice et de réconciliation.
Biens aimés, demandons la grâce d’un Carême qui rende notre oreille
plus attentive à Dieu et aux plus démunis. Demandons la force d’un
jeûne qui passe aussi par la langue, afin que diminuent les paroles
qui blessent et que grandisse l’espace pour la voix de l’autre. Et
faisons en sorte que nos communautés deviennent des lieux où le cri
de ceux qui souffrent soit accueilli et où l’écoute engendre des
chemins de libération, nous rendant plus prompts et plus diligents à
contribuer à l’édification de la civilisation de l’amour.
Je vous bénis de tout cœur ainsi que votre cheminement de Carême.
Du Vatican, le 5 février 2026, mémoire de sainte Agathe, vierge
et martyre.
LÉON PP. XIV
[1] Exhort. ap.
Dilexi te (4 octobre 2025), 9.
[2] Saint Augustin, L’utilité du jeûne, 1, 1.
[3] Benoît XVI,
Catéchèse(9 mars 2011).
[4] Saint Paul VI, Catéchèse (8 février 1978).
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Dicastère pour la Communication - Libreria Editrice Vaticana
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Sources
:
-
E.S.M.
Ce document est destiné à l'information; il ne
constitue pas un document officiel
Eucharistie sacrement de la miséricorde -
(E.S.M.) 15.02.2026
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