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Le Christ cesse d'être l'homme qui est Dieu pour devenir un homme qui a fait
l'expérience de Dieu
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Le 31 mars 2026 -
E.S.M.
- La foi que le Christ
est le Fils unique de Dieu, qu'en lui Dieu est
réellement présent comme homme parmi nous et que l'homme
Jésus est éternellement en Dieu, qu'il est Dieu
lui-même, non pas une figure sous laquelle Dieu se
révèle mais Dieu même, le Dieu unique et non
interchangeable, cette foi est alors éliminée.
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Jésus est Dieu lui-même
Le Christ cesse d'être l'homme qui est Dieu pour devenir un homme qui a fait
l'expérience de Dieu
Introduction
au christianisme
Pages précédentes :
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Paris 1968, on célébrait une eucharistie révolutionnaire
-
On est parvenu à arracher Dieu du cœur des hommes
III - La figure du Christ est interprétée
de façon totalement nouvelle
1. La figure du Christ est interprétée de façon totalement nouvelle,
non seulement par rapport au dogme, mais également par rapport à
l'Évangile. La foi que le Christ est
le Fils unique de Dieu, qu'en
lui Dieu est réellement présent comme homme parmi nous et que
l'homme Jésus est éternellement en Dieu, qu'il est Dieu
lui-même,
non pas une figure sous laquelle Dieu se révèle mais Dieu même,
le Dieu unique et non interchangeable, cette foi est alors éliminée.
Le Christ cesse d'être l'homme qui
est Dieu pour devenir un homme qui
a fait l'expérience
de Dieu d'une manière particulière.
Il est un illuminé
-
et n'est plus fondamentalement différent en cela d'autres
illuminés comme Bouddha par exemple. Mais, dans une telle
interprétation, la figure de Jésus perd sa logique intérieure. Elle
est arrachée à son ancrage historique et pressée dans un schéma qui
lui est étranger. Bouddha - comparable en cela à Socrate - renvoie à
autre chose que lui : ce n'est pas sa personne qui importe, mais
uniquement le chemin qu'il a indiqué. Celui qui a trouvé le chemin
peut oublier Bouddha. Mais pour Jésus il s'agit précisément de sa
personne, de lui-même. À travers son « Moi je suis »
(Jean 14:6), on perçoit le
« Je suis » (Exode 3, 1-7)
de la montagne de l'Horeb. Le chemin consiste précisément
à le suivre, car « Je
suis le Chemin, la Vérité et la Vie » (Jn 14,
6). Il est lui-même le chemin, il n'y a pas de chemin qui soit
indépendant de lui, sur lequel il ne compterait plus. Si donc ce
n'est justement pas une doctrine mais sa personne qui constitue le
message véritable, il faut cependant ajouter que ce
Je est un pur
renvoi au Tu
du Père, qu'il ne repose pas en lui-même mais est
réellement « chemin ». « Mon enseignement n'est pas de moi » (Jn 7,
16), « Je ne cherche pas ma propre volonté, mais la volonté de celui
qui m'a envoyé » (Jn 5, 30). Le « je
» est important parce qu'il nous
introduit entièrement dans la dynamique de l'envoi, parce qu'il
conduit à aller au-delà de soi-même et à être uni à celui pour
lequel nous sommes créés. Si on sort la figure de Jésus de cet ordre
de grandeur qui, à vrai dire, suscite toujours le scandale, si on la
sépare de la condition divine, elle devient contradictoire. Il ne
subsiste que des lambeaux qui nous laissent déconcertés, ou qui
deviennent des prétextes pour nous confirmer nous-mêmes.
2. Le concept de Dieu est modifié de façon radicale. La question de
savoir si Dieu doit être pensé comme une personne ou de façon
a-personnelle apparaît maintenant secondaire ; on ne peut plus
discerner de différence essentielle entre formes de religion
théistes (Ndlr
: le théiste est celui qui est près d'admettre la révélation et qui
admet déjà l'existence de Dieu).et non théistes. Cette vision des choses se propage avec
une vitesse étonnante. Même des catholiques croyants et ayant une
formation théologique, qui veulent contribuer à la vie de l'Église,
posent tout naturellement la question : est-il réellement si
important de concevoir Dieu comme une personne plutôt que de
façon non personnelle ? Nous devrions être larges d'esprit à ce sujet,
pense-t-on, puisque de toute manière le mystère se trouve au-delà de
tous les concepts et de toutes les images. Mais on touche ici le
cœur de la foi biblique. Non seulement pour Israël mais pour les
chrétiens dans leur ensemble, le Shema, le «
Écoute Israël » de Dt
6. 4-9 était et demeure le centre véritable de l'identité croyante.
C'est avec ce mot que meurt le juif croyant ; c'est avec lui et pour
lui que les martyrs juifs ont donné leur vie : «
Écoute Israël,
c'est Yahvé notre Dieu, Yahvé seul. » Que Dieu nous montre à présent
en Jésus son visage (Jn 14, 9) que Moïse n'a pas eu le droit de voir
(Ex 33, 19) ne change en rien cette confession de foi, ne change en
rien l'essence de cette identité. Que Dieu est personne n'apparaît
naturellement pas dans la Bible sous ce concept, mais sous la forme
qu'il existe un nom de Dieu. Le nom signifie possibilité d'être
appelé, capacité de parler, d'entendre, de répondre. Cela est
essentiel pour le Dieu biblique, et si on enlève cela on a quitté la
foi de la Bible. Incontestablement il a existé et il existe des
manières fausses, superficielles, de concevoir Dieu comme personne.
Au moment même où nous appliquons le concept de personne à Dieu, la
différence entre notre idée de la personne et la réalité de Dieu
est toujours plus grande que ce qui leur est commun, comme nous le
dit le IVe concile du Latran à propos de tout discours
relatif à Dieu. De fausses applications de la notion de personne à
Dieu existent toujours, de façon certaine, lorsque Dieu est utilisé
à des fins humaines et que son nom se trouve ainsi souillé. Ce n'est
pas un hasard si
le deuxième commandement, qui doit préserver le nom de
Dieu, suit directement le premier qui nous apprend à l'adorer. C'est
pourquoi il nous faut toujours entendre et réentendre le discours
sur Dieu des religions « mystiques » avec leur théologie purement
négative, et c'est pourquoi il existe des chemins dans un sens et
dans l'autre. Mais lorsque disparaît ce que veut dire « nom de
Dieu
», c'est-à-dire l'être-personne de Dieu, son nom n'est plus
préservé et honoré, mais abandonné.
Mais que veut-on réellement dire en parlant de nom de Dieu, de
son
être-personne ? Précisément ceci : que non seulement
nous pouvons
faire nous-mêmes l'expérience de Dieu au-delà de toute expérience,
mais que lui-même peut s'extérioriser, se communiquer.
Là où Dieu
est conçu de façon entièrement a-personnelle, comme dans le
bouddhisme, comme le pur rien par rapport à tout ce qui se manifeste
réellement à nous, il n'existe pas de relation positive de « Dieu »
au monde. Là, le monde doit être dépassé en tant que source de
souffrances, mais il n'y a plus à lui donner forme. La religion
indique alors des voies pour surmonter le monde, pour être libéré du
poids de son apparence, mais pas de critères concernant la manière
dont nous pouvons vivre dans le monde, pas de formes de
responsabilité commune en lui. Ce qui est l'essentiel, c'est
l'expérience de l'identité : au fond de moi-même, je suis un avec le
fond caché de la réalité elle-même — c'est le célèbre tat tvam asi
(Tu es Cela)
des Upanishad (Les
Upanishads sont les textes philosophico-religieux de l'Hindouisme). Le salut consiste dans le fait d'être délivré de
l'individuation, du fait d'être une personne, dans le dépassement de
la distinction d'avec tout ce qui est et qui est fondée dans le fait
d'être une personne : l'illusion du soi quant à lui-même doit être
écartée. Le caractère problématique de cette vision de l'être a été
perçu très fortement dans le néo-hindouisme. Lorsque le caractère
singulier des personnes n'existe pas, il n'est pas possible non plus
de fonder la dignité intangible de chaque personne. Or pour les
réformes que l'on mettait en route (abolition du système des castes,
de la crémation des veuves, etc.), il était
nécessaire justement de prendre congé de cette conception
fondamentale et d'insérer dans le dispositif d'ensemble de la pensée
hindouiste
la notion de personne telle
qu'elle est née dans la foi chrétienne de la rencontre avec le Dieu
personnel. La quête de la « praxis » juste, de l'agir juste, a
commencé ici à corriger la « théorie » : on peut voir là, dans une
certaine mesure, à quel point la foi chrétienne en Dieu est «
pratique », et qu'on ne doit pas rejeter les grandes questions
distinctives du côté de ce qui en fin de compte est sans importance.
Ces réflexions nous ont conduit là où doit commencer aujourd'hui une
« Introduction au christianisme ». Avant de tenter d'aller un peu
plus loin dans la ligne qui a été suggérée, une remarque concernant
la situation actuelle de la foi en Dieu et au Christ peut être faite
encore. Il existe une crainte de l'« impérialisme » chrétien, la
nostalgie de la belle diversité des religions, et de la gaieté et de
la liberté originelles qu'on leur prête. Le colonialisme, dit-on,
est lié à l'essence historique du christianisme historique qui n'a
pas voulu accepter l'autre dans son altérité mais a cherché à tout
placer sous sa garde. C'est de cette manière que les religions et
les cultures d'Amérique du Sud auraient été piétinées et écrasées,
et qu'on aurait fait violence à l'âme des peuples
qui ne serait pas
parvenue à se faire à ce qui était nouveau, et à qui on avait
arraché ce qui était ancien. Il existe à ce sujet des lectures plus
douces et des lectures plus radicales. La lecture plus douce dit
qu'il faut enfin donner droit de cité aux cultures perdues au sein
de la foi chrétienne, et permettre la formation d'un christianisme
autochtone. La position plus radicale considère le christianisme
dans son ensemble comme une aliénation dont il faut libérer les
peuples. La demande d'un christianisme autochtone, comprise de façon
juste, doit être perçue comme une tâche réellement importante.
Toutes les grandes cultures sont ouvertes les unes aux autres et
ouvertes à la vérité. Toutes ont quelque chose à apporter à la «
robe multicolore » de l'épouse dont parle le psaume 44, et que les
Pères référaient à l'Église, Dans ce domaine, il est certain que
bien des choses ont été négligées et qu'il y a du nouveau à faire.
Mais n'oublions pas que pour une part non négligeable,
ces peuples ont déjà trouvé dans la piété
populaire une expression de la foi qui leur est propre. Le fait que
le Dieu souffrant surtout et la bonne Mère sont devenus pour eux les
images centrales de la foi, qui leur ont ouvert la porte conduisant au Dieu de la
Bible, a également quelque chose à nous dire à nous, aujourd'hui
encore. Mais naturellement beaucoup reste à faire.
A suivre :
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Si Dieu n'est pas en Christ, il s'éloigne dans un lointain incommensurable
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Sources :Texte original des écrits de Joseph Ratzinger
et du pape Benoit
XVI -
E.S.M.
Ce document est destiné à l'information; il ne
constitue pas un document officiel
Eucharistie sacrement de la miséricorde -
(E.S.M.) 00.11.2025
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