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Léon XIV : le défi de l’unité
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Le 30 août 2025 -
E.S.M.
- Recréer l’unité de l’Église : c’est l’un des
grands défis qui attend Léon XIV. Ces dernières années,
l’Église tend à se « protestantiser » : chacun se fait
juge du Magistère et n’en retient que ce qui lui
convient, cherchant même à imposer ses vues en résistant
à tel enseignement, ou en contestant les positions de
l’Église. Et ce du côté des courants progressistes de
l’Église, mais aussi parfois, d’une certaine façon, du
côté des mouvements plus traditionalistes.
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Léon XIV -
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Léon XIV : le défi de l’unité
ÉDITORIAL par Christophe Geffroy -
la nef
Le
30 août 2025 -
E.S.M. - Recréer l’unité de
l’Église : c’est l’un des grands défis qui attend Léon XIV. Ces
dernières années, l’Église tend à se « protestantiser » : chacun se
fait juge du Magistère et n’en retient que ce qui lui convient,
cherchant même à imposer ses vues en résistant à tel enseignement,
ou en contestant les positions de l’Église. Et ce du côté des
courants progressistes de l’Église, mais aussi parfois, d’une
certaine façon, du côté des mouvements plus traditionalistes.
Pour son premier grand rendez-vous avec les foules, le pape Léon XIV a été
gâté. Le jubilé des jeunes qui s’est déroulé fin juillet, début août à Rome a
été un franc succès, avec un million de jeunes rassemblés à Tor Vergata pour la
veillée de prière du 2 août, suivie de la messe le lendemain. La complicité
entre les jeunes et le nouveau pape, doux et humble, a été immédiate et
palpable. Pourtant, les propos de Léon XIV étaient exigeants, preuve s’il en
était besoin, que la démagogie cédant à la facilité, en allant dans le sens du
monde, n’est pas ce qu’attendent des jeunes avides d’absolu.
Ils ont aimé ce pape qui est apparu comme un père plein de sagesse qui chérit
ses enfants et cherche à les faire grandir. Il les a appelés à rechercher « passionnément
la vérité », en se méfiant de l’illusion des liens artificiels créés sur
les réseaux sociaux. « Pour être libre, leur a-t-il dit, il faut partir
d’une base stable, du roc qui soutient nos pas. Ce roc est un amour qui nous
précède, nous surprend et nous dépasse infiniment : c’est l’amour de Dieu. »
C’est en Jésus que réside notre espérance, qu’il « suscite en vous le désir
de faire de votre vie quelque chose de grand, […] aspirez à de grandes choses, à
la sainteté, où que vous soyez. Ne vous contentez pas de moins ». Et à
cette fin, il convient de cultiver « la prière, l’adoration, la communion
eucharistique, la confession fréquente, la charité généreuse ». Ainsi
serez-vous les « missionnaires de l’Évangile » dont « le monde a
besoin ».
Le style propre de Léon XIV
Léon XIV impose son style propre, sans bruit ni propos fracassants, revenant
à l’humble respect des règles de la tradition vaticane et de son protocole. Son
enseignement vise clairement l’orthodoxie de la foi catholique, sans chercher
l’originalité. C’est apaisant et rassurant, cela redonne confiance en l’Église.
Cet aspect est l’un des défis majeurs auquel le pape devra répondre : recréer
l’unité dont il est le garant. En effet, les divisions et les fractures sont
apparues plus béantes ces dernières années, l’Église tendant à se « protestantiser » :
plus que jamais, chacun se fait juge du Magistère et n’en retient que ce qui lui
convient, cherchant même à imposer ses vues en résistant à tel enseignement, ou
en contestant les positions de l’Église via les innombrables supports que lui
offrent aujourd’hui internet, les blogs et les réseaux sociaux. Cela concerne
plus particulièrement les « progressistes » et certains « traditionalistes »,
sans que l’on puisse établir de symétrie, les premiers attaquant parfois les
fondements mêmes de la foi, ce qui n’est pas le cas des seconds.
Du côté « progressiste », les oppositions sont la conséquence d’un
horizontalisme réduisant la charité, vertu théologale surnaturelle, à un simple
humanisme, à la seule solidarité sociale. D’où les dérives comme la « théologie
de la libération » ou la relativisation des sacrements qui passent après
l’urgence de l’aide au prochain. Or, sans enracinement dans la prière et les
sacrements, aucune œuvre de charité ne subsiste bien longtemps, elle finit
inéluctablement par sombrer dans l’activisme quand ce n’est dans la révolution.
L’exemple de Mère Teresa et de ses Missionnaires de la Charité est assez
éloquent à cet égard : le bien qu’elles font auprès des plus pauvres et qu’elles
parviennent à maintenir à un si haut niveau ne tient qu’à leur vie intérieure,
aux heures journalières consacrées à la messe, aux offices et à la prière.
L’horizontalisme progressiste a également contribué à l’esprit de la table rase
qui a fait tant de mal dans les années postconciliaires avec une volonté assumée
de rupture qui s’est manifestée dans la doctrine et la liturgie (1).
Enfin, aujourd’hui, l’opposition de ce côté de l’Église se concentre
principalement sur la question anthropologique, par une remise en cause radicale
de la morale catholique et de la loi naturelle, en épousant sans aucune distance
les revendications de ce monde (divorcés remariés, union homosexuelle,
avortement, genre…). Le chemin synodal allemand est l’archétype de cette triste
évolution qui conduit droit à l’apostasie.
Contrer l’esprit de contestation
De l’autre côté du spectre ecclésial, au nom de ce qui « s’est toujours
fait », certains s’érigent en gardiens de la Tradition et en juges de ce
qui, dans le Magistère, lui est conforme ou non. Ainsi n’hésitent-ils pas à
critiquer ouvertement le pape et les évêques avec une verve parfois digne de
Luther et de conclure : le concile Vatican II et la réforme liturgique marquent
une rupture qu’il faut refuser absolument. Cela a conduit la Fraternité
Saint-Pie X de Mgr Lefebvre à rompre la communion avec Rome. Elle se retrouve
aujourd’hui dans une situation dangereuse dont rien ne permet d’affirmer qu’elle
ne finira pas en schisme. Cela devrait faire réfléchir ceux qui, dans l’Église,
pourraient être tentés d’embrasser une telle vision de rupture sur le concile et
la messe.
Pour contrer cet esprit de contestation qui mine l’Église et la divise, Léon XIV
aura fort à faire. Aidons-le, par notre soutien, nos prières… et notre
obéissance, à rétablir une unité bien abîmée. Soyons des artisans de paix
Christophe Geffroy
(1) Andrea Grillo, professeur à l’institut Saint-Anselme à Rome, dont on dit
qu’il a inspiré Traditionis custodes, a critiqué la canonisation de
Carlo Acutis, le 7 septembre 2025, en raison de sa « théologie eucharistique si
désuète, si pesante, si obsessionnelle, si centrée sur l’inessentiel et
négligeant l’essentiel » (https://www.cittadellaeditrice.com,
le 17 juin 2025).
►Messe
pour le Jubilé des Jeunes (3 août 2025)
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Sources
:
© LA NEF n°383 Septembre 2025
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E.S.M.
Ce document est destiné à l'information; il ne
constitue pas un document officiel
Eucharistie sacrement de la miséricorde -
(E.S.M.) 30.08.2025
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