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Voici un texte qui ne souffre aucun
commentaire. Il dit tout. Il dit Dieu
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Le 31 juillet 2026 -
E.S.M.
- Dans toute célébration liturgique, Dieu occupe
la première place. Il est le centre et le sommet. La
liturgie est ordonnée à Lui, tout entière tournée vers
Lui. Par elle, l'Église enseigne au monde à rendre à
Dieu la priorité absolue, dans toutes ses entreprises,
dans tous ses gestes, dans toute son histoire. Cardinal
R. Sarah
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La Messe de saint Grégoire
(Anonyme, Flandres, fin XVe siècle) -
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Cardinal SARAH
Nihil Operi Dei praeponatur -
Ne rien préférer à l'œuvre de Dieu
N. D. - Comment définiriez-vous ce que l'on nomme le culte ?
Qu'est-ce que le culte divin ?
Cardinal Robert. Sarah. - Pour comprendre le culte divin, il convient de
revenir à l'enseignement du concile Vatican II, tel qu'il s'exprime
dans la Constitution sur la sainte liturgie,
Sacrosanctum Concilium. Ce texte fondamental affirme : « Les
actions liturgiques ne sont pas des actions privées, mais des
célébrations de l'Église, qui est "le sacrement
de l'unité",
c'est-à-dire le peuple saint réuni et organisé sous l'autorité des
évêques. C'est pourquoi elles appartiennent au Corps tout entier de
l'Église, elles le manifestent et elles l'affectent ; mais elles
atteignent chacun de ses membres, de façon diverse, selon la
diversité des ordres, des fonctions et de la participation effective
» (SC, n. 26).
Cette doctrine se trouve également, sous une forme plus
développée, dans la Constitution
Lumen gentium, qui rappelle la structure sacrée et organique de
la communauté sacerdotale : « Les fidèles incorporés à l'Église par
le baptême ont reçu un caractère qui les délègue pour le culte
religieux chrétien ; devenus fils de Dieu par une régénération, ils
sont tenus de professer devant les hommes la foi que par l'Église
ils ont reçue de Dieu. Par le sacrement de confirmation, leur lien
avec l'Église est rendu plus parfait, ils sont enrichis d'une force
spéciale de l'Esprit-Saint et obligés ainsi plus strictement tout à
la fois de répandre et défendre la foi par la parole et par l'action
en vrais témoins du Christ. Participant au sacrifice eucharistique,
source et sommet de toute la vie chrétienne, ils offrent à Dieu la
victime divine et s'offrent eux-mêmes avec elle ; ainsi, tant par
l'oblation que par la sainte communion, tous, non pas indifféremment
mais chacun à sa manière, prennent leur part originale dans l'action
liturgique. Il s'ensuit que, ayant été renouvelés par le Corps du
Christ au cours de la sainte liturgie eucharistique, ils manifestent
sous une forme concrète l'unité du peuple de Dieu que ce grand
sacrement signifie en perfection et réalise admirablement» (LG, n.
11).
Ainsi, le Concile enseigne clairement que l'Ecclesia,
ce corps vivant et structuré qu'est l'Église, est le véritable sujet
de l'action liturgique. L'Église est envoyée vers les hommes pour
leur annoncer le salut que Dieu leur offre dans
le Christ, unique et seul Sauveur de
l'humanité. Mais, une fois rassemblés dans la foi, les
fidèles sont appelés à se tourner ensemble vers Dieu pour le
glorifier, l'adorer et lui rendre grâce..
L'Église, selon l'expression de saint Pierre, doit faire de
ses enfants « des pierres vivantes dans l'édification d'un édifice
spirituel », formant « un sacerdoce saint, en vue d'offrir des
sacrifices spirituels agréables à Dieu par Jésus-Christ » (1P 2, 5).
L'Apôtre ajoute : « Vous êtes une race élue, un sacerdoce royal, une
nation sainte, un peuple acquis, pour proclamer les louanges de
Celui qui vous a appelés des ténèbres à son admirable lumière »
(1P2, 9).
C'est là le sens le plus profond du culte divin, tel qu'il
s'accomplit dans la liturgie chrétienne.
Le terme même de liturgie — du grec leitourgia — signifie à
l'origine « œuvre populaire », ou service rendu en faveur du peuple.
Dans la société grecque antique, ce mot désignait une fonction
exercée par les citoyens les plus riches ou les autorités, dans
l'intérêt de la communauté : par exemple, lorsqu'un homme finançait
l'équipement d'un navire de guerre ou les jeux publics. Par la
suite, ce terme fut réservé au domaine du culte, et il passa dans le
langage de l'Église.
N. D. - Quelle est la place de Dieu dans la liturgie ?
Cardinal R. S. — La liturgie est, dans son essence, un service rendu
à Dieu pour le bien du peuple. Elle est le culte officiel, public,
solennel de l'Église ; elle se distingue en cela de la prière
privée. Elle est l'action sacrée par laquelle l'Église tout entière
— non un individu isolé - se tient devant Dieu pour le servir,
l'adorer, le glorifier, le remercier. Comme le dit la prière
liturgique : « astare coram te et tibi ministrare » — «
se
tenir devant toi pour te servir ».
Dans toute célébration liturgique, Dieu occupe la première
place. Il est le centre et le sommet. La liturgie est ordonnée à
Lui, tout entière tournée vers Lui. Par elle, l'Église enseigne au
monde à rendre à Dieu la priorité absolue, dans toutes ses
entreprises, dans tous ses gestes, dans toute son histoire.
C'est ce qui s'accomplit, de manière visible et parfaite,
chaque dimanche, lorsque la communauté paroissiale se rassemble
autour de son pasteur — l'évêque ou le prêtre — pour célébrer le
Saint Sacrifice tel que le demande et l'a établi l'Ordo de l'Église.
( Ndlr : Ce texte pour nous guider :
CONGRÉGATION POUR LE CULTE DIVIN ET LA DISCIPLINE DES SACREMENTS
)
Il y a alors véritablement culte liturgique. Il y a culte également
lorsque le prêtre chante les vêpres avec les fidèles, ou même
lorsqu'il célèbre la messe seul, sans assistance : car il agit in
persona Christi, et c'est l'Église tout entière, peuple saint de
Dieu, qui exerce son activité cultuelle. Même solitaire, le prêtre
ne célèbre jamais en son nom propre, mais avec l'Épouse du Christ.
La liturgie chrétienne, parce qu'elle est publique, implique
nécessairement des formes visibles, objectives, symboliques. La
prière privée, dans le secret du cœur ou de la maison, peut se
passer de formes fixes ; elle obéit aux élans personnels, à la
ferveur intérieure. Mais le culte liturgique, lui, exige une
expression commune. Une assemblée ne peut prier d'une seule voix
qu'en adoptant une langue, des gestes, des chants, des rites, qui
manifestent visiblement l'unité du peuple.
C'est pourquoi, au fil des siècles, la liturgie de l'Église
s'est enrichie de formes magnifiques : prières inspirées, mélodies
sacrées, gestes solennels, ornements liturgiques, architecture
sacrée. Tout l'art chrétien s'est mis au
service de la liturgie pour dire, dans la beauté, la sainteté de
Dieu.
Ces formes ne sont pas accessoires. Elles sont constitutives.
La liturgie existe toujours, même lorsque la ferveur intérieure
manque, à condition que la forme soit respectée. De même qu'un
sacrement est valide lorsque le ministre fait ce que l'Église entend
faire - même s'il est pécheur -, de même la liturgie demeure
objective.
Cela étant dit, la liturgie ne peut trouver sa vérité qu'à la
condition que l'extérieur corresponde à l'intérieur. Elle doit être
« spiritus et veritas » - « esprit et vérité
». Car, ainsi
que le rappelle l'Évangile : « Le Père cherche de tels adorateurs »
(Jn 4, 23).
La prière personnelle peut varier selon les besoins, les
circonstances, les affections. Elle s'adresse parfois à un saint, à
la Vierge Marie, pour obtenir une faveur, une grâce, une protection.
Mais la prière liturgique ne s'arrête pas à l'intercession. Elle va
jusqu'à Dieu. Elle reflète l'ordre du salut. Elle manifeste le
cosmos chrétien : Dieu comme principe et fin de toutes choses, le
Christ comme Grand Prêtre et Médiateur, les saints comme
intercesseurs, l'Église comme assemblée des rachetés, le monde comme
lieu d'épreuve et de grâce.
N. D. — Ainsi, la liturgie est toujours, par essence, une
adoration ?
Cardinal R. S. — Elle est le culte suprême rendu à Dieu. Et
c'est
pourquoi sa forme doit être belle, noble, sacrée.
Elle doit refléter
la sainteté de ce qu'elle célèbre. La liturgie doit être divine.
Elle doit être tout orientée vers Dieu.
Dès lors, toute la création matérielle est convoquée pour
participer à la glorification du Seigneur. L'or, l'argent, le
marbre, les pierres précieuses, la lumière, l'encens, les couleurs,
les sons - tout ce que la nature offre de plus noble, et tout ce que
l'art humain façonne de plus élevé — s'unissent à la louange de
l'Église pour chanter la gloire de Dieu. ( Cf. J.A. Jungmann, S.J.,
La Liturgie de l'Église romaine, Éditions Salvator, 1957.)
Je rends grâce pour le don que fut le pape Benoît XVI. Il
voulut, de toutes ses forces, aider l'Eglise à retrouver le sens
profond de la liturgie, comme relation personnelle, vivante, intime
avec Dieu. Pour lui, Dieu occupait la première place. Il savait que
la liturgie est l'expression même de cette volonté divine « qui veut
que tous les hommes soient sauvés et parviennent à la connaissance
de la vérité » (1Tm 2, 4). Il comprenait que placer Dieu au centre
de la liturgie, c'est déjà œuvrer à la conversion du monde.
Voici ce que Benoit XVI écrivait dans la préface de l'édition russe de
ses Opera Omnia :
« "Nihil Operi Dei praeponatur" — "Ne
rien préférer à l'œuvre de Dieu". Par ces paroles, saint
Benoît, dans sa Règle (43, 3), a établi la priorité absolue du culte
divin sur tout autre devoir de la vie monastique. Dans la conscience
des hommes d'aujourd'hui, les choses de Dieu, et avec elles la
liturgie, ne semblent pas du tout urgentes. Il y a urgence pour
toutes les choses possibles. La chose de Dieu ne semble jamais être
urgente... Et cependant, la priorité de Dieu, que nous avons
oubliée, vaut pour tous. Si Dieu n'est pas important, on place les
critères pour établir ce qui est important. L'homme, en mettant Dieu
de côté, se soumet lui-même à des contraintes qui le rendent esclave
des forces matérielles et qui sont ainsi opposées à sa dignité. Dans
les années qui ont suivi le concile Vatican II, je suis devenu de
nouveau conscient de la priorité de Dieu et de la liturgie divine...
L'action des êtres humains a fait presque oublier la présence de
Dieu. Dans une telle situation, il devient toujours plus clair que
l'existence de l'Église vit de la célébration juste de la liturgie,
et que l'Église est en danger lorsque le
primat de Dieu
n'apparaît
plus dans la liturgie, et ainsi dans la vie. La cause plus profonde
de la crise qui a bouleversé l'Église réside dans l'obscurcissement
de la priorité de Dieu dans la liturgie. Le vrai renouveau de la
liturgie est une condition fondamentale pour le renouveau de
l'Église.( Benoît XVI, 11 juillet 2015.(1) »
Ce texte ne souffre aucun
commentaire. Il dit tout. Il dit Dieu.
(1) Voici la traduction intégrale de la préface publiée
en italien par la Fondation Joseph Ratzinger-Benoît XVI le 3
octobre. Préface de Benoît XVI Nihil Operi Dei praeponatur —
Ne rien préférer à l’œuvre de Dieu.
Par ces paroles, saint Benoît, dans sa Règle (43,3), a établi la
priorité absolue du Culte divin sur tout autre devoir de la vie
monastique. Cela, même dans la vie monastique, n’était pas
immédiatement une évidence parce que pour les moines le travail de
l’agriculture et de la science était aussi un devoir essentiel.
Aussi bien dans l’agriculture que dans l’artisanat et dans le
travail de formation, il pouvait y avoir des urgences temporelles
qui pouvaient sembler plus importantes que la liturgie. Face à tout
cela Benoît, avec la priorité attribuée à la liturgie, met en relief
la priorité de Dieu dans notre vie, sans équivoque : « A l’heure de
l’Office divin, dès que l’on entend le signal, on laisse tout ce que
l’on a entre les mains, on accoure avec la plus grande sollicitude »
(43,1). Dans la conscience des hommes d’aujourd’hui, les choses de
Dieu, et avec elles la liturgie, ne semblent pas du tout urgentes.
Il y a urgence pour toutes les choses possibles. La chose de Dieu ne
semble jamais urgente. Aujourd’hui, on pourrait affirmer que la vie
monastique est en tout état de cause différente de la vie des hommes
dans le monde, et c’est certainement juste. Et
cependant la priorité de Dieu que nous avons oubliée vaut pour tous.
Si Dieu n’est plus important, on déplace les critères pour établir
ce qui est important. L’homme, en mettant Dieu de côté, se soumet
lui-même à des contraintes qui le rendent esclave de forces
matérielles et qui sont ainsi opposées à sa dignité. Dans les années
qui ont suivi le Concile Vatican II, je suis devenu à nouveau
conscient de la priorité de Dieu et de la liturgie divine. Le
malentendu de la réforme liturgique qui s’est largement répandu dans
l’Eglise catholique a conduit à mettre toujours plus au premier plan
l’aspect de l’instruction et de son activité et sa créativité.
L’action des êtres humains a fait presque oublier la présence de
Dieu. Dans une telle situation, il devient toujours plus clair que
l’existence de l’Église vit de la
célébration juste de la liturgie et que l’Église
est en danger lorsque le primat de Dieu n’apparaît plus dans la
liturgie et ainsi dans la vie. La cause plus profonde de la crise
qui a bouleversé l’Église réside dans
l’obscurcissement de la priorité de Dieu dans la liturgie. Tout cela
m’a conduit à me dédier au thème de la liturgie plus largement que
par le passé parce que je savais que le vrai renouveau de la
liturgie est une condition fondamentale pour le renouveau de l’Église.
Sur la base de cette conviction sont nées les études qui sont
recueillies dans ce volume 11 de l’Opera omnia. Mais au fond,
malgré toutes les différences, l’essence de la liturgie en Orient et
en Occident est unique et identique. Et ainsi j’espère que ce livre
pourra aider aussi les chrétiens de Russie à comprendre de façon
nouvelle et mieux le grand cadeau qui nous est donné dans la Sainte
Liturgie. Cité du Vatican, Fête de Saint Benoît, 11 juillet 2015
Benoît XVI
LECTURE :
La liturgie de l’Église est pour Benoît XVI l’activité centrale de
sa vie
Benoît XVI : Théologie du silence
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Sources : Extraits de
"2050" - Entretien du cardinal Sarah avec Nicolas Diat
-
E.S.M
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Eucharistie sacrement de la miséricorde -
(E.S.M.) 31.07.2026
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