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Chrétien ou hérétique ? La théologie politique audacieuse de Peter Thiel, le
mentor de JD Vance
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Le 30 juin 2026 -
E.S.M.
- La vision de Thiel ne serait rien d’autre qu’une « hérésie politique »
mâtinée de théologie selon Benanti, qui conclut : « En acceptant la technologie
de Thiel, notamment à travers Palantir, les institutions adoptent implicitement
son diagnostic : la société serait une masse mimétique incapable de
s’autogouverner, et l’unique alternative à l’apocalypse serait un ordre
technocratique imposé par une élite de souverains. » Dans la future course à la présidence des États-Unis, jusqu’à quel point le
catholique J.D. Vance voudra-t-il donner du crédit à cette hérésie de son mentor
Thiel ?
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Peter Thiel -
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Chrétien ou hérétique ? La théologie politique audacieuse de Peter Thiel,
le mentor de JD Vance
Le 30 juin 2026 -
E.S.M. -
Communion : Finding My Way Back to the Faith, le livre dans
lequel le vice-président des États-Unis JD Vance retrace son
cheminement vers le catholicisme, vient de paraître aux éditions
Harper.
Lui qui est né et a grandi dans le protestantisme, avant
de basculer dans l’athéisme en 2006 puis de se faire baptiser dans l’Église
catholique en 2019, il évoque, comme point de bascule, une conférence de Peter
Thiel (en photo). Ce grand entrepreneur de la Silicon Valley, fondateur de
Palantir et génie de l’intelligence artificielle, est aussi un esprit féru de
philosophie et de théologie qui « s’identifiait ouvertement comme chrétien ».
Si Thiel a joué un rôle déterminant dans l’ascension politique de Vance,
notamment en facilitant son rapprochement avec Donald Trump, il a également été
son mentor en l’initiant à la pensée de l’anthropologue et philosophe français
René Girard (1923 – 2015), longtemps professeur à Stanford, et à sa célèbre
théorie du bouc émissaire.
En bref, au cœur de sa théorie, on trouve l’idée que le désir humain est
fondamentalement mimétique et donc enclin à la violence contre ceux qui
partagent les mêmes désirs. Mais là où, pour Girard, le sacrifice du bouc
émissaire est ce qui vient apaiser cette violence, le monopole technologique
représente, aux yeux de Thiel, l’unique échappatoire à la violence mimétique du
marché.
Cette vision de Thiel, qu’il a d’abord expérimentée avec Facebook et PayPal,
a constitué un séisme culturel dans la Silicon Valley, et de plus en plus
d’entrepreneurs l’ont adoptée : d’Elon Musk avec Tesla et SpaceX à Reid Hoffman
avec LinkedIn, en passant par Chad Hurley, Steve Chen et Jawed Karim avec
YouTube.
À terme, cette nouvelle culture vise une sorte de post-humanisme, dans lequel
la technologie dépasserait les limites biologiques et sociales de l’être humain.
Mais dans quelle mesure cette nouvelle culture, que Vance embrasse également,
est-elle compatible avec la foi chrétienne et sa vision de l’homme ?
C’est à cette question que le franciscain Paolo Benanti, éminent spécialiste
de l’intelligence artificielle et conseiller du pape, répond de manière critique
dans un essai publié en France par
Le
Grand Continent, puis en Italie dans
La Rivista del Clero Italiano, éditée par l’Université catholique de
Milan. Il s’agit des mêmes
enjeux que le pape Léon aborde dans sa récente encyclique,
Magnifica humanitas.
Retraçons ensemble l’analyse critique de Benanti.
Peter Thiel, écrit-il, « a compris avant beaucoup d’autres qu’à l’ère
numérique, le véritable pouvoir ne réside plus dans le contrôle des moyens de
production, mais dans le contrôle des moyens d’imitation et de connexion ».
Le constat est désormais sans appel : « Facebook a envahi les relations
humaines. LinkedIn a cartographié et structuré le monde professionnel. YouTube
a démocratisé la production vidéo. Palantir — fondé par Thiel avec le soutien de
la CIA — a introduit la logique de l’analyse des données au cœur même de
l’appareil de renseignement et de l’armée. »
S’est donc instaurée « une nouvelle souveraineté : le pouvoir
computationnel ». Ces entreprises « ne sont pas seulement un modèle économique ;
elles constituent un acte de guerre asymétrique contre l’ordre établi ».
La création d’univers économiques parallèles en constitue l’expression la
plus tangible : « PayPal naît pour rendre obsolète le système bancaire
traditionnel ; Amazon désintègre le commerce physique ; Google soustrait aux
médias le monopole de l’accès au savoir ; Tesla défie l’industrie automobile
fondée sur les énergies fossiles. »
La question qui en découle est alors la suivante : « Comment un pouvoir aussi
alternatif et disruptif peut-il encore être compatible avec les structures
démocratiques ? »
En effet, écrit Benanti, « l'hérésie de Thiel ne s'arrête pas à l'économie :
elle s'étend jusqu’à la structure même du pouvoir politique, en s’appuyant sur
la prophétie formulée par William Rees-Mogg et James Dale Davidson dans The
Sovereign Individual (1997) — un essai préfacé par Thiel et vénéré dans la
Silicon Valley comme une sorte de texte fondateur », qui « esquisse un monde
dans lequel la politique démocratique n'est plus qu'un résidu ».
Mais cela ne s’arrête pas là. C’est ici qu’entre en scène le Thiel
théologien, avec son récent essai pour
First Things
intitulé « Voyages to the End of the World », écrit avec Sam Wolfe, dans lequel
« la contestation de la démocratie revêt une forme explicitement
apocalyptique ».
Benanti, qui a publié une recension de cet essai dans un précédent article
pour
Le Grand Continent, écrit : « Thiel relit la modernité
scientifique — inaugurée par la Nouvelle Atlantide de Francis
Bacon — non pas comme un processus d'émancipation, mais comme un projet
sacrilège visant à abolir Dieu. »
En rapprochant la figure du souverain de Bacon de l’Antéchrist biblique, qui
promet une paix et une sécurité illusoires, Thiel « semble penser que ce destin
est inéluctable ».
Sa vision de l’histoire n’est pas linéaire, mais cyclique. « Ce que Thiel
envisage n’est pas la "parousie" chrétienne, c’est-à-dire l’événement final qui
rachète l’histoire en l’interrompant, mais une simple renaissance à l’intérieur
du cycle girardien de la violence mimétique. »
Le salut ne peut venir — théorise Thiel — « que d'un pouvoir centralisé,
total, d'un gouvernement mondial despotique ».
Et c’est bien cela la mission de Palantir : « une machine capable
d'identifier et de neutraliser les menaces avant que la violence mimétique
n'explose ». C’est, en même temps, la « Maison de Salomon » qui « confère à une
élite un pouvoir quasi divin de surveillance et de prévision ».
La vision de Thiel ne serait rien d’autre qu’une « hérésie politique »
mâtinée de théologie selon Benanti, qui conclut : « En acceptant la technologie
de Thiel, notamment à travers Palantir, les institutions adoptent implicitement
son diagnostic : la société serait une masse mimétique incapable de
s’autogouverner, et l’unique alternative à l’apocalypse serait un ordre
technocratique imposé par une élite de souverains. »
Dans la future course à la présidence des États-Unis, jusqu’à quel point le
catholique J.D. Vance voudra-t-il donner du crédit à cette hérésie de son mentor
Thiel ?
Sandro Magister est le vaticaniste émérite de l'hebdomadaire
L'Espresso.
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Sources
: diakonos.be-
E.S.M.
Ce document est destiné à l'information; il ne
constitue pas un document officiel
Eucharistie sacrement de la miséricorde -
(E.S.M.) 30.06.2026
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